De l’argent tombé du ciel ?

Partage international no 224avril 2007

Cher Monsieur,

Il y a quelques années, j’ai vécu une expérience à laquelle j’ai souvent repensé et je me suis demandé si la personne que j’avais rencontrée n’était pas un Maître.

Entre 1996 et 1997, je traversai une période très difficile dans tous les domaines : personnel, financier, professionnel, etc. Je n’avais aucune sécurité et je ne savais dans quelle direction me tourner.

Je me trouvai à Crouch End Broadway, au nord de Londres, un après-midi, avec mon ami, lorsque nous passâmes auprès d’un homme qui attira mon attention. C’était un Noir, d’un certain âge, vêtu d’un vieil imperméable et se tenant tranquillement debout sur le trottoir. Je le dépassai, puis je m’arrêtai, sortis mon porte-monnaie et fis demi-tour pour lui donner un peu d’argent. Mon ami, qui se montre généralement très généreux avec les ONG, me dit « de ne pas l’encourager » en lui donnant de l’argent. Je répondis que cet homme n’avait rien demandé, mais que quelque chose dans son regard m’avait touché et que j’avais l’impression de le connaître. L’homme dont le nom était Joe apprécia mon geste, tout en demeurant très digne, et il me toucha les mains en me regardant profondément dans les yeux. J’étais dans un état très vulnérable à cette période de ma vie et il émanait de lui beaucoup de gentillesse et d’amour.

Je me souviens d’avoir pensé à lui pendant quelque temps, puis je fus absorbée par autre chose. Une semaine ou deux plus tard, il était de nouveau là, et je lui donnai à nouveau de l’argent pour qu’il puisse s’acheter à manger. Ceci se prolongea pendant quelques mois. J’appris qu’il était originaire de Gambie, ne savait pas conduire, et vivait seul dans un petit appartement. Je constatai qu’il ne demandait jamais d’argent à personne.

Pendant les mois qui suivirent, je fis souvent un détour pour passer en voiture près de Broadway, dans l’espoir de voir Joe, de lui dire bonjour et de lui donner quelque chose à manger. Quel que soit le moment de la soirée, je savais toujours exactement où il se trouverait. Un soir, mon ami était avec moi. Il était très tard et il faisait sombre. Joe ne se trouvait pas à Broadway et mon ami pensa qu’il était parti. Mais je savais qu’il était dans les parages ; je sentais sa présence et je demandai à mon ami de prendre une rue latérale. Je savais que Joe y serait. Il était effectivement là, dans une rue très sombre. Nous arrêtâmes la voiture et lorsque je m’approchai de Joe, il s’arrêta, nous tournant encore le dos. Il fut content, mais pas du tout surpris de nous voir, et je lui donnai un peu plus d’argent que d’habitude. Il refusa et me rendit une partie de l’argent, n’acceptant que le montant « habituel ». Ce genre de situation arrivait fréquemment et je savais souvent où il se trouverait, quelle que soit l’heure, ou le jour.

Mon ami était lui aussi très déprimé et en dehors de moi il ne s’intéressait guère à qui que ce soit à cette période de sa vie. Un jour je le présentai à Joe et Joe le regarda avec tant d’amour qu’il se sentit très ému, et il déclara qu’il avait reçu plus d’amour et de tendresse de cet étranger que de nombreuses personnes dans sa vie.

Le temps se réchauffa et un jour mon ami et moi étions assis à la terrasse d’un café lorsque nous vîmes Joe qui attendait le bus de l’autre côté de la rue. Je l’invitai à venir boire quelque chose avec nous ; il sembla très amusé, mais il refusa, disant qu’il ne buvait pas. Il m’interrogea sur ma famille et sur nos projets à tous deux et il sembla y prendre un réel intérêt. Je me souvins lui avoir dit que je cherchais un endroit où vivre et que j’avais toujours désiré un petit jardin.

Un jour je lui donnais un carton rempli de vêtements et des conserves mais il m’expliqua que, bien que ce soit une idée généreuse, il n’avait aucune possibilité de faire la cuisine dans sa petite chambre et qu’il était sans doute préférable de ne plus lui donner de conserves à l’avenir. Je l’imaginai dans un hôtel ou une petite chambre quelque part. A un moment donné, il déclara qu’il partirait bientôt, peut-être en Gambie. Je fus contente pour lui mais je savais qu’il me manquerait beaucoup.

Juste au moment où ma vie commença à changer et où une certaine sécurité sous la forme d’un nouveau logis sembla possible, je revis Joe et il se réjouit pour moi, notamment parce que j’aurais un jardin. Il me regarda à nouveau avec tendresse et me prit les mains.

Quelques semaines plus tard, alors que je me trouvais dans le magasin Wool-worth’s, je fis une étrange expérience – sur le sol je vis quelques billets de banque. Je les regardai et je regardai autour de moi pour voir si personne n’avait son porte-monnaie ouvert et cherchai quelque chose. Mais la chose la plus étrange se produisit. C’était un peu comme s’il y avait une énorme bulle autour de la scène. Les billets étaient sur le sol et personne ne pénétrait dans cet espace ni ne prêtait attention à tout ceci. Le temps semblait arrêté. Je ramassai les billets et je m’éloignai avec. Je réalisai alors qu’il y avait plus ou moins le montant exact de l’argent que j’avais donné à Joe au cours des derniers mois.

Je n’ai jamais revu Joe et il m’a manqué pendant longtemps, mais je pense souvent à son regard rempli d’amour et la pensée de ces quelques mois, même dix ans plus tard, ne m’a jamais quittée. Je me demande simplement si cet homme était quelqu’un de particulier ou simplement un vagabond au grand cœur qui est finalement rentré chez lui en Gambie.

A. M., Londres, G.-B.

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que Joe était en fait le Maître Jésus.]

Lieu : Londres, Royaume Uni
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)