Chine : les trop grands écarts de richesse posent problème

Partage international no 257février 2010

Une étude publiée par l’Académie des sciences sociales du Zhejiang montre que 70 % des personnes interrogées en Chine ressentent qu’il existe « un large fossé » entre les riches et les pauvres, et que plus de la moitié de ces personnes pensent que ce fossé se creusera davantage. L’étude, basée sur des questionnaires distribués à dix catégories sociales différentes telles que les fonctionnaires, les indépendants et les agriculteurs, a été lancée dans la première moitié de 2009. Elle montre également que 96 % du public chinois éprouve du ressentiment envers les riches.

Zhao Yi, fonctionnaire de la province de Guangdong, donne les raisons de sa rancœur : « La plupart d’entre eux s’enrichissent aux dépens des pauvres. Prenez ces spéculateurs dans l’immobilier. Ils contrôlent le marché et favorisent la hausse des prix, ce qui leur permet de dégager des profits considérables. L’augmentation des prix est inacceptable. N’est-ce pas injuste pour la majorité de ceux qui sont incapables de se payer un appartement, même en regroupant les économies de trois générations ? »

Un sondage du magazine Forbes en décembre 2009 met en évidence la part du logement dans le budget des ménages, beaucoup plus élevée en Chine : 61,1 % à Pékin et 48,8 % à Shanghai, contre 13,9 à Tokyo ou 8,8 % à Hong Kong.

Selon le journal Global Times, l’annonce selon laquelle le produit intérieur brut (PIB) de la Chine devrait atteindre 4 000 dollars par habitant d’ici la fin de 2010 a déclenché un intense débat public. Selon un sondage publié par Huanqiu.com, plus de la moitié des personnes interrogées sur Internet considèrent que ce chiffre ne reflète pas vraiment leur niveau de vie réel. Certains utilisateurs en ligne ont fait observer que la situation économique d’un pays ne peut être uniquement jugée en fonction du PIB par habitant. Par ailleurs, d’autres ont suggéré que le PIB par habitant ne devrait pas se calculer globalement, mais selon une ventilation par province, région et secteur professionnel, afin de donner une image plus précise.

La population rurale présente un tout autre tableau. A la fin de 2008, la Chine comptait 40 millions de personnes vivant en dessous du seuil officiel de pauvreté, ce qui représente 4,2 % de la population rurale totale.

Au total, la population vivant sous le seuil de pauvreté s’élève à 150 millions de personnes si on se réfère à la norme internationale d’un dollar de revenu par jour et par personne. La définition du seuil de pauvreté en Chine n’a pas changé depuis 20 ans. La Chine a fixé ce seuil à 206 yuans par an en 1986, ce qui correspondait à environ 50 dollars et à la moitié du revenu annuel d’un agriculteur. De nos jours, 1 196 yuans (soit 175 dollars) correspondent à peine à 25 % du revenu annuel moyen de la population rurale du pays.

Par ailleurs, la Chine est déjà le deuxième marché pour les produits de luxe et ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne dépasse le Japon, affirme le China Daily. Selon le rapport de l’Association mondiale des produits de luxe, la consommation en Chine a atteint 8,6 milliards de dollars, soit 25 % du total mondial. L’Association des marques de Chine estime que les consommateurs de marques de haut niveau représentent 13 % de la population chinoise, soit 170 millions de personnes.

Chine
Sources : China Daily, Chine
Thématiques : Société, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)