Partage international no 452 – avril 2026
par Aart Jurriaanse
On prétend parfois que la vie spirituelle et religieuse de l’homme ne devrait pas être soumise à l’étude et à l’analyse, car une telle approche intellectuelle pourrait mener à une perte du mystique et du sublime. Si l’on entend par mysticisme le sentiment de vague et d’incertitude associé à l’inconnu, alors plus tôt cette obscurité sera dissipée par la lumière de l’esprit, plus la religion sera efficace pour créer une meilleure compréhension et une relation plus étroite entre l’aspirant et son Père. Mais soyez assurés que, même si l’étude peut apporter une plus grande clarté à certains égards, les recherches les plus approfondies de l’homme laisseront toujours de nombreux mystères non résolus pour satisfaire les besoins du mystique le plus exigeant. Il faut cependant toujours se rappeler que la caractéristique du développement spirituel est une conscience en expansion constante, menant de révélation en révélation, de vérité en vérité toujours plus grande, et de lumière en lumière toujours plus éclatante.
Et pourquoi l’homme ne serait-il pas autorisé à sonder aussi profondément la nature de sa divinité que ses capacités mentales et sa conscience le lui permettent ? Existe-t-il vraiment des personnes qui considèrent que Dieu a doté l’homme d’un merveilleux instrument de pensée et d’analyse mentale, qu’il est tenu d’utiliser pour satisfaire tous les besoins humains, à l’exception de l’aspect de son être qui devrait jouer le rôle le plus important dans sa vie : le monde spirituel ou religieux ? Un tel argument ne paraît-il pas plutôt naïf ? N’est-il pas beaucoup plus logique, et probable, que Dieu ait doté l’homme d’une capacité mentale en constante expansion, non pas pour construire des armes plus destructrices, ni pour découvrir les secrets de l’« espace », lui permettant ainsi d’espionner plus efficacement la position stratégique de son voisin, mais pour qu’il comprenne mieux sa propre nature et ses relations spirituelles ?
Ceux qui rejettent l’approche mentale de la vie spirituelle pourraient-ils, ne serait-ce qu’une fois, éprouver la joie intérieure engendrée par la révélation d’une nouvelle facette de la vérité après une recherche mentale persistante ; le frisson de la prise de conscience de leur être intérieur, de leur âme ; pourraient-ils seulement réaliser que la lumière concentrée de l’esprit mène à une compréhension et une conscience plus profondes, ce qui induit inévitablement une aspiration et une invocation plus efficaces, et une révérence accrue envers Dieu ? Dieu, ou la Vérité, demeure fondamentalement immuable et invariable ; ce qui varie et change, c’est la conception indéfinie et éphémère que chaque individu se fait de cet Être spirituel. Avec une perception croissante, ce concept de la divinité s’élargit sans cesse, assumant des dimensions toujours plus vastes de la Puissance et de l’Amour du Père.
Une compréhension plus profonde de la nature du monde spirituel, de ses fonctions et de son organisation, et la prise de conscience que tout ce système demeure soumis à la volonté, au dessein et à l’amour de Dieu, ne peuvent que conduire l’aspirant à un sentiment croissant d’humilité, de respect et de vénération pour la divinité, et l’intensité de ce sentiment grandira avec l’expansion de sa conscience.
Avant de procéder à une analyse de la hiérarchie spirituelle, deux principes fondamentaux doivent être soulignés à nouveau, car ils peuvent contribuer à une meilleure compréhension de concepts que de nombreux étudiants ont du mal à saisir. Premièrement, l’interrelation de toutes les formes doit être pleinement comprise ; le fait que chaque forme créée est liée au reste des mondes manifestés par la sphère éthérique, qui non seulement entoure mais aussi imprègne chaque forme, et les relie les unes aux autres, synthétisant ainsi toute la création en un tout coordonné. Ceci vaut non seulement pour notre planète, mais aussi pour l’invisible et le spirituel, pour l’univers tout entier et pour tout ce qui EST ! les énergies ou rayons cosmiques et solaires, circulant à travers le système éthérique, frappent constamment la terre et toute manifestation, évoquant des forces qui sont à leur tour rayonnées dans l’environnement éthérique pour perpétuer le processus d’action et d’interaction. De plus, on peut considérer que chaque corps existant n’est qu’un composant d’une unité plus vaste, qui à son tour fait partie d’un complexe encore plus grand, s’étendant ainsi à des structures toujours plus grandes, jusqu’à ce que tout puisse finalement être perçu comme de simples éléments de l’UN. À l’inverse, chaque forme peut être vue comme une composition de plusieurs ou d’innombrables unités plus petites, et celles-ci peuvent à leur tour être décomposées en constituants encore plus petits, jusqu’à aboutir à l’autre extrême en percevant le tout comme énergie.
Deuxièmement, toute forme doit être considérée comme la manifestation d’une entité distincte, qu’il s’agisse d’un atome, d’un être humain, d’un continent, d’une planète ou d’un système solaire. La personnalité humaine, par exemple, est la forme à travers laquelle une monade se manifeste temporairement par l’intermédiaire de l’âme, et de même, le soleil et son système planétaire sont la manifestation physique de notre logos solaire. Il est important de noter que le système solaire n’est pas le Logos en soi, mais représente seulement son expression physique, et c’est par le soleil que ses énergies sont rayonnées vers les planètes, ainsi, « le soleil physique sert à masquer le soleil spirituel ». La forme d’expression physique est toujours transitoire, bien que, à l’échelle humaine, cette période puisse durer des milliards d’années. L’entité inspirante, en revanche, qui insuffle la vitalité à la forme, est de nature spirituelle, immortelle et éternelle.

Notre planète terre, avec ses règnes naturels, est à nouveau la forme physique par laquelle notre logos planétaire agit, et le corps physique de l’homme peut ainsi être considéré comme un atome dans sa forme physique, l’âme ou la monade de l’homme étant une étincelle de l’âme unique, de la surâme, de Dieu, ou quel que soit le nom que l’on donne à cette entité spirituelle englobante. Notre logos planétaire est une entité subjective, résidant sur le plan le plus élevé ou divin du plan physique cosmique (dont le plan physique de l’être humain est le septième, le plus bas et le plus dense). De même que la monade humaine est représentée dans le corps physique par l’âme, de même notre logos planétaire, concentré dans les plans spirituels supérieurs, a délégué le seigneur du monde pour le représenter sur les plans physiques, ou plutôt éthérique, de la terre. En Orient, il est généralement connu sous le nom de premier Kumara ou Sanat Kumara et, pour éviter toute confusion, ce nom sera également conservé dans le présent écrit.
En raison de l’extrême pureté et des hautes vibrations de sa nature, et des exigences de ses fonctions, Sanat Kumara a pris un corps éthérique plutôt qu’un corps physique dense. Avec ses assistants les plus anciens, la hiérarchie des frères de lumière, il a établi son quartier général dans un centre éthérique, généralement appelé Shamballa.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
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