Les scientifiques des Nations unies rapportent que le monde est en pénurie d’eau

Partage international no 451mars 2026

Pénurie d’eau en raison du changement climatique (Photograph : Nkpelawuni, Wikimedia Commons)

Une nouvelle étude de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé des Nations unies (UNU-INWEH), conclut que le monde se trouve à présent au-delà d’une crise hydrique temporaire. De nombreux réseaux d’eau naturels sont en faillite hydrique.

La faillite hydrique n’indique pas seulement un manque d’eau, mais une condition chronique survenant lorsque la consommation d’eau est plus importante que le volume produit par la nature, provoquant des dommages irréparables aux nappes phréatiques et aux zones humides.

Près de la moitié de la population mondiale subit une pénurie d’eau au moins un mois par an, et de nombreuses personnes pâtissent du rationnement, de réservoirs vides, de pertes de récoltes et de fréquents incendies ainsi que de l’affaissement des villes. L’affaissement surprend souvent, mais c’est un signe typique de la pénurie d’eau. Lorsque l’eau est pompée du sol en excès, la structure souterraine qui avait absorbé l’eau comme une éponge devient compacte et s’effondre.

Le rapport intitulé Faillite mondiale de l’eau, publié en janvier 2026, indique l’étendue du problème. L’extraction d’eau souterraine a contribué à l’affaissement du sol sur plus de six millions de mètres carrés, dont de nombreuses aires urbaines, les exemples les plus connus en Asie étant Jakarta, Bangkok et Ho Chi Minh ville.

L’agriculture consomme le plus grand volume d’eau dans le monde, ponctionnant environ 70 pour cent de l’eau douce mondiale. Près de trois milliards de personnes et plus de la moitié de la production mondiale de nourriture sont concentrées dans des régions où le stockage de l’eau est déjà instable. Malgré ces faits et d’autres problèmes, les pays continuent d’augmenter l’extraction d’eau pour pouvoir développer les villes, les industries et les terres agricoles.

Les solutions à la pénurie d’eau consistent à :

  • fixer des limites à la consommation d’eau en fonction de la quantité disponible ;
  • protéger les zones humides et les rivières, restaurer la santé du sol et reconstituer les nappes phréatiques ;
  • soutenir les agriculteurs dans la transition vers des cultures moins gourmandes en eau, et investir dans la sécurité hydrique ;
  • mieux s’informer grâce à la surveillance par satellite des stocks d’eau pour avoir des alertes préventives sur la baisse du niveau des nappes phréatiques, sur la perte de zones humides, sur le recul des glaciers et sur le déclin de la qualité de l’eau ;
  • dernier point mais non des moindres : redessiner les villes et reconsidérer les systèmes alimentaires et économiques pour vivre en fonction des nouvelles limites de consommation de l’eau.
    https://theconversation.com/the-world-is-in-water-bankruptcy-un-scientists-report-heres-what-that-means-273213


Sources : https://theconversation.com/the-world-is-in-water-bankruptcy-un-scientists-report-heres-what-that-means-273213
Thématiques : environnement
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)