Partage international no 367 – mars 2019
Des élèves se mobilisent dans les rues en Europe et au-delà, et les grèves étudiantes appelant davantage de mesures se ! Inspiré par Greta Thunberg cette militante suédoise1 aujourd’hui âgée de 16 ans, la « Grève de l’école pour le climat » entend faire pression sur les gouvernements pour qu’ils réduisent les émissions de carbone. Il s’agit de limiter la montée des températures à moins de 2° C au-dessus des niveaux de l’ère préindustrielle, comme convenu dans l’Accord de Paris sur le climat. Chaque vendredi Greta Thunberg manque l’école et se tient devant le parlement suédois pour protester. Elle a entrepris cette action en août 2018, après les vagues de chaleur et les incendies qui ont dévasté des régions de son pays. Elle s’est inspirée du succès des adolescents militants du lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland (Floride), qui avaient organisé la « Marche pour nos vies » contre les violences par armes à feu, qui s’est déroulée le 24 mars 2018 à Washington, donnant lieu à plus de 880 manifestations de moindre ampleur aux Etats-Unis et de par le monde. La grève de l’école de Greta a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, si bien qu’en janvier et février 2019, des centaines de milliers d’élèves en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Finlande et aux Pays-Bas ont pris part à des manifestations et à des grèves d’école hebdomadaires. Simultanément, des étudiants de Nouvelle-Zélande, du Canada, de Colombie et d’Ouganda ont mené des actions pour mettre en évidence le changement climatique.
Allemagne : le 18 janvier, on estime que 25 000 jeunes ont manifesté contre le changement climatique dans 50 villes.
Belgique : une manifestation organisée par les jeunes à Bruxelles a rassemblé plus de 70 000 personnes le 27 janvier, exigeant que le gouvernement belge et l’Union européenne prennent des mesures immédiates pour faire face à la crise climatique mondiale. C’était la quatrième grande marche pour le climat en quelques semaines dans ce pays.
France : le 27 janvier, plus de 80 000 personnes ont manifesté pour le climat dans les villes et villages du pays. Une pétition en ligne a recueilli plus de deux millions de signatures.
Suisse : le 2 février, sur 13 sites, quelques 40 000 personnes ont pris part à des manifestations organisées par le mouvement de grève étudiante pour le climat.
Sur les bannières et pancartes portées par les étudiants grévistes on pouvait lire : « Pourquoi apprendre s’il n’y a pas d’avenir ? » « Respectez l’existence ou subissez la résistance » et « Changeons le système, pas le climat ! »
« Nous entendons souvent dire que procéder à des changements serait trop coûteux, que c’est irréaliste. Mais le climat n’attend pas… et nous continuerons à protester jusqu’à ce que les politiciens agissent », a déclaré un jeune manifestant en Belgique.
Pays-Bas : Des élèves néerlandais ont planifié leur première grève nationale sur le climat pour le 7 février. Ils espéraient 4 à 5 000 participants et leur projet a été accueilli avec condescendance par le premier ministre Mark Rutte et d’autres dirigeants. Mais la manifestation de La Haye a attiré 15 000 élèves et, dans son éditorial, le journal Algemeen Dagblad a soutenu les revendications des élèves pour des mesures gouvernementales plus énergiques.
Début février, 350 scientifiques néerlandais ont signé une lettre ouverte de soutien aux élèves en grève scolaire aux Pays-Bas. Publiée par le quotidien Trouw, cette lettre explique que « sur la base des faits fournis par la climatologie, les élèves ont raison de manifester. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre plus longtemps avant de prendre les mesures nécessaires. Si le leadership politique va de pair avec des mesures concrètes et un changement de comportement, nous pouvons résoudre ce problème à temps. Sinon, ce sont les enfants qui se battent pour leur propre futur qui payeront le prix. »
Ces actions menées par les jeunes s’inscrivent dans la perspective d’une journée mondiale de grève scolaire pour le changement climatique, prévue le 15 mars 2019. [Sources : commondreams.org ; wikipedia.org ; bbc.co.uk ; The Guardian, G-B]
1. Voir nos numéros d’octobre 2018 et de janvier-février 2019
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
