Partage international no 151 – mars 2001
« Si nous sommes incapables de faire en sorte que la mondialisation profite à tous, pour finir elle ne profitera à personne », a déclaré Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, au Forum économique mondial qui s’est tenu en janvier dernier à Davos, en Suisse. Cette rencontre de plus de 2 000 personnalités du monde politique, du monde culturel et du monde des affaires a eu pour thème central : « Comment soutenir la croissance et combler les inégalités : un cadre de travail pour l’avenir mondial ».
Selon Kofi Annan : « La distribution inégale des bénéfices et les déséquilibres existant dans la législation mondiale, qui caractérisent la mondialisation aujourd’hui, produiront inévitablement des contre-courants et du protectionnisme. Et cela menace de miner et finalement de détruire l’économie mondiale qui s’est péniblement construite au cours du dernier demi-siècle. » Il a ajouté que les pays en développement avaient besoin d’une remise de dette plus rapide et plus généreuse, d’une aide au développement accrue pour attirer les investisseurs, et d’une ouverture des marchés des pays développés à leurs produits. Kofi Annan a incité les leaders du monde des affaires à prôner ces initiatives.
Bon nombre de leaders des pays en développement ont affirmé que la mondialisation reste souhaitable et de toutes façons inévitable, mais qu’une plus large coopération était essentielle afin de rendre le processus plus équitable et de combler le fossé qui ne cesse de s’élargir entre les pays riches et les pays pauvres. « La tendance est à l’exclusion plutôt qu’à l’intégration, à la privation plutôt qu’à l’opulence », a déclaré Benjamin William Mkapa, président de la Tanzanie. Et face aux épidémies de sida et de malaria, un nouveau fossé se creuse, une inégalité dans la valeur attachée à la vie elle-même. Alors que, dans les pays riches, le sida est en train de devenir de plus en plus une maladie, certes toujours grave, mais que l’on parvient à traiter, il menace des sociétés entières dans les pays en développement », a-t-il ajouté.
Dans une commission traitant de la pauvreté mondiale, le financier George Soros a affirmé que la meilleure façon d’aborder ce problème était de créer un meilleur équilibre entre la création des richesses et leur distribution. Il a appelé à un nouvel accord pour restructurer le système économique mondial afin de niveler le champ d’action des pays riches et des pays pauvres. George Soros a également encouragé les gouvernements occidentaux à consacrer 1,5 % de leur P.I.B. pour le bien de la planète.
Etant donné les manifestations contre la mondialisation, dont chacun se souvient, lors des récentes rencontres internationales, les organisateurs du forum avaient invité quarante organisations non-gouvernementales à se joindre aux discussions et, en plus de mesures de sécurité sans précédent, interdit les manifestations dans la rue pendant la conférence.
Autres faits marquants de la rencontre de Davos : l’annonce du président de Microsoft, Bill Gates, de faire un don de 100 millions de dollars pour aider à la mise au point d’un vaccin contre le sida.
Le lancement d’un nouvel indice de respect de l’environnement, qui classe les pays selon leur capacité à promouvoir la croissance tout en respectant la protection de l’environnement. Cet indice prend en compte 22 facteurs, incluant la qualité de l’air et de l’eau, les niveaux de pollution et le danger écologique encouru par les populations. L’indice « représente un premier pas vers une nouvelle approche du contrôle de la pollution et de l’aménagement des ressources naturelles, où la prise de décision reposera sur des données, des faits et une analyse rigoureuse, plutôt que sur l’émotion et les beaux discours », a déclaré Daniel Esty, directeur du Center for Environmental Law and Policy de l’Université de Yale, et responsable du projet.
Sources : Cable News Network ; Earth Times, Etats-Unis
Thématiques : environnement, Économie
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
