Imaginez que…

Partage international no 453mai 2026

Une lectrice habituelle de notre revue Partage international, indignée par la barbarie et la cruauté du génocide perpétré contre les Palestiniens, nous a adressé le courrier suivant.

 

Chère rédactrice en chef,

Je suis frappée de constater que la guerre dévaste tout : elle tue des gens, elle les déplace aussi, mais même s’ils survivent, la guerre anéantit leurs rêves et leurs ambitions, le sens même de leur vie, et leur inflige un traumatisme durable. Une bombe israélienne détruit une université palestinienne et tous les dossiers sont perdus, toutes les ressources aussi ; dès lors, accéder à l’éducation devient pratiquement impossible. Parfois, j’imagine ce qui se passerait si ma ville natale, Londres, était rasée comme la ville de Gaza, ou Beyrouth, ou El Fashur. Tous mes projets d’avenir seraient détruits en un instant. Comment ferais-je face si toute ma famille était tuée, comment pourrais-je supporter cette douleur ? Comment les personnes qui ont perdu leurs proches sont-elles censées s’en sortir ? Comment cette femme médecin de Gaza qui a perdu 9 de ses 10 enfants continue-t-elle à vivre ? Comment les enfants, qui devraient être en train de jouer dehors avec leurs amis, d’apprendre ensemble à l’école, de lire un livre dans un lit chaud et sûr, font-ils face à l’insomnie, affamés et tremblants de froid dans une tente où la pluie s’engouffre et où l’on entend le bruit des bombes qui se rapproche ? Comment la nature elle-même parvient-elle à résister, chaque fois que le sol tremble et que le ciel s’assombrit sous l’effet d’une nouvelle explosion gigantesque ?

Manifestation de soutien à la Palestine, Londres (Royaume Uni), le samedi 6 septembre 2025 (Photo : indigonolan, Wikimedia Commons)

 

Comme beaucoup d’entre nous, je suis souvent frappée par ce décalage, alors que j’observe de loin depuis un pays qui semble (pour l’instant) épargné. Un instant, je vois sur mon téléphone des gens qu’on extirpe de décombres ; l’instant d’après, je vois des gens rire devant un restaurant chic. Quelle complaisance, quelle indifférence ! Quel effet cela a-t-il sur nous tous, de vivre dans un monde où les gens se comportent avec une telle cruauté les uns envers les autres ? Qu’est-ce que cela provoque chez ceux qui assistent au déroulement des évènements mais qui, pour une raison ou une autre, le cautionnent ainsi : « Israël a le droit de se défendre, la guerre c’est un sujet complexe… » Qu’est-ce que cela provoque chez ceux qui l’ignorent complètement ? Combien de temps un pays qui permet – en le finançant, en l’armant, en refusant de le condamner – un génocide peut-il s’en tirer comme ça ? Quand et comment le karma entre-t-il en jeu ?

À quel point nous devons tous être stupides ! Pourquoi nous incarnerions-nous si c’est pour nous entretuer et nous avilir ainsi ? Pourquoi permettons-nous tout cela ? Que pouvons-nous faire personnellement pour ne pas être complices ? La guerre va à l’encontre de la vie elle-même, elle va à l’encontre des Lois de la Vie – l’innocuité, la Loi de la réincarnation et la Loi de cause à effet. Elle va à l’encontre du fait que nous ne faisons qu’un.

Imaginons que nous agissions différemment. Imaginons qu’au lieu d’un ministre de la Guerre ou d’un ministre de la Défense, nous ayons un ministre de la Paix. Imaginons qu’après le 7 octobre 2023, les dirigeants, au lieu de justifier et de faciliter les attaques militaires, aient dit : « Ça suffit, voyons quelle injustice nous a menés là où nous en sommes et comment nous pouvons véritablement redresser la situation ». Imaginons qu’au lieu d’allouer encore plus d’argent aux bombes alors que des gens sont sans abri dans les rues ou privés de soins de santé, nous le dépensions en faveur de la vie !

Identité non communiquée, Londres Royaume-Uni

Lieu : Londres, Royaume Uni
Thématiques : Société
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)