Des pays contraints de dépenser plus pour rembourser leurs dettes que pour l’éducation de leurs enfants

Partage international no 412décembre 2022

Un nouveau rapport de l’organisation caritative britannique Save the Children (Sauver les enfants) indique qu’un tiers des pays les plus pauvres du monde dépensent plus pour le service de leur dette envers les pays riches et les investisseurs que pour l’éducation de leurs propres enfants.

Le rapport, intitulé Réparer un système défaillant : Transformer le financement de l’éducation, constate que 21 des 70 pays à revenu faible et moyen inférieur pour lesquels des données sont disponibles ont dépensé plus pour le remboursement de leur dette extérieure que pour l’éducation en 2020. D’ici 2024, les intérêts liés au remboursement de la dette de ces mêmes pays représenteront 10 % du budget annuel de cette catégorie de pays.

Photo : Tanya Habjouqa, CC BY-SA 3.0 IGO, via Wikimedia Common
Un tiers des pays les plus pauvres du monde dépensent plus pour le service de leur dette envers les pays riches et les investisseurs que pour l’éducation de leurs propres enfants.

Alors que l’éducation est l’un des meilleurs investissements que l’on puisse faire pour l’avenir des enfants et un droit fondamental pour chaque enfant selon l’article 28 de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, près d’un enfant sur trois dans les pays à faible revenu ne termine toujours pas l’école primaire.

Notant que « chaque jour où un enfant n’est pas scolarisé, il lui est plus difficile de rattraper les connaissances qu’il a perdues, et il devient plus vulnérable à la faim, à la violence, au mariage et au travail des enfants », le rapport précise qu’en raison des impacts des crises actuelles – changement climatique, conséquences de la pandémie, migrations et attaques contre les écoles – des millions d’enfants risquent de perdre l’opportunité d’accéder à une éducation de qualité.

« Les systèmes éducatifs ont désespérément besoin d’un financement plus important et de meilleure qualité dans les pays à revenu faible et moyen-faible. Au lieu de cela, ils sont vidés de leur substance pour servir des dettes ingérables, déclare Hollie Warren, responsable britannique de la politique d’éducation mondiale et du plaidoyer de Save the Children. Il est inadmissible que les enfants les plus pauvres du monde aient à souffrir d’une crise de la dette dont ils ne sont pas responsables.[…] C’est un impératif moral pour le monde de financer correctement l’éducation afin que tous les enfants soient scolarisés et apprennent. »

S’ils affirment qu’il existe un impératif moral clair pour que le monde agisse maintenant afin que tous les enfants puissent accéder à l’éducation, les auteurs soulignent également un impératif économique, car l’éducation des enfants est l’un des meilleurs outils dont disposent les gouvernements pour le développement économique et la lutte contre la pauvreté. « Pour chaque dollar investi dans l’éducation des filles, les pays en développement peuvent recevoir 2,80 dollars en retour économique et social. En outre, atteindre un taux d’achèvement de l’école secondaire de 100 % pour les filles d’ici 2030 pourrait augmenter le PIB des économies émergentes de 10 %, par rapport aux scénarios habituels.

Pour réparer un système défaillant, Save the Children demande instamment aux gouvernements des pays à revenu faible et intermédiaire d’augmenter leurs dépenses en matière d’éducation pour atteindre au moins 20 % de leur budget. Les donateurs peuvent soutenir les gouvernements en augmentant de toute urgence la part de l’aide publique au développement consacrée à l’éducation, en proposant de partager leur expertise en matière de génération de revenus et de budgétisation, et en mobilisant d’autres formes de financement pouvant être acheminées vers les pays à revenu faible et intermédiaire, notamment les droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international – un actif de réserve créé pour fournir des liquidités et rendre l’économie mondiale plus résiliente. »


Sources : commondreams.org
Thématiques : éducation
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)