Partage international no 184 – décembre 2003
par Leslie Kean
Au cours de l’été 2002, les agroglyphes (crop circles) ont été en vedette avec la sortie du film Signs. Depuis, la baie de San Francisco a eu le privilège de voir le phénomène se produire pour de bon.
La formation découverte en juin dans un champ de blé à Rockville, dans le comté de Solano, semble être la plus grande jamais signalée aux Etats-Unis, et elle a attiré des centaines de visiteurs (voir compte rendu dans l’encadré p.16). Une analyse des plantes et de la terre prélevés au sein de cet agroglyphe, et comparée à celle d’échantillons provenant d’autres endroits du champ, pourrait aider les chercheurs à déterminer si l’agroglyphe de Rockville est tout simplement l’œuvre d’individus qui sont venus à la dérobée aplatir les tiges avec des planches. Pour beaucoup, cela paraît la seule explication possible.
Il existe cependant des preuves tangibles montrant que tous les agroglyphes ne sont pas faits de façon aussi rudimentaire. Des données surprenantes publiées dans des journaux scientifiques très sérieux montrent clairement que certaines de ces figures géométriques, que l’on trouve dans des dizaines de pays, n’ont pu être créées par des « farceurs munis de planches ».
Une étude effectuée par une équipe de scientifiques, grâce au soutien financier de Laurance Rockefeller, et sur le point d’être publiée, est arrivée à la conclusion « qu’il est possible que nous observions les effets d’une forme d’énergie nouvelle, encore inconnue ».
Anomalies sur les échantillons prélevés sur certains sites
Au début des années 1990, William Levengood, biophysicien au Pinelandia Biophysical Laboratory, dans le Michigan (Etats-Unis), a examiné des végétaux et de la terre provenant de 250 agroglyphes apparus dans sept pays différents.
Les échantillons prélevés à l’intérieur et à l’extérieur de ces formations ont été fournis par la BLT Research Team (équipe composée de trois chercheurs, Burke, Leven-good et Talbott), basée dans le Massachusetts.
W. Levengood, auteur de plus de cinquante articles publiés dans la presse scientifique, a mis en évidence de nombreuses modifications constatées dans les végétaux prélevés au sein de figures géométriques, notamment un étirement des nœuds le long des tiges, ainsi que des « cavités d’expulsion », des trous qui se sont formés à l’endroit des nœuds, à la suite du brusque échauffement de l’humidité interne, sous l’action d’intenses poussées de radiation. La vapeur à l’intérieur des tiges s’est échappée soit en étirant les nœuds, soit, lorsque le tissu n’était pas suffisamment élastique, en les faisant éclater, comme une pomme de terre qui éclate dans un four à micro-ondes.
Des graines provenant de plantes prélevées dans les agroglyphes et mises à germer en laboratoire ont montré des altérations significatives dans leur croissance, comparées avec des plantes prélevées à l’extérieur des formations. On a pu constater soit une incapacité à former des graines, soit, au contraire, une croissance spectaculaire des semences – selon les espèces, l’âge des plantes lorsque le cercle a été créé, et l’intensité du système d’énergie en cause.
Ces anomalies ont également été trouvées dans des touffes encore droites à l’intérieur des agroglyphes et dans de petites parcelles de végétaux aplatis trouvés ici et là à proximité des figures géométriques. Tout ceci suggère l’action d’une force naturelle encore inconnue.
Publiées en 1994 dans Phisiologia Plantarum, le journal international des Sociétés européennes de physiologie végétale, les données établies par W. Levengood ont montré que « les plantes prélevées au sein des agroglyphes présentent des anomalies anatomiques qui excluent l’hypothèse de canulars ». Il définit une formation « authentique » comme « étant produite par des forces énergétiques externes indépendantes de l’influence humaine ».
Un étrange « vernis » brun recouvrant les plantes à l’intérieur d’un agroglyphe britannique a fait l’objet d’un article de W. Levengood et John Burke, paru en 1995 dans le Journal of Scientific Exploration. Ce « vernis » était du fer pur qui s’était incrusté dans les plantes alors qu’il était encore en fusion. De minuscules boules de fer furent également trouvées dans le sol.
En 1999, Ronald Ashby, chercheur britannique, examina le « vernis » au moyen de microscopes optiques et électroniques. Il mit en évidence le fait qu’une chaleur intense avait été nécessaire, le fer fondant à environ 1 500 ° C, et qu’elle avait été administrée par petites doses ne durant pas plus d’un millième de seconde. « Une enquête approfondie a montré qu’il n’existe aucune explication normale pour ce vernis », a-t-il déclaré en guise de conclusion.
Dans un autre article paru en 1999 dans Physiologia Plantarum, W. Levengood et N. Talbott ont émis l’hypothèse que l’énergie à l’origine des agroglyphes pourrait être un tourbillon plasmique atmosphérique – de multiples masses d’air chargées d’électricité agissant les unes sur les autres lorsqu’elles tournent autour des lignes du champ magnétique terrestre. Mais on trouve dans certaines formations des carrés et des lignes droites.
Bernard Haisch, astrophysicien au California Institute for Physics and Astrophysics de Palo Alto (Californie), affirme pour sa part que « des motifs aussi élaborés et aussi intelligemment conçus ne peuvent être l’œuvre d’une force naturelle ». Il souligne cependant le fait qu’étant donné que tous les agroglyphes ne font pas l’objet d’investigations poussées, on ignore combien sont authentiques. Par ailleurs, il n’est pas vraisemblable que la complexité des agroglyphes ait pu naturellement évoluer d’une manière aussi rapide. « Les phénomènes naturels sont à l’origine de la formation de chaînes de montagnes ou de continents – ils n’apprennent pas la géométrie en dix ans », a déclaré B. Haisch, rédacteur scientifique à Astrophysical Journal et auteur de plus de 120 articles scientifiques.
En 1999, Laurance Rockefeller, philanthrope, a rendu possible l’étude la plus sérieuse et la plus révélatrice à ce jour. La BLT Research Team a collecté des centaines d’échantillons de plantes et de terre dans une formation composée de sept cercles dans un champ d’orge, à Edmonton (Canada). Les tiges présentent à la fois des nœuds étirés et des cavités d’expulsion, et les échantillons de terre contiennent des boules de fer typiques, ce qui indique une formation authentique. Les plantes prélevées en dehors ne présentent, par contre, aucune de ces modifications.
Sampath Iyengar, minéralogiste au Technology of Materials Laboratory, en Californie, a examiné des minéraux argileux spécifiques, sensibles à la chaleur, dans ces sols, en utilisant la diffraction sous rayons X et un microscope électronique. Il a découvert une augmentation du degré de cristallisation (l’ordre des atomes) dans les minéraux de l’agroglyphe, ce que le statisticien Ravi Raghavan a déterminé comme étant statistiquement significatif à 95 %.
« J’ai reçu un choc, a déclaré S. Iyengar, spécialisé en minéralogie argileuse depuis trente ans. En effet, de telles modifications sont normalement découvertes dans des sédiments enfouis dans la roche depuis des milliers et des milliers d’années, modifications survenues en raison de la chaleur et de la pression, mais jamais dans des sols de surface. »
Tout aussi étonnante est la corrélation directe entre l’allongement des nœuds sur les tiges et l’accroissement de la cristallisation des minéraux, ce qui indique que ces changements ont été provoqués par une source d’énergie commune.
Les scientifiques n’ont pu cependant expliquer comment ceci était possible. La température requise pour modifier la cristallisation du sol se situerait entre 800 et 1000 ° C, ce qui devrait détruire les plantes.
Evaluation des preuves
Réalisant les ramifications possibles de ces découvertes, N. Talbott a sollicité l’expertise d’un professeur émérite de géologie et de minéralogie au Dartmouth College, Robert Reynolds Jr, président fondateur de la Clay Minerals Society. Il est considéré par ses collègues comme« l’expert le plus renommé dans le monde »en ce qui concerne l’analyse par diffraction sous rayons X des minéraux argileux. R. Reynolds est arrivé
à la conclusion que les données fournies par la BLT Team avaient été « obtenues par du personnel compétent, en utilisant les méthodes habituelles ». La chaleur intense nécessaire pour provoquer les modifications observées dans la cristallisation « aurait dû calciner toute substance végétale, a-t-il confirmé dans une déclaration destinée au rapport Rockefeller. En résumé, je crois que nos connaissances actuelles n’offrent aucune explication. »
James Deardorff, météorologiste et professeur émérite au College of Oceanic and Atmospheric Sciences de l’Université de l’Oregon, a déclaré dans un commentaire publié en 2001 dans Physiologia Plantarum, que la variété, la complexité et la beauté artistique des agroglyphes « indiquent un travail intelligent » et qu’il ne peut s’agir en aucun cas d’un tourbillon de plasma.
J. Deardorff met également l’accent sur le fait que les anomalies constatées sur les plantes examinées de manière approfondie par W. Levengood et N. Talbott ne peuvent avoir été provoquées par des plaisantins.
Ainsi décrit-il une formation apparue en 1986 en Grande-Bretagne, où les couches supérieures et inférieures de céréales étaient enroulées d’une manière compliquée, et courbées perpendiculairement les unes par rapport aux autres, d’une manière « défiant toute explication. Les gens ne veulent pas regarder tout ceci en face et les scientifiques doivent affronter la dérision », a-t-il déclaré dans une interview.
Des témoignages visuels
Ajoutant des éléments à l’énigme, des cinéastes professionnels ont filmé en plein jour d’étranges « boules de lumière » sur les sites d’agroglyphes, et des phénomènes lumineux ont été observés par de nombreux témoins sur le site de la formation canadienne étudiée grâce au soutien de Laurance Rockefeller.
Un photographe britannique, Andrew Bucley, a saisi sur sa pellicule un oiseau qui plongeait sur une boule de lumière comme pour la saisir et qui a rapidement battu en retraite sous l’impact, ce qui montre clairement la réalité tridimensionnelle de la boule de lumière.
Steven Alexander a saisi un fermier du voisinage au moment où il arrêtait son tracteur pour regarder la boule de lumière passant au-dessus de sa tête, dans une séquence analysée par Nippon TV au Japon. « Ces images et d’autres que je sais être authentiques ont été captées en plein jour sur des agroglyphes, a ajouté S. Alexander. Ceci serait pratiquement impossible s’il s’agissait de canulars. »
Le docteur Eltjo Hasselhoff, physicien et chercheur néerlandais qui étudie les agroglyphes depuis plus de dix ans, déclare ne pouvoir expliquer d’où viennent les lumières. Il les décrit comme « des objets volants brillants, fluorescents… dont la taille varie entre celle d’un œuf et celle d’un ballon de football ».
Une boule de foudre, plasma à haute énergie, est le phénomène naturel connu qui ressemble le plus au comportement des boules de lumière observées, mais il est généralement associé aux orages et aux tornades.
« Nous ne savons pas ce qu’est une boule de foudre, mais je ne pense pas que la foudre ait quelque chose à voir avec les agroglyphes », a déclaré Bernard Haisch.
Dans un article paru en 2001 dans Physiologia Plantarum, Eltjo Hasselhoff s’est penché sur les anomalies constatées sur les nœuds par William Levengood et Nancy Talbott dans trois figures géométriques apparues en Allemagne, afin de voir si elles pouvaient avoir été provoquées par une « source électromagnétique » placée au-dessus du centre d’un cercle, émettant de la chaleur. D’étranges lumières avaient en effet été constatées pendant la formation d’un de ces cercles.
Selon les calculs d’E. Hasselhoff, les anomalies constatées pourraient s’expliquer « en présumant qu’une boule de lumière a provoqué le gonflement des nœuds ».
Une étude précédente de W. Levengood a également montré une corrélation linéaire entre les modifications constatées sur les plantes et leur distance par rapport à une source centrale d’énergie, les effets sur les nœuds étant plus prononcés à l’intérieur du cercle. Cette recherche est intéressante mais elle ne donne aucune explication définitive sur les lumières ou leur relation avec la création des figures géométriques.
Face à ce mystère, les scientifiques se heurtent à des questions sans réponses. Pourrait-il s’agir d’une technologie secrète utilisant le laser à partir de satellites ? S’agit-il d’un phénomène naturel ? Ou d’une conscience ou d’une intelligence dirigeant une forme d’énergie encore inconnue pour nous ?
« Considérer les éléments et repartir sans être convaincu est une chose, déclare l’astrophysicien B. Haisch. Mais refuser de les regarder et porter un jugement négatif en est une autre. Ce n’est pas de la science. »
Article publié dans Providence Journal, (E.-U.), le 16 septembre 2002, et reproduit avec l’aimable autorisation du journal.
Etats-Unis
Auteur : Leslie Kean, journaliste d’investigation et productrice d’émissions pour KPFARadio, basée dans la baie de San Francisco(Etats-Unis)
Sources : Providence Journal(E-U)et Associated Press
Thématiques : Ovnis, Sciences et santé, signes et miracles
Rubrique : Divers ()
