Evénements météorologiques extrêmes dus à El Niño

Partage international no 328décembre 2015

Plusieurs agences des Nations unies, dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), intensifient leurs préparatifs dans l’attente d’épisodes météorologiques dus à El Niño, qui pourraient être les plus violents de ces deux dernières décennies. Les pays en développement qui dépendent de l’agriculture et de la pêche, en particulier ceux qui bordent l’océan Pacifique, sont les plus touchés par ce phénomène annuel. En espagnol, « El Niño » se réfère à l’Enfant Jésus, parce qu’il se produit pendant la période de Noël, lorsque la surface de l’eau se réchauffe dans l’océan Pacifique au large de l’Amérique du Sud. Cette oscillation australe El Niño (ENSO) entraîne des changements des températures et des précipitations sur toute la planète, et a aussi des conséquences importantes sur la santé et la vie des populations locales et régionales.

L’OMS a récemment publié un rapport sur la préparation sanitaire aux épisodes d’El Niño, confirmant la tendance vers des périodes humides et sèches inhabituelles entre novembre 2015 et janvier 2016. Le rapport donne des détails sur les inondations et les sécheresses provoquées par El Niño dans le monde entier. Par exemple, les précipitations extrêmes en Afrique de l’Est ont réduit la production agricole et aggravé l’insécurité alimentaire. Les inondations favorisent également des maladies graves comme le choléra et la fièvre de la vallée du Rift. En Amérique du Sud, les inondations ont provoqué des glissements de terrain à grande échelle détruisant maisons et infrastructures.

A l’inverse, El Niño entraîne aussi de graves sécheresses, en particulier dans les îles du Pacifique, réduisant les récoltes, ce qui à son tour impacte l’économie et augmente les problèmes de malnutrition.

Le 26 octobre 2015 s’est tenu à Suva, aux îles Fidji, la Plateforme océanienne pour la gestion des risques de catastrophe. Margareta Wahlström, chef du Bureau des Nations unies pour la Réduction des risques de catastrophes (UNISDR), a exprimé sa profonde préoccupation : « Les prochains mois seront la période la plus critique de l’histoire des îles du Pacifique. La vulnérabilité de la région a été démontrée lors de la Conférence mondiale sur la prévention des risques de catastrophes au mois de mars, au moment où le cyclone Pam infligeait de lourdes pertes au Vanuatu. Le réchauffement des eaux et la hausse du niveau des mers résultant du changement climatique menacent la vie dans de nombreuses îles. » Elle a ajouté que le Cadre Sendai pour la réduction des risques de catastrophes (2015-2030) a été adopté le 18 mars 2015 lors de la troisième Conférence mondiale des Nations unies à Sendai, au Japon, comme plan mondial pour réduire les pertes en cas de catastrophe. Les mesures recommandées consistent notamment à s’assurer que le public en général est informé des risques, peut recevoir les alertes précoces et a accès aux abris anticyclones ; à renforcer la gestion des risques par les autorités ; à investir dans des infrastructures adaptées aux risques de catastrophe et dans la logistique post-catastrophe.

Timothy Wilcox, directeur du Bureau Pacifique pour l’UNISDR a déclaré : « Certaines régions souffrent maintenant de pénuries d’eau en raison d’El Niño, tandis que d’autres se préparent à la forte probabilité d’être touchées par des vents violents, des tempêtes et de lourdes précipitations dans les mois à venir. »

Les 28 et 29 octobre 2015, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a accueilli la Réunion annuelle du Pacifique pour un partenariat humanitaire, qui a appelé au renforcement des relations entre les pays exposés aux catastrophes, afin de se préparer aux menaces climatiques imminentes. Selon l’OCHA, environ 4,5 millions de personnes dans 11 pays du Pacifique sont menacées par El Niño. « Les besoins humanitaires sont à la hausse partout dans le monde, en particulier dans le Pacifique à cause du changement climatique. Il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui de synchroniser les efforts de tous ceux qui travaillent dans le développement, l’humanitaire et la réduction des risques de catastrophes », a déclaré Sune Gudnitz, chef du bureau Pacifique de l’OCHA.


Sources : un.org
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)