Partage international no 370 – juin 2019
« En matière de climat, on assiste à une course de vitesse entre la conscience et la destruction. Il est temps de sauver notre habitat. » Emma Thompson, actrice et activiste
Les gens s’éveillent, affirme fréquemment Partage international, et ces dernières semaines ont été témoins de ce réveil concernant le changement climatique au Royaume-Uni comme ailleurs. Celui-ci était attendu depuis longtemps. Durant 11 jours, en avril 2019, y compris pendant le week-end de Pâques, le groupe militant Extinction Rebellion a mené une campagne de désobéissance civile dans le centre de Londres en plaçant des arbres en pot le long du Waterloo Bridge, en parquant un bateau rose au centre du quartier commercial populaire d’Oxford Circus, en installant un camp de tentes dans Hyde Park avec une scène pour musique et discours, et en bloquant le trafic dans cinq quartiers importants de la ville.
Sur le plan de l’organisation, le groupe a tiré des leçons des précédents mouvements de désobéissance civile : ils n’ont pas de chef, ils travaillent plutôt par « groupes d’affinité » autonomes, et ils ont interdit la drogue et l’alcool. Les manifestations ont été pacifiques, empreintes d’humour et ont impliqué des personnes de tous âges et de tous horizons.
Néanmoins, le trafic routier a été bloqué et près d’un millier d’arrestations ont été effectuées pour obstruction illégale. Les occupations ont mis en colère certaines personnes dont les activités quotidiennes autour de la capitale ont été perturbées, mais les protestations ont rapidement eu un impact considérable sur l’opinion publique et politique – tout le monde, au Parlement, dans les médias et dans les rues, semble maintenant parler de la crise climatique.
Le 25 avril, Extinction Rebellion a décidé de stopper les manifestations de Londres afin d’entamer des négociations avec le gouvernement et chercher des méthodes plus locales pour atteindre leurs objectifs. Mais ils ont fait beaucoup en très peu de temps.
Ces manifestations ont coïncidé avec les « grèves scolaires » mondiales inspirées par l’adolescente suédoise Greta Thunberg, qui est devenue une figure internationale. Elle a rencontré les manifestants d’Extinction Rebellion à Londres ainsi que des politiciens britanniques de premier plan au Parlement. Dans son discours aux manifestants de Marble Arch, elle a déclaré : « Nous devons maintenant décider quel chemin nous voulons prendre. Quelles conditions de vie voulons-nous dans le futur pour toutes les espèces ? Nous sommes réunis ici aujourd’hui et dans de nombreux endroits de Londres et du monde entier, parce que nous avons choisi le chemin que nous voulons prendre et que nous attendons maintenant que les autres suivent notre exemple. Je viens de Suède, et là-bas, c’est presque le même problème qu’ici – comme partout – rien n’est fait pour arrêter la crise écologique, malgré toutes les belles paroles et promesses. »
En même temps, la BBC a diffusé Climate Change : the facts, un remarquable documentaire télévisé. Réalisé par Sir David Attenborough, célèbre naturaliste de 93 ans, il met en avant le danger écologique. D. Attenborough a déclaré : « Les jeunes ont la vue large. Ils peuvent peut-être voir plus clairement que le reste d’entre nous… Nous, les plus vieux, on devrait en tenir compte. »
Extinction Rebellion déclare que la situation planétaire « est plus dangereuse que la Seconde Guerre mondiale » et certaines autorités locales du Royaume-Uni, y compris celles de Londres, ont déjà déclaré une urgence climatique.
Le Parti travailliste de l’opposition britannique est entré dans l’histoire le 1er mai 2019 en déposant une motion parlementaire appelant à la déclaration d’une « urgence climatique et écologique nationale », qui a été acceptée par la Chambre des communes. Jeremy Corbyn, chef du parti, a déclaré : « Nous n’avons pas de temps à perdre. Nous vivons une crise climatique qui dégénérera dangereusement en une spirale incontrôlable si nous ne prenons pas des mesures énergiques dès maintenant. Il ne s’agit plus d’un avenir lointain, mais de la destruction irréversible de l’environnement qui se produira dans le courant de la vie de nos députés.
Les jeunes le savent. Ce sont eux qui ont le plus à perdre. Il y a quelques semaines, comme beaucoup d’autres députés des deux bords de l’Assemblée, j’ai été profondément ému de voir les rues devant le Parlement remplies de couleurs et du bruit d’enfants scandant « Notre planète, notre avenir ». Pour quelqu’un de ma génération, il était inspirant mais aussi humiliant que des enfants se sentent obligés de quitter l’école pour nous donner des leçons. La vérité, c’est qu’ils sont en avance sur les politiciens sur cette question, la plus importante de notre époque. »
L’héritage laissé par les dirigeants politiques actuels dépendra de ce qu’ils font maintenant. Comme l’a dit un vicaire d’une église londonienne à Hampstead (Londres) : « Les dommages que nous nous faisons à nous-mêmes et à notre monde sont des dommages causés d’une manière ou d’une autre à tout le monde. »
Sources : commondreams.org ; theyworkforyou.com
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
