« Bienvenue aux demandeurs d’asile et aux réfugiés »

Partage international no 416avril 2023

Photo : John Englart  (Takver) d’Australie , CC BY-SA 2.0 , via Wikimedia Commons

« Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Tes masses innombrables aspirant à vivre libres,
Le rebus de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or ! »
Vers extraits de The New Colossus (Le nouveau colosse) de la poétesse américaine Emma Lazarus (1849-1887) inscrits au pied de la statue de la Liberté, offerte par le peuple français. La statue est devenue une icône de la liberté et des Etats-Unis, un symbole d’accueil pour les immigrants.

 

Colossale inhumanité
Le texte suivant provient d’une version de la pièce élisabéthaine Sir Thomas More, d’Anthony Munday. Shakespeare a contribué à ce discours lors de la révolte ouvrière du 1er mai 1517. A l’époque, la question était de savoir si les étrangers devaient être acceptés dans le pays. Dans ce discours, Shakespeare défend un traitement humain en faveur de ceux qui sont forcés à demander asile.

Dans une tirade passionnée et persuasive visant à apaiser la révolte, Sir Thomas fait semblant de partager les inquiétudes des révoltés, qui demandent l’expulsion des réfugiés. Les mots de Shakespeare sont un appel éloquent qui résonne à coup sûr à nos oreilles contemporaines.

« Imaginez que vous voyiez les misérables étrangers,
leurs nourrissons sur le dos et leurs pauvres bagages,
marchant lourdement vers les ports et les côtes pour le transport […]

Le discours se poursuit par la question :

« Et si vous étiez bannis, que se passerait-il alors ?
[…] où iriez-vous ? Quel pays, par la nature de votre erreur,
devrait vous donner refuge ? […]
Eh bien, vous serez inévitablement des étrangers :
seriez-vous contents de trouver une nation
au tempérament si barbare,
que, se couvrant d’une hideuse violence,
elle ne vous laisse pas une demeure sur terre,
[et ses habitants] aiguisant leurs détestables couteaux contre vos gorges,
vous rejetant comme des chiens, et comme si ce Dieu
ne vous avait rien donné ni ne vous avait fait, ni que les éléments,
ne soient tous appropriés à vos confortations
mais garantis pour eux [habitants du pays], que penseriez-vous,
d’être ainsi usés ? C’est là le cas des étrangers ;
et c’est là votre colossale inhumanité. »
[Sources : playshakespeare.com ; theshakespeareblog.com]


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