Partage international no 328 – décembre 2015
par Jon Queally
Les guerres déplacent actuellement 60 millions de personnes. Il est temps pour le monde de réaffirmer son humanité. Évoquant des niveaux sans précédent de conflits et d’instabilité à travers le monde, les responsables des Nations unies et de la Croix-Rouge internationale ont lancé un appel conjoint exceptionnel, le 31 octobre 2015, pour avertir les nations et les dirigeants mondiaux qu’ils doivent considérablement accélérer les efforts pour réduire les guerres et les actions militaires à l’origine d’importantes souffrances humaines qui déchirent des familles, des communautés, des nations entières, et des régions.
« Rarement auparavant, nous avons vu tant de gens déplacés, tant d’instabilité et de souffrances, a déclaré Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Dans les conflits armés en Afghanistan, en Irak, au Nigeria, en Syrie, au Yémen et ailleurs, les combattants défient les normes les plus élémentaires d’humanité. Chaque jour, nous entendons parler de civils tués ou blessés en violation des règles fondamentales du droit international humanitaire, et en toute impunité. L’instabilité gagne. La souffrance augmente. Aucun pays ne peut rester insensible. »
Citant des chiffres les plus élevés depuis la Seconde Guerre mondiale, les deux organismes ont déclaré que 60 millions de personnes à travers le monde sont déplacées de leurs foyers à cause des conflits et de la violence. Qui plus est, disent-ils, les conflits s’installent dans la durée, ce qui signifie que de nombreuses personnes restent pendant des années loin de leur foyer, de leur communauté et des moyens de subsistance.
P. Maurer et Ban Ki-moon ont souligné que les institutions qu’ils dirigent occupent une position privilégiée pour témoigner des conséquences de ces nombreux conflits et ils reprochent aux chefs d’Etat d’en faire trop peu.
« Face à une inhumanité aussi flagrante, le monde fait preuve d’une paralysie préoccupante, a déclaré Ban Ki-moon. Cela bafoue la raison d’être même des Nations unies. Le monde doit réaffirmer son humanité et respecter ses engagements envers le droit international humanitaire. Aujourd’hui, nous parlons d’une seule voix pour exhorter tous les États à prendre des mesures concrètes et immédiates pour atténuer les souffrances des civils. »
Pour offrir au moins un ensemble partiel de solutions à la crise mondiale de la guerre et des conflits, les responsables de l’Onu et du CICR appellent les dirigeants des gouvernements du monde entier à prendre les mesures urgentes suivantes :
– Redoubler d’efforts pour trouver des solutions durables aux conflits et prendre des mesures concrètes à cet effet.
– Exercer individuellement et collectivement, par tous les moyens, une influence sur les participants aux conflits armés pour qu’ils respectent la loi, en réalisant des enquêtes efficaces sur les violations du droit international humanitaire, en tenant pour responsables leurs auteurs, et en élaborant des dispositifs concrets pour en assurer le respect.
– Condamner ceux qui commettent des violations graves du droit international humanitaire, telles que les attaques délibérées contre les civils et les infrastructures civiles.
– Favoriser le libre accès aux missions médicales et humanitaires et protéger les travailleurs de santé et les humanitaires ainsi que leurs installations.
– Protéger et aider les personnes déplacées dans leur pays et les réfugiés pendant qu’ils fuient l’insécurité, et les aider à trouver des solutions durables, tout en aidant les pays et les communautés d’accueil.
– Stopper l’utilisation d’armes explosives lourdes dans les zones peuplées.
