Partage international no 212 – avril 2006
De septembre à mars, une centaine de personnes, en provenance du continent africain, franchissent chaque jour clandestinement le Golfe d’Aden, qui sépare le Yémen de l’Afrique.
Ce sont, pour la plupart, des gens qui, fuyant la pauvreté, la sécheresse, la guerre et les conflits tribaux ou religieux, sont décidés à courir des risques considérables pour ce premier pas dans leur long et incertain voyage vers l’Europe.
Un réseau de passeurs clandestins attire un nombre croissant de candidats à l’émigration, pour des tarifs exorbitants, qu’ils forcent souvent à passer par-dessus bord lorsqu’ils sont repérés des garde-côtes du Yémen. C’est ce qui est arrivé récemment à 137 boat people, rapporte le haut commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR), alors qu’ils étaient en vue de la côte yéménite ; 33 ont perdu la vie, et 20 autres sont portés disparus.
Des données recueillies de différentes sources indiquent que ce trafic fait plusieurs morts par jour (par noyade, déshydratation, ou de froid). En février dernier, deux émigrants se sont noyés quand leur embarcation a été arraisonnée par les garde-côtes d’une petite île de la méditerranée occidentale, qui ont réussi cependant à en sauver 22.


