Expériences de mort imminente : état de la recherche

Partage international no 308avril 2014

par Patricia Pitchon

« La mort n’est qu’un interlude dans une vie où l’expérience s’accroît de façon continue […] elle marque une transition, c’est-à-dire le passage d’un état de conscience à un autre. »

« La meilleure conception que l’on puisse se faire de la mort est de la considérer comme une expérience qui nous libère de l’illusion de la forme […] » Alice Bailey, De Bethléem au Calvaire, cité dans le prologue de La mort, cette grande aventure

Après des dizaines d’années de recherche dans le domaine des expériences de mort imminente, les scientifiques disposent aujourd’hui de plusieurs milliers de témoignages émanant des intéressés eux-mêmes. De très nombreuses personnes, après avoir été déclarées cliniquement mortes, semblent être passées dans une autre dimension, où elles sont entrées en contact avec des êtres aimés disparus et avec des entités d’une immense sagesse qui ont fait preuve à leur égard d’un amour de la plus grande pureté. Et surtout, beaucoup des individus qui ont survécu grâce aux progrès de la réanimation moderne ont déclaré avoir perdu toute peur de la mort après leur expérience. Tous ces témoignages semblent plus en accord avec les déclarations des grands maîtres spirituels qu’avec les idées des scientifiques matérialistes modernes. Ainsi, le Maître tibétain Djwhal Khul déclare : « La mort est pour l’essentiel une affaire de conscience. A un moment, nous sommes conscients sur le plan physique, et à l’instant suivant nous sommes passés sur un autre plan où nous sommes activement conscients. » [La Mort, cette Grande Aventure, chapitre 2]

Lorsqu’une personne a été victime d’un arrêt cardiaque ou d’une très grave blessure, que son cœur a cessé de battre et que son cerveau ne donne plus aucun signe d’activité, elle est généralement considérée comme cliniquement morte. Néanmoins, des recherches récentes semblent indiquer que, dans de nombreux cas, la conscience ait survécu indépendamment du corps physique, comme le démontrent les exemples ci-dessous, parmi tant d’autres.

Un homme qui avait de graves problèmes cardiaques était sur le point de mourir, alors que sa sœur, dans le même hôpital, se trouvait en coma diabétique. Quittant son corps, l’homme vit d’abord le personnel médical essayer de le réanimer, avant de se retrouver soudain en train de parler de ce qui était en train de se passer avec sa sœur. Celle-ci s’éloigna alors de lui, et il la vit disparaître dans un tunnel. A son réveil, l’homme annonça au médecin que sa sœur était morte. Le médecin refusa de le croire, mais l’infirmière arriva qui lui confirma que la femme venait de décéder. [cf. Raymond Moody, La Lumière de l’au-delà]

Nombreux sont ceux qui déclarent être passés par un tunnel avant d’émerger dans une magnifique lumière blanche. Ils rencontrent alors souvent des membres de leur famille décédés, voient des prairies merveilleuses, des fleurs aux couleurs vives d’une beauté indescriptible et se sentent enveloppés d’un amour inconditionnel. A ce stade, il arrive que des « Etres de lumière » se présentent et communiquent avec eux par télépathie. Beaucoup voient alors les événements majeurs de leur vie se dérouler devant eux : ils comprennent comment ils ont blessé leur entourage et ressentent les émotions provoquées par leurs mauvaises actions. Ce processus leur donne l’occasion de se juger eux-mêmes, car non seulement ils « voient » leurs actions comme dans un film, mais ils ressentent ce qu’ils ont fait, ce qui explique le regret qui est le leur. Un « Etre de lumière » (que les croyants appellent Dieu ou Jésus, et que les non-croyants décrivent comme exprimant un amour inconditionnel) guide la personne, tout en l’enveloppant d’amour et de lumière. Dans certaines descriptions, amour et lumière semblent interchangeables.

A un certain point, la personne concernée devient souvent consciente d’une frontière qui constitue un point de non retour, et au-delà de laquelle certains ont vu une merveilleuse cité de lumière : « Je voyais une ville […], avec des bâtiments […] étincelants. Les gens y étaient heureux. Il y avait des eaux scintillantes, des fontaines […] une cité de lumière, c’est ainsi que je décrirais cela. C’était merveilleux. Mais si j’y étais entré, je pense que je n’aurais jamais pu en revenir. » [cf. Raymond Moody, La Vie après la vie]. Même lorsque les gens ne souhaitent pas revenir, on les encourage souvent avec des mots comme « Vos enfants ont besoin de vous » ou bien « Vous avez encore des choses à faire ».

Certains reviennent à la vie inexplicablement guéris de maladies graves, et beaucoup parlent de l’envie de vivre renouvelée qui est la leur, ainsi que du sens nouveau que l’expérience a donné à leur existence. Ces dernières années, les chercheurs ont décrit une partie ou l’ensemble de ces « expériences de mort imminente » ou EMI (terme forgé par l’un des pionniers en la matière, le psychiatre Raymond Moody, auteur des travaux précurseurs présentés dans La Vie après la vie et ses autres livres). Il a même été démontré que ces expériences s’organisent selon un schéma indépendant des cultures (à ce propos, voir Jeffrey Long et Paul Perry, La vie après la mort, les preuves).

Les EMI qui ont eu lieu pendant l’enfance restent à jamais gravées dans les mémoires : une femme du nom de Katie s’est étouffée et a perdu connaissance à l’âge de trois ans sous les yeux de son grand-père, pompier, impuissant à la ranimer. Quittant son corps, elle s’est dirigée vers une lumière qui brillait dans une autre pièce. Elle raconte qu’une présence l’enveloppait, qui « était tout à la fois paix immense, amour, acceptation, calme et joie », et ajoute que le simple fait de raconter son expérience lui en fait « retrouver encore une fois les délices ». Elle précise qu’elle n’a pas pensé à Dieu pour expliquer cette présence, parce qu’elle était trop petite pour envisager le concept à l’époque, mais qu’elle avait bel et bien « vécu cette présence comme celle de son créateur ». [La vie après la mort, les preuves]

Le récit d’un neurochirurgien

Un neurochirurgien étasunien, le Dr Alexander Eben, restait imperméable à toutes les expériences dont ses patients tentaient de lui faire part. Se décrivant lui-même comme « praticien cinétique », il ne s’intéressait pas à ce qu’il ne pouvait pas toucher ou ressentir. Il appréciait la « netteté » des problèmes posés par la science. Comme il aimait à l’expliquer, un patient souffrant d’une migraine et, en conséquence, d’une perte partielle de conscience, passe une IRM qui révèle une tumeur du cerveau ; le patient est opéré, la tumeur enlevée, et les symptômes disparaissent. Le Dr Alexander Eben savait aussi que, quand il regardait des neurones au microscope, la science ne lui expliquait pas comment le cerveau produisait la conscience. Mais il était convaincu que la science donnerait un jour les réponses. Il approuvait totalement le point de vue matérialiste selon lequel le mental n’est que l’une des fonctions supérieures du cerveau. Cependant, quand il se trouva lui-même dans le coma pendant une semaine en raison d’une forme rare de méningite bactérienne, il fit un voyage extraordinaire lors duquel il fut contacté par un « être » ayant pris la forme d’une très belle jeune fille qui lui fit savoir (sans lui parler) qu’on l’aimait et le chérissait. Il comprit alors que l’amour était « la base de tout ce qui existe », qu’il ne s’agissait pas de quelque chose d’abstrait et de difficile, mais d’un amour pur, inconditionnel, et dénué de toute jalousie et de tout égoïsme. Il a rencontré également un être divin qui, d’une certaine façon, « était si proche de lui, qu’il lui semblait qu’il n’y avait pas la moindre distance entre Dieu et lui-même. » [La preuve du paradis, voyage d’un neurochirurgien dans l’après-vie]

Les nombreuses questions du docteur Alexander Eben reçurent une réponse de l’être divin qui, en dépit de son immensité, n’en restait pas moins « chaleureux » et « personnel ». « Je vis l’abondance de la vie dans les innombrables univers, y compris ceux dont l’intelligence surpassait de loin celle de l’humanité. » Il vit « d’innombrables dimensions supérieures » qui ne pouvaient être connues qu’en pénétrant en elles et en en faisant l’expérience directe [La preuve du paradis]. Il affirme que, dans cet état, ses connaissances furent acquises par vision directe, sans processus de mémorisation, et enregistrées directement.

Des vies transformées

De nombreux bénéficiaires d’EMI ont non seulement perdu toute peur de la mort, mais ils ont également revu « le film de leur vie », ce qui semble les avoir décidés à « en faire davantage », ne serait-ce qu’en se préoccupant davantage d’autrui : Victor, de Russie, qui n’avait eu aucune éducation religieuse, souffrait de dépression et était hanté par la peur de ne pas pouvoir terminer ses études. Sa vie lui semblait dénuée de sens. C’est alors que dans une EMI, il fut enveloppé d’une lumière extraordinaire dans laquelle il trouva paix, amour, et se sentit parfaitement à l’abri. « Une force invisible avait ouvert devant moi des voies nouvelles que je devais emprunter, m’avait fourni une raison de me battre qui donnait un sens à ma vie, qui me donnait pour but de « satisfaire les besoins de tous ceux qui étaient autour de moi en même temps que les miens, » et de remplir « chacune de mes journées d’activités bonnes et utiles ».

Gulden, de Turquie, déclare qu’après son EMI, il va au-devant des gens avec beaucoup plus de joie et ne se met presque plus en colère. « Ma journée est remplie d’amour et de paix. J’éprouve du plaisir à aider des gens que je ne connais pas. » Suresh, d’Inde, témoigne : « Dieu était amour, lumière et mouvement. » Il précise qu’il a dû « nettoyer son mental et son cœur pour le recevoir et s’excuser auprès de tous ceux avec qui il s’était querellé et à qui, consciemment ou non, il avait causé du chagrin ». Il conclut en disant que le type d’amour qu’il a expérimenté « ne peut pas être décrit par des mots ». (Voir J. Steve Miller, Near-Death Experiences, où sont décrites de fascinantes expériences multiculturelles]

« Au cours de l’ère du Verseau, on abordera la loi de renaissance sur des bases totalement nouvelles […] Les hommes sauront qu’ils sont eux-mêmes créateurs, par leurs pensées et leurs actions, de circonstances de leur vie, mais que, par le jeu de ces mêmes lois, ils peuvent aussi transformer et améliorer leur propre nature et leurs conditions de vie.

Cela mènera à une réévaluation du sens et du but de la vie et à une conception plus saine de la mort. La compréhension de toute vie, incarnée ou non, remplacera la crainte d’aujourd’hui ; la vieille phobie de la mort, considérée comme fin de toute chose, s’évanouira dans la nouvelle lumière qui viendra illuminer le mental des hommes. Eclairant les recoins les plus sombres de la superstition et de l’ignorance, cette nouvelle lumière brillera et éveillera les hommes à la conscience de leur divinité en tant qu’âmes immortelles. » [Un Maître parle, La Loi de renaissance, pp. 73-74.]

Références :
Alice A. Bailey : La mort, la grande aventure. (Compilation faite par deux étudiants, Lucis Trust)
Raymond Moody : La Vie après la vie. Enquête à propos d’un phénomène : la survie de la conscience après la mort du corps (1975), éditions J’ai lu, coll. L’Aventure mystérieuse, N° A379 (13 sept. 2006)
Raymond Moody : La Lumière de l’au-delà, Robert Laffont (19 sept. 1988)
Alexander Eben : La preuve du paradis, voyage d’un neurochirurgien dans l’après-vie, Guy Trédaniel, 2013
Jeffrey Long et Paul Perry : La vie après la mort, les preuves, JC Lattès, 2013
J. Steve Miller : Near-Death Experiences [Expériences de mort imminente, non traduit], Wisdom Creek Press, Acworth, Georgia, 2012

Auteur : Patricia Pitchon, autrefois journaliste au quotidien colombien El Tiempo. Aujourd’hui basée à Londres, elle est journaliste indépendante. Egalement psychothérapeute, elle travaille avec les réfugiés.
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Divers ()