Q : Vous avez parlé de la nécessité de formuler le message de manière à ce que les gens puissent l’insérer dans le contexte de leur expérience. Comment aborder la question de manière spécifique afin de pénétrer dans l’âme des gens plutôt que d’avoir une approche basée sur la peur comme c’est généralement le cas dans le militantisme ordinaire ? (États-Unis)

Partage international no 454juin 2026

Il est impossible de parler de la réapparition du Christ et des Maîtres sans pénétrer dans l’âme de ses interlocuteurs, sans invoquer l’expérience de l’âme et l’intuition de la personne à laquelle on s’adresse. Il faut procéder par tâtonnements. Ce qui marche avec certaines personnes ne réussit pas avec d’autres. Lorsque vous essayez vous-même de travailler en tant qu’âme, de voir les choses du point de vue de l’âme, il ne s’agit pas de voir les choses de façon mystique. L’âme n’est pas mystique. Il existe des âmes mystiques de sixième rayon, mais celles-ci mises à part, l’âme elle-même n’est pas mystique. C’est un grand mystère pour la plupart des gens, mais la Réapparition du Christ n’est pas une idée mystique.

Lorsque les gens pensent à une approche en tant qu’âme, ils ont tendance à croire qu’il s’agit d’une approche très élevée ayant une intonation mystique. Il n’en est rien. Vous pouvez, et vous devriez, être aussi réaliste que je le suis lorsque vous communiquez ce message. Certaines personnes viennent à mes conférences et disent : « Je pensais qu’il allait s’agir de la réapparition du Christ. En fait, il n’est question que de politique et d’économie. » Il est question des deux. La politique et l’économie sont des idées spirituelles. La crise mondiale actuelle est une crise spirituelle. C’est une crise de l’ l’Être. L’humanité ne sait pas qui elle est, ce qu’elle est, d’où elle vient, où elle va. C’est une crise spirituelle concernant le monde entier. Cette crise spirituelle est aujourd’hui focalisée dans le domaine politique et le domaine économique.

Nous, les Occidentaux, faisons preuve d’une totale indifférence. Nous savons et cependant nous acceptons que des millions d’hommes meurent de faim en Orient, en Afrique, par manque d’une nourriture qui pourrit dans les entrepôts de l’Occident. C’est une réalité spirituelle.

Le fait que nous puissions l’accepter est une erreur spirituelle. Ce n’est pas simplement un manque de bon sens, une erreur de distribution ou de gestion, comme si nous laissions ces hommes en dehors du circuit et que pour une raison ou une autre la nourriture ne leur parvenait pas. Ce n’est pas ce genre d’erreur. C’est l’effet d’un manque spirituel en nous. Nous ne sommes pas ce que nous pensons être.

Nous pensons être intelligents, avisés, capables de diriger nos vies et la vie de notre pays d’une manière bénéfique pour tous. Ce n’est pas vrai. Vous pouvez être intelligent et avisé. Vous pouvez avoir de bonnes idées. Vous pouvez avoir les meilleures intentions. Mais à moins d’être spirituel au sens réel, au sens pratique, vous ne manifestez pas ces qualités, l’habileté, l’intelligence, le souci des autres. Vous êtes auto-satisfaits. Vous pensez : « Cela va bien, nous avons plutôt bien agi ici. Qu’est-ce qui ne va pas dans notre pays ? C’est un grand pays. Nous devons faire une guerre de temps à autre simplement pour donner une leçon à quelqu’un qui se fait trop remarquer, mais à part cela, tout va bien », en oubliant totalement que vous n’êtes qu’une partie du monde.

Etre spirituel signifie réellement considérer le monde comme un tout, voir les choses de manière globale. Ceci est particulièrement nécessaire à l’époque actuelle. Tous les gouvernements devraient subir la pression des citoyens éduqués afin d’avoir une vision plus large, et de prendre conscience de la nécessité de justes relations humaines au sens politique et économique, pas seulement dans un sens agréable, amical, exclusif.

L’un n’empêche pas l’autre, naturellement. Vous avez besoin de relations agréables, amicales, personnelles. Mais en fait la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis, le Japon, tous les pays développés devraient avoir les mêmes sentiments envers les Africains, les Indiens, les gens qui souffrent, qui vivent avec un dollar par jour – un cinquième de la population mondiale. C’est incroyable. Il y a 1, 3 milliard de gens dans le monde qui vivent avec un dollar par jour. Parmi eux, des millions meurent de faim chaque jour, à chaque heure, à chaque instant.

La crise spirituelle réside dans le fait que nous permettions qu’une telle chose puisse arriver. Nous avons tendance à penser à ces problèmes uniquement en termes économiques et politiques. Mais la réalité économique et politique est la crise spirituelle. Nous devons voir ce qui est au cœur de cette crise. Au cœur se trouvent les mauvaises relations humaines. Nous avons tendance à ne pas savoir ou à oublier que l’humanité est une. Il n’existe qu’une seule humanité, un groupe appelé humanité, le règne humain. Ce n’est pas le seul règne, ni même le plus important. Mais nous considérons seulement une partie de celui-ci, le monde développé, comme la partie la plus importante.

Du point de vue des Maîtres, le règne humain est simplement un règne parmi d’autres, d’une grande importance, mais faisant partie de l’évolution de la planète Terre. Et la planète Terre fait partie de l’évolution du système solaire, et cela continue ainsi, à un niveau de plus en plus élevé. Il n’existe pas d’interruption. Il n’existe aucun endroit où vous pourriez couper la chaîne et dire : « Arrêtons-nous ici. C’est l’Amérique, occupons-nous seulement de l’Amérique. » C’est ce que l’Amérique a tendance à faire, s’occuper de l’Amérique. C’est ce que la Grande-Bretagne a tendance à faire, s’occuper des intérêts britanniques. Est-ce dans l’intérêt des Britanniques, des Américains, des Français, des Italiens, des Japonais ou des Russes d’agir ainsi ?

Nous mettons toujours en avant ces intérêts spécifiques, et non l’intérêt mondial. Les intérêts spécifiques des Américains, des Russes ou des Britanniques n’existent pas. Il y a les intérêts mondiaux, humains, et si ceux-ci ne sont pas satisfaits, il n’y aura pas d’humains dans le monde. C’est ce que nous devons saisir et ce que vous pouvez mettre en avant.

C’est cela le langage de l’âme. C’est de cette manière que l’âme considère le monde. Lorsque les gens le comprennent, ils disent : « Vous avez raison », car leur âme leur dit que vous exprimez la vérité. Ils voient alors les choses en tant qu’âmes.

A moins de percevoir les choses en tant qu’âme, vous ne voyez pas que la crise est spirituelle, vous la voyez simplement comme une crise économique ou politique. Il s’agit effectivement d’une crise politique et économique, mais la politique et l’économie sont les domaines où la crise spirituelle est focalisée.

[Partage international, mars 2005 (B. Creme)]

 

« La crise mondiale actuelle est une crise spirituelle. C’est une crise de l’Etre. L’humanité ne sait pas qui elle est, ce qu’elle est, d’où elle vient, où elle va. C’est une crise spirituelle concernant le monde entier. Cette crise spirituelle est aujourd’hui focalisée dans le domaine politique et le domaine économique. »

[Share International, janvier/février 2005]

Réponses données par Benjamin Creme