Comment la culture populaire reflète les préoccupations des Frères de l’espace

Partage international no 356avril 2018

par Gerard Aartsen

Les premières observations marquantes de « soucoupes volantes » à l’époque moderne datent de 1947 : fin juin, le pilote Kenneth Arnold apercevait neuf objets non identifiés au-dessus du Mont Rainier (Etat de Washington) et début juillet se produisait l’accident présumé d’un engin spatial dans un ranch près de Roswell, au Nouveau-Mexique. Depuis, l’idée qu’il puisse exister des visiteurs de l’espace fascine un large public.

A partir du début des années 1950, les multiples témoignages de personnes du monde entier déclarant avoir rencontré les occupants de soucoupes volantes a attisé l’intérêt du public, au point que les gouvernements et les militaires se sentirent obligés d’initier un flot continu de désinformation et de mises en scène pour induire la peur des visiteurs et semer le doute quant à leurs intentions. Néanmoins, le témoignage de ceux qu’on appelle les contactés, eux qui eurent véritablement un contact avec des occupants d’ovnis, était invariablement le même : ils s’exprimèrent oralement et par écrit au sujet du respect de ces visiteurs pour notre libre arbitre, et de leurs inquiétudes devant notre intérêt pour les armes destructives, et notre manque d’efforts en vue d’une coopération internationale.

Dès les années 1950, la machine à fausses informations a grandement été nourrie, par l’industrie du film hollywoodienne et ses long métrages, tels que : Les envahisseurs de la planète rouge (1953), Les soucoupes volantes attaquent (1956) et Invasion of the Saucer-Men (1957) (L’invasion des hommes des soucoupes, pas de version française). L’intention était si évidente que le magazine Flying Saucer Review (La revue des soucoupes volantes) publia un éditorial spécial dans son numéro de mars-avril 1959, déclarant : « Nous abhorrons cette tendance à conditionner l’opinion mondiale à craindre les vaisseaux de l’espace, par le cinéma et les autres médias. »

Les extraits suivant montrent cependant que de temps à autre, à la clarté d’une projection, les inquiétudes des visiteurs de l’espace ont été entendues par certains en dépit de l’hostilité ambiante.

Stranger from Venus (1954)1

Le premier exemple sera aussi le moins surprenant, puisqu’il concerne un film dont le scénario a été écrit par Desmond Leslie. Son livre, Les soucoupes volantes ont atterri, incluait le premier témoignage de George Adamski sur sa rencontre avec un visiteur de l’espace dans le désert de Californie en novembre 1952. Il avait également passé beaucoup de temps en la compagnie de G. Adamski.

En 1954, D. Leslie réussit à éveiller suffisamment d’intérêt avec son script Stranger from Venus pour en faire un film. Malgré la présence de Patricia Neal à l’affiche (qu’on retrouve également dans Le jour où la Terre s’arrêta (1951), et plus tard dans Diamants sur canapé (1961)), le petit budget du film ne permit jamais d’en faire un succès au box-office. Sorti aux Etats-Unis sous le titre Immediate Disaster, ce film conte l’histoire d’un étranger arrivant dans un hôtel rural alors que circule la rumeur de l’observation d’une soucoupe volante. Il finit par expliquer qu’il est venu délivrer aux dirigeants de la Terre un message de ses supérieurs, lesquels s’acheminent vers la Terre depuis Vénus. Quand une rencontre avec les représentants du gouvernement est finalement arrangée dans ce cadre rustique, se tient le dialogue suivant :

L’étranger : « J’avais demandé à rencontrer des membres de toutes les nations. Toutes ces personnes ne viennent que d’une nation, la vôtre [le Royaume-Uni]. Pour cette fois, je vous parlerai, mais ceux qui me suivront ne parleront qu’à des représentants du monde entier. Je suis ici en paix. Je suis ici pour préparer l’arrivée de mes officiers supérieurs. »

Un représentant : « De quoi vos supérieurs veulent-ils discuter avec nos dirigeants ? »

L’étranger : « Notre intérêt pour votre planète, est celui d’un frère aîné. Dans le système solaire, vous êtes le membre délinquant. Nous ne voulons rien de votre planète. Mais nous ne pouvons vous permettre de mettre en danger notre propre existence. »

A un autre moment, l’étranger prévient que l’humanité ne devrait pas permettre à l’avidité de surmonter l’intelligence : « Soyez très attentifs avec cette chose nucléaire que vous venez d’inventer. Vous êtes sur le point de devenir une menace pour les autres planètes. »

Star Trek (1968)

Le même message se retrouve dans un épisode de la série télé américaine Star Trek, initialement diffusé de 1966 à 1969, qui a gagné une notoriété mondiale. Des propres mots de son créateur Gene Roddenberry, la série était « une tentative pour expliquer que l’humanité atteindra l’âge adulte et la sagesse le jour où elle commencera, non seulement à tolérer, mais à apprécier les différentes idées et formes de vie […] Si nous ne pouvons apprendre […] à avoir cet émerveillement envers ces petites différences dans notre propre espèce, ici sur cette planète, alors nous ne méritons pas d’aller dans l’espace et de rencontrer la diversité qui s’y trouve sûrement. »

Dans l’épisode intitulé Mission : Terre, l’acteur Robert Lansing, dans le rôle de Gary Seven, envoyé du futur, décrit sa mission comme « d’empêcher la civilisation de la Terre de se détruire avant d’avoir la chance de devenir une société paisible, car la technologie et la science de la Terre ont progressé plus vite que la connaissance politique et sociale. » Apprenant le but de la mission de Gary Seven, son secrétaire malgré lui, le terrien Roberta (Terry Garr) explicite la menace psychologique sous laquelle vivait la majeure partie du monde pendant la guerre froide : « Je sais que ce monde a besoin d’aide. C’est pour ça que dans ma génération certains sont un peu fous et rebelles, tu vois. On se demande si on sera encore en vie à 30 ans. »

Benjamin Creme et son Maître nous ont informé que depuis la découverte de la fission nucléaire, les Frères de l’espace travaillent sans relâche pour que notre planète reste intacte et habitable, ce qui a été corroboré par d’autres sources. Ainsi en 1963, le diplomate italien contacté Alberto Perogo écrivait : « Nous leur devons reconnaissance pour ce nettoyage permanent de notre atmosphère qui, sans eux, serait déjà irréversiblement contaminée par les résidus de nos explosions atomiques. Nous devons être reconnaissants qu’ils aient empêché, jusqu’à maintenant, une guerre nucléaire. » Témoignant en 2010 pour le Citizen’s Hearing on Disclosur2 Audience publique de divulgation), Robert Salas, capitaine à la retraite de l’armée américaine et officier chargé du lancement de missiles nucléaires d’une base militaire nucléaire, a déclaré : « Des objets aériens non identifiés ont effectivement été observés au-dessus de nombre de nos bases nucléaires et d’autres équipements nucléaires, et dans certains cas, l’apparition de ces objets a coïncidé avec l’indisponibilité opérationnelle de nos armes nucléaires […] S’ils avaient voulu les détruire, avec tout le pouvoir qu’ils semblent avoir, ils auraient pu le faire. Donc, je ne pense pas qu’ils aient des intentions hostiles. » Dans un commentaire sur Facebook, il ajoute : « J’adhère à l’hypothèse qu’ils seraient là pour maintenir notre planète habitable et viable, même si les humains poursuivent dans leurs intentions de se détruire les uns les autres. »

Easy Rider (1969)

Outre le souci des visiteurs de l’espace concernant les capacités nucléaires de l’humanité, leur système de justice socio-économique fut également porté au petit et au grand écran.

Easy Rider étant un road-movie indépendant, on ne s’attend pas vraiment à y trouver un exposé des structures sociales sur Vénus. Dans une lettre au New York Times du 7 juin 1970, Terry Southern, scénariste ayant travaillé sur Easy Rider avec Peter Fonda et Dennis Hopper, raconte : « La femme que nous employâmes pour taper le scénario venait d’arriver de Washington, où elle était membre active d’un culte des soucoupes volantes fondé par feu G. Adamski [sic] dont les disciples clament être en contact avec des Vénusiens. Pendant d’occasionnelles pauses créatives […], nous assistions à ses monologues sur les Vénusiens et leur présence parmi nous, sous différentes identités, afin de nous surveiller mais surtout pour calmer ces messieurs du ministère de l’holocauste nucléaire. J’ai enregistré plusieurs de ces soliloques, et j’en ai fait faire une transcription que j’ai donnée à D. Hopper, en même temps que le scénario, avant qu’il ne se rende sur la scène où devait être tournée la séquence en question. »

Cette scène montre les motards Wyatt (P. Fonda) et Billy (D. Hopper) avec leur nouvel ami, l’avocat George (Jack Nicholson). Billy parle à ses compagnons de l’objet qu’il vient de voir passer dans le ciel, changer soudainement de direction et « foncer droit devant lui. […] Il m’a envoyé trois signaux, il a zigzagué et puis il a disparu. »

Suite à quoi George répond comme s’il avait assisté à une conférence de G. Adamski : « C’était une soucoupe volante qui te faisait des signaux. […] Ils ont des bases dans l’univers entier. Ils n’ont pas cessé de venir depuis 1946 quand les savants ont envoyé des faisceaux radars sur la lune. Ils sont nombreux à vivre et à travailler parmi nous depuis cette époque, et le gouvernement le sait très bien. […] Ils sont absolument comme nous, ils font partie de notre système solaire mais la différence c’est que leur société est beaucoup plus évoluée que la nôtre. Jamais ils n’ont de guerre avec personne, ils ne savent pas ce que c’est que l’argent et ils n’ont pas de dirigeants, parce que chaque homme est un dirigeant, et ça parce que chaque homme en fonction de ses connaissances technologiques est capable de s’habiller, de se nourrir, de se loger, de se déplacer par ses propres moyens. Tous égaux sans aucun effort. […] S’ils ne se montrent pas à nous c’est parce que s’ils le faisaient ça provoquerait une énorme panique. Nous tu comprends, on a encore des dirigeants sur lesquels on compte pour être mis au courant de ces choses. Ces dirigeants, ils ont décidé de ne pas nous donner d’informations à cause du choc fantastique qui secouerait nos systèmes désuets et stupides. […] Cela porterait un coup terrible à tous nos systèmes périmés. Actuellement les Vénusiens s’allient avec des gens provenant de toutes les classes sociales et leur servent de conseillers. Chaque homme aura le contrôle divin de sa propre destinée. Il aura la possibilité de se transcender et de se développer à l’avenir dans l’égalité pour tous. »

Les chroniques martiennes (1980)

Une société basée sur l’égalité ne signifie pas une vie de monotonie, plutôt le contraire, comme l’assure un Maître venu de Saturne à George Adamski dans A l’intérieur des vaisseaux de l’espace : « Dans nos mondes nous sommes heureux mais nous ne stagnons pas. De même que celui qui a atteint le sommet d’une colline, voit une autre colline plus éloignée, on progresse toujours. » Travailler pour un monde qui ne manque de rien et sans peur libérerait l’humanité et lui permettrait de se dédier à l’art de la réalisation du Soi et à la manifestation graduelle de notre vraie nature divine, libre, comme l’exprime Maitreya, de vivre « une vie plus simple, où personne ne connaît la privation, où chaque jour est différent, où la joie de la Fraternité se manifeste à travers tous les hommes. » [Extrait du message de Maitreya n° 3]

Notre regard sur la vie serait transformé par une telle manière de vivre. Comme une allusion à ce changement, dans le troisième épisode de la mini-série Les chroniques martiennes (tiré de Ray Bradbury, diffusé en 1980), intitulé Les Martiens. L’acteur principal Rock Hudson rencontre un Martien (joué par Terence Longdon) qui lui décrit une existence dédiée à bien autre chose qu’à travailler pour vivre : « Il suffit d’avoir des yeux pour voir comment vivre. […] En observant la vie, en observant la nature et en coopérant avec elle. En faisant cause commune avec le processus de la vie. En vivant la vie pour ce qu’elle est. En tirant son plaisir du don de l’existence pure. […] La vie se suffit à elle-même. Acceptez-la et jouissez-en chaque jour. Ne souillez pas et ne touchez pas ce qui est beau. Révérez tout ce qui vit. Car la vie est un présent du Souverain de notre univers, donnée pour être savourée, pour s’y épanouir, pour être respectée. Mais cela n’est pas un secret. Vous êtes intelligents. Vous savez aussi bien que moi ce qui doit être fait. »

1 – L’étranger de Vénus, pas de version française.
2 – Groupe informel de chercheurs en ufologie et ex-membres du Congrès américain dont le but est de dévoiler la vérité sur les ovnis et lever le voile du secret par des auditions publiques de témoins et d’experts, suite au refus du congrès dans les années 1990-2000 de former une commission pour se pencher sur la question.

Auteur : Gerard Aartsen, enseignant, auteur et collaborateur de Share International basé à Amsterdam (Pays-Bas).
Thématiques : Ovnis
Rubrique : Divers ()