Espoir à l’horizon pour l’humanité

Partage international no 41février 1992

 L’information concernant le retour de Maitreya provoque fréquemment une réaction d’opposition basée sur l’argument selon lequel la situation mondiale, loin de s’améliorer, irait au contraire en se dégradant. Les sceptiques signalent l’existence des guerres civiles, comme en Yougoslavie par exemple. Ils évoquent les dangers inhérents à l’effondrement de l’ancienne Union soviétique, déplorent les conflits apparemment insolubles au Moyen-Orient, l’aggravation des problèmes de pollution, ainsi que l’accroissement permanent de la population mondiale.

Partage international attire constamment l’attention sur les événements encourageants dans le domaine des relations internationales. C’est un des objectifs que nous nous sommes fixés, et cela peut sans doute donner l’impression que nous décrivons le monde de manière partiale et inconsidérément optimiste. C’est la raison pour laquelle il peut être utile de savoir ce qu’en dit une organisation comme l’UNICEF. Dans son rapport de fin d’année, et bien quelle soit constamment confrontée à toute la souffrance du monde, l’ UNICEF fait une analyse plus qu’encourageante de la situation mondiale et des récents bouleversements. Le texte qui suit est un extrait de ce rapport que l’UNICEF considère comme « une contribution au débat sur le nouvel ordre mondial qui s’efforce de naître ».

« En un clin d’œil historique, le monde vient d’être le témoin de la première étape de l’élimination de l’apartheid, de la libération de l’Europe Centrale et de l’Est, de la fin de 40 ans de guerre froide, des premières réductions importantes des dépenses d’armement, de l’abandon virtuel de l’idée d’un monopole économique d’état, de l’affaiblissement des séparatismes idéologiques, de la forte reprise de l’économie asiatique, du renversement des dictatures dans presque toutes les républiques d’Amérique latine, et d’une nouvelle impulsion vers la démocratie, le pluralisme et les réformes économiques en Afrique (…) la soudaineté et l’ampleur de ces changements, dans un paysage considéré jusque-là comme complètement figé, incitent à penser que nous traversons une révolution. (…) En dépit d’un agenda international surchargé par les questions politiques, économiques et environnementales urgentes, il existe sans doute davantage de raisons d’espérer pour l’humanité aujourd’hui qu’à aucun autre moment de ce siècle. »

Ce passage résume parfaitement les événements stupéfiants relatés dans notre magazine, au cours de ces dernières années. Il est cependant compréhensible que certains gardent une vision sinistre et pessimiste de la réalité quotidienne, malgré des changements sans précédent et qu’on n’aurait jamais osé imaginer auparavant. Les changements sont si rapides et d’une telle portée, et la pression imposée au vieil ordre est si impitoyable, qu’il est difficile de percevoir — comme l’a fait l’UNICEF — le leitmotiv positif gouvernant ces événements très souvent chaotiques.

Pour rendre les choses encore plus complexes, des transformations parfois souhaitables sont accompagnées d’effets secondaires indésirables. Prenez l’exemple de la situation de la défunte Union soviétique. De prime abord, la plupart des gens, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest, ont exprimé leur enthousiasme en faveur des orientations prises par Mikhaïl Gorbatchev. La liberté, la démocratisation, l’ouverture, la réorganisation, sont tous des idéaux valables — tous exclusivement positifs. Pour beaucoup, l’euphorie a cédé la place à l’inquiétude, voire même à la peur. La liberté semble tourner au séparatisme politique, la démocratisation prend la teinte du conflit religieux et ethnique, et en l’absence de leader l’ouverture vire au chaos et la réorganisation aboutit à l’impasse économique. Il y aurait toutes les raisons d’être anxieux si on ne considérait que cet aspect là des choses.

Il est heureux que les lecteurs de Partage international, se démoralisent moins facilement. En premier lieu, ils n’auront pas été surpris de la manière grossière dont furent brisés les rêves de perestroïka et de glasnost. Dans notre numéro d’octobre 1988, le collaborateur de Maitreya avertissait déjà que « Gorbatchev se trouve dans une position délicate et, selon Maitreya, il sera finalement remplacé ». En juillet 1989, il ajoutait que « les manifestations et les émeutes qui se déroulent en Union soviétique n’ont fait que quelques lignes dans les journaux, cependant, bientôt nous en entendrons parler bien davantage. » Par la suite, presque tous les mois, le collaborateur de Maitreya a fourni divers aperçus sur les développements attendus en Union soviétique. Ainsi, l’information anticipée sur l’issue des mouvements d’indépendance encore hésitants dans les différentes républiques : « En Union soviétique, de nombreux états ont été artificiellement unis au nom du communisme. Le communisme a maintenant perdu son emprise et, un jour, tous ces états deviendront indépendants ». (mars 1990)

Le fait que ces prévisions se soient réalisées comme prévu ne signifie pas qu’elles soient toutes entièrement souhaitables. Aux dires de son collaborateurs, Maitreya lui-même avait averti très clairement des effets de ce que le collaborateur avait appelé « le serpent de la liberté » lâché en Union soviétique. Cela signifiait-il que Maitreya se trouvait du côté des forces conservatrices ? De toute évidence, cela n’est pas le cas. Maitreya est sans aucun doute le défenseur de la transformation et du renouveau, mais Il invite en même temps aux sages compromis et à la recherche de la juste mesure. La nouvelle Communauté formée par les anciennes républiques soviétiques et les états satellites a reçu et reçoit le conseil de ne pas changer aveuglément le communisme pour le capitalisme, ni d’adopter sans discernement la société de consommation occidentale.

En l’occurrence, c’est le courant extrémiste qui a, temporairement du moins, tout balayé devant lui. C’est aussi la raison pour laquelle le système économique soviétique jusque là inébranlable, a connu un arrêt douloureux. Cela signifie-t-il, avec le recul, que la révolution de l’Europe de l’Est a seulement servi à aggraver la situation mondiale ? Absolument pas. On ne peut réfuter cette fine analyse de l’UNICEF par l’évocation des échecs et des problèmes que provoquent la transition et la transformation. La situation actuelle, en dépit de toues ses difficultés et de ses complexités, est infiniment préférable à l’attitude distante maintenue au cours de la guerre froide, qui ne permettait aucun dialogue entre l’Est et L’Ouest. L’hostilité et la rivalité ainsi créées auraient presque inévitablement conduit à une guerre de destruction totale. Mais à présent, et quoique l’évolution soit lente, on peut discerner les prémices d’une coopération. Tout en retardant inutilement les choses, l’Ouest est désormais de plus en plus disposé à aider l’ancienne Union soviétique.  La nouvelle république russe a même posé sa candidature comme membre de l’OTAN.

C’est pourquoi, mis à part le fait que nous sommes informés de la présence de Maitreya, nous pouvons si sincèrement partager l’opinion de l’UNICEF selon laquelle il y a plus d’espoir aujourd’hui que jamais auparavant au cours de ce siècle. Nous voudrions aller plus loin en disant que, non seulement au cours de ce siècle, mais au cours de toute l’histoire, et malgré tous nos problèmes, nous n’avons jamais connu une telle occasion de progresser. Néanmoins, nous comprenons bien que M. Gorbatchev déplore les conflits intérieurs et extérieurs qui assaillent les différentes républiques soviétiques. La Literatornaya Gazette a d’ailleurs publié cette remarque de Gorbatchev : « Le Christ lui-même ne pourrait démêler ces problèmes ». Peut-être que nous — l’humanité dans son ensemble — devrions lui demander ?

Russie
Thématiques : politique, Économie, émergence
Rubrique : Editorial ()