Partage international no 117 – mai 1998
Depuis le début de la violence sectaire en Irlande du Nord, plus de 20 000 personnes ont été emprisonnées en raison de leurs activités politiques. Ainsi, une personne sur 75 a déjà effectué un séjour en prison.
Quelque 400 membres de forces paramilitaires ont été condamnés à la prison à vie ; mais des 200 qui ont bénéficié d’une remise de peine, aucun n’a récidivé. Maintenant, nombre de ces prisonniers politiques se font les ardents défenseurs d’un changement pacifique et démocratique.
Tom Roberts, condamné à perpétuité, a passé treize ans en prison avant d’être libéré. Pendant qu’il purgeait sa peine, il a obtenu un diplôme universitaire en mathématique et en informatique, et s’est consacré à l’étude de la récurrence de la violence en Irlande du Nord. Il travaille maintenant dans un centre de réhabilitation de Belfast, où il aide d’anciens détenus à réintégrer la société.
Martin Meehan, condamné à vingt-deux ans de prison pour avoir appartenu à l’IRA et kidnappé deux personnes, est maintenant président du Groupe républicain, et milite activement pour la libération des prisonniers politiques.
Après avoir été détenu huit ans pour possession d’armes, kidnapping et tentative de meurtre, Michael Ferguson encourage maintenant les anciens détenus et les jeunes à combattre les Anglais par des moyens non violents. « Je conseillerais à tous ceux qui veulent jouer un rôle dans ce conflit d’obtenir un diplôme en droit, et de trouver un autre moyen d’inciter le gouvernement à s’intéresser à ces questions », déclare M. Ferguson. Et il conclut : « La négociation est la seule issue possible. »
Breidge Gadd, qui en tant que directeur du service de probation de l’Irlande du Nord a connu, alors qu’ils étaient encore en prison, de nombreux prisonniers maintenant relâchés, dit au sujet des prisonniers politiques : « Ces hommes sont considérés comme des héros dans leurs communautés, parce qu’il n’y a aucun stigmate rattaché au crime paramilitaire en Irlande de Nord. Ces hommes jouissent même, à l’inverse, d’un statut spécial dans la société. » Et il ajoute : « Une fois libérés, Dieu merci, ils utilisent maintenant ce statut spécial pour le bien. J’ai observé, durant toutes ces années, que ce sont les prisonniers, ceux qui ont été libérés comme ceux qui sont encore en prison, qui ouvrent la voie et sont prêts à prendre le risque de passer de la guerre à la paix. »
Irlande
Sources : San Francisco Chronicle, Etats-Unis
Thématiques : politique
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
