Partage international no 340 – décembre 2016
Benjamin Creme, Ben, ou Benny, comme on l’appelait enfant, est né à Glasgow le 5 décembre 1922, de Maurice, fils d’un immigrant juif russe, et Elizabeth, une Irlandaise catholique. Seul garçon de la famille, il avait deux sœurs, l’une plus âgée, l’autre plus jeune que lui. Il eut une enfance insouciante marquée, semble-t-il, au sceau de la joie et de la créativité qui devaient l’accompagner toute sa vie. Il racontait volontiers comment il distrayait sa famille avec son numéro quotidien : « la demi-heure de Benny », et commença à aller à l’opéra à l’âge de dix ans.
Petit garçon, il ne cessait de voir la silhouette d’un vieillard bienveillant qu’il prenait pour le père Noël. A chaque Noël, ce visage lui apparaissait à une fenêtre. Des années plus tard, Ben apprit que le personnage souriant était en fait son Maître. Une fois que Ben eut cessé de croire au père Noël, la silhouette disparut.
Aimant également la musique et les arts, il se destinait à une carrière musicale, quand l’intervention subtile d’un Maître lui fit choisir la peinture. Ben racontait souvent comment, adolescent, il avait trouvé un bout de crayon 2B sur le chemin de l’école. Le plaisir qu’il éprouva à l’utiliser et la qualité du dessin qu’il lui permit de réaliser décidèrent de la carrière qui devait devenir la sienne. C’est seulement des années plus tard que Ben découvrit que ce crayon avait été placé à dessein sur son chemin.
Bien décidé à devenir artiste, il quitta la maison à seize ans pour se consacrer à la peinture. Avec son ami de toujours, l’acteur Douglas Campbell, il monta, au siège local d’un syndicat, une exposition qui fut remarquée par Jankel Adler, peintre polonais de l’école moderniste européenne. Adler devint le mentor de Ben, qui, néanmoins, se forma seul pour l’essentiel et réalisa des œuvres marquantes dès l’âge de vingt ans. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Ben quitta Glasgow et, avec sa première femme Peggy, s’installa à Londres où il vécut jusqu’à la fin de sa vie, continuant de peindre jusqu’au moment où, octogénaire, il perdit la vue.
Jeune encore, il s’intéressa à la Théosophie et aux religions orientales. Après avoir lu d’innombrables ouvrages sur la télépathie, les plans éthériques, les Frères de l’espace et la guérison spirituelle, il se passionna pour le phénomène des ovnis et, pendant une brève période, à partir de 1958, il travailla en étroite collaboration avec les Frères de l’espace.
C’est par l’étude des enseignements de la Sagesse éternelle transmis dans les écrits de H.P. Blavatsky et Alice A. Bailey que Ben prit connaissance de l’existence de la Hiérarchie spirituelle des Maîtres de Sagesse. En 1959, il fut contacté télépathiquement pour la première fois par son Maître, et apprit à cette occasion qu’il jouerait un rôle dans la réapparition de Maitreya et des Maîtres. Puis, en 1972, commença pour lui une période de formation intensive et éprouvante, pendant laquelle son Maître forgea « un instrument par l’intermédiaire duquel il [pouvait] travailler […] Tout ce que je vois et entends, il le voit et l’entend. Lorsqu’il le désire, un regard de moi peut être un regard de lui ; mon toucher, le sien. Ainsi, avec une dépense minimum d’énergie, il dispose d’une fenêtre sur le monde, d’un avant-poste de sa conscience. » Grâce à cette étroite relation, le public, par l’intermédiaire de Ben, eut accès à une source d’informations permanente sur l’émergence de Maitreya et des Maîtres, ainsi qu’à une vision de la vie d’une ampleur et d’une profondeur extraordinaires. Mais surtout, Ben y puisa le courage et la conviction nécessaires pour communiquer ce qu’il savait au public.
Sous l’inspiration de son Maître, la peinture de Ben changea profondément, jusqu’à devenir une nouvelle manière d’exprimer la réalité spirituelle qui sous-tend le monde phénoménal. Les lecteurs de Partage international connaissent bien ses toiles « ésotériques »pour les avoir vues figurées, année après année, sur la couverture de leur revue. En 2015 s’est ouvert à Los Angeles le Musée Benjamin Creme, qui a vocation de présenter ses œuvres dans leur relation avec la Sagesse éternelle.
Ben travailla sans relâche pour Maitreya et les Maîtres, afin de diffuser le message d’espoir et de joie apporté par leur émergence dans le monde de tous les jours – émergence qui se concrétisa par l’arrivée de Maitreya à Londres en 1977. En 1974, il présenta à un petit groupe la méditation de transmission, une nouvelle méditation de groupe permettant aux Maîtres de faire descendre leurs énergies dans le monde. Cette méditation se pratique aujourd’hui dans le monde entier. En 1975, il commença à donner des conférences, d’abord au Royaume-Uni, puis, très rapidement, partout dans le monde – en Europe, aux Etats-Unis, au Japon et ailleurs. Entre 1979 et 2012, il publia 16 livres. En 1982, la revue Share international1 fut créée dans l’intention de mettre en évidence la relation qui existe entre les domaines ésotérico-spirituel et politico-économique, ainsi que pour présenter et diffuser d’autres enseignements des Maîtres et de Maitreya.
Ben a toujours refusé de se poser en gourou. Il entretenait des relations avec des gens de tous les milieux et vivait très simplement à Londres avec sa famille. Pour lui, ceux qui, dans le monde entier, suivaient ses enseignements et son travail n’étaient pas des « adeptes », mais des « co-workers ». Nombreux, très nombreux sont ceux qui ont vu leur vie transformée lorsqu’ils ont participé à une méditation de transmission et travaillé à la diffusion du message de Maitreya. Ils sont la garantie que ce travail continuera.
Ben est mort paisiblement le 24 octobre 2016 à son domicile de Londres, entouré de sa famille. Malade depuis plusieurs années, il avait courageusement lutté. Malgré sa grande fatigue, il a conservé sa ténacité, sa bienveillance et son humour jusqu’au dernier moment. Il laisse derrière lui sa seconde femme, Phyllis, qu’il a épousée en 1968 (Peggy ayant disparu en 1965), ses enfants, Julian, Lucis et Tara, ainsi que trois petits-enfants.
Privé de la vue, Ben a dicté son niveau d’évolution à son épouse Phyllis le jour de son anniversaire en 2014, avec pour instruction de le faire connaître après sa mort. Sa structure de rayons et son niveau d’évolution sont les suivants :
Ame : 2 ; personnalité : 4 (7) ; corps mental : 1 (4) ; corps astral : 4 (2) ; corps physique : 3 (7). Niveau d’évolution au 5 décembre 2014 : 3,46.
1. La version française, Partage international, fut lancée en 1988.
