Gorbatchev met en garde Poutine contre un soulèvement populaire

Partage international no 283mars 2012

Le 9 février 2012, lors d’une conférence qu’il donnait à l’Université de Moscou, l’ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a affirmé que le premier ministre Poutine risquait d’être confronté à un soulèvement populaire comparable à ceux qui ont secoué les capitales arabes.

A la mi-décembre 2011, Gorbatchev avait déjà appelé Poutine à démissionner lorsque des dizaines de milliers de Russes avaient manifesté pour exiger de nouvelles élections au lendemain des élections parlementaires entachées de fraudes, tout en accusant le gouvernement de Poutine de réprimer l’opposition, de limiter la liberté de la presse et d’engendrer une corruption généralisée. « S’il ne parvient pas à montrer un nouveau visage et à changer le cours des choses – et je crains que cela ne lui soit très difficile – tout se règlera dans les rues et sur les places de nos villes », a déclaré M. Gorbatchev au cours de cette conférence.

L’ancien dirigeant soviétique, âgé à présent de 81 ans, avait également accordé une interview quelques jours plus tôt à la chaîne russe « Dozhd TV », dans laquelle il assurait ne pas prévoir de répressions violentes des opposants, car, selon lui, Poutine et ses conseillers avaient trop à y perdre. Il appelait également au démantèlement du système politique mis en place par Poutine au cours des douze années de son règne. « C’est le système qu’il faut changer », avait-il affirmé alors.

Le 4 février 2012, exactement un mois avant les élections présidentielles, des manifestants ont envahi les rues de Moscou par une température de – 20 degrés pour exiger la fin du règne de Poutine. En effet, ce dernier se présente de nouveau afin de rester encore six ans à la tête de la Russie.

On estime à 100 000 le nombre de manifestants ayant défilé ce jour-là au centre de Moscou, ce qui en ferait la plus grande manifestation depuis la chute de l’Union soviétique. Ce nombre est d’autant plus significatif que toutes les couches de la société russe étaient représentées. Comme l’assure Léonid Parfyonof, l’un des chefs de file de la contestation : « Notre société est restée assoupie durant une dizaine d’années, et, pendant ce temps, nos droits nous ont été dérobés. Mais cela suffit. Nous devons nous réveiller. Nous devons faire quelque chose. »

Les bannières que brandissaient les manifestants allaient de slogans généraux tels que : « Liberté pour la Russie » ou « Il faudra compter avec nous », à des attaques directes contre Poutine comme :  « Pas un seul bulletin pour Poutine !  » et : « Poutine dehors ! » La plupart scandaient : « La Russie sans Poutine ! »


Sur une photo, prise le 4 février 2012, place Bolotnya, à Moscou, Dmitry Plosov, un scientifique de 25 ans, montre un poster sur lequel on peut lire : « Pour une société honorable, pour la responsabilité de toute action, pour Ia liberté de savoir, pour la bonté dans les cœurs, pour l’amour dans les esprits », lors d’une manifestation massive contre l’autorité du premier ministre Vladimir Poutine. (AP)
[Voir la photographie dans la version imprimée de la revue Partage international n° 283 de mars 2012, page 19.]

Lieu : Moscou, Russie
Date des faits : 9 février 2012
Sources : The Guardian, Royaume Uni ; Rianovosti, Russie ; Time, huffingtonpost.com, Etats-Unis
Thématiques : Société, politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)