Partage international no 183 – novembre 2003
Le journaliste britannique John Pilger, dans une émission télévisée de septembre 2003,« Briser le silence : vérités et mensonges sur la guerre contre la terreur », fait état d’une enquête selon laquelle près de 10 000 civils auraient été tués lors de la guerre contre l’Irak, auxquels il faudrait ajouter peut-être plus de 30 000 soldats – pour la plupart des adolescents.
Les officiels américains interviewés dans cette émission se sont montrés très surpris lorsqu’on leur a suggéré d’inclure les pertes civiles dans le décompte des victimes de guerre. Interrogé sur cette estimation de 10 000 civils tués, John Bolton, sous-secrétaire à la Sécurité internationale au département d’Etat et l’un des principaux « néo-conservateurs », a répondu : « Vous savez, je crois que ce chiffre n’est pas très élevé au regard de l’importance des opérations militaires. » Et lorsque J. Pilger posa cette même question à un officiel haut gradé du Pentagone, un colonel ordonna au caméraman d’arrêter l’enregistrement.
J. Pilger traite aussi du « gros mensonge inventé à Washington dans les heures qui ont suivi les attaques du 11 septembre, destiné à berner le public américain et à tromper les médias sur les raisons réelles de l’attaque contre l’Irak. » Un ancien haut gradé de la CIA a déclaré que « c’était de la blague à 95 % ». Le Pentagone avait mis en place un Bureau des plans spéciaux dont « la seule fonction était de faire de renseignements vagues ou non fondés les éléments de base de la politique américaine, a déclaré J. Pilger. C’est ce bureau qui envoya à Downing Street la plupart des preuves sur les armes de destruction que nous savons maintenant être du simple bluff. En fait, a-t-il ajouté, contrairement aux démentis de T. Blair à l’époque, la décision d’attaquer l’Irak a été prise le 17 septembre 2001, seulement six jours après les attentats de New York et de Washington. »
Irak
Sources : Independent Television, G.-B.
Thématiques : politique
Rubrique : Regard sur le monde (Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.)
