Partage international no 295 – mars 2013
Oxfam a lancé une campagne pour attirer l’attention sur un problème important et croissant : la confiscation des terres. Durant la dernière décennie, les expropriations de terres, appelées également par euphémisme « transactions foncières », ont aboutit au fait, qu’à travers le monde entier, une surface équivalente à celle de l’Arabie saoudite (le plus grand pays du Moyen-Orient avec 2 149 000 km2) a été acquise par des entreprises et des pays étrangers. A l’heure actuelle, on ne peut plus affirmer que le territoire d’un pays lui appartient complètement. L’ancien concept de souveraineté ne semble plus relevant pour les gouvernements, car il fait l’objet d’un commerce lucratif. La surface concernée pourrait produire suffisamment de nourriture pour nourrir plus d’un milliard de personnes, chaque année.
Oxfam décrit les effets dévastateurs de l’accaparement des terres sur les populations locales : « Imaginez qu’un endroit que vous aimez dans votre région vous ait été enlevé et vendu sans communication et sans compensation. Et rien que vous puissiez faire à ce sujet. Vous seriez indignés et vous diriez qu’il s’agit d’une injustice. Mais c’est bien la réalité pour des milliers de familles en Afrique et sur d’autres continents. » Les agriculteurs sont obligés de quitter leurs terres, souvent sans compensation adéquate ; ils sont privés des moyens de produire de la nourriture ou de gagner leur vie. Le choc qui en résulte est incommensurable car cela affecte les communautés, les sources de nourriture, l’économie locale ; cela renforce l’urbanisation et accroît la pauvreté en supprimant l’accès à des ressources adéquates.
Une série de photos spectaculaires ont été publiées pour attirer l’attention sur le problème de l’accaparement des terres. Imaginez la photo d’un célèbre bâtiment barré d’un grand panneau « Vendu ». Le 7 février 2013, des organisations associées à Oxfam à travers le monde ont travaillé avec des militants pour « accaparer » des monuments et des lieux bien connus à travers le monde. L’objectif de cette action est de faire réfléchir les gens sur ce qui se passerait si l’expropriation des terres les concernait directement.
La campagne se concentre sur la Banque mondiale, qui finance certaines transactions foncières importantes, et peut influencer la façon dont les terres sont achetées et vendues.
Sources : www.oxfam.org
Thématiques : Société, peuples et traditions
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
