Des océans de plastique

Partage international no 286juin 2012

Tous ceux qui ont jamais essayé un seul jour de ne pas utiliser une seule chose en plastique sauront immédiatement combien nous en dépendons et combien nous en produisons. Et nous en réalisons les conséquences : la pollution.

Il faut entre 500 et 1 000 ans pour dégrader le plastique. Celui-ci constitue approximativement 90 % des déchets flottant à la surface des océans, avec 18 000 morceaux de plastique par km2. Pourquoi y-a-t-il autant de plastique dans l’océan ? Le plastique ne se dégrade pas totalement, il se photodégrade avec le soleil, se cassant en morceaux de plus en plus petits qui ne disparaissent jamais vraiment. Ils sont dévorés par la vie marine, rejetés sur les plages, ou transformés en minuscule poussière de plastique, attirant d’autres particules. Les écologistes et les scientifiques ont averti depuis longtemps du danger de fabriquer de gros objets en plastique, mais récemment l’attention s’est tournée vers la « soupe de plastique » que nous avons faite de nos océans.

Les chercheurs de l’Institut Alfred Wegener pour la recherche marine et polaire de l’association allemande Helmholtz, associés à leurs collègues britanniques et chiliens, ont analysé les études publiées sur ce sujet et ont proposé des guides standardisés pour l’enregistrement et la caractérisation des particules microplastiques dans la mer. Les « particules microplastiques » sont des débris de plastique d’un diamètre de moins de cinq millimètres ; la majorité sont plus petites qu’un grain de sable. Ces particules minuscules sont absorbées via le tube digestif des organismes. « On les retrouve, par exemple, dans les tissus de moules ou autres animaux », explique le Dr Lars Gutow, biologiste à l’Institut Wegener. En outre, des substances toxiques s’attachent à ces particules et entrent avec elles dans la chaîne alimentaire, pouvant ainsi être dangereuses pour les humains. Des particules microplastiques sont utilisées, par exemple, dans des produits cosmétiques et d’entretien. Elles atteignent la mer via les eaux usées et les rivières. Et pour finir, chaque bouteille plastique, chaque sac plastique flottant sur la mer, se désintègre un jour en microparticules innombrables.

Les recherches de l’Institut océanographique Scripps, à l’Université de Californie, à San Diego, ont confirmé ces résultats. L’an dernier, les chercheurs de Scripps ont publié une étude révélant que plus de 9 % des poissons contenaient des déchets plastiques dans l’estomac. Chaque année, plus de 24 000 tonnes de déchets plastiques sont ingérés par les poissons dans les profondeurs intermédiaires de l’Océan pacifique nord.

Plus de 100 000 mammifères et un million d’oiseaux marins meurent chaque année par ingestion de plastique ou d’étouffement. Le plastique devient exceptionnellement toxique dans l’océan. Les particules plastiques sont des aimants pour différents types de polluants, comme le DDT (dichlo-rodiphenyl-trichloroethane) et les POP (Polluants organiques persistants), et elles expulsent des produits chimiques dangereux comme le BPA (Bisphenol A). Des organismes situés au bas de la chaîne alimentaire, comme le plancton et le krill, ingèrent les produits chimiques avec les particules plastiques microscopiques. Comme les plus gros poissons mangent les plus petits, les produits chimiques remontent la chaîne alimentaire. En fin de compte, les humains consomment les plus gros poissons, ce qui a un effet dévastateur sur la santé humaine.


Sources : ScienceDaily.com ; National Geographic, E.-U.
Thématiques : environnement
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)