Partage international no 373 – septembre 2019
« Vous souvenez-vous du bon vieux temps où nous avions douze ans pour sauver la planète ? Il semble que s’impose dorénavant l’idée que les 18 prochains mois seront décisifs pour résoudre la crise climatique mondiale, sans parler des autres défis écologiques. » Ainsi commence un article de Matt McGrath, chargé des questions environnementales à la BBC, daté de juillet 2019.
La référence aux « douze ans pour sauver la planète » est empruntée au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ; ce dernier a déclaré l’année dernière que, pour contenir le réchauffement à moins de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, il est nécessaire de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 45 % d’ici 2030.
Dès 2017, un climatologue de renommée mondiale a évoqué la date butoir de 2020 : « L’arithmétique climatique est implacable : si la planète ne peut pas être guérie en seulement quelques années, elle pourrait en revanche être mortellement blessée par négligence d’ici 2020 », a déclaré Hans Joachim Schellnhuber, fondateur directeur émérite de l’Institut de Potsdam pour le climat.
Au Royaume-Uni, le prince Charles, un écologiste de longue date, partage ce constat. En juillet 2019, lors d’une réception à laquelle assistaient les ministres des Affaires étrangères du Commonwealth, il a déclaré : « Je suis fermement convaincu que c’est dans les 18 prochains mois que se décidera notre capacité à contenir le changement climatique dans des limites acceptables et à restaurer l’équilibre naturel dont dépend notre survie. »
Le prince faisait référence à une série de réunions cruciales des Nations unies, prévues d’ici à la fin 2020.
Selon les termes de l’accord de Paris sur le climat, signé en décembre 2015, les pays participants s’engagent à améliorer leurs objectifs de réduction d’émissions d’ici à la fin 2020. La première réunion importante à se pencher sur cette question sera le Sommet Action Climat des Nations unies, convoqué par le secrétaire général de l’Onu António Guterres, qui aura lieu à New York le 23 septembre 2019. A. Guterres a déclaré que ne seraient bienvenus au sommet que les pays proposant des améliorations significatives de leurs programmes nationaux de décarbonation.
Ce sommet sera suivi par une conférence de tous les signataires de l’accord de Paris, la COP25, qui se tiendra à Santiago, au Chili, en décembre 2019. Puis viendra finalement la COP26, qui se déroulera fin 2020 au Royaume-Uni.
Le sentiment exprimé par le prince Charles, que les prochains 18 mois seront décisifs, est partagé par certains participants aux négociations climatiques.
« Notre groupe de petits pays insulaires et en développement partage la conviction du prince Charles qu’il y a urgence à s’engager dans une action ambitieuse sur la question climatique, a déclaré Janine Felson, ambassadrice du Bélize, et également stratège en chef de l’Alliance des petits Etats insulaires aux Nations unies. Nous assistons aujourd’hui à la conjonction de plusieurs facteurs : des mobilisations citoyennes, une aggravation des modifications du climat, et des avertissements lancés par les scientifiques qui démontrent l’urgence d’une action décisive. Il est clair qu’un sursaut doit impérativement se produire avant 2020. »
« Les principaux pays ne font pas preuve d’une compréhension adéquate des enjeux, ni d’un engagement suffisant », a déclaré le professeur Michael Jacobs, de l’université de Sheffield, anciennement conseiller pour le climat auprès du premier ministre Gordon Brown. « C’est la raison pour laquelle le secrétaire général des Nations unies organise un sommet en septembre. »
Sources : BBC
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
