Partage international no 217 – septembre 2006
Dans une lettre publiée dans des journaux du monde entier, dix-huit écrivains, dont trois lauréats du prix Nobel, condamnent les récentes violences israéliennes qualifiées de « liquidation de la nation palestinienne ».
La lettre est signée par John Berger, Noam Chomsky, Harold Pinter, José Saramago, Eduardo Galeano, Arundhati Roy, Naomi Klein, Howard Zinn, Charles Glass, Richard Falk, Gore Vidal, Russell Banks, Thomas Keneally, Chris Abani, Carolyn Forché, Martin Espada, Jessica Hagedorn et Toni Morrisson. Elle a été publiée notamment par Le Monde, El País, The Independent et La Republica, ainsi que dans l’hebdomadaire américain The Nation.
« Le chapitre le plus récent du conflit israélo-palestinien a commencé lorsque les forces israéliennes ont enlevé deux civils, un médecin et son frère, dans la bande de Gaza. Cet épisode a été quasiment passé sous silence, sauf dans les journaux turcs. C’est le lendemain que des Palestiniens font prisonnier un soldat israélien, et proposent sa libération négociée, dans le cadre d’un échange contre des prisonniers détenus par Israël – ils sont environ 10 000 dans les prisons israéliennes.
Que ce « kidnapping » soit considéré comme un outrage, quand l’occupation militaire illégale de la Cisjordanie et l’appropriation systématique de ses ressources naturelles – l’eau, en premier lieu – par les forces de Défense d’Israël sont décrites comme de simples aléas, tout au plus regrettables, de l’existence, en dit long sur le « deux poids, deux mesures » constamment employé en Occident vis-à-vis des Palestiniens, sur la terre qui leur avait été allouée par des accords internationaux, au cours des 70 dernières années.
Aujourd’hui, l’outrage succède à l’outrage : des missiles improvisés se croisent avec d’autres missiles, de haute technologie ceux-là. Ces derniers atteignent généralement leurs cibles là où se trouvent les masses pauvres et déshéritées, qui en sont toujours à attendre ce qu’on appelait autrefois la Justice. Les deux types de missiles déchiquètent horriblement les corps – qui, hormis les commandants sur le terrain, pourrait l’oublier un seul instant ?
Chacune des provocations et des contre-provocations sont contestées ou revendiquées. Mais les débats qui s’ensuivent, les accusations ou les serments, tout cela ne fait que distraire l’attention du monde d’une pratique militaire, économique et géographique au long cours, dont le but politique n’est rien de moins que la liquidation de la nation palestinienne.
Il faut dire cela à haute voix, car cette pratique, à demi avouée et bien souvent cachée, avance à grands pas en ce moment. Selon nous, il est impératif de la qualifier, sans relâche, telle qu’elle est, et de nous y opposer.
Thématiques : politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
