Gaza en ruine
Partage international no 436 – décembre 2024
« Les Palestiniens, en particulier à Gaza, ne peuvent s’offrir le luxe d’une lassitude du génocide, alors qu’Israël continue de massacrer, d’affamer et de déplacer de force, commettant ce que les experts de l’Onu ont identifié comme un domicide, urbicide, scolaricide, médicide, génocide culturel et, plus récemment, écocide. »
Déclaration d’Omar Barghouti, cofondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).
[Source : The Guardian]
Gaza brûle, Wall Street flambe
En octobre, 500 militants de Jewish Voice for Peace (Voix juives pour la paix) ont bloqué l’entrée de la Bourse de New York, refusant de partir, certains s’enchaînant aux portes. Ils se tenaient là pour demander au gouvernement d’écouter le peuple et de cesser d’armer Israël et de tirer profit d’un génocide. Deux semaines auparavant, alors que les troupes israéliennes lançaient une invasion terrestre dans le sud du Liban, les actions de Lockheed Martin, RTX et Northrop Grumman – les trois plus grandes entreprises d’armement au monde – ont grimpé en flèche.
Les Etats-Unis abritent cinq des six plus grandes entreprises de défense au monde. Pour leurs PDG milliardaires et leurs actionnaires, la « guerre éternelle » est synonyme de profits sans fin et d’une énorme influence sur la politique étrangère des Etats-Unis. En 2023, Lockheed Martin a dépensé plus de 14 millions de dollars pour faire pression sur le Congrès. Son PDG siège au conseil d’administration du Council on Foreign Relations (Conseil sur les affaires étrangères), un groupe de réflexion américain fournissant informations et recommandations à destination du Congrès.
Portant des t-shirts rouges avec les messages « Pas en notre nom » et « Les juifs disent : arrêtons d’armer Israël », les manifestants ont scandé : « Guerre éternelle, profits en hausse », « Gaza bombardée, Wall Street prospère », « Financez la FEMA1 pas le génocide » et « Les juifs doivent désinvestir d’Israël ». Des centaines de personnes ont été arrêtées ; les mains ligotées, elles ont été traînées par les bras et les jambes alors qu’elles criaient : « Laissez Gaza vivre ! »
[Source : jewishvoiceforpeace.org]
1 – Federal Emergency Management Agency, l’Agence fédérale américaine de gestion des situations d’urgence (NdT).

Des enfants palestiniens font la queue pour obtenir de la nourriture. On estime qu’à Gaza, un million d’enfants ont besoin d’une assistance psychologique et sociale.
La BBC critiquée pour ses reportages sur Israël
Une lettre ouverte, datée du 1er novembre 2024, signée par plus de 100 employés de la BBC et de plus de 200 représentants du secteur des médias, d’universitaires et de politiciens demande à la BBC de mettre en œuvre des engagements éditoriaux, notamment « en réaffirmant qu’Israël n’autorise pas les journalistes étrangers à se rendre à Gaza ; en indiquant clairement lorsque les preuves sont insuffisantes pour étayer les affirmations israéliennes ; en indiquant clairement quand Israël est le coupable dans les titres des articles ; en incluant régulièrement le contexte historique antérieur à octobre 2023 ; et en interpellant vigoureusement les représentants du gouvernement et de l’armée israéliens dans toutes les interviews. »
La lettre demandait également à la BBC de souligner « le degré de fiabilité des sources israéliennes », d’« utiliser un langage cohérent » lorsqu’elle évoque les morts palestiniens et israéliens, et de mettre en cause « vigoureusement » les représentants israéliens dans tous les entretiens.
La BBC a rejeté les critiques, ajoutant que sur ce sujet, l’un des plus polémiques, elle continuerait à écouter les critiques et à faire preuve de réflexion.
[Sources : Al Jazeera ; thenationalnews.com]
Augmentation des troubles de l’élocution chez les enfants de Gaza
Les Nations unies s’inquiètent d’une augmentation significative des troubles de l’élocution chez les enfants de Gaza depuis le début de la guerre menée par Israël. Elles affirment que les bombardements incessants et les destructions massives provoquent un stress psychologique grave qui affecte la capacité des enfants à s’exprimer. Ils mettent en garde contre les conséquences à long terme pour toute une génération.
L’Onu cite l’orthophoniste Amina Al-Dahdouh, qui travaille dans un camp temporaire pour personnes déplacées à l’ouest d’Al-Zawayda à Deir Al-Balah, qui a averti que « six enfants sur dix dans le camp souffrent actuellement de difficultés d’élocution. Le bégaiement est le problème qui a le plus augmenté. »
Jonathan Crickx, du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), a déclaré en février qu’« avant cette guerre, l’Unicef estimait que plus de 500 000 enfants avaient déjà besoin d’un soutien psycho-social et de santé mentale dans la bande de Gaza ».
Aujourd’hui, on estime que plus d’un million d’enfants ont besoin de ce soutien.
[Source : UN News]
Lieu : Gaza, Palestine
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Rubrique : Divers ()
