Partage international no 193 – septembre 2004
Faisant écho aux récents jugements émis par la Cour internationale de justice et les Nations unies, des parlementaires britanniques ont signé un Appel à Israël pour qu’il démantèle le « Mur » qu’il est en train de construire en Transjordanie, sur les Territoires occupés. Un nombre record de signatures (202) a été recueilli pour ce genre de motion. En juillet 2004, cette « Motion 407 », adoptée symboliquement en début de séance [Early Day Motion 407], demande à Israël de « cesser immédiatement de construire ce mur de séparation », arguant, outre « qu’il empiète profondément sur les territoires palestiniens », d’autres motifs, à la fois humanitaires et légaux :
– plus de 274 000 Palestiniens vivent dans 122 villes et villages cernés par le Mur ou piégés entre celui-ci et les frontières internationalement reconnues de l’Etat hébreux, certains habitants ayant même besoin de permis israéliens pour continuer à vivre chez eux ;
– 400 000 Palestiniens supplémentaires vivant à l’est du Mur seront séparés de l’accès à leurs fermes, à leurs emplois, aux marchés, aux hôpitaux et aux écoles ;
– le Mur aura de sévères conséquences humanitaires sur 30 % de la population palestinienne de la rive occidentale ;
– les chiffres publiés par les Nations unies révèlent que 54 des colonies israéliennes situées en Transjordanie et 63 % des colons se trouveront sur le côté israélien du Mur, ce qui donnera à ce pays un contrôle presque total sur les terres les plus fertiles et le système aquifère qui fournit la plus grande partie des ressources en eaux de la Transjordanie ;
– ce Mur […] viole les articles 53 et 147 de la quatrième Convention de Genève, lors de laquelle la Grande-Bretagne s’était montrée l’une des plus actives – une Convention qui interdit par un occupant toute destruction de propriété et l’enfermement de personnes. »
Richard Burden, président du groupe parlementaire, tous partis confondus, « Grande-Bretagne et Palestine », qui a déposé cette motion, a déclaré qu’il ne s’agissait plus de proposer à la communauté internationale « seulement de décider, mais d’agir. En d’autres situations où des pays ont délibérément bafoué leurs obligations internationales et violé les droits de l’homme, la communauté internationale a cherché à mettre en place tout un éventail de réactions, y compris économiques. Il est temps d’agir de même avec Israël. »


