Hommage au ver de terre !

Partage international no 425février 2024

Les vers de terre ne font traditionnellement pas l’objet de recherches intensives visant à déterminer la valeur de leur contribution aux rendements agricoles mondiaux, mais c’est précisément ce qu’a fait une nouvelle étude publiée dans Nature Communications. Les scientifiques savent depuis longtemps que l’action des vers de terre, qui décomposent la matière organique et aèrent les sols, augmente la fertilité des sols et les aide à absorber et à retenir l’eau. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est dans quelle mesure cette action profite à l’agriculture mondiale – jusqu’à présent.

Ce qui est surprenant, c’est que les vers de terre jouent un rôle énorme dans la production alimentaire, à tel point qu’ils seraient le quatrième producteur mondial s’ils étaient un pays.

À titre de comparaison, la Russie a produit 150 millions de tonnes de denrées alimentaires en 2022, tandis que la contribution mondiale des vers de terre s’élève à 140 millions de tonnes par an. Pour parvenir à ce chiffre, les chercheurs ont analysé et superposé des cartes des propriétés des sols et des rendements agricoles à un atlas mondial de l’abondance des vers de terre.

L’étude a également révélé que la contribution au rendement des vers de terre varie en fonction du type de récolte, de 2,3 % pour les légumineuses (telles que le soja, les pois, les pois chiches et les lentilles) à 6,5 % pour les récoltes de céréales (riz, maïs, blé et orge). Le chiffre pour les légumineuses est probablement inférieur parce que les légumineuses peuvent fixer leur propre azote et dépendent donc moins des vers.

La géographie joue également un rôle. La contribution des vers de terre est proportionnellement plus importante dans les régions du Sud : 10 % du rendement des céréales en Afrique subsaharienne et 8 % en Amérique latine et dans les Caraïbes peuvent être attribués aux vers, selon les chercheurs. Cela s’explique probablement par le fait que les agriculteurs de ces régions utilisent du fumier et des matières organiques pour fertiliser leurs cultures et moins de pesticides, ce qui contribue à augmenter l’abondance des vers de terre.

 « Les sols sont toujours cette énorme boîte noire que nous ne comprenons pas entièrement », a conclu le chercheur principal.


Sources : The Guardian
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)