Partage international no 293 – février 2013
Le viol et la mort d’une jeune femme de 23 ans à New Delhi, en décembre 2012, a déclenché des manifestations durant des semaines dans toute l’Inde. Dans les jours qui suivirent l’horrible meurtre dans un bus, un nombre toujours croissant de personnes sont descendues dans les rues pour protester dans la capitale et d’autres villes du pays.
Le 23 décembre, des milliers de personnes ont rejoint les groupes de femmes et d’étudiants pour manifester malgré la volonté des pouvoirs publics d’empêcher les rassemblements et de disperser la foule avec des gaz lacrymogènes.
D’après le New York Times : « Les organisateurs des manifestations ont exigé que les tribunaux accélèrent les procès des quelques 100 000 affaires de viol, que la police s’engage à enregistrer rapidement les plaintes pour viol, que le Parlement tienne une session spéciale en vue de renforcer les lois sur le viol, le harcèlement sexuel et la maltraitance des enfants, et que le responsable de la police de New Delhi soit mis à l’écart pour sa gestion des manifestations. »
Suite au décès de la victime, le 29 décembre, des manifestations ont eu lieu dans toute l’Inde, y compris à New Delhi, Kolkata, Chennai, Bangalore, Hyderabad et Mumbai. Certains manifestants ont peint des graffitis et des slogans sur des banderoles étalées sur la route pour condamner le meurtre, demander des lois plus strictes et un jugement rapide des auteurs. Les pétitions ont également circulé sur Internet, avec des dizaines de milliers de signatures condamnant l’incident et appelant à une action immédiate du gouvernement.
En réponse aux protestations, les gouvernements locaux et fédéraux ont annoncé de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité des femmes. Le gouvernement de l’Etat du Karnataka a annoncé le lancement d’un service d’assistance téléphonique 24 heures sur 24 à disposition des femmes en détresse et de celles qui sont confrontées à la violence sexuelle. L’Etat du Karnataka étudie également la possibilité de créer des tribunaux accélérés pour traiter les affaires relatives aux crimes contre les femmes.
Le gouvernement du Tamil Nadu a annoncé un plan d’action en 13 points pour assurer la sécurité des femmes et a déclaré que les agressions sexuelles seraient traitées comme des crimes graves et que les enquêtes seraient confiées à des fonctionnaires de police spécialisés. Le gouvernement du Jammu-et-Cachemire a annoncé des projets de modification des lois de l’Etat contre les délits sexuels. Le gouvernement du Himachal Pradesh a décidé de mettre en place des comités au niveau de l’Etat ainsi qu’au niveau du district pour examiner les avancées de toutes les affaires de crimes contre les femmes.
Au niveau fédéral, un comité judiciaire présidé par un ancien juge de haut rang a été mis en place et chargé de présenter un rapport dans un délai de 30 jours pour proposer des amendements au droit pénal afin de traiter plus sévèrement les cas d’agression sexuelle. Le comité a tenu sa première réunion le 26 décembre 2012 et, à cette date, il avait déjà reçu plus de 6 000 courriels avec des propositions concrètes.
Une commission d’enquête dirigée par un ancien juge de la Haute Cour de New Delhi a également été mise en place pour identifier les lacunes et déterminer les responsabilités en ce qui concerne l’incident. Cette commission proposera également des mesures pour rendre New Delhi et ses environs plus sûrs pour les femmes. Le rapport doit être soumis dans les trois mois et sera discuté au Parlement en même temps que les mesures déjà prises par le gouvernement.
Un groupe spécial de 13 personnes dirigé par le ministre de l’Intérieur a été mis en place pour se pencher sur les questions relatives à la sécurité des femmes à New Delhi et passer en revue les actions prises par la police municipale sur une base bimensuelle.
Le ministre de l’Intérieur a également annoncé une interdiction des autobus avec vitres teintées et rideaux, en menaçant de confisquer ceux qui ne seront pas conformes à la réglementation.
Lors d’une manifestation à Bangalore, un des participants a fait le commentaire suivant : « Il y a tellement de gens dans les rues. Avec ce très grand nombre de personnes qui se réunissent dans autant de villes, même un cynique comme moi finit par croire qu’il y aura des changements. C’est la première fois qu’une violence contre une femme est devenue une question d’importance nationale. »
Inde
Sources : New York Times, wikipedia.org
Thématiques : Société
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
