Conflits armés : les Nations unies dénoncent les pertes civiles

Partage international no 178juin 2003

Constatant que les victimes de la guerre sont principalement des civils, Kofi Annan, secrétaire général de l’Onu, a appelé la communauté internationale à réfléchir à une nouvelle approche pour gérer convenablement le problème des pertes civiles lors des conflits armés.

Etabli dans le cadre du programme de la Commission sur la sécurité des individus (CHS), de 2001, par le Professeur Marc Herold, le projet du « décompte des morts en Irak » (Irak Body Count – IBC) a été calqué sur le tableau d’ensemble des morts civiles de la guerre d’Afghanistan, d’octobre 2001 à nos jours. Le but est que la mort de chaque civil dans le conflit en Irak soit rapportée et fasse l’objet d’une enquête civile en vue d’éventuelles poursuites criminelles. « Les guerres mettent en péril la survie et la dignité de millions de gens, déclare l’IBC, et les pertes civiles en constituent la conséquence la plus inacceptable. Durant la guerre des Etats-Unis en Afghanistan, un mort sur quatre était un civil. En Yougoslavie le pourcentage a été encore plus important. La plupart de ces morts civiles passent inaperçues car elles sont rapportées par des sources médiatiques multiples et de plus, étalées dans le temps. Seules quelques tragédies majeures, comme celle de l’attaque de l’abri anti-aérien d’Al-Amariyah durant la guerre du Golfe de 1991, où des centaines de femmes, enfants et vieillards ont été brûlés vifs sont assurées de faire la « une » des journaux. »

Pour aborder ce problème l’IBC, travaille en liaison avec la base de données publique, indépendante et globale du CHS. Celle-ci inclut toutes les morts civiles de la guerre d’Irak rapportées par la presse, et résultent directement des actions militaires des Etats-Unis et de ses alliés en 2003. Ces données sont continuellement mises à jour et disponibles instantanément sur un site Internet. Les chiffres des pertes sont établis à partir d’un rapport d’ensemble des articles de presse disponibles sur Internet. En cas de différences, une fourchette est donnée (avec un minimum et un maximum). Tous les résultats sont vérifiés pour éviter les erreurs et revus de façon indépendante par le CHS avant publication.

Les responsables du projet maintiennent que toute mort civile reste une tragédie et ne devrait jamais être considérée comme le prix à payer pour réaliser les objectifs militaires d’un pays. Ceux dont les impôts subventionnent les guerres ont le droit d’être au courant de ces morts civiles. « Les sources militaires et les groupes industriels qui les soutiennent voudraient faire croire à des frappes chirurgicales ne provoquant au plus que de légères pertes en vies humaines civiles, alors que ce n’est absolument pas le cas », a déclaré le Professeur Herold, soulignant l’importance du décompte des morts civiles.

La plus grande source d’opposition à ces guerres modernes réside dans une opinion publique informée et indépendante qui reste attachée aux conventions humanitaires relatives à la guerre, à une époque où la plupart des organisations établies et leurs soi-disant experts s’en sont détachés.


Sources : BBC service mondial ; www.iraq bodycount.net
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)