Partage international no 457 – septembre 2026
Cet article est la transcription d’une conférence donnée par Benjamin Creme (BC) à San Francisco (États-Unis) et à Kerkrade (Pays- Bas) lors des rencontres internationales de méditation de transmission de 1995.
Il y a un grand nombre de gens qui n’arrivent vraiment pas à supporter le monde moderne. Tout ce qui s’y passe, sur les plans politique, économique, religieux, social, scientifique ou culturel, leur fait horreur. Soit ils ont la nostalgie d’un très lointain passé, soit ils aspirent à un avenir qui n’existe pas encore. Ils ne vivent pas dans le présent. Pour eux, le changement consisterait à faire table rase de ce qui existe pour créer un monde entièrement nouveau. L’attrait qu’exercent sur eux les prétendus groupes du nouvel âge découle précisément du fait que ces groupes envisagent le monde sous le même angle qu’eux. […]
Et pour ces raisons, entre autres, explique BC, beaucoup de gens aimeraient se débarrasser du monde tel qu’il est. Ils voudraient voir disparaître la majeure partie de l’ancien monde et du monde actuel, afin que le monde et ses ressources leur reviennent une fois qu’ils seront de retour après « l’Enlèvement ».
Il poursuit : Cela ne se passera pas du tout ainsi dans le nouvel âge. Détruire tout ce qui existe sur Terre, ce serait réduire à néant dix-huit millions et demi d’années d’évolution. A quoi cela nous avancerait-il ? Le passé nous a légué un héritage immense, le rejeter serait une perte non moins immense. C’est cet héritage que Maitreya appelle le « trésor du passé ». « Consolider le trésor du passé, inspirer les merveilles de l’avenir. » Ce n’est pas comme si tout dans la vie aujourd’hui était condamnable parce qu’entaché d’erreur, corrompu ou fondamentalement en contradiction avec les besoins futurs – bien au contraire. Nos systèmes éducatifs sont inadaptés et pourtant des millions d’enfants vont à l’école.
Le Maître D. K. écrit (sous la plume d’Alice Bailey) qu’un adolescent de quatorze ans moyennement instruit aujourd’hui a une conscience équivalente à celle d’un érudit du Moyen Âge. Un érudit, à cette époque, était quelqu’un qui détenait ce qu’on appelle de nos jours un doctorat. Il parlait latin et grec, connaissait la philosophie et était probablement capable de réaliser toutes sortes d’expériences alchimiques ou pseudo-scientifiques. Malgré cela, cet érudit du Moyen Âge avait la conscience d’un adolescent scolarisé de quatorze ans tel que nous le connaissons aujourd’hui. Le progrès est phénoménal.
Allons-nous jeter à bas le système éducatif, tout rejeter, les livres, les enseignants, les connaissances et la sagesse dont nous avons hérité ? Allons-nous nous débarrasser de tous les laboratoires scientifiques du monde ? L’avenir sera-t-il dépourvu de technologie, de moyens de transport ? Bien sûr que non. Le monde a un besoin immense de tout ce que nous avons. Le problème, c’est que nous sommes trop gourmands. Nous possédons trop de choses en trop grandes quantités. Du moins, certains d’entre nous.
Le trésor du passé ne cesse jamais d’être utile. Les universités prestigieuses, les grandes bibliothèques doivent à coup sûr continuer d’exister. Notre monde serait certainement infiniment plus riche si la bibliothèque d’Alexandrie n’avait pas été détruite. Comment imaginer la somme d’enseignements, de connaissances ésotériques et philosophiques qui, à côté de nombreux ouvrages probablement sans intérêt, était contenue dans cette bibliothèque et qui est maintenant perdue pour l’humanité ? Si on vous laissait accéder à la bibliothèque du Vatican, vous seriez surpris des enseignements qui vous seraient révélés. Que font tous ces volumes au Vatican ? Pourquoi les enseignements qu’ils contiennent ne sont-ils pas mis à la disposition de l’humanité ?
Nous avons besoin du passé. Nous ne sortons pas du néant. Notre incarnation actuelle avec sa structure de rayons, ses idées, ses espoirs, ses peurs est le résultat de notre passé. Il n’existe pas d’être qui soit dépourvu de passé. Souvent même ce passé est si long, il remonte si loin en arrière que nous sommes incapables de nous en souvenir. Comme nous ne nous en souvenons pas, nous ne croyons pas en son existence.
Nous devons conserver les trésors actuels – les aspects les meilleurs de la vie d’aujourd’hui, les institutions que nous avons élaborées, comme notre processus éducatif (non pas les théories actuelles en matière d’éducation, mais le processus lui-même), les transports, les systèmes de communication comme la radio et la télévision qui évolueront au point qu’ils n’auront plus rien de commun avec ce qu’ils étaient initialement.
Toute chose a un commencement. Avant l’électricité, il y avait le gaz ; avant le gaz, les lampes à huile ; avant les lampes à huile, les bougies ; avant les bougies, les chandelles à mèche de jonc. Et il fallait veiller à ce que le feu ne s’éteigne pas sinon on était privé de lumière. À l’électricité succédera une autre forme d’énergie, provenant directement du soleil. Nous disposerons de toute l’énergie dont nous aurons besoin. Cela ne sera réalisé qu’à partir de ce que nous possédons déjà. La technologie repose sur les technologies antérieures. La science est connaissance. On ne se débarrasse pas de ce que l’on a avant d’avoir autre chose.
Nous finirons par comprendre le pouvoir de l’énergie psychique – énergie dont tout être humain est doté. Prenons une photo de Maitreya à Nairobi. Une seconde avant qu’elle ne soit prise, il n’était pas là. Et soudain le voilà ! Quel prodige ! Après quoi, Il disparaît de nouveau, et c’est un autre prodige. Il ne s’agit pas d’un prodige isolé mais d’un pouvoir, d’une capacité d’agir, totalement dans les limites des lois de la vie, et démontrable sur une vaste échelle. Si nous voulons nous rendre en Australie, il nous suffira d’imaginer que nous y sommes pour nous y trouver – puis d’imaginer que nous la quittons pour revenir à notre point de départ. Nous pourrons voyager ainsi dans le monde entier, ce sera un merveilleux gain de temps et d’énergie.
Imaginons que nous avons une grosse valise qu’il nous faut transporter du point A au point B. Il nous suffira d’en supprimer la gravité pour la faire rebondir comme une balle. Tout ce qui est imaginable dans le monde est possible. Ces capacités, nous pourrons les acquérir. Il s’agit de pouvoirs divins, et non de trucs de charlatan.
Lorsque Saï Baba crée de la vibhûti, une bague ou un bracelet, ce n’est pas de la prestidigitation. Ceux qui ne croient pas en cette qualité de la vie humaine disent qu’il s’agit d’un tour de passe-passe. Mais si Saï Baba crée ainsi, c’est pour démontrer l’existence des pouvoirs divins. Il n’est pas divin autrement que vous ou moi ; ces pouvoirs, nous les possédons tous. Ils existent à l’état potentiel en chacun d’entre nous, et il viendra un jour où nous les manifesterons tous.
La qualité de notre vie dépendra de notre faculté d’adaptation au changement, et à la direction que prendra ce dernier. Notre conception de la science s’élargira. La science, par exemple, ne peut exister sans la religion. Par religion, je n’entends pas un ensemble de croyances mais une compréhension des lois de la vie et de l’amour. C’est cela, la religion. Et si les églises ne l’enseignent pas, c’est parce qu’elles ne la comprennent pas. Elles s’imaginent que la religion est une affaire de croyances alors qu’il s’agit de la science de l’esprit humain. Science et connaissance sont synonymes, et c’est la connaissance des qualités de la vie divine dans l’humanité qui constitue ce que nous appelons la science et la religion. Science et religion ne font qu’un.
La nouvelle science s’appuiera sur la compréhension religieuse des lois de la vie et de l’amour. La nouvelle religion s’appuiera sur ce que nous appellerions plus exotériquement la science. Le fossé entre les deux est artificiel ; en réalité, il a été créé par les groupes religieux parce qu’il leur semblait que les découvertes scientifiques allaient remettre en cause la validité de leur conception religieuse de la vie. La science ne remet la religion en question que dans la mesure où cette dernière repose sur la seule croyance. Or la science ne doit pas être basée sur la croyance mais sur la connaissance des lois de la vie et de l’amour. La science, cela consiste à mettre en œuvre les lois de la vie et de l’amour. Lorsque science et religion se combineront, nous verrons surgir les merveilles de l’avenir.
[La Mission de Maitreya tome III page 85]
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