Coopération : la clé pour mettre fin au travail des enfants

Partage international no 215juillet 2006

Une campagne internationale lance un appel en faveur d’un « dialogue social mondial » et d’un réel engagement destiné à éradiquer le travail des enfants d’ici une décennie : un but qui semble accessible lorsqu’on connaît les chiffres récents montrant une décroissance du nombre d’enfants « économiquement actifs ».

Des statistiques de l’Organisation internationale du travail (OIT) montrent qu’entre les années 2000 et 2004, le travail chez les enfants âgés de 5 à 17 ans a décru de près de 10 % et même de 26 % pour les tâches les plus dangereuses. Depuis 2000, lorsque les Nations unies et la Banque mondiale ont lancé la campagne « Tous les enfants à l’école », les régions les plus défavorisées du monde ont réalisé de belles performances dans le domaine de l’éducation primaire : en 2004, seuls 2,9 % des enfants âgés de 7 à 14 ans n’allaient pas à l’école. Les meilleures performances ont été enregistrées en Amérique latine et aux Caraïbes où le nombre d’enfants âgés entre 5 et 14 ans et économiquement actifs a décru de 11 % pour atteindre des niveaux comparables à ceux de certaines nations développées et ceci largement grâce aux améliorations en éducation et soins de santé au Mexique et au Brésil.

En dépit de cette baisse, il y a encore 317,4 millions d’enfants à travers le monde qui travaillent (2004), 69 % d’entre eux dans l’agriculture ; un domaine qui d’après l’OIT est largement ignoré des organisations internationales et des syndicats. L’Afrique Sub-Saharienne connaît toujours une croissance du travail des enfants avec des taux de 26,4 % pour les enfants de 5 à 14 ans.

L’organisation met l’accent sur le fait que le travail des enfants creuse de manière paradoxale le fossé de la pauvreté dans les pays en voie de développement. Bien que les familles dépendent souvent du revenu des enfants pour leur survie, le manque d’éducation réduit largement le revenu auquel peuvent prétendre les enfants et accroît de manière importante la probabilité de vivre dans la pauvreté à l’âge adulte. A l’inverse, les données de l’OIT pour les années 2000-2001 montrent que l’investissement dans les soins de santé et l’éducation universelle jusqu’à l’âge de 14 ans bénéficient aussi bien à la nation dans son ensemble qu’aux individus :

– coût estimé de l’éradication du travail des enfants : 760 milliards de dollars ;

– bénéfice estimé de l’éradication du travail des enfants : 5 106 milliards de dollars.

L’OIT affirme que l’élimination du travail des enfants et la diminution de la pauvreté vont de pair avec le développement économique. L’organisation met également l’accent sur la nécessité de faire les bons choix en matière de politique et sur l’implication des employeurs et des organisations de travailleurs dans un esprit de dialogue social.

Cependant, la misère de l’environnement familial n’est pas le seul facteur qui peut amener un enfant à travailler. En 2003, 43 millions d’enfants se sont retrouvés orphelins suite à la pandémie du sida (l’OIT qualifie l’éducation de « vaccin social » contre le virus). Le travail des enfants croît également dans les régions dévastées par la guerre (Irak) ou les catastrophes naturelles (tsunami).

Zafar Shaleed (directeur de l’OIT pour l’Europe) se décrit lui-même comme « prudemment optimiste ». Il affirme : « Nous avons besoin d’un engagement mondial pour atteindre nos objectifs. Tous les pays, riches et pauvres, doivent s’impliquer dans le changement. Si chacun s’engage, nous sommes pratiquement certains d’atteindre nos objectifs. »


Sources : The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : Société, politique, éducation
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)