Des scientifiques avancent l’Horloge de la fin du monde

Partage international no 281février 2012

Le Bulletin des ingénieurs atomistes (BAS), groupement scientifique fondé par les savants qui ont mis au point la bombe atomique, a avancé d’une minute l’Horloge de la fin du monde en espérant que les dirigeants du monde y prendraient garde !

Cette notion d’Horloge de la fin du monde a vu le jour en décembre 1945, lorsque les scientifiques qui travaillaient à la mise au point de la première bombe atomique ont pris peur en prenant conscience de la dangerosité de leur création.

Très inquiets du manque d’efficacité de nos actions sur le changement climatique et de l’insuffisance des mesures prises pour la réduction et la non-prolifération des armes nucléaires, les scientifiques ont avancé l’aiguille d’une minute. Ceci signifie que le monde se rapproche de son annihilation. Selon le BAS : « Il est minuit moins cinq. Il y a deux ans, il apparaissait que les dirigeants du monde devaient prendre conscience des menaces mondiales auxquelles nous sommes confrontés. Dans bien des cas, cette tendance ne s’est pas poursuivie, ou même a été inversée. C’est pourquoi le BAS a ramené l’Horloge à l’heure qu’elle avait en 2007. »

La dernière fois que l’aiguille des minutes de l’Horloge avait été bougée était en janvier 2010 : elle avait alors été retardée de minuit moins cinq à minuit moins six.

Le BAS indiquait que la communauté mondiale approchait un point de non retour dans ses efforts pour empêcher une catastrophe causée par les changements dans l’atmosphère. Nous devons réduire les émissions de carbone ou nous résigner à un climat inévitablement plus chaud qui à son tour serait la cause d’un temps plus rigoureux, de sécheresses, famine, manque d’eau, montée du niveau des mers, perte des nations insulaires, et accroissement de l’acidification des océans.

Etant donné que les centrales électriques aux énergies fossiles et autres infrastructures construites en 2012-2020 produiront des émissions pendant 40 à 50 ans, nous nous mettons sur une route irréversible. Même si les dirigeants politiques décidaient dans l’avenir de réduire notre dépendance aux technologies émettant du carbone, ce serait trop tard, menacent ces scientifiques.

Le désastre de Fukushima n’a pas détourné tous les pays de leurs intentions de bâtir des réacteurs nucléaires, mais certains ont toutefois renoncé au nucléaire. Nous avons bon espoir dans le fait que les alternatives au charbon, au pétrole et à l’uranium pour la production d’énergie continuent d’être prometteuses, déclare le BAS, en ajoutant toutefois qu’il existe encore une grande inquiétude sur le fait que la rapidité du changement ne soit pas suffisante.

Le défi majeur qui se trouve au cœur de la survie de l’humanité au 21e siècle est de répondre aux besoins énergétiques pour la croissance économique des pays industriels et émergents, sans nuire encore plus au climat, sans exposer les populations à des problèmes de santé et de société, et sans risquer davantage de prolifération nucléaire, ont ajouté ces scientifiques.

Nous, rédacteurs du BAS, prions les autres scientifiques et experts de se joindre à nous, en motivant les citoyens ordinaires. Ensemble, nous pourrons présenter les questions les plus significatives aux décisionnaires politiques et dirigeants industriels.

De plus, nous pouvons exiger des réponses et des actions. Comme les premiers ingénieurs atomistes l’ont déclaré en 1948, la charge de diffuser les informations sur les implications sociales et économiques de l’énergie nucléaire et autres développements scientifiques nouveaux repose sur les citoyens intelligents du monde. La coopération intense et continue des scientifiques est assurée, disent-ils.

Désarmement nucléaire

Malgré les promesses de coopération internationale et la réduction des tensions entre les Etats-Unis et la Russie, le BAS déclare que la route vers un monde sans armes nucléaires n’était pas encore claire et qu’il lui manquait une direction. Le fait que les dirigeants des Etats-Unis, de la Chine, de l’Iran, de l’Inde, du Pakistan, d’Egypte, d’Israël et de Corée du Nord refusent d’adhérer à un traité commun d’interdiction des essais nucléaires, ainsi que d’arrêter de produire de nouveaux armements nucléaires, continue d’être une menace pour le monde, déclare le BAS. Le monde possède environ 19 500 armes nucléaires, largement capables de détruire plusieurs fois les habitants de la Terre.

Le manque de confiance qui en résulte conduit presque tous les Etats détenteurs de l’arme nucléaire à envisager plutôt une modernisation de leur arsenal nucléaire.

Et alors que les gouvernements proclament qu’ils cherchent seulement à sécuriser leurs armes par le remplacement des composants des bombes et des systèmes de lancement, cette modernisation apparaît plutôt comme un processus d’armement.


Sources : The Seattle Times, Etats-Unis
Thématiques : environnement, politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)