Quand les morts nous appellent au téléphone (1re partie)

Partage international no 449février 2026

Interview de Callum Cooper

Callum E. Cooper est psychologue, membre de la British Psychological Society et de la Higher Education Academy, et maître de conférences en psychologie et thanatologie à l’Université de Northampton au Royaume-Uni. Il est membre de l’Association parapsychologique et il siège au conseil d’administration de la Society for Psychical Research où il travaille au sein du comité de recherche sur la survie. La parapsychologie est l’étude des phénomènes mentaux qui ne peuvent être expliqués par la psychologie scientifique orthodoxe. C. Cooper est l’auteur de Telephone Calls from the Dead1 qui étudie des cas de personnes ayant reçu des appels téléphoniques anormaux semblant provenir d’êtres chers décédés. Jason Francis l’a interviewé pour Partage international.

 

Callum Cooper

Partage International : Qu’est-ce qu’un phénomène téléphonique anormal ?
Callum Cooper : D’une manière générale, un phénomène anormal est une expérience ou une capacité qui semble défier le paradigme scientifique actuel et toute explication. Habituellement, lorsqu’on parle d’un tel phénomène, on pense à la télépathie, à la clairvoyance, à la précognition ou à la psychokinèse, ou tout cequi peut suggérer que l’esprit fonctionne indépendamment du corps, ou lorsque le corps a cessé de vivre. Dans les anomalies téléphoniques, il y a deux aspects. Tout d’abord, « quelque chose » pourrait utiliser un téléphone sans que l’opérateur téléphonique n’ait la moindre trace d’un appel. Ensuite, il y a le fait que l’appel ne provient pas d’un être vivant, mais d’un mort ! Il existe également des cas étranges où des personnes disent avoir reçu un appel de personnes vivantes, alors que ces dernières nient catégoriquement avoir passé cet appel. Voilà le genre de cas qui intéressent les chercheurs.

PI. Depuis combien de temps les phénomènes téléphoniques anormaux sont-ils documentés ?
CC. On en trouve depuis les débuts du télégraphe sans fil. L’un des cas que je mentionne concerne un homme nommé David Wilson en 1915, un avoué vivant à Londres. Il avait publié un article dans la revue Light, la revue du College of Psychic Studies. D. Wilson y mentionnait des communications anormales par télégraphe sans fil. Mais il supposait que cette communication provenait d’extraterrestres et non de personnes décédées. Des phénomènes de ce type ont commencé à se produire en nombre croissant avec le développement des moyens électroniques de communication. Les gens ont commencé à signaler des interactions anormales par téléphone. En 1919 et au début des années 1920, des inventeurs ont déjà déclaré avoir construit une machine pour contacter les morts.

PI. Vous distinguez plusieurs catégories d’appels téléphoniques de personnes décédées comme les appels « simples » par opposition aux appels « prolongés ». Pourriez-vous donner quelques exemples ?
CC. Un appel simple est très basique. Ce sont des cas de personnes en deuil d’un être cher. Elles sont seules à la maison, le téléphone sonne avec une sonnerie inhabituelle, surtout à l’époque du téléphone fixe. Elles décrochent et entendent de la friture ou une voix lointaine. Leur nom est parfois prononcé, ou elles n’entendent rien. Elles répondent et disent : « Allô, c’est toi ? » et essayent de parler à leur proche décédé, mais il n’y a personne à l’autre bout du fil. Elles n’entendent pas le clic du combiné ou la coupure de l’appel. Ces appels sont très basiques et ils offrent très peu d’éléments pour la recherche. Dans le cas des appels prolongés, vous ne savez pas qu’un ami ou un être cher est décédé. Vous recevez un appel de lui et vous entrez dans une véritable conversation. Vous parlez de choses que vous connaissez bien tous les deux, il n’y a rien d’anormal. Et vous parlez ainsi pendant 15 ou 20 minutes, peut-être une demi-heure. Puis vous raccrochez et à ce moment, vous entendez la sonnette de la porte d’entrée. Vous ouvrez et c’est Jean. Il est votre ami et semble bouleversé. Vous demandez :

« Qu’est-ce qui ne va pas, Jean ? »

– Tu n’es pas au courant pour Marie ?

– Mais quoi? Je viens de l’avoir au téléphone pendant une demi-heure.

– Ça m’étonnerait…, elle est morte hier dans un accident de voiture.

Vous êtes tous les deux abasourdis. Vous avez eu une conversation avec une personne, vous avez bien reconnu sa voix, sa façon de parler et toutes ses références à votre vie, alors qu’elle était bel et bien morte depuis la veille. En vérifiant auprès de l’opérateur, on ne trouve aucune trace d’appel. Parfois, d’autres proches ont également reçu un appel de la personne décédée.

PI. Y a-t-il des cas où une personne parle à un parent et ne sait pas que l’être cher à qui elle parle est décédé, mais elle l’apprend pendant l’appel ?
CC. Cela arrive très rarement. Mais je me souviens que D. Scott Rogo et Raymond Bayless (enquêteurs sur le paranormal), dans leur livre Phone Calls from the Dead, mentionnent que, dans certains cas, si quelqu’un réalisait qu’il parlait à une personne décédée, cela raccourcissait l’appel. Il se terminait abruptement. Donc il semble que le fait de ne pas savoir que la personne était décédée prolongerait l’appel. Je n’ai aucune idée du pourquoi. Leur livre, publié en 1979, vient de ressortir avec une postface extensive que j’ai écrite.

PI. Les appels téléphoniques semblant provenir de proches décédés semblent-ils normaux, comme un appel normal entre deux personnes vivantes ?
CC. Oui, comme je l’ai dit, dans la majorité des cas. C’est comme avec les apparitions. Quand quelqu’un vit une apparition, il ne réalise qu’après coup qu’il ne pouvait pas s’agir de la personne qui est apparue. Le plus souvent, elle apparaît simplement comme vous et moi ici, en chair et en os.On a aussi des appels avec des caractéristiques sonores différentes de celles d’un appel normal. Comme si l’autre voix provenait de l’autre côté de la pièce. Ces anomalies sonores sont assez uniques. Dans environ 36 pour cent des cas, on a aussi comme de la friture sur la ligne accompagnant la voix. Mais la plupart du temps, l’appel ressemble à un appel tout-à-fait normal.

 

Le cas de Carl

PI. Pourriez-vous parler du cas de Carl, qui était loin de chez lui lorsqu’il a reçu un appel de son père ?
CC. Carl traversait une crise dans une relation sentimentale. Il est parti sans rien dire à personne, pour faire le point. Il est allé dans une ville balnéaire et s’est mis à la recherche d’une chambre. Il a vu un panneau « Chambre d’hôtes » et a frappé à la porte. Une dame âgée lui a ouvert et lui a loué une chambre avec quelques antiquités dedans, auxquelles il n’a pas prêté particulièrement attention. La dame lui dit : « On m’appelle Mamie. » Après s’être installé, Carl va se promener sur la plage pour se vider la tête. Plus tard dans la soirée, il retourne à sa chambre et s’apprête à se coucher. Il est onze heures et le téléphone dans la chambre sonne. Il répond et c’est son père, qui lui dit :

« C’est toi, Carl ? Ta mère veut te parler. Il faut que tu lui parles, d’accord ? »

– Ok, passe la moi…

– Je ne peux pas. Elle n’est pas avec moi.

– Mais tu es où?

– Je suis dans un endroit très beau là, mais assure-toi de parler à ta mère.

Et la conversation est interrompue. Carl repose le téléphone sur le combiné et le reprend aussitôt. Il essaie d’obtenir une communication, un opérateur, sans succès. La ligne est silencieuse. Fatigué par sa journée, il n’y pense plus et va se coucher. Le lendemain matin, lorsqu’il prend son petit-déjeuner avec « Mamie », il lui parle de l’étrange appel qu’il a reçu dans la nuit.

– Vous ne pouvez pas avoir reçu un appel dans cette chambre.

– Si, si.

– C’est impossible. Ce vieux téléphone est une relique qui n’a jamais été connectée à une ligne téléphonique ici. C’est mon défunt mari qui achetait toutes ces antiquités. Vous feriez mieux d’appeler votre mère tout de suite.

Elle tend à Carl un téléphone de cuisine jaune moderne. Et à la première sonnerie, sa mère répond.

– Allo Carl, mais où étais-tu ? On t’a cherché partout. Ton père a eu une crise cardiaque hier soir à onze heures. Il est mort.

Carl a raccroché et est rentré immédiatement chez lui.

 

Communications pendant les rêves

PI. Dans leurs rêves, certaines personnes reçoivent des appels téléphoniques de proches décédés. Ces expériences sont-elles courantes, et partagent-elles des caractéristiques avec les appels reçus à l’état de veille ?
CC. Oui, c’est intéressant. Cela se produit souvent lorsque vous aviez un rapport à distance avec la personne de son vivant, par exemple si elle vivait dans une autre région. Donc, vous aviez l’habitude de lui parler par téléphone. C’est ce que reproduit le scénario du rêve. Il y a eu une étude de Dierdra Barrett [psychologue américaine] en 1991 et 1992 parue dans Omega The Journal of Death and Dying. Elle a analysé un certain nombre de rêves impliquant des interactions avec des défunts et a remarqué que, dans plusieurs cas, les personnes rapportaient l’utilisation d’un téléphone dans le rêve. Elle a alors consulté la littérature parapsychologique et vu que dans Phone Calls from the Dead de Rogo et Bayless, les auteurs expliquent que si des gens vivent ce type d’expériences à l’état de veille, il n’est pas surprenant qu’ils les vivent aussi en rêve, où tout peut prendre n’importe quelle forme. La seule chose qui relèverait de la parapsychologie serait que le défunt, dans le rêve, transmette des informations précises, ce que nous appelons des informations véridiques. Et justement, il existe quelques cas de ce type. Les plus intéressants ont été rapportés dans le magazine américain Fate, fondé en 1948. Un article en particulier sur les interactions oniriques avec les morts – qui, malheureusement, n’impliquait pas de téléphone – racontait l’histoire d’un beau-père décédé qui est apparu à sa belle-fille et lui a dit : « J’ai un deuxième compte bancaire avec 2 000 dollars dessus. » Elle en a parlé à son mari, qui en a ri en disant : « C’est impossible. Mon père n’a jamais su économiser un centime. » Quelques semaines plus tard, sa mère a appelé pour dire que son père avait effectivement un autre compte bancaire. Elle avait trouvé un livret caché. Il y avait exactement 2 000 dollars sur le compte.

Pour plus d’informations : Telephone Calls from the Dead de Callum Cooper (Tricorn Books, 2012/2024) ; Phone Calls from the Dead de D. Scott Rogo & Raymond Bayless (réédité par White Crow Books, 2025).

Si des lecteurs souhaitent contacter C. Cooper au sujet de leurs propres expériences, ils peuvent aller sur son site : www.CallumECooper.com.

1. Appels téléphoniques de l’au-delà (non traduit), 2012, révisé en 2024.

 

Question-réponse de Benjamin Creme

 

Question : Est-ce qu’avec le temps, on aura des contacts plus fréquents avec les personnes décédées ? (Avril 1995)

Benjamin Creme : Oui. Il ne fait aucun doute que le « voile » entre le plan physique et les plans astraux devient de plus en plus mince. Cet affaiblissement a commencé à s’accroître fortement pendant la guerre de 1914-18, avec les bombardements massifs et les chocs d’artillerie. Cela s’est répété de 1939 à 1945, et encore en Irak. Tout cela déchire le voile entre les plans, et c’est à travers ce voile que se produisent toutes les “canalisations”. Beaucoup de gens qui « canalisent » pensent que l’information reçue provient des Maîtres alors qu’elle provient en réalité d’entités sur les plans astraux, lorsqu’elle ne vient pas de leur propre subconscient. La sensibilité croissante qui se développe au sein de l’humanité permet à de nombreux individus d’accéder à différents niveaux du plan astral – généralement au cinquième. À terme, les relations entre ceux qui sont passés de l’autre côté et ceux qui vivent toujours sur le plan physique deviendront plus étroites. Nous pourrons communiquer (selon le Maître DK, transmis par Alice Bailey) non seulement par l’intermédiaire de médiums, mais aussi par l’entremise des animaux. Nous pourrons également communiquer au moyen de la radio – cela a déjà commencé à se produire.

(La mission de Maitreya, tome III)

 


Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Entretien ()