Asie : la tourmente économique persiste

Partage international no 115mars 1998

« Comme nous l’avons déjà annoncé (PI décembre 1988), un krach boursier prendra naissance au Japon. Maitreya l’a répété : le krach boursier est inévitable. » (Partage international, juin 1989)

Selon les projections du Fonds monétaire international, la crise financière asiatique provoquée par une expansion industrielle inconsidérée, un endettement sans limite et un capitalisme de « copinage » ne laissera aucun pays indemne en 1998. Dans le monde entier, la croissance économique va ralentir, et le chômage va s’accroître, particulièrement dans les pays situés au cœur de la crise. Les décideurs politiques continuent à travailler avec acharnement pour redonner confiance à des investisseurs anxieux, dans l’espoir d’empêcher l’effondrement de certains phares du capitalisme.

Corée du Sud – La onzième puissance économique mondiale a connu sept banqueroutes de grandes sociétés en 1997. Rapporté à l’échelle des Etats-Unis, c’est comme si Chrysler, Texaco, DuPont, Pepsico, Motorola, Lockheed-Martin et K-Mart avaient fait faillite en l’espace d’une année.

Selon les estimations de l’une des principales sociétés de crédit, la Moody’s Investors Services Inc, ces déconfitures ont mis les banques sud-coréennes en difficulté technique sur des crédits déjà accordés et se montant à plusieurs milliards de dollars. Le Japon détenant 24 pour cent de la dette extérieure coréenne, un effondrement de ces banques signifierait un désastre pour ce pays.

Japon – Le fait que les Etats-Unis, pays le plus endetté au monde, empruntent un milliard de dollars chaque jour, principalement au Japon, souligne le rôle essentiel du Japon, principal fournisseur de capitaux pour l’économie mondiale. L’économie japonaise est deux fois plus puissante que celle de tous les autres pays asiatiques réunis. Les observateurs remarquent que ce pays pourrait jouer un rôle décisif dans la crise asiatique.

Cependant, les banques japonaises sont enlisées depuis sept ans dans des problèmes récurrents et, à ce jour, elles détiennent encore 590 milliards de dollars de créances douteuses. Le gouvernement a fini par admettre que l’économie se situait à un « point mort ». C’est un ministère des Finances assiégé qui a dû s’expliquer sur les récentes faillites d’une grande banque et d’une société de placements de premier ordre, et qui se trouve au centre d’un scandale lié à la corruption. Le ministre des Finances, le vice-ministre et un autre haut fonctionnaire ont été contraints à démissionner. Certains analystes pensent que le Japon est par trop embourbé dans ses propres problèmes pour diriger une opération de sauvetage en Asie. Et ces problèmes ralentissent la croissance dans le monde entier. Dans un récent discours, le premier ministre Hashimoto a déclaré au Parlement : « Je suis déterminé à éviter à tout prix que le Japon soit à l’origine d’une panique financière ou économique mondiale. »

Indonésie – Depuis le mois de juin dernier, la valeur de la roupie indonésienne a chuté de manière vertigineuse. Avant la dévaluation, le revenu annuel moyen par habitant en Indonésie était de 1 000 dollars, un faible niveau comparé à celui des pays voisins d’Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, ce revenu est proche de 400 dollars. Conjuguées à l’instabilité politique, les vagues de panique qui ont récemment secoué les marchés rendent ici la crise particulièrement volatile. Les consommateurs sont confrontés à de brusques montées des prix et à la menace d’un chômage croissant. Certains experts estiment que près de huit millions d’Indonésiens pourraient bientôt se retrouver sans travail. Des émeutes ont déjà éclaté dans plusieurs villes pour protester contre la saisie de terres, les abus policiers et l’augmentation du prix des denrées alimentaires.

Comme pour la Thaïlande et la Corée du Sud, les milliards de dollars d’aide internationale apportés à l’Indonésie, sous l’égide du FMI, ont pour cntrepartie de strictes réformes économiques. Confié à la responsabilité du président Suharto, ce travail de réforme est rendu difficile par le fait que ses propres enfants, et certains de leurs amis, contrôlent un empire économique considérable.

En visite en Asie pour évaluer la situation, James Wolfensohn, président de la Banque mondiale, a exprimé la préoccupation croissante de la Banque face aux troubles sociaux qui embrasent toute l’Asie. Notant que 350 millions d’asiatiques vivent avec moins d’un dollar par jour, J. Wolfensohn a déclaré : « Je suis très préoccupé par l’aspect social, les questions du chômage, de la pauvreté, des travailleurs émigrés… questions auxquelles la Banque porte la plus grande attention. »

Asie
Sources : New York Times, CNN, Time Magazine
Thématiques : Économie
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)