Q : Qu’est-ce que le karma ? De quelle façon pouvons-nous modifier notre karma, afin de nous libérer en vue d’un plus grand service ? Cela peut-il se produire grâce à la méditation ou la prière, par le service seul ou bien grâce à la conjugaison des trois ?

Partage international no 455juillet 2026

Le karma est la loi de cause à effet, cette grande loi qui régit entièrement notre vie sur cette planète. Chaque pensée qui nous traverse l’esprit, chaque action que nous accomplissons, met en mouvement une cause. Les effets découlant de ces causes façonnent notre vie, pour le meilleur ou pour le pire. Nous sommes maîtres de notre propre processus d’évolution. Par le biais de la loi du karma, la loi de cause à effet, nous créons tout ce qui nous arrive. Tout ce que nous disons est de la chance, et tout ce que nous disons est de la malchance.

L’une des choses qui semble préoccuper l’humanité, c’est le karma lui-même. Les gens se demandent : « Oh, quel est mon karma ? Cette maladie est-elle karmique ? » Tout est karmique. Tout est l’effet d’une cause. Ces causes sont sans cesse mises en mouvement. Quand les gens disent : « J’ai cette maladie, mais pourriez-vous me dire si elle est karmique ou si je peux y faire quelque chose ? » Par « karmique », ils entendent en quelque sorte prédestiné, quelque chose qui provient d’un passé lointain, peut-être de vies antérieures ou du début de cette vie-ci. Mais cela pourrait être le résultat du karma d’hier, ou d’il y a dix minutes.

Le karma est un processus continu, car nous pensons sans cesse. Nous créons sans cesse des formes-pensées. Nous mettons sans cesse en mouvement des causes et créons ainsi des effets découlant de ces causes, pour le meilleur ou pour le pire. Si nos pensées, si nos actions sont inoffensives, alors notre karma est inoffensif. On dit : « Oh, j’ai un bon karma. J’ai beaucoup de chance. » Ce n’est pas de la chance. C’est simplement le résultat d’une action juste, d’une pensée juste.

Le problème, c’est que nous ne pouvons ni contrôler nos pensées, ni créer dans le monde des conditions où personne ne souffrirait. En tant qu’humanité, nous créons tous nos propres conditions par le karma, en laissant des millions de personnes mourir de faim alors que nous pourrions résoudre ce problème dès demain.

Personne sur cette planète ne devrait mourir de faim. Personne ne devrait avoir faim. Personne ne devrait vivre et mourir dans la misère, comme le font aujourd’hui des millions de personnes. Cela crée en permanence pour nous tous, car nous partageons la responsabilité, le karma de cette inaction. Il y a le karma de l’action. Il y a aussi le karma de l’inaction. Dans la terminologie chrétienne, ce sont les péchés d’action et les péchés d’omission.

Les péchés d’omission sont tout aussi difficiles. Il n’y a en réalité qu’un seul péché, et c’est le sentiment de séparation. Nous imaginons que nous sommes séparés, mais ce n’est pas le cas. En tant qu’âmes, la séparation n’existe pas. Il n’y a pas d’âme séparée. Cela n’existe pas. Chaque âme est un aspect individualisé d’une grande Âme Suprême qui constitue l’humanité. Lors de l’incarnation, cette âme s’incarne à travers une personnalité. Lorsque nous nous regardons les uns les autres, nous pouvons constater que nous semblons être séparés. Mais, en réalité, cette séparation n’est qu’une illusion.

En tant qu’âmes, vous savez qu’il n’y a pas de séparation. L’âme n’a pas le sentiment d’être une entité individuelle distincte. C’est une âme individualisée dans la conscience, mais sans aucun sentiment de séparation. Elle n’a qu’un sentiment d’appartenance totale au groupe. Elle ne perçoit toutes choses que comme un tout, une expérience totalement unifiée.

Sur le plan physique, lorsque nous retrouvons cette conscience de l’âme, nous disons alors : « Nous sommes animés par une âme. » Nous commençons à construire le type de personnalité capable de refléter véritablement l’âme. Or, c’est là la première étape que nous devons franchir pour créer le nouvel âge. La première étape que l’humanité doit franchir si elle veut survivre est de commencer à se percevoir comme une seule et même entité, à comprendre que nous formons littéralement une seule humanité, un seul groupe, une seule race.

Des couleurs différentes, des religions différentes, des niveaux d’évolution peut-être différents, etc., mais une seule et même race. Nous sommes tous les enfants de Dieu. Nous sommes tous frères et sœurs au sein de cette humanité unique. C’est la première étape vers la conscience de l’âme. Dès que nous aurons franchi cette étape, nous construirons les structures politiques et économiques qui en seront le reflet.

Le principe du partage va commencer à être mis en œuvre. Sans lui, nous ne pouvons pas avancer vers le nouvel âge. Nous ne pouvons pas établir de justes relations humaines. Les relations humaines justes constituent la prochaine étape de notre cheminement évolutif vers la perfection. Cela signifie qu’à tous les niveaux – politique, économique, religieux, social –, nous devons nous considérer comme un tout et mettre cela en pratique en instaurant le partage, la justice et, par conséquent, la paix dans le monde. Lorsque nous aurons créé ces conditions, les obstacles à une expression juste commenceront à disparaître.

La violence, la haine, la criminalité et la toxicomanie existent dans le monde, non pas parce que les gens sont foncièrement mauvais et antisociaux, mais parce qu’ils souffrent d’une famine spirituelle. Lorsque vous souffrez d’une famine spirituelle, vous regardez autour de vous et vous voyez les gens de la rue d’à côté vivre dans le luxe alors que vous vivez dans la pauvreté. Vous n’avez pas de travail et vous arrivez à peine à joindre les deux bouts. Vous n’avez pas assez à manger pour votre famille.

Automatiquement, vous devez recourir à la criminalité. Vous ne pouvez pas faire autrement, car vous voyez votre famille mourir de faim. Votre gouvernement s’en fiche complètement. Les gens autour de vous s’en fichent complètement, car ils sont trop riches. Quand on devient riche, on tombe dans la complaisance.

La complaisance, dit Maitreya, est « la racine de tous les maux ». C’est le grand péché. C’est un sentiment de séparation, un sentiment d’altérité qui rend complaisant. Il faut s’en débarrasser. Si nous voulons changer le monde, c’est la première chose que nous devons changer : cette complaisance et ce sentiment de séparation.

[Questions-réponses, juillet 1993]

 

Réponses données par Benjamin Creme