Partage international no 340 – décembre 2016
Les réactions de militants du climat
Annie Leonard, directrice générale de Greenpeace États-Unis : « Il se peut que la peur ait gagné ces élections mais l’espoir et la détermination vaincront. Greenpeace et des millions de personnes dans le monde disposent de tout le pouvoir nécessaire pour lutter contre le changement climatique et créer un monde juste pour tous. Utilisons ce moment pour relancer la lutte en faveur du climat et la lutte pour les droits humains dans le monde. »
Jean Su, du Centre pour la diversité biologique : « L’accord de Paris a été signé et ratifié non par un président, mais par les Etats-Unis eux-mêmes. Un seul homme, surtout au XXIe siècle, ne doit pas dépouiller le monde du progrès climatique déjà obtenu et qu’il doit continuer à réaliser. En matière de droit international, et en tant que question de survie humaine, les nations du monde peuvent, doivent obliger les Etats-Unis à tenir leurs engagements en matière de climat. Et il incombe au peuple américain de s’unir et de promouvoir des politiques climatiques progressistes au niveau des Etats et des collectivités locales, où la politique fédérale ne s’applique pas. »
Michael Brune, directeur général, The Sierra Club : « L’énergie éolienne et solaire va devenir plus abordable et plus accessible que les combustibles fossiles. La baisse du prix des équipements et les mouvements populaires favorables aux énergies propres, voilà encore de solides atouts à notre disposition pour réduire la pollution climatique, même sous la présidence de D. Trump. »
May Boeve, directrice générale de 350.org : « Notre travail devient beaucoup plus difficile maintenant, mais rien n’est impossible et nous refusons d’abandonner. Ensemble, nous mettrons tout en œuvre pour protéger les progrès réalisés et continuer à promouvoir des actions audacieuses. Nous refusons de laisser l’avenir de notre climat aux mains de D. Trump. Il est temps de respirer profondément et de se battre comme jamais. »
Erich Pica, président de Friends of the Earth, Etats-Unis (Les amis de la terre) : « Nous devrons exploiter notre nouvelle énergie, nous unir et utiliser toutes les stratégies possibles pour lutter contre la haine, la cupidité et la destruction de l’environnement. J’aurais préféré avoir à faire face à un autre type de combat, mais nous devons affronter celui qui se présente. L’avenir de notre pays et de notre planète en dépend. »
Naomi Klein, auteure et activiste écologique : « Nous devons demander à nos partenaires étrangers d’exiger des Etats-Unis des sanctions économiques en cas de non respect et de laminage du traité de Paris. A mon avis, la réponse internationale devra être très rapide. Les nations doivent envoyer un signal fort : vous ne pouvez fouler aux pieds ces traités internationaux durement gagnés, et âprement négociés, sans en subir les conséquences. »
Bill McKibben, auteur et militant écologiste, fondateur de 350.org : « L’organisation de mouvements est un moyen pour le peuple de battre la puissance financière de l’industrie des combustibles fossiles. Les mouvements peuvent faire qu’un prix soit donné au carbone, obliger les politiciens à laisser les combustibles fossiles dans le sol, et exiger des subventions de sorte qu’ont puisse voir des panneaux solaires sur presque tous les toits, pas seulement le vôtre. Les mouvements rassemblent 5 ou 10 % de la population mais ils sont déterminants – parce que dans un monde où règne l’apathie, 5 ou 10 % est une masse énorme. Demandez au Tea Party. Demandez au mouvement pour les droits civiques. [… ]
Quand on me demande ce que je peux faire, je réponds : La chose la plus importante qu’un individu puisse faire est de ne pas rester seul. Rejoignez-nous – c’est pourquoi nous avons des mouvements comme 350.org ou Green for All, comme BlackLivesMatter ou Occupy. S’il n’y a pas de conflits dans votre quartier, trouvez des gens à soutenir, de Standing Rock aux îles du Pacifique. La première tâche est de s’organiser.
La présidence de D.Trump arrive au moment le moins opportun. Ce n’est pas comme si nous avions déjà remporté la bataille du climat. Nous commencions juste à faire un peu de progrès. Les énergies renouvelables et propres commençaient à prendre leur essor dans ce pays et partout dans le monde.
Le monde a réussi à agir, il y a un an à Paris, pour la première fois. Maintenant, nous ne faisons pas face à un nid-de-poule, mais à un fossé, sur notre route. La chose à retenir au sujet du changement climatique, c’est que ce n’est pas comme si nous pouvions juste reprendre, dans quatre ans, les choses où nous les avons laissées. La physique est notre ennemie, et elle impose une limite de temps délicate. Nous n’avons plus une durée de mandat présidentiel à perdre. Alors nous allons devoir nous déterminer en tant que nation et, peut-être plus important, en tant que planète : comment contourner Donald Trump, à un degré ou à un autre.
Les réactions de représentants de gouvernement et de climatologues
Chen Zhihua, délégué chinois à la COP22, responsable de la Division du changement climatique de la Commission nationale de développement et de réforme : « Nous sommes certains que la communauté internationale ne s’arrêtera pas et qu’elle se joindra à nous et poursuivra ses efforts sur le changement climatique […] Peu importe la position du nouveau gouvernement américain, la Chine continuera à participer de façon constructive au processus international de changement climatique. »
Bernie Sanders, sénateur démocrate du Vermont : « Ce que nous devons dire à M. Trump et à tout le monde : Nous n’allons pas entrer en silence dans la nuit. Les enjeux sont trop élevés pour l’avenir de cette planète. Nous allons être intelligents. Nous allons informer. Nous allons organiser. Nous allons réunir des dizaines de millions de personnes, des mères, des pères et leurs enfants, pour dire à l’industrie des combustibles fossiles que leurs bénéfices à court terme ne sont pas plus importants que l’avenir de notre planète. »
John Kerry, secrétaire d’Etat américain : « Pour ceux qui sont au pouvoir dans le monde entier, y compris aux Etats-Unis, et qui peuvent être confrontés aux décisions à prendre en cette période critique, je vous demande, au nom de milliards de personnes dans le monde à voir par vous-mêmes. Faites-vous votre propre opinion avant de faire des choix irrévocables.
[…] Le changement climatique ne devrait pas être une question partisane en premier lieu. […] Ce n’est pas une question partisane pour nos dirigeants militaires. […] Ce n’est pas une question partisane pour nos services de renseignement. […] Personne n’a le droit de prendre des décisions qui affectent des milliards de personnes, basées uniquement sur l’idéologie ou sans avis pertinents.
[…] Et personne ne devrait douter de l’écrasante majorité des citoyens des Etats-Unis qui savent que le changement climatique se produit et qui sont déterminés à respecter les engagements pris à Paris.
François Hollande, président de la France : « Les Etats-Unis, première puissante économie du monde, deuxième émetteur de gaz à effet de serre, doivent respecter les engagements qui ont été pris. Ce n’est pas simplement leur devoir, c’est leur intérêt. »
Sources : Democracy.org ; good.is ; ecowatch.com ; greenpeace.org ; sierraclub.org ; twitter.com/EricHolthaus/ ; climatechangenews.com ; commondreams.org ; Associated Press
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
