Des journalistes américains payés par le gouvernement

Partage international no 199mars 2005

L’administration américaine est de nouveau sous le feu de la critique : trois journalistes américains de renom ont reconnu avoir reçu d’importantes sommes d’argent du gouvernement pour promouvoir son action politique. L’information est venue d’un article de US Today selon lequel Armstrong Williams, journaliste conservateur, aurait reçu 21 000 dollars du ministère de l’Education pour promouvoir, dans les journaux, à la radio et à la télévision, le programme de Bush No Child Left Behind (Ne laissons pas un seul enfant prendre du retard). Michael McManus, éditorialiste de la presse écrite, aurait reçu 10 000 dollars pour faire l’éloge du projet du gouvernement sur le mariage, projet qui réoriente des fonds publics destinés aux plus démunis vers des actions de conseil matrimonial. Ce même projet a aussi été salué par les éditoriaux de Maggie Gallagher. Elle-même, fervent défenseur du mariage, aurait reçu, pour ses services, 21 500 dollars du département de la Santé et des services sociaux.

L’administration Bush a ainsi dépensé plus de 88 millions de dollars dans des actions de relations publiques en 2004, ce qui donne pour l’ensemble du premier mandat un total de 250 millions de dollars en dépenses de relations publiques.

L’inclination marquée de ce gouvernement à payer pour s’offrir les faveurs de la presse fait douter de la neutralité des médias américains, et survient à une époque de déficits budgétaires pharamineux. « Même si toutes les dépenses de relations publiques ne sont pas illégales ou inopportunes, leur augmentation rapide en des temps de graves déficits budgétaires soulève la question des priorités de ce gouvernement », selon les termes d’un rapport publié par les membres démocrates du Comité de réforme du gouvernement.

Etats-Unis
Sources : The Guardian, The Observer, Grande-Bretagne
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Regard sur le monde (Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.)