Partage international no 170 – octobre 2002
« Le génie génétique révolutionnera la pratique de la chirurgie, en reléguant dans le passé les transplantations d’organes. » [Le Grand Retour]
Chaque année, 40 enfants naissent dans la seule Angleterre, avec un « déficit immunitaire sévère combiné » (DICS-X). Cette maladie empêche la formation des globules blancs, qui assurent la protection du corps contre les infections. Dans de telles conditions, le moindre rhume peut être mortel. Le seul traitement actuel, la greffe de moelle osseuse, s’il est efficace dans quelques cas, constitue la plupart du temps une thérapie risquée et aux effets secondaires particulièrement lourds. Ce qui fait que ces enfants sont condamnés, pour la plupart, à vivre dans une chambre totalement aseptisée (d’où le nom de bébé-bulle). Leur espérance de vie est d’environ un an.
Une équipe médicale londonienne vient d’obtenir la guérison d’un de ces enfants, Rhys Evans, âgé de 18 mois, grâce à la thérapie génique. Cette technique d’avant-garde consiste à détruire par la chimiothérapie la moelle osseuse de l’enfant après qu’on en a prélevé une petite partie dans laquelle on va introduire un gène de synthèse grâce à un virus porteur. Une fois le fragment de moelle génétiquement régénéré, on le réintroduit chez l’enfant, où il se met à produire les lymphocytes protecteurs.
Les effets du traitement ont été particulièrement rapides et spectaculaires : commencé durant l’été 2001, il avait produit dès Noël une considérable amélioration de l’état de l’enfant. Il est aujourd’hui rentré chez lui et mène une vie tout à fait normale, pouvant même jouer avec ses petits camarades.
Cette équipe médicale, qui a financé et continue à financer ses recherches grâce à des dons publics, espère appliquer cette technique à d’autres troubles de l’immunité, comme la granulomatose septique chronique, la drépanocytose, etc.
Royaume Uni
Sources : Evening Standard et ITN, G.-B.
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Faits et prévisions


