Il faudrait trois planètes Terre

Partage international no 149février 2001

« L’un de nos objectifs devra consister à créer une économie plus simple et naturelle, visant à la satisfaction des besoins réels. Le système économique actuel est basé sur les contraintes du mercantilisme et des forces du marché. Tous les pays développés produisent ou surproduisent les mêmes biens qu’ils ne peuvent vendre… » [PI, juin 1994]

Si chaque être humain consommait autant de ressources naturelles et émettait autant de dioxyde de carbone que la moyenne des Américains, des Européens ou des Australiens, il nous faudrait au moins deux autres planètes Terre, comme l’estime un rapport récent du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Ce rapport, Planète vivante 2000, montre que la richesse naturelle des forêts, des réserves d’eau potable et des écosystèmes marins a décliné d’un tiers au cours des trente dernières années, du fait de la surconsommation. « Notre niveau de consommation actuel érode la structure même de notre planète et menacera finalement notre survie à long terme en tant qu’espèce, a déclaré Francis Sullivan, chef de la section britannique du WWF. Le monde vit au-dessus de ses moyens. Nous ne pouvons plus assumer les modes de consommation de masse actuels. » Le rapport Planète vivante 2000 mesure « l’empreinte écologique », qui est l’impact exercé par l’homme sur les écosystèmes du monde. Pour une population donnée, ce référentiel décrit sa consommation de nourriture, de matières premières et d’énergie, et le rapporte à la zone de terre productive ou à la zone marine nécessaire à la production de ces ressources.

Pour l’Américain moyen, la zone nécessaire pour produire les ressources naturelles qu’il consomme et pour absorber ses émissions de dioxyde de carbone, est deux fois plus importante que celle requise pour un individu d’Europe occidentale, et cinq fois plus grande que pour un Asiatique, un Africain ou un résident d’Amérique du Sud.

« Ce sont les consommateurs des pays riches établis dans les zones tempérées de l’hémisphère Nord qui sont les premiers responsables du déclin continu de la richesse naturelle des zones tropicales », affirme Jonathan Loh, rédacteur du rapport. Les Emirats Arabes Unis, Singapour et les États-Unis engendrent les empreintes écologiques les plus importantes, suivis par le Koweït, le Danemark, la Nouvelle Zélande et l’Irlande. La Namibie, le Bangladesh, l’Afghanistan et l’Érythrée ont les plus faibles.

F. Sullivan espère que ce rapport incitera les pays situés en haut de l’échelle à revoir leurs politiques et à favoriser les technologies faiblement consommatrices d’énergie. « La question est de savoir comment maintenir notre économie et nos standards de vie tout en réduisant la production. C’est le défi des trente prochaines années », conclut-il.


Sources : Environment News Service, Reuters
Thématiques : environnement
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)