Partage international no 455 – juillet 2026
La Bouddhi s’éveille lorsque s’ouvrent les pétales de l’amour dans le chakra coronal. L’influence de l’âme devient alors extrêmement puissante ; elle transforme la nature de la conscience et l’individu perd alors le sentiment d’être un soi séparé.
La plupart des gens pensent être une personnalité séparée, M. ou Mme Untel. Ils se croient l’image que leur renvoie leur miroir, et la prennent pour le Soi, ce qui est une erreur. Ils considèrent cette image comme une personne séparée, et ont conscience d’être cette personne.
Tous les gens sont très conscients de leur propre personne. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en rendre compte. Chacun se perçoit comme le centre de l’univers. L’univers tourne autour de nous qui nous trouvons au centre, au point central de la vie.
Nous avons avant tout l’impression que ce qui importe le plus, c’est nous-mêmes : recevons-nous suffisamment à manger, de satisfaction sexuelle, d’admiration, de gentillesse, de respect ? Chacun veut être respecté. Nous voulons que tout le monde nous traite avec respect, amour, affection, gentillesse, admettant que nous sommes le centre de l’univers et que, de ce fait, nous avons droit à tout ce respect, cette gentillesse, cet amour.
Les autres sont ici pour satisfaire ce que nous considérons comme nos besoins. En réalité, il ne s’agit généralement pas de nos besoins, mais de nos désirs, et c’est là que réside le problème. Cela nous donne le sentiment d’être seuls, séparés et, pour ainsi dire, en compétition, en guerre contre le monde afin d’en obtenir ce que nous voulons. Le problème, avec les autres, c’est qu’ils ne reconnaissent pas cela automatiquement, qu’ils ne voient pas leur rôle d’agent dans la réalisation de nos désirs. Nous savons tous cela ; cela fait partie de l’expérience de chacun.
Vient un moment de notre évolution où l’âme nous dit, alors qu’elle frappe à la porte pour la millionième fois : « Ce n’est pas comme ça. Tu n’es pas le centre de l’univers. Tu n’existes pas en tant qu’être séparé. Moi seule, l’âme, j’existe. Je sais que je ne suis pas séparée ». Un jour, cependant, nous percevons le message de l’âme disant que tout cela n’est pas réel. Le sentiment d’être le centre de l’univers s’émousse progressivement, s’évanouit.
La vérité sous-jacente est que l’âme existe, et que l’individu n’en est qu’un simple reflet, un intermédiaire. Cette personnalité avec tous ses espoirs, ses rêves, ses désirs et ses besoins n’est qu’un rêve, une fiction, une création temporaire sur le plan physique. D’un instant à l’autre, rien n’est pareil, tout change sans cesse. Tout vieillit, ce qui est considéré comme tragique, surtout lorsque cela nous arrive personnellement. La pensée même de vieillir est débilitante pour la plupart des gens.
Ce qui se produit, c’est qu’à mesure que l’âme imprègne son véhicule et que l’individu perd un peu de son sentiment de séparativité, l’importance accordée aux choses de la vie change. Ce qui était important devient sans importance, et l’intensité du besoin qui y était associé commence à s’affaiblir. D’autres choses gagnent en importance, comme par exemple le service. Le service est impersonnel et se manifeste lorsque s’estompe l’aspect personnel.
Lorsque l’harmonie entre l’individu et l’âme s’accroît, et que celle-ci commence à se manifester à travers l’individu, un transfert se produit, du personnel à l’impersonnel, de l’astral-émotionnel au cœur. Le cœur est toujours impersonnel. Il donne l’impression d’être personnel et il est touché par les expériences subjectives, mais il est essentiellement impersonnel. Par contre, les émotions sont toujours totalement personnelles, liées aux désirs.
Ces désirs peuvent être d’un niveau mental élevé, mais ils n’en demeurent pas moins des désirs. Le changement se produit au moyen d’une prise de conscience croissante de la nature de l’âme et, par conséquent, de la nature de la vie. L’âme est le moyen par lequel la Vie se manifeste dans le monde. Elle est un agent, tout comme le corps physique avec sa structure astrale et mentale est un agent. La réalité est la Vie se déversant au moyen des différentes formes. L’âme est une de ces formes, l’homme ou la femme en incarnation.
Comme le dit Maitreya : « Seul le Soi compte. » Le Soi est la Vie. Seul le Soi compte, vous êtes ce Soi, un être immortel. Notre problème est que nous l’ignorons. Nous nous identifions avec ce qui n’est pas l’être immortel, c’est pourquoi nous souffrons. Toutes les souffrances, toute la douleur, toute la tyrannie résultent de cette erreur d’identification. Le sentier du retour est la création du pont de liaison, l’antahkarana. Maitreya dirait très simplement de pratiquer trois choses : l’honnêteté de pensée, la sincérité d’esprit et le détachement.
Lorsque vous construisez l’antahkarana, ces trois choses se manifestent automatiquement. Lorsque vous les pratiquez, vous créez automatiquement l’antahkarana. La construction de l’antahkarana racial (la race est ici l’humanité dans son ensemble) est le résultat de la prise de conscience graduelle faite par l’humanité qu’elle est l’âme, qu’elle est le Soi, et que ce Soi donne forme à l’expérience que nous appelons la vie. Mais c’est la Vie elle-même, jouant à travers toutes les formes, qui donne à la vie sa réalité, son dynamisme, son besoin de s’exprimer.
[Partage international n° 75 – novembre 1994]
