Charles Eisenstein et Oprah Winfrey

Partage international no 349septembre 2017

par Phyllis Creme

« En tant qu’âmes … nous cherchons à exprimer l’unité fondamentale de notre nature » – le Maître de Benjamin Creme.

Charles Eisenstein, dont les écrits sont régulièrement présentés dans Partage international, a récemment été invité à participer à l’émission américaine à succès d’Oprah Winfrey, Super Soul Sunday. Sa réponse fut « un oui immédiat. Vous voyez, Oprah occupe presque un univers différent de celui de ma propre frange contre-culturelle. Se pourrait-il, pensais-je avec enthousiasme, que nos mondes se rejoignent ? Que les idées que je sers et la conscience à laquelle je m’adresse soient prêtes à imprégner le courant dominant ? » En fait, Oprah semblait déjà penser de la même façon que C. Eisenstein et était très ouverte à ce qu’il avait à dire.

Charles Eisenstein savait qu’il se trouvait en marge de la pensée dominante, bien qu’il croyait que son message trouverait un jour écho, et aiderait même à changer les esprits. En attendant, il s’était habitué à travailler lentement et à petite échelle, par des écrits. A la suite de l’échec de son premier livre, auto publié faute d’éditeur, il avait eu la vision d’un « visiteur céleste » qui lui avait présenté un « choix difficile » : « Charles, souhaites-tu vraiment que ton travail réalise son potentiel et exerce son juste rôle dans l’évolution de toutes choses ? » – « Oui, répondis-je, c’est mon souhait. » « C’est entendu, dit l’Être. Je peux faire en sorte que cela se produise, mais tu devras en payer le prix. Tu ne seras jamais reconnu. Ce dont tu parles changera le monde, mais tu ne recevras jamais d’éloges pour cela. Tu n’obtiendras ni richesse, ni renommée, ni prestige. Acceptes-tu de payer ce prix ? »

« J’ai essayé de tergiverser, mais l’Être restait inflexible. Si cela devait être l’un ou l’autre, comment pourrais-je me regarder dans la glace en sachant au plus profond de mon cœur que j’avais trahi mon but ? J’ai donc consenti à son offre. »

Travailler sans chercher la reconnaissance

C. Eisenstein se rendit compte que de petits actes de compassion et d’amour passés inaperçus, étaient aussi précieux que ses propres tentatives de travail public. « Les actes de bonté renforcent le champ de la bonté, les actes d’amour renforcent le champ de l’amour, les actes de haine renforcent le champ de la haine. Travailler sur une échelle plus large n’est pas nécessaire lorsque nous savons que les tâches auxquelles la vie nous confronte font partie d’un vaste ensemble élaboré par une intelligence qui nous place exactement au bon endroit, au bon moment. »

Devenu modeste dans son ambition d’apporter le changement et ayant réduit son besoin d’être reconnu – comme il le dit, ses idées ne sont pas les siennes, il est simplement un « scribe » – il a néanmoins perçu l’invitation d’Oprah Winfrey, dont l’émission touche des millions de personnes, comme le signe d’un changement de conscience dans le monde. « Je me vois parfois comme une sorte de récepteur pour les informations qu’une partie de l’humanité demande. Une utilité a été trouvée pour l’ado étrange que j’étais au lycée ! A plus grande échelle, Oprah est quelqu’un de similaire : pas seulement elle-même, mais un « avatar » de l’esprit collectif. En parfaite symbiose avec son public, quand elle lui fait découvrir quelque chose, c’est probablement parce qu’elle sait qu’il y est prêt. »

La première question d’Oprah à C. Eisenstein, et sa réponse, en disaient long : l’Amérique s’est-elle brisée ? « Pas encore, fut sa réponse, mais elle est sur le point de se rendre compte que des changements profonds sont nécessaires, et ils seront perçus comme inévitables ; cela se produira « par effondrement ». Faisant écho à B. Creme et à son Maître, ainsi qu’à l’enseignement religieux oriental, C. Eisenstein a affirmé sa triste conviction que le monde souffrait d’une « tristesse latente » due à la « blessure de la séparation » de tout ce avec quoi nous sommes censés être reliés. Cette tristesse s’exprime par la colère et la haine.

Comme le dit B. Creme dans la Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse, la réalité, qu’il a expérimentée dans la méditation, est que tout est lié : « J’ai disparu en tant qu’être séparé, tout en conservant une pleine conscience, une conscience élargie pour tout inclure. J’ai vu que c’était la vraie réalité, que la conscience de veille normale la couvre simplement, et la garde cachée par une fausse identification de soi-même en tant que corps […] ».

La conscience de ce lien, à mesure que nous passons à l’ère de la synthèse du Verseau, sera en effet d’une portée extrême, imprégnant et changeant totalement toutes nos vies et institutions. Comme le dit le Maître de Benjamin Creme : « L’unité est la force, la nature essentielle de notre être, le but auquel tous les hommes aspirent et que tous les hommes cherchent à exprimer. » Le sentiment d’éveil de cette conscience ressort puissamment de l’interview. Charles Eisenstein a déclaré : « Le prochain pas pour l’humanité sera l’inter-être, la réalisation que nous sommes tous un. »

Dans son essai suivant, il écrit : « Si j’ai raison sur le fait que ma présence chez Oprah est un indicateur (si infime soit-il) du délitement de visions du monde autrefois dominantes, alors cela s’est produit parce que la vision émergente dont je parle, est maintenant fermement soutenue par de nombreuses personnes […]. Nous ne serons pas seuls ici beaucoup plus longtemps. Je remercie tous ceux qui ont appuyé le champ de connaissance dont je parle, qui croient les mots que j’écris encore plus que moi-même, et qui me confortent dans le travail qui vous soutient. C’est ainsi que nous passons de l’ère de la séparation à l’ère du besoin d’autrui. »

Références :
www.oprah.com ;
Charles Eisenstein, The Age of We Need Each Other, charles eisenstein.net,
Benjamin Creme, la Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse et Un Maître parle, Partage publication.

Auteur : Phyllis Creme, collaboratrice de Share International qui vit à Londres (Royaume-Uni). Elle était l’épouse de Benjamin Creme.
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Rubrique : Divers ()