février 2026 – No 449 / 450
Sommaire

- L’Age de la Lumière par Le Maître –
- Mission de Partage international
- Couverture 2026 de Partage International
- La lumière par Aart Jurriaanse
- Briefing au Conseil de Sécurité de l’ONU sur le Venezuela par Jeffrey D. Sachs
- Quels sont les trois principes du droit international ?
- Les yeux de Gaza : Compte rendu de lecture du journal d’une résilience de Plestia Alaqad par Megan Scherer
- Erica Chenoweth, la règle des 3,5 % et le mouvement No Kings (Pas de roi) par Mitch Williams
- Entretien avec le professeur Richard Wolff (2e partie) – Interview de Richard Wolf par Felicity Eliot
- Comment se libérer de l’emprise des ultra-riches 1ʳᵉ partie : comprendre les ultra-riches par Luc Guillory
- Le pouvoir de la curiosité humaine pour remodeler le monde – Discours d’Omar M. Yaghi, chimiste palestinien lauréat du prix Nobel 2025
- L’augmentation de 2 500 milliards de dollars de la richesse des milliardaires suffirait à éradiquer 26 fois l’extrême pauvreté.
- Nouvelles découvertes scientifiques
- Des moines bouddhistes parcourent 3 700 km à travers les États-Unis pour la paix
- Conférences Reith de la BBC en 2025 : « La Révolution morale » par Phyllis Creme
- Une expérience inoubliable lors de conférences données par Murdo MacDonald-Bayne
- Sondage américain sur le paranormal
- Le combat pour libérer l’énergie (1ʳᵉ partie) par Douglas Griffin
- Quand les morts nous appellent au téléphone (1re partie) – Interview de Callum Cooper
- L’humanité doit faire les premiers pas
- Questions-réponses
- Maitreya a dit qu’il apparaissait seulement lorsqu’on le lui demandait. Pouvez-vous commenter cela ?
- Percevez-vous un conflit ou un mirage chez quelqu’un qui, d’une part, ressent profondément que ce que vous dites est la vérité, mais qui, d’autre part, ne s’implique pas en pratique dans un travail lié à la Réapparition, préférant appliquer ce stimulus dans un autre domaine et dans une autre voie de service ?
- Pourriez-vous développer votre définition du détachement comme l’un des trois principes de vie ?
- Avez-vous déjà entendu parler de Bahá’u’lláh ? Si oui, pourquoi le rejetez-vous ?
- Quel est le rôle du Bouddha dans notre Hiérarchie planétaire ? Quelle est sa relation avec Maitreya ?
- Quelle est la relation entre le Bouddha et Maitreya ?
- Pourquoi Jésus n’a-t-il pas réussi à imposer sa volonté lorsqu’ il est venu pour la première fois ?
- En quoi consiste essentiellement la théorie de l’esprit de groupe ?
- En tant que voyageur originaire de Glasgow, résidant désormais à San Francisco, je souhaiterais savoir avec quel passeport/sous quelle nationalité Maitreya a voyagé de Karachi à Londres, et s’il a rencontré des difficultés à la douane.
- Le mot « hiérarchie » dérange de nombreuses personnes. Il leur rappelle une institution autoritaire comme l’Église ou l’Allemagne nazie. Pourquoi ne pas simplement les appeler les Maîtres au lieu de la Hiérarchie ?
- Est-ce que tout le monde a déjà vécu plusieurs incarnations ou y a-t-il beaucoup de personnes vivantes aujourd’hui qui n’ont jamais été incarnées auparavant ?
- Existe-t-il un bon karma ? Vous laissez entendre que le karma se rapporte exclusivement à du mauvais karma.
Articles du Maître —
L’Age de la Lumière – [sommaire]
par l’entremise de Benjamin Creme, septembre 1986
Au cours de chaque siècle, on voit émerger un petit nombre d’hommes qui dominent leurs contemporains. Leurs dons sont manifestes, leur génie est reconnu et acclamé de tous. Ce sont les grands explorateurs, peintres, écrivains, musiciens et scientifiques dont les travaux ont mené l’humanité à une prise de conscience sans cesse croissante d’elle-même et de son potentiel. Dans les temps modernes, ils se sont essentiellement consacrés à la science et au développement de la connaissance, ouvrant ainsi la voie à un extraordinaire éveil de l’esprit humain à une échelle jusqu’à présent totalement inconcevable.
L’homme se trouve aujourd’hui au seuil de nouvelles lumières et de découvertes qui feront tomber dans l’oubli toutes les réalisations précédentes.
L’époque qui vient sera connue sous le nom d’Age de la Lumière, car la Lumière, dans tous les sens du terme et sous toutes ses formes, deviendra pour les hommes la source de toute chose. Déjà les signes indiquent à ceux qui ont des yeux pour voir que l’homme frappe à la porte qui conduit à la Salle de la Lumière. L’ignorance et les ténèbres du passé disparaissent à mesure que les hommes déchiffrent les implications des visions et des technologies nouvelles. Bientôt, la Science de la Lumière, la Science divine, sera révélée aux yeux éblouis des hommes qui ainsi franchiront une étape fondamentale sur le chemin de leur évolution.
Pour l’instant, seuls quelques rares spécialistes ont accès à cette Science de la Lumière, mais déjà des mesures sont prises pour que tous les hommes puissent en bénéficier. Les besoins de chacun en énergie et en lumière seront satisfaits de façon sûre et simple, car c’est le soleil lui-même qui sera exploité à cette fin.
Unis dans l’amour sous la bannière de Maitreya, les hommes ouvriront de nouveaux sentiers vers les étoiles. L’homme étudiera les mystères de la nature qui lui livrera ses secrets, révélant la beauté de l’ordre qui sous-tend toute chose. Ainsi commencera une vie nouvelle et plus simple, guidée par les sages conseils de Maitreya et de ses disciples. Les hommes renonceront avec joie aux divisions du passé et connaîtront une harmonie nouvelle avec tout ce qui vit. Pendant longtemps, les hommes ont cherché en vain la clé de cette harmonie tant désirée. Jamais leurs aspirations les plus élevées ni leurs efforts n’ont abouti. Maintenant, pour la première fois, la prise de conscience naissante de l’unité les incite à partager, et à donner à leur mode de vie une orientation plus juste et plus saine.
La nouvelle ère, l’Ere de la Lumière, arrive. Bientôt, les hommes trouveront l’inspiration et les directives dont leurs ancêtres ne disposaient pas ou ne tenaient pas compte. Le temps est enfin arrivé où les hommes et les Maîtres travailleront et avanceront ensemble, unis par les liens de la Fraternité et de la Confiance. Notre exemple inspirera aux hommes des efforts et des exploits surhumains, et amènera la Lumière dans le cœur et l’esprit de chacun. Ainsi en sera-t-il. Ainsi les grands secrets de la création seront-ils révélés. Et ainsi l’homme deviendra-t’il le créateur et le maître de sa propre destinée, un Etre semblable à Dieu, digne du nom d’Homme.
Editorial
Mission de Partage international – [sommaire]
Partage international se réjouit de l’opportunité de se renouveler et se tourne vers le numérique : nous sommes désormais exclusivement disponibles en ligne, abandonnant le papier et l’encre. Dans ce nouveau contexte, il nous semble utile de revenir à l’essentiel, ne serait-ce que pour nous rappeler et informer nos nouveaux lecteurs de notre mission définie il y a si longtemps que certains l’ont peut-être oubliée.
Depuis sa création, cette revue suit un mot d’ordre large et inclusif :« réunir deux grands courants de la pensée contemporaine, le politique et le spirituel. Il s’agit de mettre en lumière la synthèse qui sous-tend les changements politiques, sociaux, économiques et spirituels qui s’opèrent actuellement à l’échelle mondiale, et d’encourager des actions concrètes pour reconstruire notre monde selon des principes plus justes et plus humains ». C’est dans cette synthèse que réside la définition de la spiritualité, notre unité essentielle reconnue dans tous les aspects de la vie, et concrétisée dans toutes nos structures. Pour créer la société mondiale que la plupart des gens espèrent et désirent, « nous devrons opérer un changement de conscience afin d’inclure chaque aspect de notre être dans notre définition du spirituel », écrivait Benjamin Creme.
En 1982, lors de son lancement, Partage international a adopté l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, car il résumait parfaitement nos principes. Il figurait en évidence en deuxième page de couverture de chaque numéro. Lorsque l’article 25 de cette Déclaration sera enfin appliqué, quel monde nous créerons ! Notre titre en dit long : partage à l’échelle internationale.
Pour souligner cette définition, nous reproduisons des extraits d’un article intitulé « Spiritualité », écrit par notre fondateur et rédacteur en chef Benjamin Creme, en janvier 1982, pour le premier numéro. Ce concept n’est pas nouveau, mais ses implications sont si vastes qu’il n’a pas encore trouvé sa place à un niveau significatif dans le discours dominant. Demandez à la plupart des gens leur définition de la spiritualité. Demandez-leur quel est le problème fondamental qui freine le progrès. Ce concept ne figurera probablement pas dans leurs réponses.
La spiritualité
« Nous avons édifié des systèmes basés sur de mauvais principes : compétition, division, séparation et inégalité ; tout cela s’oppose à cette réalité intérieure. Cette réalité intérieure est l’Unité du genre humain, une nature divine partagée, latente en chaque être humain, qui a besoin de formes extérieures correctes pour permettre son rayonnement. L’essentiel de la violence actuelle a pour cause l’écartèlement vécu par l’être humain entre la connaissance qu’il a de lui-même, de sa divinité intérieure, et son incapacité à la manifester sur le plan extérieur. Il a l’impression de n’avoir aucun contrôle sur les structures politiques et économiques qui le placent dans des catégories bien définies – une sorte de système de castes. Il réagit contre les circonstances extérieures qui n’ont aucun lien avec l’être divin qu’il se sent être. Il est en guerre contre lui-même et par extension contre la société dont il fait partie. Telle est la cause des tensions sociales et de la violence actuelle du monde. Seule une rééducation de l’humanité à la véritable nature de l’être humain, celle d’une réalité triple – esprit, âme et personnalité – et à la connaissance de la loi de cause et d’effet et à sa relation avec la loi de renaissance, permettra à la véritable expression de l’être humain de s’accomplir.
Ceci conditionnera nos nouvelles structures. Tant que nous n’aurons pas compris que tout être est divin, nous ne pourrons créer d’institutions capables de répondre à notre divinité intérieure sans la corrompre ». […]
Le monde finira par connaître comme source de joie et d’expérience vécue, que la Hiérarchie spirituelle de cette planète existe ; que Maitreya, l’Instructeur mondial, et les Maîtres de Sagesse se tiennent aux côtés de l’humanité, que la vie n’est pas le fruit du hasard, qu’il existe un Plan divin, que l’humanité est une partie essentielle et évolutive de cette réalité, comme toute vie sur notre planète, que nos vies ont un sens et un but que les Maîtres incarnent et dont ils nous montrent la voie à suivre.
La connaissance de ces vérités fondamentales est une source d’espoir et un tremplin qui transforme cet espoir en action pour ceux qui souffrent. Nous aider à conformer notre vie quotidienne au Plan et à manifester les êtres divins que nous sommes en potentiel, tel est le service inlassable que Maitreya et les Maîtres rendent. Ce sont là les vérités intemporelles qui demeurent et ne peuvent être balayées par la cruauté et les horreurs qui sévissent aujourd’hui.
Le contraste saisissant entre, d’une part, cette définition de la spiritualité, cette compréhension du sens de la vie sur notre planète, et d’autre part, la misère actuelle de notre dystopie quotidienne, est honteux et profondément bouleversant pour tous ceux qui ont un cœur et une conscience. Nous ne pouvons ni ne devons rester inactifs face à la déshumanisation délibérée dont nous sommes témoins jour après jour. Nous ne pouvons nous laisser intimider par une avidité et une soif de pouvoir débridées, tandis que les forces du chaos ravagent nos vies et nos sociétés, semant la division et nous poussant à considérer notre voisin comme un ennemi. « L’autre, c’est le problème », nous dit-on, et des pays entiers sont présentés comme hostiles et dangereux. La guerre est la seule solution proposée par la propagande qui passe pour de la politique étrangère.
Le monde finira par comprendre que l’aide est disponible. Maitreya a dit : « Si vous faites un pas vers moi, j’en ferai deux vers vous. Je vous prêterai ma force. Je suis toujours avec vous. (mars 1992) ». Quelles que soient les circonstances mondiales actuelles, aussi épouvantables soient-elles, nous, les peuples, devons agir, faire ce premier pas et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour reconquérir notre humanité, notre sentiment d’appartenir au divin, pour vivre en paix, coopérer et instaurer la justice et la liberté pour tous.
Ce mois-ci dans Partage international
Point de vue
Briefing au Conseil de Sécurité de l’ONU sur le Venezuela – [sommaire]
Monsieur le Président,
Honorables membres du Conseil de sécurité,
La question qui vous est soumise aujourd’hui ne porte pas sur ce qui caractérise le gouvernement du Venezuela.
Elle porte sur le fait de savoir si un Etat membre a le droit – que ce soit par la force, la contrainte ou l’étranglement économique – de déterminer l’avenir politique du Venezuela ou d’exercer un contrôle sur ses affaires.
Cette question renvoie directement au paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte des Nations unies, qui interdit la menace ou l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat.
Le Conseil doit décider si cette interdiction doit être maintenue ou abandonnée. L’abandonner aurait de graves conséquences.
Antécédents et contexte
Depuis 1947, en matière de politique étrangère, les États-Unis ont fait un usage répété de la force, d’actions clandestines et de manipulations politiques afin de provoquer des changements de régime dans d’autres pays. Ceci a fait l’objet d’un rapport historique soigneusement documenté. Dans son ouvrage publié en 2018 Covert Regime Change (Opérations secrètes de changement de régime), la politologue Lindsey O’Rourke recense 70 tentatives de changement de régime menées par les États-Unis rien qu’entre 1947 et 1989.
Ces pratiques n’ont pas cessé avec la fin de la guerre froide. Depuis 1989, les principales opérations visant à un changement de régime réalisées par les États-Unis sans l’autorisation du Conseil de sécurité comptent, parmi les plus importantes : l’Irak en 2003, la Libye en 2011, la Syrie depuis 2011, le Honduras en 2009, l’Ukraine en 2014 et le Venezuela depuis 2002.
Les méthodes employées sont bien établies et documentées. Elles comprennent la guerre ouverte, les opérations de renseignement clandestines, l’incitation aux troubles, le soutien aux groupes armés, la manipulation des médias et des réseaux sociaux, la corruption de responsables militaires et civils, les assassinats ciblés, les opérations sous faux drapeau, et la guerre économique visant à un effondrement de la vie civile. Ces mesures sont illégales au regard de la Charte des Nations unies et entraînent généralement des violences continues, des conflits meurtriers, de l’instabilité politique et de profondes souffrances pour la population civile.
Le cas du Venezuela
Le rapport récent des États-Unis concernant le Venezuela est sans équivoque.
En avril 2002, Les États-Unis avaient connaissance d’une tentative de coup d’État contre le gouvernement vénézuélien et l’ont approuvée.
Dans les années 2010, Les États-Unis ont financé des organisations de la société civile qui participaient activement aux manifestations antigouvernementales, notamment en 2014. Face à la répression gouvernementale, les États-Unis ont imposé une série de sanctions. En 2015, le Président Barack Obama a déclaré que le Venezuela constituait « une menace inhabituelle et de grande envergure pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis ».
En 2017, lors d’un dîner avec des dirigeants latino-américains en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le Président Trump a ouvertement évoqué la possibilité d’une invasion américaine du Venezuela afin de renverser le gouvernement.
Entre 2017 et 2020, les Etats-Unis ont imposé de lourdes sanctions à la compagnie pétrolière nationale. La production a chuté de 75 % entre 2016 et 2020, et le PIB réel par habitant (PPA) a reculé de 62 %.
L’Assemblée générale des Nations unies a voté à plusieurs reprises et à une très large majorité contre de telles menaces coercitives unilatérales. En vertu du droit international, seul le Conseil de Sécurité est habilité à imposer de telles sanctions.
Le 23 janvier 2019, Les États-Unis ont unilatéralement reconnu Juan Guaidó comme « président par intérim »du Venezuela et, le 28 janvier 2019, ils ont gelé environ 7 milliards de dollars d’avoirs souverains vénézuéliens détenus à l’étranger et ont conféré à Guaidó le pouvoir sur certains actifs. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une campagne de changement de régime mené par les États-Unis qui a couvert plus de deux décennies.
L’escalade mondiale récente des États-Unis
Au cours de l’année écoulée, Les États-Unis ont mené des opérations de bombardement dans sept pays, sans qu’aucune d’entre elles n’ait été autorisée par le Conseil de Sécurité ni entreprise au titre de la légitime défense au sens de la Charte. Parmi les pays ciblés figuraient l’Iran, l’Irak, le Nigeria, la Somalie, la Syrie, le Yémen et désormais le Venezuela. Le mois dernier, le Président Trump a proféré des menaces directes contre au moins six États membres de l’ONU, dont la Colombie, le Danemark, l’Iran, le Mexique, le Nigeria, et bien sûr, le Venezuela. Ces menaces sont résumées à l’annexe 1 de la présente déclaration.
Quels sont les enjeux actuels ?
Il n’est pas requis des membres du Conseil qu’ils jugent Nicolás Maduro.
Il n’est pas requis d’eux qu’ils évaluent si la récente attaque des États-Unis et le blocus naval imposé au Venezuela aboutiront à la liberté ou à l’asservissement.
Il est requis des membres du Conseil qu’ils défendent le droit international, et plus particulièrement la Charte des Nations unies.

L’école réaliste des relations internationales, brillamment représentée par John Mearsheimer, décrit avec justesse l’anarchie qui règne au plan international comme « la tragédie des jeux de pouvoir entre grandes puissances ». Le réalisme est donc une description de la géopolitique, et non une solution pour la paix. Sa propre conclusion est que l’anarchie internationale conduit à la tragédie.
Au lendemain de la première guerre mondiale, la Société des Nations a été créée pour mettre fin à cette tragédie par l’application du droit international. Cependant, les principales nations du monde ont échoué dans les années 1930 à défendre le droit international, ce qui a entraîné une nouvelle guerre mondiale.
De cette catastrophe est née l’Organisation des Nations unies qui est apparue comme le deuxième grand effort de l’humanité pour placer le droit international au-dessus de l’anarchie. Selon la Charte, l’ONU a été créée « pour épargner aux générations futures le fléau de la guerre, qui, à deux reprises de notre vivant, a causé à l’humanité d’indicibles souffrances ».
A l’ère nucléaire, un nouvel échec ne peut être toléré. L’humanité périrait. Il n’y aurait pas de troisième chance.
Mesures requises par le Conseil de Sécurité
Afin de remplir ses responsabilités au titre de la Charte, il faut que le Conseil de Sécurité prenne immédiatement les dispositions suivantes :
1. Les États-Unis doivent renoncer immédiatement à toute menace explicite ou implicite, et à tout recours à la force contre le Venezuela.
2. Les États-Unis doivent mettre fin à leur blocus naval et à toutes les mesures militaires coercitives prises sans l’autorisation du Conseil de Sécurité.
3. Les États-Unis doivent retirer immédiatement leurs forces militaires de l’intérieur du Venezuela et de sa périphérie, y compris leurs moyens de renseignement navals, aériens et tous autres moyens déployés à des fins de coercition.
4. Le Venezuela doit adhérer à la Charte des Nations unies et aux droits de l’homme présentés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.
5. Le Secrétaire général doit nommer immédiatement un envoyé spécial, chargé de dialoguer avec les acteurs vénézuéliens et internationaux concernés, et d’établir un rapport au Conseil de Sécurité dans un délai de deux semaines, assorti de recommandations conformes à la Charte des Nations unies, le Conseil de Sécurité demeurant saisi de manière pressante de cette question.
6. Tous les États membres doivent s’abstenir de toute menace unilatérale, de toute mesure coercitive ou de toute action armée entreprise sans l’habilitation du Conseil de Sécurité, dans le strict respect de la Charte.
En conclusion
Monsieur le Président, honorables membres,
La paix et la survie de l’humanité dépendent de ce que la Charte des Nations unies demeure un instrument vivant du droit international. En sera-t-il ainsi, ou se flétrira-t-elle au point de perdre toute sa portée ? Tel est le choix qui se présente aujourd’hui à ce Conseil.
Je vous remercie.
Source : Common Dreams
Compte rendu de lecture
Les yeux de Gaza : Compte rendu de lecture du journal d’une résilience de Plestia Alaqad – [sommaire]
Plestia Alaqad est une jeune journaliste et autrice palestinienne qui a grandi dans la bande de Gaza. A l’âge de douze ans, elle s’est mise à tenir un journal à qui elle confiait ses problèmes d’adolescente : ses coups de cœur et les réprimandes lorsqu’elle avait de mauvaises notes en classe. Motivée par un professeur ayant une formation de journaliste, elle a vite décidé de devenir elle-même journaliste, avec l’objectif idéaliste de partager avec le monde la beauté de son pays.

Après avoir obtenu son diplôme en communication et journalisme à l’Eastern Mediterranean University en Chypre du nord, elle est retournée à Gaza quelques mois avant l’attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023, qui a provoqué la guerre la plus meurtrière dans l’histoire du conflit israélo-palestinien.
A l’âge de 21 ans, elle a immédiatement acquis une notoriété internationale grâce à sa couverture quotidienne de l’offensive israélienne : ayant des millions d’abonnés sur Instagram, elle fut citée dans des médias internationaux comme Al Jazeera, la BBC et le New York Times, ce qui lui a valu le surnom de « les yeux de Gaza ». Son travail de journaliste exceptionnel et courageux a été récompensé par de nombreuses distinctions : elle a notamment été nommée par la BBC parmi les 100 Femmes de 2024 et obtenu le prix de One Young World Journalist of the Year Award (Jeune journaliste mondiale de l’année).
Publié en 2025, son livre « The Eyes of Gaza », contient essentiellement des extraits de son journal intime, écrits pendant les 45 premiers jours de la campagne de bombardement d’Israël. « Lorsque l’épée est aussi puissante que celle d’Israël, le stylo en devient alors d’autant plus important » (note du Jour 23).

Le style de Plestia entraîne le lecteur dans son univers, et on a l’impression d’être un ami avec lequel elle communique. Cet univers étant, bien sûr, tout sauf ordinaire.
De retour chez elle après son diplôme, elle était déterminée à faire découvrir Gaza au monde entier à travers ses yeux, et à faire connaître comment ses citoyens vivent, plutôt que de les voir mourir. Après avoir travaillé dans des agences de presse, ce qui ne l’a pas satisfaite, elle a finalement trouvé un emploi qui lui plaisait et qui répondait plus à ses aspirations : réaliser des entretiens pour une entreprise de ressources humaines.
Mais lorsqu’elle s’est réveillée le 7 octobre, et qu’elle a découvert sur son téléphone un déluge de messages qui relayaient la nouvelle d’une vague de frappes aériennes israéliennes en représailles à l’attaque d’Israël par des combattants palestiniens, la vie de Plestia a changé radicalement. Quelques heures plus tard, la télévision britannique lui a demandé si elle pouvait transmettre ses coordonnées à un de ses journalistes. Cela l’a amenée à réaliser un reportage d’une minute filmé dans l’appartement de sa famille, qui fut rapidement suivi par une invitation de Press House Palestine pour un entretien télévisé.
Au troisième jour, 100 000 Palestiniens avaient déjà été déplacés et les Forces d’Occupation Israéliennes (OIF) avaient annoncé leur intention de bombarder une université près de chez elle. Le lecteur est plongé dans la réalité d’un monde qui s’effondre : l’immeuble de sa famille fut bombardé, elle et les siens trouvèrent refuge la nuit dans un hôpital, puis retournèrent chez eux pour essayer de ne sauver que ce qu’ils purent mettre dans une valise, afin d’être hébergés chez des proches.
Au sixième jour, Al Jazeera annonça qu’Israël avait placé Gaza sous « siège total », empêchant la nourriture et le combustible de parvenir aux deux millions de personnes qui dépendaient de l’aide humanitaire. Au septième jour, la population s’est réveillée en découvrant un communiqué d’Israël demandant à tous les Palestiniens du nord de Gaza de fuir vers le sud dans les 24 heures, ce qui pour beaucoup d’entre eux était impossible.
Au douzième jour de son journal, elle réalisa que ce n’était plus une « Agression » ordinaire mais un Génocide.
« C’est un nettoyage ethnique calculé, délibéré et impitoyable […] pourquoi vivons-nous dans un monde où le Génocide a été normalisé ? »
Arborant le gilet et le casque de presse, elle s’associa à d’autres journalistes, qui filmaient au quotidien des entretiens avec des médecins et des résidents, témoins directs des destructions d’hôpitaux, d’églises, de mosquées et de maisons. Les gens auxquels ils s’adressaient présumaient qu’ils détenaient les plus récentes informations, et leur demandaient constamment si les frontières étaient ouvertes et si l’aide humanitaire pouvait entrer.
Plestia observait autour d’elle les luttes de la population pour survivre, telles les personnes faisant la queue pendant des heures tous les jours pour avoir du gaz et de quoi manger. Elle était déchirée entre son rôle de journaliste et son désir d’aider les gens fouillant les décombres pour récupérer des effets personnels.
La machine de propagande israélienne s’est à un moment donné retournée contre elle, l’accusant de ne pas être journaliste mais un membre du Hamas. Elle a compris que ses reportages très médiatisés faisaient d’elle et de sa famille une cible pour les forces israéliennes.
En novembre 2023, Plestia et sa famille ont fui Gaza pour l’Egypte par le poste frontière de Rafah, et sont ensuite partis en Australie après avoir obtenu des visas grâce à son oncle.
Peu de temps après, elle a reçu une bourse du Shireen Abu Akleh Memorial pour suivre un master en études des médias à l’Université américaine de Beyrouth. Plestia continua son travail de plaidoyer, attirant l’attention sur la crise humanitaire qui sévit en Palestine.
The Eyes of Gaza est un livre poignant mais riche en enseignements : les notes de son journal intime mêlent les descriptions du temps passé avec sa famille et ses amis, à des récits de style journalistique décrivant les ravages et les tragédies dont elle fut un témoin direct. En tant que lecteurs, il est immensément désolant et choquant de savoir que ce génocide n’en était qu’à son début mais nous sommes en même temps réconfortés et inspirés par le courage, la résilience et la détermination de Plestia Alaqad face à une adversité si extrême, qui reflète, sans doute, l’esprit des Palestiniens dans leur ensemble.
Compilation
Nous publions dans cette rubrique une sélection de citations de Maitreya (Messages de Maitreya le Christ et Enseignements de Maitreya : les lois de la vie), du Maître de Benjamin Creme (Un Maître parle) et de Benjamin Creme (divers ouvrages).L’humanité doit faire les premiers pas – [sommaire]
Quand les hommes saisiront la nécessité du changement, ils accepteront avec joie ce qui aujourd’hui les effraie : compréhension et courage vont de paire. Une tolérance toute nouvelle balaiera la défiance de naguère, les vieilles rivalités seront oubliées et la lumière de la sagesse, qui point à l’horizon, pénétrera leur esprit et leurs actions. Quand les hommes prendront conscience de leur unité, et la traduiront en actes, tout deviendra possible. [Un monde en mutation (Maître –)]
L’humanité a du pouvoir, mais elle n’en a pas conscience. Il n’y a rien de plus puissant qu’une opinion publique de masse correctement éduquée. Maitreya compte sur la formation de cette opinion publique de masse pour mettre fin à la mercantilisation qui gouverne le monde et faire accepter les principes de partage et de justice. Nous nous devons de faire cela.
[Le Rassemblement des Forces de lumière (B. Creme )]
Jamais le besoin de changer n’avait été si urgent, jamais il n’avait été si manifeste. Jamais auparavant l’homme n’avait si bien pressenti le danger de l’inaction, jamais il n’avait été si disposé à ouvrir son cœur aux difficultés de ses frères et à se pencher sur l’avenir de sa planète. [Reflets de la divinité (Maître –)]
Le premier pas vers l’établissement de justes relations humaines passe par la transformation de nos structures politiques, économiques et sociales. La crise spirituelle que traverse actuellement l’humanité se manifeste particulièrement dans ces domaines car, au cœur des problèmes économiques, se trouve celui de la répartition et de la distribution des ressources. Conformément au Plan divin, c’est l’établissement de ces relations justes qui doit constituer le prochain accomplissement de l’humanité et nous ne saurions entretenir de telles relations avec nos frères et nos sœurs du tiers monde alors qu’ils meurent de faim par millions tandis que nous vivons dans le luxe et le gaspillage. La solution est évidente. Le partage des ressources de ce monde d’abondance constitue le premier pas, essentiel, vers l’instauration de justes relations humaines. Le Christ mettra en lumière la nécessité d’y parvenir et donnera aux êtres humains l’inspiration nécessaire. [La Mission de Maitreya, tome I (B. Creme)]
Il ne peut y avoir de liberté sans justice, ni de justice sans liberté. Bientôt, les hommes se verront offrir l’occasion d’en finir à jamais avec cette parodie de vérité et de combler ainsi le gouffre qui sépare les nations. Il suffit pour cela d’une simple prise de conscience du fait que tous les hommes sont divins et ont le même droit sacré de partager les dons et les projets de Dieu [Le Représentant de Dieu (Maître –)]
La prochaine étape pour l’humanité est l’instauration de justes relations entre les hommes. Il nous faut donc démontrer notre capacité à vivre en paix. Si nous ne pouvons pas vivre en paix, nous ne pourrons plus vivre du tout, car aujourd’hui une guerre à grande échelle conduirait à la destruction de toute vie. Ainsi, la première étape vers l’établissement de justes relations humaines est la mise en place des conditions de la paix. Maitreya affirme que c’est simple, mais qu’il n’existe qu’une seule manière de parvenir à la paix : instaurer la justice dans le monde. Sans justice, il n’y aura jamais de paix et sans paix, il n’y aura plus de monde. Comment obtiendrons-nous la justice ? En partageant les ressources. Il y a plus de ressources qu’il n’en faut pour l’ensemble de la population mondiale. Lorsque nous partageons, déclare Maitreya, nous faisons le premier pas vers notre divinité. Le partage est divin, la liberté est divine, la justice est divine. « Pour manifester sa divinité, l’homme doit les faire siens. » [Le Grand Retour (B. Creme)] [PI juillet 2012]
Sans nul doute, la période que nous traversons est d’une importance cruciale pour l’humanité. Les décisions que prennent aujourd’hui les hommes se révéleront déterminantes pour l’avenir de cette planète. Les générations futures seront stupéfaites de l’apparente facilité avec laquelle la plupart d’entre nous évacuent de leurs préoccupations les maux de l’humanité, qu’il s’agisse de la multitude de ceux qui meurent de faim dans un monde pourvu d’un énorme surplus alimentaire ou de ceux, plus nombreux encore, qui souffrent d’un état de sous-alimentation permanente. Beaucoup savent qu’il en est ainsi, mais ne font rien. Comment cela se peut-il ? Qu’est-ce qui les empêche d’agir ?
C’est l’autosatisfaction, source de tous les maux du monde, qui est à l’origine de leur inaction. Elle plonge ses racines dans le crime de la séparation, qui désunit les hommes et fait obstacle à l’épanouissement de la fraternité. Faute de prendre rapidement conscience de tout cela, l’humanité devrait disparaître. La fraternité n’est pas seulement une idée, elle est la substance même de notre vie planétaire. Sans le principe de la fraternité comme fondement de toute action, tous les efforts humains seraient vains. [Fraternité (Maître –) PI avril 2021]
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Les hommes, tous les hommes, sont des dieux en puissance et doivent absolument créer les conditions permettant à tous de s’épanouir et de prospérer. C’est avec joie que nous vous y aiderons, quand vous ferez simplement le premier pas dans cette direction. Il ne comporte ni risques, ni difficultés. Vous n’avez rien à perdre, et votre divinité à gagner : ce premier pas se nomme Partage. [La réponse au besoin d’aide (Maître –).]
La pierre angulaire de cette transformation radicale de l’humanité est donc l’acceptation du principe de partage. C’est de lui que dépend la justice, et c’est de la justice que dépend la paix mondiale. Curieusement, cette étape capitale du partage est la plus facile à mettre en œuvre. Et une fois le principe de partage accepté, tous les autres problèmes se résoudront plus facilement. [Le Grand Retour (B. Creme) PI, juillet 2014]
Agir
Nous ne pouvons nous contenter de rester les bras croisés et de laisser les autres agir. Si nous voulons le changement, nous devons agir, appeler au changement. […] Ce que Maitreya peut faire, c’est éduquer, informer, inspirer, créer un véhicule fiable – la voix des peuples de tous les pays de la Terre – et créer une masse structurée contre laquelle aucune nation dans le monde ne pourra résister. Nous avons besoin d’une opinion mondiale informée, éduquée en faveur de la paix, de la justice et de la liberté. Rien de moins. [L’éveil de l’humanité (B. Creme) PI, déc. 2023]
Quand l’humanité se rendra compte de la gravité du déséquilibre écologique qui affecte son habitat planétaire, il lui faudra prendre les mesures d’urgence indispensables pour y porter remède. Si les hommes devaient manquer de résolution face à cette crise, ils se rendraient coupables d’abandonner la planète à une destruction lente mais inévitable. Dès lors, quel héritage transmettraient-ils à leurs enfants ? Pour écarter pareil risque d’autodestruction, tous doivent agir ensemble et faire les sacrifices qui s’imposent. Cela nécessitera un revirement total dans notre attitude envers la planète et son intégrité, ainsi que la remise en cause de ce que les hommes considèrent aujourd’hui comme leurs besoins. [Sauver la planète, (Maître –) PI, mai 2007]
Maitreya ne parlera pas par l’intermédiaire de l’humanité, mais agira de manière à changer le monde par l’intermédiaire de l’humanité. Dans la mesure où le Principe christique est éveillé dans votre cœur, Maitreya peut agir à travers vous ; il peut vous stimuler et vous galvaniser dans l’exacte mesure où ce Principe se manifeste en vous, de sorte que ce que vous faites soit le résultat de votre réponse à son enseignement, à son énergie, à ses idées – mais c’est vous qui faites le travail réel. Plus vous agissez par rapport au monde et pour le monde, plus cette énergie s’écoulera vers vous ; si vous faites un pas vers lui, il en fera douze vers vous. [La Mission de Maitreya tome III (B. Creme)]
Exigences pour l’avenir
Pas à pas, les hommes feront le nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’avenir. La destinée et le libre arbitre de chacun devront être respectés. Le droit de tous aux nécessités fondamentales de la vie, nourriture, logement, santé et éducation, devra déterminer les priorités des gouvernements. La protection de l’environnement doit devenir une obligation sacrée qui permettra aux hommes, avec le temps, de rétablir la santé de cette planète. Ainsi doit-il en être si les hommes veulent prendre possession de leur héritage et retrouver le chemin qui mène à Dieu. [Les exigences de l’avenir (Maître –)]
Sous la guidance de Maitreya, les nations s’emploieront dans un premier temps à améliorer la situation (ce qui procurera à la planète un moment de répit) et ensuite à guérir la Terre de ses maux actuels. Cette guérison repose sur l’adoption d’un mode de vie plus simple et plus sain. Le mésusage et la dilapidation actuels des ressources naturelles ne sauraient être tolérés plus longtemps. Lorsque l’humanité prendra pleinement conscience de tout cela, les mesures nécessaires seront prises afin de réduire la consommation des ressources, ce qui mènera à la régénération et la stabilisation du globe. [La Mission de Maitreya tome III (B. Creme)]
Donnez-moi la possibilité de vous aider ; c’est pour cela que je suis venu. Si vous m’acceptez, je vous conduirai à votre destinée, au destin qui est le vôtre depuis le début de ce monde. Tout dépend de vous : vous devez prendre les mesures qui rendent cela possible. Nous devons nous considérer comme des frères et des sœurs qui ne font qu’un et travailler ensemble pour le bien de tous. Nous ne sommes pas séparés, en dépit des apparences, nous formons un groupe, dont je fais partie, et pour lequel je travaille à chaque instant de ma vie. [PI, mai 2010. Reçu durant une interview de B. Creme, à Paris]
Notre choix
La guerre sous toutes ses formes doit être bannie à jamais mais il revient à l’homme, et à lui seul, de décider qu’il en soit ainsi. Je le répète, nous avons pour tâche de brosser une esquisse de l’avenir et d’éclairer le chemin, mais ce sont les hommes et eux seuls qui devront s’y engager et le parcourir, étape après étape. N’ayez crainte, tout s’accomplira. L’avenir qui s’ouvre aux hommes ne pourrait être plus prometteur. [Le rôle des Maîtres (B.Creme)]
Mon Amour provoque une polarité de points de vue ; c’est le glaive que je brandis. Mes amis, sachez de quel côté vous vous situez et recevez ma lumière. Prenez garde à la direction dans laquelle vous marcherez : celle qui ouvre sur l’avenir, ou celle qui conduit à l’oubli. Hommes et femmes du monde, mes frères, mes enfants, j’en appelle à vous : prenez le chemin qui monte vers la lumière de la Vérité que j’apporte et soyez à même de manifester les dieux que vous êtes. Nombreux sont ceux à présent qui savent que c’est l’unique chemin possible pour l’homme. Faites-le savoir là où, mes amis, vous vous trouvez en ce moment. [Message n° 64 (Maitreya)]
Question : J’ai longtemps cru ce que vous annonciez et j’ai attendu pendant des années la venue de Maitreya, mais votre histoire devient de plus en plus difficile à croire. Pourquoi ne peut-il pas apparaître au grand jour aujourd’hui ? Il n’y a guère de chances que la situation mondiale puisse beaucoup empirer. Nombreux sont ceux qui ne peuvent plus supporter d’écouter ou de regarder les nouvelles – la souffrance et le mal y sont omniprésents.
Benjamin Creme : Je comprends votre sentiment, mais il ne s’agit justement que d’un sentiment, et il ne tient pas compte de la Loi que Maitreya ne peut enfreindre, à savoir la loi du libre arbitre humain. Si, à un moment quelconque au cours des trente dernières années, nous avions pris quelques mesures pour réparer les injustices d’aujourd’hui, pour mettre en œuvre le principe de partage, pour restaurer la justice et la paix dans le monde, voilà déjà bien longtemps que nous aurions vu Maitreya. C’est à l’humanité qu’il faut faire ce reproche, pas à Maitreya (ni à moi !) [L’éveil de l’humanité (B.Creme)]
De nos correspondants
Dossier
Signes des temps
Certains des « signes d’espoir » et des « signes des temps » que nous présentons ici n’ont pas été confirmés par le Maître de Benjamin Creme. Nous les soumettons à votre seule considération car nous ne sommes pas en mesure de vérifier leur nature « miraculeuse »
S.O.P. — Sauvons notre planète
« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade… Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.
Tendances
Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.Nouvelles découvertes scientifiques – [sommaire]
Alors que nous assistons à l’effondrement des structures et des systèmes défaillants créés et entretenus par les énergies déclinantes de l’ère des Poissons1, nous voyons également émerger les prémices d’une nouvelle civilisation. A condition toutefois, de regarder au-delà des médias dominants, car beaucoup de ces pousses ne sont que de minuscules embryons dont le devenir dépendra des soins qui leurs seront prodigués.
Certaines d’entre elles sont de nouvelles découvertes scientifiques comme les champignons mangeurs de microplastiques, le cuir cultivé en laboratoire à partir d’animaux vivants, un nouveau gel contribuant à restaurer les récifs coralliens, et une technologie de batterie durable d’une autonomie de plus de 100 heures. Chaque découverte peut potentiellement contribuer à résoudre certains des problèmes majeurs créés pas nos systèmes obsolètes.
1. Les tendances prédominantes des siècles passés
Des champignons dévoreurs de microplastiques
A Mānoa, des scientifiques de l’université d’Hawaï, ont découvert des champignons mangeurs de microplastiques. Après avoir testé différentes espèces de champignons marins, ils ont découvert que certains d’entre eux (plus de 60 %) pouvaient dégrader naturellement le polyuréthane utilisé dans de nombreux produits de consommation jetable. De plus, les chercheurs ont découvert qu’en trois mois, ces champignons pouvaient être conditionnés pour les digérer environ 15 % plus rapidement. Ces plastiques étant extrêmement nocifs pour les écosystèmes marins, il est crucial de trouver des moyens de les dégrader. Prochaine étape : découvrir d’autres champignons capables de décomposer des plastiques moins dégradables comme le polyéthylène et le polyéthylène téréphtalate, qui sont des sources encore plus importantes de pollution marine.
Du cuir cultivé en laboratoire

Tannage traditionnel du cuir (Photograph: Myousry6666, Wikimedia Commons)
Une entreprise de biotechnologie de Caroline du Nord, Cultivated Biomaterials, a produit du cuir à partir de cellules provenant d’une vache vivante. George Engelmayr, l’ingénieur biomédical qui a fondé l’entreprise, cultive les cellules sur des supports végétaux fabriqués à partir de matériaux tels que du duvet de pissenlit et des fibres d’asclépiade. Une fois qu’il est tanné, le cuir à maturité est traité avec des poudres d’écorce d’arbre plutôt que des produits chimiques agressifs utilisés par la plupart des tanneries, ce qui n’est pas nocif à l’environnement.
Le cuir de vache cultivé en laboratoire pourrait également présenter d’autres avantages environnementaux importants. L’élevage produit des tonnes de gaz à effet de serre et consomme d’énormes quantités d’eau. Des recherches, bien qu’elles n’aient pas été testées de manière indépendante, suggèrent que le cuir cultivé pourrait consommer 80 % d’eau (recyclable !) en moins et générer 90 % d’émissions en moins que la production de cuir conventionnelle.
Le concept a fait ses preuves, le grand défi consiste désormais à produire suffisamment de cuir à un prix assez bas pour être compétitif. Le cuir cultivé en laboratoire, qui reste une activité marginale, ne transformera peut-être pas l’industrie de sitôt ; cependant, à mesure que nous nous préoccupons davantage de la réduction des émissions et de la prévention de la cruauté envers les animaux, cette technologie pourrait attirer davantage d’attention et d’investisseurs.
Un gel pour restaurer les récifs coralliens

Poisson près des coraux (Photograph: Shaun Low, Unsplash)
Les récifs coralliens meurent partout dans le monde en raison du réchauffement des océans causé par le changement climatique dû à l’activité humaine. Bien que les scientifiques travaillent à la restauration de ces récifs, ils ont du mal à faire coloniser les récifs endommagés ou les structures artificielles par les larves de corail. En effet, les larves sont très sélectives quant à l’endroit où elles se fixent : si elles ne détectent pas les signaux chimiques qui leur indique « ceci est un bon endroit pour vivre », elles ne s’y installeront pas.
Aujourd’hui, des chercheurs de l’Institut océanographique Scripps et de la Jacob School of Engineering de l’Université de Californie à San Diego ont mis au point un gel qui diffuse lentement certains des signaux chimiques préférés des larves de corail. Ce gel, baptisé SNAP-X, est créé à partir de substances chimiques libérées par certains types d’algues connues pour encourager les bébés corail à se fixer sur des surfaces. Ces substances chimiques sont encapsulées dans des nanoparticules de silice en suspension dans un gel liquide qui se solidifie comme de la gelée lorsqu’il est exposé aux rayons ultraviolets (UV). Lorsqu’il est appliqué au pinceau ou pulvérisé sur une surface et durci à la lumière UV, ce gel libère les substances chimiques pendant un mois, ce qui est suffisant pour augmenter les chances d’activité pendant la période de reproduction des coraux.
Dans des expériences utilisant de l’eau courante pour stimuler l’environnement des récifs, SNAP-X a multiplié par 20 l’installation larvaire. Les chercheurs développent actuellement cette découverte avec une start-up appelée Hybrid Reef Solutions, car ils souhaitent que ces matériaux soient largement utilisés et aient un impact significatif sur la restauration des coraux.
Une technologie de batterie bon marché, durable et à l’échelle du réseau
Les systèmes actuels de stockage d’énergie présentent plusieurs limites : la durée de leur charge, leur coût et leur sécurité. Chacune de ces limites est dépassée par une nouvelle technologie mise au point par la start-up néerlandaise Ore Energy. Utilisant uniquement du fer, de l’eau et de l’air, cette technologie imite la rouille naturelle : elle rouille et se dérouille littéralement pour stocker l’électricité. Lors du stockage de l’énergie, l’électricité transforme la rouille en métal de fer pur. Lors de la libération de l’énergie, le fer réagit avec l’oxygène pour former à nouveau de la rouille.
Les batteries au lithium se déchargent en quatre à six heures d’utilisation normale contre 100 heures pour les batteries Ore. Grâce à cette longévité, cette technologie résout le problème des énergies renouvelables, qui ne fournissent pas d’énergie lorsque le soleil ne brille pas ou que le vent ne souffle pas. Disposer d’un stockage par batterie aussi durable pourrait éliminer complètement le besoin d’une alimentation de secours à base de combustible fossiles pour combler ces lacunes en matière d’approvisionnement.
En raison des matériaux utilisés largement disponibles et bon marché, le coût par kilowattheure des batteries Ore n’est que d’environ 20 €, alors que celui des batteries au lithium varie entre 250 et 350 € par kilowattheure. De plus, les batteries Ore utilisent des électrolytes à base d’eau au lieu de produits chimiques inflammables, et n’ont donc pas tendance à prendre feu et à exploser comme les batteries au lithium. Elles sont ainsi beaucoup plus sûres pour les installations à grande échelle situées à proximité des habitations. Autre avantage pour l’environnement, elles sont également recyclables.
Des panneaux solaires bon marché améliorent la vie en Afrique
La volonté de la Chine de dominer le marché des énergies renouvelables a entraîné une surabondance de panneaux solaires, de véhicules électriques et de batteries, ce qui a conduit à une baisse des prix et à une ruée vers nouveaux débouchés.
Et le marché africain est immense : environ 600 millions de personnes ne disposent pas d’une alimentation électrique fiable. Depuis plus d’un siècle, les populations d’Afrique et d’ailleurs dépendent largement de gigantesques centrales à charbon pour leur électricité et sont confrontés à la défaillance d’un système qui fournit une électricité peu fiable et coûteuse, voire aucune électricité du tout.
Au Cap, les panneaux solaires chinois sont désormais si peu coûteux que les entreprises et les familles se les arrachent. L’énergie solaire représente actuellement environ 10 % de la capacité de production d’électricité d’Afrique du Sud et transforme la vie quotidienne, le commerce et l’industrie de la plus grande économie d’Afrique.
Ce qui se passe en Afrique du Sud se produit également au Tchad et au Sierra Leone, où les panneaux solaires chinois représentent environ la moitié de la capacité de production d’électricité.
L’inconvénient est que la plupart des emplois liés à l’industrie des panneaux solaires se trouvent là où ceux-ci sont produits, seule l’installation est effectuée par des locaux. L’essor de l’énergie solaire ne résout donc pas les graves problèmes sociaux et économiques des pays en développement tels que l’Afrique du Sud.
Le problème est que la fabrication sur place des panneaux solaires ferait grimper les coûts : le prix des panneaux fabriqués en Chine restera de loin le plus bas, tant que ce pays continuera à dominer le secteur.
La finance se détourne des combustibles fossiles

Panneau de marché boursier (Photograph: Kaptan Ravi Thakkar, Wikimedia Commons)
Les écologistes entre autres ont été profondément déçus que les récentes négociations de la COP 30 n’aient pas appelé à l’élimination progressive des combustibles fossiles. Cependant, selon Ingmar Rentzhog, fondateur et PDG de la plateforme médiatique sur le climat We Don’t Have Time, de tels accords politiques pourraient être moins importants que les marchés financiers pour déterminer si les combustibles fossiles seront progressivement éliminés ou non. Dans un récent article publié dans le magazine Forbes, il écrit que les capitaux se comportent déjà comme si ce retrait progressif était en cours. Certes l’accord de la COP 30 était faible par l’absence de consensus mais sa véritable importance réside dans la formation d’une « coalition des volontaires » : 83 pays qui ont soutenu une feuille de route pour sortir des combustibles fossiles. De plus, la Colombie et les Pays-Bas se sont engagés à coorganiser la première conférence internationale en 2026 afin de faciliter cet effort. Comme le souligne I. Rentzhog, les investisseurs n’ont pas besoin que tous les grands pollueurs s’accordent pour commencer à réévaluer le risque.
L’Institut pour l’investissement durable de Morgan Stanley a interrogé plus de 900 investisseurs institutionnels en novembre 2025, et l’étude montre que « 86 % des détenteurs d’actifs prévoient d’augmenter leurs allocations aux investissements durables au cours des deux prochaines années ».Beaucoup d’entre eux représentent des « méga » institutions, si bien que l’enquête couvre des décideurs qui gèrent au total des dizaines de milliers de milliards de dollars. Les finances l’emportent sur la politique.
Cette croissance contredit le scénario d’un « retour de bâton contre l’ESG » (ESG désignant une approche de l’investissement privilégiant les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise). En fait 90 % des investisseurs nord-américains souhaitent des investissements plus élevés dans les fonds durables, dépassant les investisseurs européens ou asiatiques, la région Asie-Pacifique étant considérée comme l’épicentre de la contestation anti-ESG.
Un autre signe indiquant la fin progressive des combustibles fossiles est l’essor de « l’économie verte », qui est passée d’un marché de niche à un marché en pleine croissance représentant plusieurs milliers de milliards de dollars. En 2025, les investissements dans les énergies vertes étaient déjà supérieurs à ceux dans les combustibles fossiles. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), sur un total prévu de 3 300 milliards de dollars d’investissements, environ 2 200 milliards de dollars étaient destinés à des catégories liées aux énergies propres, tandis qu’environ 1 100 milliards de dollars étaient destinés aux combustibles fossiles.
De plus, selon l’AIE, en décembre 2025, les stocks mondiaux de pétrole ont atteint en quatre ans leur plus haut niveau, et cette surabondance pourrait entraîner des changements soudains dans les prix, car le stockage devient un problème. L’industrie en pleine croissance des batteries de stockage est désormais un concurrent redoutable qui se développe rapidement et peut absorber les variations de l’approvisionnement énergétique sans consumer quoi que ce soit. Dans l’ensemble, la tendance ne penche pas en faveur des combustibles fossiles.
Le pouvoir du peuple préserve une partie menacée de la Patagonie
En 2012, les autorités avaient prévu d’inonder la vallée chilienne de Cochamó en vue d’un gigantesque projet hydroélectrique. Par la suite, une entreprise privée avait envisagé de construire un complexe de maisons de vacances haut de gamme et de goudronner des routes dans toute la vallée. Mais ces projets, ainsi que d’autres projets à grande échelle, ont été contrecarrés par une forte opposition de la population. En 2025, une campagne de financement populaire réunissant des familles d’éleveurs, des alpinistes, des randonneurs, des voyagistes et des explorateurs, sous l’égide de l’ONG Puelo Patagonia, est allée encore plus loin. Pour éviter que ce genre de projets ne se concrétise, la coalition a acheté 133 000 hectares de nature sauvage intacte pour 53 millions d’euros et en a transféré la propriété à la fondation chilienne à but non lucratif Conserva Puchegüin en décembre dernier.
La taille de cet écosystème protégé est 383 fois supérieure à celle de Central Park à Manhattan, ou 800 fois plus grande que le Regent’s Park à Londres, et ses forêts anciennes comprennent des bosquets d’alerces qui y poussent depuis environ 1000 avant J-C. Il n’y a pas de routes traversant la vallée, et les quelques habitations produisent leur propre électricité à partir de l’énergie solaire ou éolienne. Il s’agit d’un corridor biologique important qui relie les terres protégées environnantes du Chili et de l’Argentine.
L’effort de conservation de Cochamó s’inspire du travail de Kris et Doug Tompkins, qui ont quitté leurs fonctions de direction des entreprises de vêtements Patagonia et Esprit respectivement, et fondé le groupe de conservation Tompkins, aujourd’hui rebaptisé Rewilding Chile. En un peu plus de 25 ans, le groupe a dépensé 250 millions d’euros pour acheter d’immenses parcelles de terrain, puis négocier avec le gouvernement chilien afin d’agrandir les parcs existants. Plus de 5,7 millions d’hectares de terres sauvages ont ainsi été protégées.
Le projet pour Cochamó consiste à placer 80 % des terres sous le statut de parc national protégé, les 20 % restants étant réservés au tourisme, aux exploitations agricoles familiales et aux petits ranchs, afin d’assurer les besoins des habitants. La popularité de la région ne cessant de croître, un plafond de 15 000 visiteurs par an a été fixé et les réservations sont désormais obligatoires. Un plan directeur comprenant des sentiers de randonnée, des camps de base et des écuries est en cours d’élaborations avec la participation directe des communautés locales. Le peuple s’est exprimé et a gagné !

Patagonie, Chili (Photograph: Cleide Isabel, Wikimedia Commons)
Vers un meilleur avenir pour tous
Entretien
Entretien avec le professeur Richard Wolff (2e partie) – [sommaire]
Exploiter la colère à des fins personnelles et politiques – le démantèlement de l’ordre mondial établi
Mon entretien avec le professeur Wolff eut lieu en novembre 2025, quelques heures après l’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York. Cet évènement a influencé notre conversation et nous a amenés à aborder des sujets tels que le populisme de l’actuelle administration américaine qui utilise la rage, la peur et la haine des immigrants ou des « autres » comme tremplin pour des politiques nationales et une stratégie géopolitique. Je doute que le terme « stratégie » soit approprié pour qualifier les violences actuelles qui bafouent l’état de droit, les obligations découlant des traités internationaux et la souveraineté des nations – toutes ces violations n’ont eu lieu que depuis novembre dernier, alors qu’on a l’impression qu’elles remontent à près d’une décennie.
Partage international. Nous venons d’évoquer l’importance croissante des médias alternatifs, puisque les médias traditionnels ont été rachetés par des organisations privées pour servir leurs intérêts plutôt que la vérité.
Richard Wolff. En effet, c’est sur ce genre de médias que je présente une émission à la radio et à la télévision ici, aux États-Unis.
PI. Je pense que vous faites référence à « Democracy at work » ? Nous publierons un lien vers cette émission 1.
RW. C’est exact. Et nous avons, vous savez, 600 000 abonnés sur YouTube. C’est un public considérable. Si j’étais un journal, 600 000 abonnés feraient de moi un journal très prospère. Je ne prétends pas cela. C’est une opportunité car, pour moi, dans les médias traditionnels, c’est fini. Ils ne publieront rien de moi.
J’ai posé des questions sur le sentiment général et l’opinion dominante aux États-Unis, ainsi que sur la manipulation des faits ou le sacrifice de la vérité au profit d’une position idéologique générale qui a conduit à une perception déformée de l’identité américaine et de son rôle dans le monde.
RW. Si je devais vous dire quel est le processus économique le plus important qui a façonné les États-Unis au cours du dernier demi-siècle, je vous répondrais que c’est la délocalisation de l’industrie capitaliste hors des États-Unis, principalement vers l’Asie, mais aussi vers l’Amérique latine, l’Afrique, etc.
PI. Bien sûr, il s’agit d’aller là où la main-d’œuvre est bon marché. Mais qui en décide ?
RW. C’est tout à fait ça. Une main-d’œuvre bon marché. Le plus grand bénéficiaire de cette situation est la Chine, sans pour autant minimiser tout ce que les Chinois ont accompli pour bâtir leur réussite économique. Le transfert de la production industrielle vers ce pays, la fermeture des usines ici et leur délocalisation là-bas est une réalité que tous les Américains vivent. Ils savent également que la décision de fermer une usine à Chicago, à Saint-Louis, à New York ou ailleurs et de la transférer à Shanghai est une décision prise par les principaux actionnaires et le conseil d’administration de chaque entreprise. Ce n’est pas le gouvernement qui l’a prise, ce ne sont pas les syndicats qui l’ont prise, ce n’est pas le public qui l’a prise, ce sont eux, les dirigeants d’entreprise, qui l’ont prise. Selon le recensement américain, 3 % de notre population sont des chefs d’entreprise. Les 97 % restants ne le sont pas. Ce sont donc ces 3 % qui ont pris la décision que leur avenir en tant qu’industrie ou entité commerciale se trouvait en Chine. Les salaires y sont beaucoup plus bas, le marché est le plus grand du monde et il connaît une croissance plus rapide que partout ailleurs. Le problème, c’est que cela provoque la colère de la population, car ici, dans le pays d’origine, prenons les États-Unis, le chômage et les prix augmentent. Mais les élites économiques de ce pays ont fait en sorte qu’il soit tabou d’évoquer ces questions et encore plus qu’on puisse les blâmer. Au lieu de cela, nous blâmons les Chinois. Nous blâmons les travailleurs qui réclament des augmentations de salaire. Nous blâmons tout le monde. Mais la classe dirigeante fait exception : elle n’est pas blâmée. Cependant les gens en sont désormais conscients, n’est-ce pas ? De plus en plus. Dans tous les milieux politiques, que ce soit à gauche ou à droite. Ce qui est intéressant, à mon avis, c’est que ce que nous considérions comme acceptable jusqu’à présent ne tient plus. On trouve donc des gens en colère à gauche comme à droite. Mais il y a une différence, et c’est une différence que je vous explique parce que c’est aussi mon espoir, et je ne veux pas le nier. Chez nous, tout cela est incarné par M. Trump. La droite cherche, par son comportement, à exprimer la frustration amère et la colère d’une classe ouvrière qui a été abandonnée. Lorsque M. Trump tient des propos scandaleux à l’égard des femmes, des personnes non blanches, ou de ses adversaires politiques, il exprime l’amertume et la rage des personnes qui le soutiennent.
PI. Il s’agit donc d’un populisme primaire.
RW. 30 à 40 %, selon les calculs, sont des partisans de MAGA (Make America Great Again : rendre sa grandeur aux États-Unis). Mais ce que fait M. Trump, c’est qu’il essaie d’exprimer la colère de la classe ouvrière abandonnée sans s’aliéner les super-riches qui le financent. Et il doit suivre cette ligne politique étroite, car il doit veiller à ne pas offenser ses donateurs. Les dirigeants du Parti démocrate sont également paralysés, car ils bénéficient du soutien massif des femmes et des personnes non blanches. Mais ils se sont également rendus dépendants de l’argent, car il faut dépenser des milliards pour se présenter aux élections aux États-Unis. Ces deux formations politiques sont donc paralysées, car elles doivent tenir compte de ce tabou tout en s’adressant à une population en colère. Le seul groupe qui n’est pas confronté à ce problème est la gauche. Bernie Sanders, A. Ocasio-Cortez, Z. Mamdani cherchent à atteindre leur but : être les porte-parole de la classe ouvrière abandonnée, sans dépendre des donateurs. Ce que la victoire de M. Mamdani a montré, c’est qu’il y a plus de milliardaires américains dans la région de New York que partout ailleurs. New York est une ville pour les riches. Je vis à Manhattan. Je vous parle depuis Manhattan, et je peux vous assurer que si vous n’avez pas d’argent, ce n’est pas un endroit où il fait bon vivre. C’est tout simplement trop cher. Les grands donateurs ont donc fait ce qu’ils font d’habitude. Ils ont dépensé sept fois plus que Z Mamdani. Et ils ont perdu ! Malgré ce que vous entendez dans l’opinion publique, je peux vous assurer qu’ils se réunissent à quelques pâtés de maisons d’ici, et qu’ils discutent avec leurs conseillers de la manière de gérer cette situation : comment s’assurer qu’il n’y aura plus de Z. Mamdani ! Les plus intelligents d’entre eux leur diront qu’ils doivent résoudre ce dilemme. Vous dépendez de l’argent et vous perdez votre base parce que votre dépendance à l’argent vous empêche d’exprimer votre colère. La droite revient et dit : « Non, nous avons la solution. Nous allons prendre les manifestations les plus hideuses de la colère de la classe ouvrière, nous allons les exagérer, les concentrer, les amplifier. Nous allons pendre les Noirs aux arbres comme nous le faisions autrefois. Nous subordonnerons les femmes d’une manière qui rappellera à tous l’expression allemande « Kinder, Küche, Kirche »(enfants, cuisine, église). Vous en souvenez-vous? »
Lors d’une précédente conversation avec le professeur Wolff, nous avions évoqué ce slogan dominant en Allemagne nazie et qui revient aujourd’hui sur le devant de la scène, insistant pour que le rôle des femmes se limite littéralement aux « enfants, à la cuisine et à l’église ». Comparez cela au « pro-natalisme » actuel et aux efforts visant à restreindre les droits des femmes, associés à la promotion du mâle dominant hyper-musclé, celui de la « macho-sphère ». J’ai répondu que je connaissais effectivement cette campagne de propagande. J’ai ajouté que j’essayais d’alerter les gens à ce sujet et sur ses implications pour la société dans son ensemble, mais que tout le monde n’était pas prêt à accepter les conséquences que je pointais du doigt : « Sûrement pas dans notre pays ? Sûrement pas à notre époque ? » Je pense que les gens ne voient pas cela comme un symptôme du fascisme qui s’insinue par la porte de la cuisine.
RW. Et ils vont devenir incontrôlables. Regardez ce que M. Trump a fait au cours des deux derniers mois. Il a ordonné à l’armée de détruire des bateaux dans les Caraïbes et dans le Pacifique occupés par des êtres humains… Personne ne savait qui ils étaient, ce qu’ils faisaient, ce qu’il pouvait y avoir dans le bateau. Ils n’avaient aucune information. Ils ne les ont pas arrêtées. Ils ne leur ont pas donné d’avocat. Aucune preuve n’a été présentée à qui que ce soit, par qui que ce soit, pas de jury, pas de juge, juste une exécution sommaire ! Ici, aux États-Unis, nous arrêtons sans cesse des gens pour trafic de drogue. C’est un problème grave. Mais personne n’est jamais tué pour cela. Ce n’est pas un crime capital. Dans de nombreux États des États-Unis, personne n’est exécuté. Ils ont droit à un procès. Ils ont droit à un avocat. Ils ont des droits. Mais dans ce cas, nous condamnons à mort, sans autre forme de procès, ces personnes qui ne sont même pas des citoyens américains, qui se trouvent dans un bateau à des milliers de kilomètres de nos côtes et qui ne représentent donc aucun danger imminent pour les Américains. Et pourquoi ? C’est un exutoire pour exprimer la rage de la classe ouvrière qui est en colère et qui veut voir les méchants punis plutôt qu’elle-même. C’est la même chose que le mouvement ICE (Immigration and Customs Enforcement : service de l’immigration et des douanes) : les forces de l’ICE descendent dans la rue et provoquent des incidents afin de pouvoir arrêter des manifestants sans procédure régulière, qui sont tout simplement placés en garde à vue.
PI. Vous dites que c’est le même phénomène ?
RW. Eh bien, laissez-moi vous expliquer à quel point cela est extraordinaire. Le plus grand soutien à l’ICE vient du Midwest et du Sud, qui sont les bases électorales de M. Trump. Or, c’est dans le Midwest et le Sud que le christianisme fondamentaliste est le plus fort. Ce sont des gens qui prennent très au sérieux leur pratique religieuse. Ils vont à l’église le dimanche, écoutent attentivement, enfin plus ou moins, le pasteur et savent que la Bible parle d’accueillir l’étranger. Vous savez, Joseph et Marie étaient des réfugiés. Ils ont été accueillis dans une étable. Comme vous le savez, il n’est pas si facile de convaincre des chrétiens, censés tendre l’autre joue et accueillir l’étranger, de soutenir l’ICE qui s’en prend à des personnes dont le seul crime est d’avoir fui une situation horrible qui les a poussées à quitter leur maison, leur église, leur école, leurs voisins, leur langue et tout le reste.
PI. Pourquoi ces mêmes chrétiens pratiquants sont-ils à l’aise avec l’ICE ?
RW. La réponse est qu’ils sont tellement en colère. Ils sont tellement désabusés qu’ils ont besoin d’un exutoire ou d’un soulagement psychologique. Quelqu’un doit payer pour les souffrances qu’ils endurent. Et on leur a dit qu’il était normal de blâmer les immigrés, d’en faire des boucs émissaires. Mais laissez-moi vous dire que si cela change, si la gauche l’emporte, vous verrez la base de M. Trump se retourner contre lui. Et ça ne va pas être beau à voir. Je ne sais pas si vous connaissez ce qui est arrivé à Mussolini à la fin du fascisme italien. Eh bien, si j’étais M. Trump, je m’en inquiéterais. Je veux dire, vous savez, peu après notre première conversation, il y a eu le meurtre de Charlie Kirk. Et certains de ses partisans se détournent de M. Trump parce qu’ils voulaient avoir accès à des informations occultés, par exemple, les dossiers Epstein, etc., et aussi le soutien à Israël. Tout cela a contribué à créer une société très trouble et étrange.
PI. Eh bien, permettez-moi de vous poser une question, s’il y a autant de rage et de tension… Je me souviens que Bernie Sanders a dit que c’était différent cette fois-ci, comme si la soif de pouvoir avait explosé, motivée non pas par la cupidité. Pour moi, il ne s’agit pas seulement de cupidité et de division, mais aussi d’une soif de pouvoir et d’une sorte de cruauté. Cela m’amène à me demander si une société aussi rongée par la colère et les tensions ne finit pas par atteindre un point où, psychologiquement, culturellement, socialement et certainement économiquement, il se produit une sorte d’explosion ou d’implosion. Qu’en pensez-vous ?
RW. Je suis tout à fait d’accord. Je pense que ce sera toujours le cas, je ne devrais probablement pas le dire, mais c’est ce que je pense. Il y aura donc toujours un certain mystère autour de ce qui fait basculer les choses, vous voyez, ce qui fait que tout s’écroule . Quel est ce moment qui devient le catalyseur et qui fait tout basculer ? Parfois, cela peut sembler être quelque chose d’insignifiant.
PI. C’est vrai. Comme la Première Guerre mondiale, qui a commencé d’une façon similaire.
RW. Oui, c’est vrai. À partir de quelque chose d’insignifiant, de sorte que quand on y repense, il n’y a aucun moyen de justifier la Première Guerre mondiale, parce qu’un obscur archiduc a été assassiné par un obscur anarchiste ou quoi que ce soit d’autre. Ici, aux États-Unis, on fait des suppositions sur ce que cela pourrait être. Par exemple, il existe une opinion assez répandue selon laquelle, sous la surface de ce que nous savons de l’affaire Epstein, se cache une histoire beaucoup plus importante et que l’administration Trump a déployé des efforts considérables, en accord avec d’autres qui ne veulent pas que le reste de l’affaire soit rendue publique. Il y a un processus de dissimulation et de destruction de documents. Mais suffisamment de gens en savent assez…
Le professeur Wolff a évoqué l’impopularité croissante du président en ce qui concerne l’affaire Epstein et la façon dont le scandale a provoqué une scission au sein de ses partisans de droite, auparavant très fervents. Il y a également des critiques à l’égard d’Israël qui continue de bombarder Gaza, mais sur le plan intérieur, les dossiers Epstein ont attiré l’attention du public.
RW. Ce sujet suscite beaucoup d’intérêt malsain. Il sera partout dans la presse. Même les médias privés les plus dociles devront s’y intéresser, car il sera dans l’air du temps. C’est une chose, et il y en a une autre. M. Trump a remporté l’élection en partie parce qu’il a adopté une position extraordinaire tout au long de sa campagne : il est contre la guerre. Il l’a répété à maintes reprises. Il est contre ces guerres sans fin, c’est-à-dire en Ukraine, à Gaza, en Iran, en Irak et au Vietnam. « Je mettrai fin à la guerre. » Vous vous en souvenez ? « J’y mettrai fin dès la première semaine. Je passerai un coup de fil. Je le ferai, je le ferai, je le ferai. »
Qu’a-t-il fait ? Eh bien, jusqu’à présent, pratiquement rien. Israël continue de se comporter dans la bande de Gaza comme auparavant. C’est un cessez-le-feu des plus étranges. La guerre en Ukraine se poursuit sans interruption. Il a accusé l’Iran, donc cette guerre est toujours là. Pendant ce temps, il menace le Venezuela. Ces derniers jours, il a menacé le Nigeria et il a également menacé le Mexique. Et il menace constamment le Canada. Au lieu de mettre fin aux guerres, M. Trump les multiplie. Et la vérité, c’est qu’à un moment donné, quelqu’un va y voir une opportunité politique. Je pense que ce sera un républicain, d’autant plus que tous les candidats soutenus par M . Trump lors des élections d’hier ont été battus. Tous ceux qui ont gagné étaient des adversaires du candidat qu’il soutenait. Cela l’affaiblit, et c’est son second mandat. Il n’est pas du tout certain qu’il puisse obtenir un autre mandat. Je pense qu’il n’y parviendra probablement pas, et qu’il est donc ce que nous appelons ici un « canard boiteux ». Cela signifie que d’autres républicains, à commencer par son propre vice-président, auront tout intérêt à commencer à essayer [de le mettre sur la touche ou de le destituer] sans l’offenser.
Quand les morts nous appellent au téléphone (1re partie) – [sommaire]
Callum E. Cooper est psychologue, membre de la British Psychological Society et de la Higher Education Academy, et maître de conférences en psychologie et thanatologie à l’Université de Northampton au Royaume-Uni. Il est membre de l’Association parapsychologique et il siège au conseil d’administration de la Society for Psychical Research où il travaille au sein du comité de recherche sur la survie. La parapsychologie est l’étude des phénomènes mentaux qui ne peuvent être expliqués par la psychologie scientifique orthodoxe. C. Cooper est l’auteur de Telephone Calls from the Dead1 qui étudie des cas de personnes ayant reçu des appels téléphoniques anormaux semblant provenir d’êtres chers décédés. Jason Francis l’a interviewé pour Partage international.

Partage International : Qu’est-ce qu’un phénomène téléphonique anormal ?
Callum Cooper : D’une manière générale, un phénomène anormal est une expérience ou une capacité qui semble défier le paradigme scientifique actuel et toute explication. Habituellement, lorsqu’on parle d’un tel phénomène, on pense à la télépathie, à la clairvoyance, à la précognition ou à la psychokinèse, ou tout cequi peut suggérer que l’esprit fonctionne indépendamment du corps, ou lorsque le corps a cessé de vivre. Dans les anomalies téléphoniques, il y a deux aspects. Tout d’abord, « quelque chose » pourrait utiliser un téléphone sans que l’opérateur téléphonique n’ait la moindre trace d’un appel. Ensuite, il y a le fait que l’appel ne provient pas d’un être vivant, mais d’un mort ! Il existe également des cas étranges où des personnes disent avoir reçu un appel de personnes vivantes, alors que ces dernières nient catégoriquement avoir passé cet appel. Voilà le genre de cas qui intéressent les chercheurs.
PI. Depuis combien de temps les phénomènes téléphoniques anormaux sont-ils documentés ?
CC. On en trouve depuis les débuts du télégraphe sans fil. L’un des cas que je mentionne concerne un homme nommé David Wilson en 1915, un avoué vivant à Londres. Il avait publié un article dans la revue Light, la revue du College of Psychic Studies. D. Wilson y mentionnait des communications anormales par télégraphe sans fil. Mais il supposait que cette communication provenait d’extraterrestres et non de personnes décédées. Des phénomènes de ce type ont commencé à se produire en nombre croissant avec le développement des moyens électroniques de communication. Les gens ont commencé à signaler des interactions anormales par téléphone. En 1919 et au début des années 1920, des inventeurs ont déjà déclaré avoir construit une machine pour contacter les morts.
PI. Vous distinguez plusieurs catégories d’appels téléphoniques de personnes décédées comme les appels « simples » par opposition aux appels « prolongés ». Pourriez-vous donner quelques exemples ?
CC. Un appel simple est très basique. Ce sont des cas de personnes en deuil d’un être cher. Elles sont seules à la maison, le téléphone sonne avec une sonnerie inhabituelle, surtout à l’époque du téléphone fixe. Elles décrochent et entendent de la friture ou une voix lointaine. Leur nom est parfois prononcé, ou elles n’entendent rien. Elles répondent et disent : « Allô, c’est toi ? » et essayent de parler à leur proche décédé, mais il n’y a personne à l’autre bout du fil. Elles n’entendent pas le clic du combiné ou la coupure de l’appel. Ces appels sont très basiques et ils offrent très peu d’éléments pour la recherche. Dans le cas des appels prolongés, vous ne savez pas qu’un ami ou un être cher est décédé. Vous recevez un appel de lui et vous entrez dans une véritable conversation. Vous parlez de choses que vous connaissez bien tous les deux, il n’y a rien d’anormal. Et vous parlez ainsi pendant 15 ou 20 minutes, peut-être une demi-heure. Puis vous raccrochez et à ce moment, vous entendez la sonnette de la porte d’entrée. Vous ouvrez et c’est Jean. Il est votre ami et semble bouleversé. Vous demandez :
« Qu’est-ce qui ne va pas, Jean ? »
– Tu n’es pas au courant pour Marie ?
– Mais quoi? Je viens de l’avoir au téléphone pendant une demi-heure.
– Ça m’étonnerait…, elle est morte hier dans un accident de voiture.
Vous êtes tous les deux abasourdis. Vous avez eu une conversation avec une personne, vous avez bien reconnu sa voix, sa façon de parler et toutes ses références à votre vie, alors qu’elle était bel et bien morte depuis la veille. En vérifiant auprès de l’opérateur, on ne trouve aucune trace d’appel. Parfois, d’autres proches ont également reçu un appel de la personne décédée.
PI. Y a-t-il des cas où une personne parle à un parent et ne sait pas que l’être cher à qui elle parle est décédé, mais elle l’apprend pendant l’appel ?
CC. Cela arrive très rarement. Mais je me souviens que D. Scott Rogo et Raymond Bayless (enquêteurs sur le paranormal), dans leur livre Phone Calls from the Dead, mentionnent que, dans certains cas, si quelqu’un réalisait qu’il parlait à une personne décédée, cela raccourcissait l’appel. Il se terminait abruptement. Donc il semble que le fait de ne pas savoir que la personne était décédée prolongerait l’appel. Je n’ai aucune idée du pourquoi. Leur livre, publié en 1979, vient de ressortir avec une postface extensive que j’ai écrite.
PI. Les appels téléphoniques semblant provenir de proches décédés semblent-ils normaux, comme un appel normal entre deux personnes vivantes ?
CC. Oui, comme je l’ai dit, dans la majorité des cas. C’est comme avec les apparitions. Quand quelqu’un vit une apparition, il ne réalise qu’après coup qu’il ne pouvait pas s’agir de la personne qui est apparue. Le plus souvent, elle apparaît simplement comme vous et moi ici, en chair et en os.On a aussi des appels avec des caractéristiques sonores différentes de celles d’un appel normal. Comme si l’autre voix provenait de l’autre côté de la pièce. Ces anomalies sonores sont assez uniques. Dans environ 36 pour cent des cas, on a aussi comme de la friture sur la ligne accompagnant la voix. Mais la plupart du temps, l’appel ressemble à un appel tout-à-fait normal.
Le cas de Carl
PI. Pourriez-vous parler du cas de Carl, qui était loin de chez lui lorsqu’il a reçu un appel de son père ?
CC. Carl traversait une crise dans une relation sentimentale. Il est parti sans rien dire à personne, pour faire le point. Il est allé dans une ville balnéaire et s’est mis à la recherche d’une chambre. Il a vu un panneau « Chambre d’hôtes » et a frappé à la porte. Une dame âgée lui a ouvert et lui a loué une chambre avec quelques antiquités dedans, auxquelles il n’a pas prêté particulièrement attention. La dame lui dit : « On m’appelle Mamie. » Après s’être installé, Carl va se promener sur la plage pour se vider la tête. Plus tard dans la soirée, il retourne à sa chambre et s’apprête à se coucher. Il est onze heures et le téléphone dans la chambre sonne. Il répond et c’est son père, qui lui dit :
« C’est toi, Carl ? Ta mère veut te parler. Il faut que tu lui parles, d’accord ? »
– Ok, passe la moi…
– Je ne peux pas. Elle n’est pas avec moi.
– Mais tu es où?
– Je suis dans un endroit très beau là, mais assure-toi de parler à ta mère.
Et la conversation est interrompue. Carl repose le téléphone sur le combiné et le reprend aussitôt. Il essaie d’obtenir une communication, un opérateur, sans succès. La ligne est silencieuse. Fatigué par sa journée, il n’y pense plus et va se coucher. Le lendemain matin, lorsqu’il prend son petit-déjeuner avec « Mamie », il lui parle de l’étrange appel qu’il a reçu dans la nuit.
– Vous ne pouvez pas avoir reçu un appel dans cette chambre.
– Si, si.
– C’est impossible. Ce vieux téléphone est une relique qui n’a jamais été connectée à une ligne téléphonique ici. C’est mon défunt mari qui achetait toutes ces antiquités. Vous feriez mieux d’appeler votre mère tout de suite.
Elle tend à Carl un téléphone de cuisine jaune moderne. Et à la première sonnerie, sa mère répond.
– Allo Carl, mais où étais-tu ? On t’a cherché partout. Ton père a eu une crise cardiaque hier soir à onze heures. Il est mort.
Carl a raccroché et est rentré immédiatement chez lui.
Communications pendant les rêves
PI. Dans leurs rêves, certaines personnes reçoivent des appels téléphoniques de proches décédés. Ces expériences sont-elles courantes, et partagent-elles des caractéristiques avec les appels reçus à l’état de veille ?
CC. Oui, c’est intéressant. Cela se produit souvent lorsque vous aviez un rapport à distance avec la personne de son vivant, par exemple si elle vivait dans une autre région. Donc, vous aviez l’habitude de lui parler par téléphone. C’est ce que reproduit le scénario du rêve. Il y a eu une étude de Dierdra Barrett [psychologue américaine] en 1991 et 1992 parue dans Omega – The Journal of Death and Dying. Elle a analysé un certain nombre de rêves impliquant des interactions avec des défunts et a remarqué que, dans plusieurs cas, les personnes rapportaient l’utilisation d’un téléphone dans le rêve. Elle a alors consulté la littérature parapsychologique et vu que dans Phone Calls from the Dead de Rogo et Bayless, les auteurs expliquent que si des gens vivent ce type d’expériences à l’état de veille, il n’est pas surprenant qu’ils les vivent aussi en rêve, où tout peut prendre n’importe quelle forme. La seule chose qui relèverait de la parapsychologie serait que le défunt, dans le rêve, transmette des informations précises, ce que nous appelons des informations véridiques. Et justement, il existe quelques cas de ce type. Les plus intéressants ont été rapportés dans le magazine américain Fate, fondé en 1948. Un article en particulier sur les interactions oniriques avec les morts – qui, malheureusement, n’impliquait pas de téléphone – racontait l’histoire d’un beau-père décédé qui est apparu à sa belle-fille et lui a dit : « J’ai un deuxième compte bancaire avec 2 000 dollars dessus. » Elle en a parlé à son mari, qui en a ri en disant : « C’est impossible. Mon père n’a jamais su économiser un centime. » Quelques semaines plus tard, sa mère a appelé pour dire que son père avait effectivement un autre compte bancaire. Elle avait trouvé un livret caché. Il y avait exactement 2 000 dollars sur le compte.
Pour plus d’informations : Telephone Calls from the Dead de Callum Cooper (Tricorn Books, 2012/2024) ; Phone Calls from the Dead de D. Scott Rogo & Raymond Bayless (réédité par White Crow Books, 2025).
Si des lecteurs souhaitent contacter C. Cooper au sujet de leurs propres expériences, ils peuvent aller sur son site : www.CallumECooper.com.
1. Appels téléphoniques de l’au-delà (non traduit), 2012, révisé en 2024.
Question-réponse de Benjamin Creme
Question : Est-ce qu’avec le temps, on aura des contacts plus fréquents avec les personnes décédées ? (Avril 1995)
Benjamin Creme : Oui. Il ne fait aucun doute que le « voile » entre le plan physique et les plans astraux devient de plus en plus mince. Cet affaiblissement a commencé à s’accroître fortement pendant la guerre de 1914-18, avec les bombardements massifs et les chocs d’artillerie. Cela s’est répété de 1939 à 1945, et encore en Irak. Tout cela déchire le voile entre les plans, et c’est à travers ce voile que se produisent toutes les “canalisations”. Beaucoup de gens qui « canalisent » pensent que l’information reçue provient des Maîtres alors qu’elle provient en réalité d’entités sur les plans astraux, lorsqu’elle ne vient pas de leur propre subconscient. La sensibilité croissante qui se développe au sein de l’humanité permet à de nombreux individus d’accéder à différents niveaux du plan astral – généralement au cinquième. À terme, les relations entre ceux qui sont passés de l’autre côté et ceux qui vivent toujours sur le plan physique deviendront plus étroites. Nous pourrons communiquer (selon le Maître DK, transmis par Alice Bailey) non seulement par l’intermédiaire de médiums, mais aussi par l’entremise des animaux. Nous pourrons également communiquer au moyen de la radio – cela a déjà commencé à se produire.
(La mission de Maitreya, tome III)
Environnement
Esotérisme
Faire le lien
Faits et prévisions
Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.
Fenêtre sur le monde
La voix de la raison
« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012
La voix des peuples
Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.Des moines bouddhistes parcourent 3 700 km à travers les États-Unis pour la paix – [sommaire]
En octobre dernier, débuta une Marche pour la paix de 3 700 km à travers les États-Unis. Un groupe de moines bouddhistes dirigé par le vénérable Bhikku Pannakara, est parti du temple bouddhiste vietnamien de Fort Worth au Texas, pour atteindre Washington en février 2026.
Le vénérable Bhikku Pannakara expliqua l’objectif de la Marche pour la paix : « Nous voulons sensibiliser tout le monde à la paix, car il y a tant de souffrances autour de nous. Cette Marche est l’occasion de transmettre un message à toutes les personnes que nous rencontrons sur notre chemin afin que tout le monde puisse travailler à trouver la paix intérieure et mener une vie paisible. Je veux simplement partager ce message de pleine conscience, d’amour bienveillant et de compassion, espérant ainsi que tout le monde vive dans l’unité et l’harmonie. »
Le cortège de moines a attiré plusieurs milliers de personnes venant saluer leur passage dans dix États du sud des États-Unis qu’ils ont traversé en s’arrêtant dans chaque capitale.
Beaucoup de gens applaudissaient ou leur offraient des fleurs, tandis que d’autres pleuraient de joie à leur passage. Leur groupe compte plus d’un million d’abonnés sur les réseaux sociaux.
A Columbia, au Capitole de Caroline du Sud, le maire Daniel Rickenmann accueillit les moines et s’adressa à la foule : « C’est incroyable que cette Marche ait traversé notre ville et notre État à un moment où nous en avions particulièrement besoin. Nous en avons besoin en tant que communauté. » Le maire, ainsi que le sénateur de la Caroline du Sud Deon Teddor, ont déclaré le 10 janvier « Journée de la Marche pour la paix » à Columbia.
« Cela nous donne vraiment de l’espoir »
Le vénérable Bhikku Pannakara s’est également adressé à la foule devant le Capitole : « Abandonnons maintenant toute haine, toute colère. Que tous aient un regard empreint d’amour et de compassion afin que la paix puisse s’épanouir et prospérer dans tout le pays et dans le monde entier. » S’adressant à une autre assemblée, il a déclaré : « La paix commence toujours à l’intérieur de soi. Nous n’avons pas besoin de chercher la paix à l’extérieur. Il suffit de la chercher en nous. »
Parmi les milliers de personnes venues accueillir les moines en Caroline du Sud, une femme a déclaré : « Je crois que cela nous donne vraiment de l’espoir. Je suis heureuse d’avoir pu assister à cet événement. Je pense que cela va entrer dans l’histoire […] mais surtout, c’est vraiment un signe d’espoir. » Une autre femme a déclaré : « Je trouve formidable que tout le monde soit venu, que des personnes d’horizons différents soient venues soutenir la Marche pour la paix. Je pense que quelle que soit votre religion, vous devriez venir soutenir la Marche pour la paix. »
Mais la Marche a aussi connu des moments difficiles. Un moine bouddhiste qui participait au voyage, le vénérable Maha Dam, a été gravement blessé. Un camion a percuté le véhicule qui escortait les moines et l’a projeté contre lui. Il a du être amputé d’une jambe réduisant à 18 le cortège des moines. Evoquant sa participation à la Marche pour la paix, Maha Dam a déclaré : « Je n’ai aucun regret. J’ai pris cette décision en connaissant les risques, en sachant que si quelque chose m’arrivait, je serais prêt à faire ce sacrifice. Je suis simplement submergé par un sentiment de gratitude pour avoir transmis le message de paix, de compassion, d’amour, d’harmonie et, encore une fois, de rassemblement communautaire. »
Aloka, (« lumière divine » en sanskrit), un chien sauvé par Bhikku Pannakara en Inde, a été opéré d’une blessure à la patte qui s’était aggravée pendant la Marche. Il a depuis retrouvé les moines et recommencé petit à petit à marcher, faisant des pauses dans un véhicule accompagnateur.
Les médias locaux de Caroline du Sud ont montré une jeune fille tenant une pancarte multicolore sur laquelle on pouvait lire « Aloka for President » (Aloka président). Elle a rassemblé un demi-million d’abonnés sur les réseaux sociaux.
Le vénérable Bhikku Pannakara a souffert de quelques blessures légères. Comme lors d’une marche pour la paix en Inde en 2022, il a traversé les États-Unis pieds nus. Les blessures causées par les cailloux, les clous et le verre des routes américaines l’obligaient à panser ses pieds tous les soirs.
Deux des moines adhèrent à la discipline bouddhiste du dhutanga, qui ne leur permet d’adopter que trois postures tout au long de leur voyage : marcher, se tenir debout et s’asseoir. Ne pouvant s’allonger, ils passent toute la nuit assis à méditer. « C’est ainsi qu’ils refont le plein d’énergie », explique Neerak Bajracharya, chargé des relations avec le gouvernement et coordinateur presse pour la Marche.
Toucher le cœur de tous les Américains
Après avoir dirigé un groupe de prières bouddhistes, le vénérable Bhikku Pannakara a parlé de l’importance de rester en paix : « Maintenant que nous avons demandé pardon à tous les autres, que nous leur avons pardonné et que nous nous sommes pardonnés à nous-mêmes, une nouvelle vie commence. N’est-ce pas ? Nous devrions continuer à faire cela pour le reste de notre vie. »
Voici la raison pour laquelle la Marche se terminera dans la capitale nationale. « Nous prévoyons d’aller à Washington, car Washington est le cœur de la nation. En atteignant le cœur de la nation, nous pensons pouvoir toucher le cœur de tous les Américains à travers les États-Unis, et en étant en mesure de délivrer ici ce message de paix, nous pensons pouvoir toucher tous les Américains dans tous les États-Unis. » (N. Bajracharya)
Le groupe demandera au Congrès américain un jour férié pour célébrer le Vesak [ou Wesak], jour de la naissance du Bouddha et son illumination.
N. Bajracharya a rappelé les raisons fondamentales de la Marche pour la paix : « Les pierres angulaires de cette initiative sont la paix, l’unité, la compassion et la guérison. Et nous voulons toucher chaque individu aux États-Unis. » Il s’est dit émerveillé par la réaction du public : « Nous recevons des appels du monde entier. »
Source : The Guardian ; US Current Affairs & WIS News 10
Le point de vue de Maitreya
Le respect de la loi
« Chaque fois qu’il y a affaiblissement de la loi… et accroissement général du désordre, alors je me manifeste. » (Bhagavad Gita). La promesse de Krishna, l’Avatar, semble particulièrement d’actualité. C’est pour tenir cette promesse que Maitreya, l’Avatar de notre ère, est présent dans le monde à une époque où l’anarchie est si répandue.« Lorsqu’une nation parvient à l’âge adulte, à la maturité, les relations qu’elle établit avec les autres changent du tout au tout. Elle commence à respecter l’autorité de la loi qui unit toutes les nations, les liant dans leurs responsabilités et leurs besoins mutuels. Le développement vers la maturité se signale précisément par un tel respect des lois que les hommes ont estimées nécessaires pour vivre ensemble en paix… Lorsque, parmi les nations, l’on ignore l’autorité de la loi, c’est le monde entier qui en souffre. » (Le Maître — PI, avril 2004) Actuellement, les traités et les résolutions de l’Onu sont méprisés, et les lois nationales et internationales sont bafouées. Dans ce contexte, nous présentons des brèves mettant en exergue la nécessité d’un respect renouvelé de la loi.
Les enseignements de Maitreya
Les mensonges dévoilés
Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.
Les priorités de Maitreya
« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.
L’humanité une
Lorsque l’homme acceptera vraiment le fait que l’humanité est une et que les hommes, entre eux, sont frères, quand il traduira ces vérités en actes, toutes choses pourront en toute sécurité lui appartenir. Son héritage l’attend. Ainsi les hommes devront-ils apporter la preuve qu’ils sont prêts pour la paix, prêts à pénétrer ensemble dans l’avenir, sans effusion de sang ni compétition. Ils devront se réjouir de partager et de travailler en harmonie pour le bien de tous. Quand les hommes, d’eux-mêmes, seront dans ces dispositions, ils en appelleront à Maitreya (quel que soit le nom sous lequel ils le connaîtront) pour leur montrer le chemin, les faire sortir du chaos, et les conduire vers une ère de paix. (L’héritage de l’homme, par le Maître de Benjamin Creme).
L’Unité dans la diversité
« Le but de notre vie, que nous en ayons pris conscience ou non, est l’instauration de l’unité, la manifestation de l’unité qui existe déjà. Chaque atome de l’univers est relié à tous les autres atomes. » Benjamin Creme, L’Unité dans la diversité.
Regard sur le monde
Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.
Autres
Couverture 2026 de Partage International – [sommaire]

Dans ce tableau, Benjamin Creme représente l’alignement ultime des trois centres majeurs de notre planète : Shamballa, la Hiérarchie et l’humanité. Pour illustrer cet alignement une fois réalisé, il superpose le bleu éclatant de Shamballa, figuré par un cercle, le triangle bleu turquoise représentant la Hiérarchie, et le carré doré symbolisant l’humanité. Au-dessus d’eux, suspendue dans l’espace, se trouve la forme d’un blanc éclatant, veiné de bleu, du Diamant flamboyant, le sceptre d’initiation utilisé à partir de la Troisième Initiation.
Avec l’alignement des trois centres que sont Shamballa, la Hiérarchie spirituelle et l’humanité, le Logos planétaire atteint l’équivalent de la troisième Initiation. Notre planète, son corps de manifestation, devient alors une planète sacrée et entame la phase suivante de son évolution, entraînant toute vie sur Terre vers de nouveaux sommets. Ce « moment » est connu dans les archives de l’Antiquité sous le nom de Lumière rayonnante. Lors d’une conférence publique donnée en 1975, Benjamin Creme en a dit ceci : « Un jour, cette planète brillera comme un diamant dans les cieux. »
Un détail enchanteur de cette œuvre réside dans le fait que Benjamin Creme mettait à profit tout ce qui pouvait se prêter à ses intentions. Ici, en y regardant de plus près, on constate que la forme symbolisant le Diamant flamboyant a été obtenue en dépliant une enveloppe et en exploitant ainsi sa forme de losange, idéale pour l’effet recherché.
Les Trois Centres planétaires, 1975, 76,2 x 60,96 cm, huile et collage sur toile; signé.
La lumière – [sommaire]
Le thème de la lumière est fondamental pour l’être humain à travers toute son existence. Aux premiers stades de son évolution il n’est pas conscient de cette lumière mais, au fil de ses vies successives, il prend progressivement conscience des différentes formes de lumière qui influencent son être. En premier lieu, il y a la lumière du Soleil, qui offre à tous les règnes de la nature non seulement la clarté du jour, mais aussi la chaleur. Puis, à mesure qu’il se développe, l’homme manifeste un besoin croissant de lumière, qui se traduit notamment par le recours à l’éclairage artificiel durant les heures sombres de la nuit. Parallèlement, il éprouve un attrait grandissant pour des formes de lumière plus subtiles – en particulier celle de la connaissance. Les nombreuses écoles et voies d’apprentissage en témoignent, couvrant des domaines toujours plus vastes et touchant une proportion toujours plus grande de l’humanité. Tous ces aspects contribuent à l’éveil et à la reconnaissance finale de la lumière située dans la tête, guidant ainsi l’humanité tout entière vers ce niveau de conscience.
Avec l’évolution de l’homme, la Lumière Une est finalement atteinte après qu’il a progressivement traversé quatre stades :
(a) La Lumière de l’Instinct, généralement associée au stade animal, qui constitue la force directrice tant que la lumière de la raison n’a pas pris le relais.
(b) La Lumière de la Connaissance, véhiculée par la lumière de l’esprit qui dissipe les mirages de l’astral.
(c) La Lumière de la Sagesse, qui est la lumière de l’âme ; elle se fond avec la lumière de la connaissance pour permettre à l’aspirant de franchir un nouveau pas sur la Voie de la Lumière.
(d) La Lumière de l’Intuition, qui est l’instrument de l’initié. Elle résulte de la fusion de toutes les lumières inférieures et conduit à l’illumination.
L’expansion de conscience
Il convient toutefois de se souvenir que ces étapes ne sont pas nettement séparées. Elles se mêlent et se superposent, et servent seulement de symboles pour illustrer le développement spirituel progressif du disciple. À chaque étape, un nouvel environnement spirituel se révèle, et le contact avec l’âme se fait plus étroit. Chaque avancée mène à une nouvelle expansion de conscience, à des compétences et capacités élargies.
L’accès à une lumière plus vive accroît automatiquement les responsabilités de l’être humain, car il est attendu de ceux qui la reçoivent qu’ils en fassent un usage efficace pour le bien de l’humanité et à son service.
Dès que l’aspirant a perçu les premiers scintillements de la lumière dans la tête, l’obscurité intérieure s’accentue. Au début, cela peut mener au désespoir ou à un état de dépression profonde, mais il faut supporter ces épreuves jusqu’à ce que la pure lumière de l’âme finisse par dissiper les ombres. Alors le soleil intérieur diffusera sa lumière dans toute sa splendeur, illuminant la vie tout entière.
Cette lumière dans la tête conduit l’aspirant à la conscience de l’âme et à la Voie de la Lumière. En s’engageant sur cette voie, lui-même devient lumière et peut fonctionner comme une lampe, portant l’illumination aux autres et éclairant leur chemin. L’éclat de cette lumière peut être intensifié en concentrant l’attention sur la vie intérieure, par l’amour consciemment dirigé et la méditation. À mesure que le disciple progresse sur cette voie, il acquiert la capacité d’utiliser une lumière de plus en plus puissante, devenant ainsi réceptif à de nouvelles révélations.
Les étudiants prennent parfois conscience d’une lumière diffuse ou d’une lueur dans la tête : il s’agit de la lumière des atomes physiques constituant le cerveau. Lorsque plus tard ils perçoivent quelque chose comme le soleil dans leur tête, ils reconnaissent en fait la lumière éthérique qui s’ajoute à la précédente. Enfin, l’apparition de ce qui ressemble à une intense lumière électrique dénote probablement une fusion des lumières éthérique et atomique avec la lumière de l’âme.
L’observation de ces phénomènes lumineux ne doit pas être considérée comme un critère essentiel pour évaluer le stade de développement spirituel. Certains disciples ont atteint une étape avancée de leur évolution sans être conscients des radiances cérébrales décrites plus haut. Les disciples ne doivent donc pas s’inquiéter s’ils ne perçoivent pas ces lumières dans la tête.
Dans le domaine scientifique, les points de lumière se révèlent l’un après l’autre de manière systématique, contribuant ainsi à clarifier progressivement les liens unissant les nombreuses branches de la science au monde subjectif des énergies. Les découvertes se succédant désormais rapidement, les observations antérieures se trouvent confirmées et amplifiées. En effet, ces différents points lumineux commencent à s’associer et à se coordonner, synthétisant les multiples fils originels de lumière en un faisceau cohérent de radiance qui annonce la Nouvelle Ère et bouleverse pratiquement tous les concepts fondamentaux.
Cette nouvelle lumière, que la science reconnaît progressivement, concerne généralement les sphères éthériques— désignées dans le langage scientifique par l’expression« champ électromagnétique » — qui soutiennent et interpénètrent toute forme substantielle dans la nature et servent de lien commun unissant chaque manifestation phénoménale en un Tout unique. À cet égard, il faut aussi garder à l’esprit que « lumière et matière sont fondamentalement des termes synonymes ». L’intérêt actuel de la science porte en grande partie sur les multiples aspects du rayonnement : son orientation, son contrôle, sa réception, son action, son interaction et ses relations avec les règnes minéral, végétal, animal, humain et enfin spirituel. En même temps, cette nouvelle « lumière » conduit clairement la science vers la reconnaissance et l’acceptation de l’âme et de l’Esprit.
La Lumière divine
Au cours de son parcours évolutif dans le monde physique, le disciple prend contact avec la lumière de la matière, celle de l’esprit, puis la lumière de l’âme et de l’intuition. Ces dernières le soutiendront jusqu’à ce qu’il atteigne la perfection sur Terre, et donc jusqu’au moment où il n’aura plus besoin de revenir à la vie phénoménale pour acquérir de l’expérience. Lorsque la vie rayonnante de l’âme se fond avec la lumière magnétique du corps vital, elle stimule les atomes du corps physique jusqu’à ce que chacun d’eux devienne à son tour un petit centre radiant. Ainsi, lorsque l’homme est sous le contrôle de l’âme, la Lumière finit par jaillir et irradier à travers tout le corps. C’est cette radiance que l’on voit émaner des sages et des saints, les entourant d’un halo de lumière. L’initié accède alors à la Lumière suprême, la Lumière divine, émanant du Logos et canalisée par la Triade spirituelle. Cette lumière supérieure lui dévoilera des horizons insoupçonnés, au-delà de tout ce qu’un esprit humain limité serait susceptible de décrire et de comprendre.
Quels sont les trois principes du droit international ? – [sommaire]
La Charte des Nations unies énonce les principes fondamentaux du droit international public moderne, notamment :
- la promotion des droits de l’homme ;
- la limitation stricte du droit de recourir à la force contre d’autres États ;
- l’interdiction stricte de l’acquisition de territoires par la force.
Charte des Nations unies : Préambule
Nous, peuples des Nations unies résolus:
à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances,
à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,
à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
Et à ces fins:
à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage,
à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales,
à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun,
à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples,
Avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces desseins.
En conséquence, nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants, réunis en la ville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, ont adopté la présente Charte des Nations unies et établissent par les présentes une organisation internationale qui prendra le nom de Nations unies.
Chapitre I: Buts et principes
Article 1
Les buts des Nations unies sont les suivants:
1. Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin: prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;
2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;
3. Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion;
4. Être un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.
Article 2
L’Organisation des Nations unies et ses Membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’Article 1, doivent agir conformément aux principes suivants:
1. L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.
2. Les Membres de l’Organisation, afin d’assurer à tous la jouissance des droits et avantages résultant de leur qualité de Membre, doivent remplir de bonne foi les obligations qu’ils ont assumées aux termes de la présente Charte.
3. Les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
4. Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies.
5. Les Membres de l’Organisation donnent à celle-ci pleine assistance dans toute action entreprise par elle conformément aux dispositions de la présente Charte et s’abstiennent de prêter assistance à un État contre lequel l’Organisation entreprend une action préventive ou coercitive.
6. L’Organisation fait en sorte que les États qui ne sont pas Membres des Nations Unies agissent conformément à ces principes dans la mesure nécessaire au maintien de la paix et de la sécurité internationales.
7. Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ni n’oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte; toutefois, ce principe ne porte en rien atteinte à l’application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII.
Source : La Charte des Nations Unies https://www.un.org/fr/about-us/un-charter/full-text
Erica Chenoweth, la règle des 3,5 % et le mouvement No Kings (Pas de roi) – [sommaire]
En 2006, Erica Chenoweth, politologue à Harvard et alors encore doctorante, a participé à un séminaire d’une semaine sur la résistance non violente. À l’époque, elle était « bien intentionnée, mais extrêmement naïve » et considérait l’idée que des manifestations non violentes pouvaient entraîner des changements politiques majeurs, tels que le renversement d’un régime ou d’un dictateur. Mais, plus tard, elle a déclaré: « Dans une société qui célèbre les héros du champ de bataille lors des fêtes nationales, j’ai naturellement évolué vers cette croyance que la violence et le courage ne font qu’un, et que les véritables victoires ne peuvent se faire sans effusion de sang dans les deux camps. »
Cependant, lors de ce séminaire, elle a été abordée par Maria Stephan, qui allait bientôt devenir sa partenaire de recherches, et qui l’a mise au défi de prouver (ou de réfuter) son affirmation selon laquelle c’est principalement par la violence que des changements majeurs se produisent. Il s’avère qu’à cette époque, aucune recherche systématique détaillée n’avait jamais été menée pour déterminer si des manifestations non violentes par rapport aux luttes armées pourraient provoquer des changements de régimes politiques en profondeur.
Erica Chenoweth et Maria Stephan ont alors étudié un grand nombre de mouvements de résistance civile majeurs survenus entre 1900 et 2006, violents ou non violents, qui avaient tous pour objectif un changement complet de régime. Les résultats ont été une véritable révélation pour E. Chenoweth, car ils indiquaient que les mouvements pacifistes réussissaient deux fois plus souvent à atteindre leurs objectifs que les mouvements bellicistes. De plus, les actions non violentes attiraient en moyenne environ quatre fois plus de personnes que les actions violentes. Les effets à long terme de ces mouvements non violents étaient également plus positifs, conduisant souvent, par exemple, à des gouvernements beaucoup plus démocratiques.
E. Chenoweth a également découvert une autre tendance statistique significative dans le cadre de ses recherches. Dans tous les cas étudiés, aucun mouvement durable ayant atteint un pic de participation d’au moins 3,5 % de la population n’avait échoué à atteindre son objectif, même lorsqu’il s’agissait de s’opposer à des dictatures pratiquant une répression brutale. E. Chenoweth a appelé ce phénomène « la règle des 3,5 % ». Elle a également noté que dans tous les cas, les mouvements qui atteignaient la barre de 3,5 % étaient non violents.
Parmi les exemples cités par E. Chenoweth pour illustrer cette règle des 3,5 %, on peut retenir : la révolution du Cèdre en 2005 au Liban, qui a abouti à l’expulsion des forces syriennes et à l’élection d’un nouveau gouvernement indépendant ; la révolution chantante de 1987 à 1991, qui a restauré l’indépendance des pays balkaniques occupés par l’Union soviétique, à savoir l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ; et la révolution du pouvoir du peuple aux Philippines en 1986, qui a conduit au départ du puissant dictateur en place depuis longtemps Ferdinand Marcos.
En outre, de nombreux mouvements de résistance non violents atteignent leurs objectifs avec moins de 3,5 % de participation. Un exemple très récent est celui des manifestations menées par la génération Z, qui ont rassemblé plus de 100 000 personnes dans la capitale bulgare au début du mois de décembre 2025 et ont entraîné la démission du premier ministre bulgare Rosen Zhelyazkov. On estime que le succès des soulèvements non violents s’explique par diverses raisons. Ils sont plus susceptibles de faire basculer les soutiens qui permettent aux régimes autoritaires de se maintenir au pouvoir. Les forces de police sont moins enclines à recourir à la violence contre des civils non armés s’ils sont suffisamment nombreux, car les policiers ont plus de chance de compter des amis et des membres de leur famille parmi les manifestants. Ce fut le cas lors des manifestations en Serbie en 2000 : la police a refusé d’obéir aux ordres de tirer sur les manifestants. Les manifestations non violentes sont plus ouvertes et peuvent mobiliser plus facilement un plus grand nombre de personnes que les manifestations violentes. L’approche non violente et l’augmentation du nombre de participants permettent aux participants potentiels de se sentir plus en sécurité, et donc plus enclins à participer, qu’ils ne le seraient dans le cadre de soulèvements violents. L’influence et le pouvoir qu’exercent régulièrement ces mouvements non violents dans les domaines politiques, économiques, culturels et sociaux, ont tendance à se renforcer, entraînant des défections parmi les soutiens du pouvoir en place.
E. Chenoweth met toutefois en garde contre le fait que cette « règle » n’est pas nécessairement fiable et qu’elle pourrait ne plus s’appliquer dans tous les cas à l’avenir. (Il y a eu une ou deux exceptions depuis la publication en 2011 du livre d’Erica Chenoweth et Maria Stephan, Why Civil Resistance Works – non traduit.) De plus, à l’avenir le succès de ces manifestations risque d’être différent en raison de l’évolution du paysage politique, économique et technologique. Elle note que les outils technologiques tels les réseaux sociaux et les mécanismes de surveillance avancés pourraient modifier les tendances en matière d’efficacité de la résistance civile. Les régimes autoritaires auront sans doute tiré les leçons des succès des mouvements de protestation du passé et modifieront leur approche afin de neutraliser l’influence et les tentatives de la résistance civile pour susciter des défections dans les rangs des manifestants. Cela nécessitera également une modification des tactiques des mouvements de protestation afin de faciliter la poursuite des efforts de résistance.
Dans sa conférence TED de 2013 sur la règle des 3,5 %, E. Chenoweth a plaidé avec force en faveur d’un changement de notre façon de voir l’histoire, en s’appuyant sur ses conclusions concernant le pouvoir de la résistance non violente : « Et si nos cours d’histoire mettaient l’accent sur la décennie de désobéissance civile massive qui a précédé la Déclaration d’indépendance, plutôt que sur la guerre qui a suivi ? Et si nos manuels d’histoire-géographie mettaient l’accent sur Gandhi et Martin Luther King dans le premier chapitre, plutôt que de les mentionner en passant ? Et si tous les enfants quittaient l’école primaire en en sachant plus sur le mouvement suffragiste que sur la bataille de Bunker Hill ? »
Cette année, les manifestations No Kings (Pas de rois) aux États-Unis, qui protestaient contre les aspects autoritaires de l’administration Trump, ont été considérées par beaucoup comme une illustration concrète de la règle des 3,5 % en action. La deuxième manifestation No Kings, en octobre 2025, a rassemblé environ 7 millions de personnes à travers le pays, ce qui, selon de nombreuses estimations, en fait la plus grande manifestation de l’histoire des États-Unis. Les chiffres sont donc déjà dans la bonne fourchette et se rapprochent du seuil requis, puisque 3,5 % de la population actuelle des États-Unis représenterait environ 11 à 12 millions de personnes.

‘No Kings’ protest, New York City, 18 0ctober 2025 (Photograph: Rhododendrites, Wikimedia Commons)
De nombreux participants aux rassemblements No Kings ont souligné l’atmosphère festive, presque joyeuse, qui régnait lors de ces événements. Cela représente à la fois un élément nécessaire pour aider à maintenir la nature non violente des événements, et une manifestation du sentiment d’espoir et des opportunités que suscite la participation d’un si grand nombre de personnes. Si autant de personnes se mobilisent pour le changement, celui-ci commence à être perçu comme une véritable possibilité.
Cela contraste fortement avec le désespoir que beaucoup ont ressenti face aux actions tyranniques, oppressives et antidémocratiques qui se sont multipliées de manière flagrante depuis le début du second mandat de D. Trump. Un troisième événement No Kings est actuellement envisagé pour 2026. Cela pourrait être le début de la participation durable que nécessite le changement.
Une fois encore, E. Chenoweth met en garde contre une application trop stricte de la règle des 3,5 % : « C’est là qu’il est vraiment important de tirer les leçons de l’histoire de ces mouvements, à savoir qu’il ne s’agit généralement pas d’une seule journée de protestation. Il s’agit de construire un mouvement puissant sur le long terme. » Elle qualifie toutefois la marge de 3,5 % de « chiffre encourageant », dans la mesure où les gens ont le sentiment qu’il est possible de se mobiliser efficacement contre un régime autoritaire. Les événements No Kings peuvent-ils, à cet égard, constituer un pas dans la bonne direction ?
E. Chenoweth conclut sa conférence TED en appelant à utiliser de manière plus réfléchie nos récentes connaissances historiques sur l’efficacité du pouvoir populaire : « Maintenant que nous savons ce que nous avons appris sur la puissance de l’affrontement non violent, je considère qu’il est de notre responsabilité commune de faire passer le message, afin que les générations futures ne tombent pas dans le piège du mythe selon lequel la violence est leur seule issue. »
Comment se libérer de l’emprise des ultra-riches 1ʳᵉ partie : comprendre les ultra-riches – [sommaire]
Dans la première partie de cet article, j’analyse l’ordre économique néolibéral international actuel, qui a inévitablement engendré un monde profondément divisé et perpétue l’injustice, entravant ainsi les tentatives de trouver des solutions pour restaurer la santé de la planète et garantir la paix. Je me concentre essentiellement sur le rôle clé joué par les ultra-riches pour maintenir le statu quo à tout prix et empêcher toute réforme en profondeur du système économique.
Dans la deuxième partie, j’examinerai des pistes de solution à l’impasse actuelle, solutions qui permettraient de lever les blocages imposés par cette « caste » des plus riches, et sont indispensables pour préserver l’avenir.
La ruse des ultra-riches : comment faire ruisseler la richesse vers le haut
L’ordre économique néolibéral international n’a pas tenu sa promesse du prétendu effet de ruissellement, qui consistait, en substance, à laisser les riches s’enrichir davantage et à considérer que l’argent ruissellerait naturellement vers tous les acteurs économiques, instaurant ainsi équilibre et harmonie. Le système a produit l’effet inverse : l’accaparement des richesses et des ressources, du pouvoir et de l’influence, par une caste restreinte d’individus extrêmement riches.
Bien sûr, cette situation n’est pas le fruit du hasard, mais a été délibérément orchestrée par les oligarques eux-mêmes, qui ont usé de leur pouvoir pour influencer les décisions politiques en fonction de leurs intérêts et de leur volonté de s’affranchir de tout contrôle, de toute restriction, de toute limitation.
Le discours tenu par cette caste aux masses n’était en réalité qu’une diversion destinée à contraindre le peuple à participer, bon gré mal gré, au système. Fondé sur l’accaparement et l’accumulation de capital, ce système permet aux plus riches de s’accaparer les richesses et les ressources mondiales, et ainsi d’amasser toujours plus de richesses et de capital. Au-delà d’un certain seuil d’accumulation, il est quasiment impossible de les vaincre, car le système propulse la richesse et le pouvoir à une vitesse fulgurante vers le sommet de la pyramide sociale. C’est ainsi que les « gagnants » accèdent à un statut d’autonomie et de liberté, quelles que soient les circonstances internationales. Ils sont devenus les « intouchables » au sommet de la société.
Un puissant sentiment de séparation
Outre leur influence sur la politique nationale pour échapper à l’impôt sur le revenu et la fortune, cette caste recourt massivement aux paradis fiscaux du monde entier afin d’éviter de payer les impôts nécessaires au financement des investissements sociaux et de la société civile – notamment en matière de sécurité sociale, d’éducation et d’infrastructures. Elle rejette l’idée que sa richesse accumulée soit le fruit de la participation de l’ensemble de la société au système économique. Elle est pourtant assurément le produit d’évolutions historiques, politiques et sociales – culturelles, éducatives, commerciales, technologiques… Il ne s’agit pas d’une richesse auto-créée ex nihilo, mais d’une richesse collective.
La financiarisation – leur martingale
En accélérant la financiarisation de l’économie, de par la prépondérance des marchés financiers sur l’économie réelle, les plus riches ont accru leur part du gâteau économique et financier mondial à une vitesse sans précédent. Les marchés boursiers sont utilisés comme une arme d’accumulation massive de richesses, fruit de la marchandisation de la plupart des réalisations humaines dans tous les domaines d’activité : science, médecine, éducation… Chaque effort humain est devenu une marchandise, susceptible d’être tarifée et échangée. Directement ou indirectement, les plus riches contrôlent les grandes entreprises commerciales et financières qui opèrent sur ou par le biais des marchés boursiers. Plus on est riche, plus la fortune a crû rapidement, voire explosé, ces vingt dernières années. Selon Oxfam, la fortune des milliardaires a augmenté de 2 000 milliards de dollars en 2024.
https://www.oxfamfrance.org/rapports/lart-de-prendre-sans-entreprendre
Les très riches se moquent du changement climatique : se sauve qui peut!
Les plus riches pourraient contribuer de manière significative et positive à la lutte contre le changement climatique, mais la plupart d’entre eux s’en moquent éperdument. Pire encore, ils semblent persuadés de pouvoir s’isoler du reste du monde. Ainsi, nombre de millionnaires et de milliardaires internationaux ont acquis des terres et des propriétés dans des pays comme la Nouvelle-Zélande, afin de se constituer un refuge personnel1, au cas où la vie deviendrait trop difficile dans leurs pays respectifs… ou en cas de révolutions massives contre les plus riches à travers le monde !
Un autre exemple réside dans le secteur lucratif des jets privés. La pollution engendrée par le trafic aérien mondial est reconnue comme une source importante de pollution. Pourtant, les plus fortunés tiennent à conserver leur privilège de voyager librement à travers le monde. Vous vous souvenez peut-être du récent épisode du mariage de Jeff Bezos à Venise. Plus de quatre-vingt-dix jets privés ont atterri à l’aéroport, transportant des invités fortunés pour les cérémonies et les festivités. Une attitude de mépris flagrante, révélatrice de la mentalité des nouveaux nantis.
Les stratégies des très riches
La caste dominante recourt à diverses stratégies d’autoconservation pour se maintenir à flot et conserver des niveaux de richesse stratosphériques ainsi qu’une impunité totale, au détriment d’autrui. Noam Chomsky a parfaitement résumé et développé ce thème dans son ouvrage « Les dix stratégies de manipulation des masses ». Bien entendu, il va de soi que toutes ces stratégies impliquent une interaction étroite et complice entre les oligarques au pouvoir, les dirigeants politiques et les médias qu’ils contrôlent.
Détourner l’attention
Le recours à la désinformation est l’une de leurs armes favorites pour distraire et détourner l’attention du public. Les exemples abondent. L’un d’eux est la « transition écologique » utilisée par l’oligarchie mondiale pour empêcher toute réforme profonde des systèmes énergétique et économique à l’échelle planétaire. Après des décennies de campagnes de désinformation vouées à l’échec face à la prise de conscience croissante du public et à l’accumulation de preuves scientifiques du changement climatique, leur stratégie a évolué. S’ils ne parviennent pas à le combattre efficacement, ils entendent le pervertir de l’intérieur et s’assurer que les changements apparents restent bien en deçà de tout seuil significatif. L’oligarchie procure des financements à certaines ONG œuvrant pour l’environnement, tandis que l’extraction des énergies fossiles se poursuit à un rythme soutenu.
Selon Chomsky, d’autres stratégies actuelles incluent diverses tactiques de manipulation :
– Créer des problèmes, puis proposer les solutions.
– Sape progressive : lorsqu’une « réforme » souhaitée par les plus riches est trop difficile à mettre en œuvre rapidement, elle est appliquée progressivement sur plusieurs années. C’est une tactique typique, comme en témoigne la dégradation des services sociaux publics (santé…) et leur remplacement progressif par des services privés et payants.
– La stratégie du report : une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme douloureuse mais nécessaire à l’avenir.
– Infantiliser le public et adopter une attitude condescendante à son égard.
– Faire appel à l’émotion plutôt qu’à l’analyse et à la réflexion : jouer sur la peur et le sentiment d’impuissance, en générant des réactions primaires qui, à leur tour, engendrent anxiété et individualisme.
– Maintenir le public dans l’ignorance et la stupidité.
L’oligarchie ne s’intéresse pas au « progrès social », qui a longtemps été la principale motivation des politiques éducatives dans les pays occidentaux comme la France. Les enfants issus des classes supérieures ont les meilleures chances d’intégrer les meilleurs établissements scolaires. La privatisation de l’éducation et son coût élevé sont une conséquence directe visant à garantir le maintien des privilèges des classes aisées et à exclure les enfants des classes populaires.
– Inciter le public à se complaire dans la médiocrité. Inutile d’en dire plus, il suffit de regarder les programmes télévisés.
– Remplacer la révolte par la culpabilité.
– Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes.
À cette liste, j’ajouterais un phénomène récent apparu avec les technologies numériques : isoler les jeunes et les maintenir absorbés par leurs smartphones pendant de longues heures chaque jour. Les maintenir dans l’ignorance, plongés dans leurs distractions mentales favorites et incapables de distinguer le vrai du faux. L’oligarchie, tout comme le fascisme, prospère sur l’individualisme, l’ignorance, l’isolement et la séparation.
En résumé, l’objectif fondamental est de contrôler la pensée des citoyens. Cela implique indéniablement le contrôle des médias. En France, 90 % des médias traditionnels appartiennent à une poignée de magnats, un petit nombre de milliardaires. Et ils ont de bonnes raisons à cela.
Ces milliardaires veulent tirer le meilleur parti du système actuel. Ils craignent que cette prospérité ne s’épuise, soit dans des conditions apocalyptiques, soit à cause de vastes révoltes sociales contre leur domination oligarchique, alors que la démographie humaine atteint des sommets. Le système semble solidement ancré, immuable, et seul un choc majeur pourrait le faire s’effondrer et laisser place à autre chose.
Un tournant : les oligarques américains contre le reste du monde.
L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a marqué un tournant. Les oligarchies occidentales rêvaient depuis longtemps d’exercer directement le pouvoir politique au plus haut niveau. C’est chose faite. Cette clique oligarchique au pouvoir entend obtenir un contrôle absolu sur la vie politique. Les agences jugées « problématiques » (notamment celles liées à l’environnement et au changement climatique) sont soit sous-financées, soit purement et simplement démantelées. Une purge politique est en cours à tous les niveaux – la brutalité est leur mode de gouvernement actuel.
Qui plus est, ils ont déclenché une guerre contre les autres oligarchies mondiales afin d’instaurer une domination totale :
– Les multinationales américaines ne seront plus soumises à l’impôt minimum mondial de 15 %, qui visait à instaurer une plus grande harmonie et une plus grande équité fiscale au niveau international.
– Parallèlement à sa tristement célèbre politique de « droits de douane » imposés sur les biens et services importés, D. Trump a également contraint les pays européens à acheter des milliards de dollars de pétrole et d’armements américains…
– Le principe ou le droit d’extraterritorialité, souvent invoqué par les États-Unis, est renforcé et, inversement, aucune extraterritorialité ne peut être imposée aux entreprises et aux citoyens américains.
– Toutes les politiques et institutions multinationales, telles que l’OMC, l’OMS et les autres agences des Nations Unies, susceptibles de gêner les oligarques américains, les multinationales, les banques et autres institutions financières privées, sont systématiquement sapées afin de les affaiblir.
Ainsi, une asymétrie intenable se met en place, fondée sur l’imposition unilatérale, brutale et sans scrupules, de conditions inéquitables, le déni du droit à un recours en justice et à des mesures de rétorsion, et l’absence de responsabilité envers la communauté internationale. L’objectif sous-jacent est de démanteler et de dissoudre toute coopération et réglementation internationales – un retour au Far West à l’échelle mondiale. Les « barons voleurs » (comme au temps de J.P. Morgan et de ses acolytes) sont de retour. Cette fois, leur terrain de jeu est le monde entier.
À ce stade, après le choc initial qui a littéralement paralysé l’opposition, tant intérieure qu’internationale (à quelques exceptions près comme la Chine, la Russie, le Brésil…), la stratégie brutale de cette branche de l’oligarchie américaine semble avoir dépassé toutes les espérances, même celles de D. Trump. Et maintenant ? Telle est la question. Comment mettre fin à cette folie, vaincre cette oligarchie et changer le destin du monde ? C’est la question cruciale pour l’avenir.
1. C’est une sorte d’assurance contre l’apocalypse, comme le mentionne le journaliste français Pierre Marissal (L’Humanité, 16 avril 2019, cité par Monique Pinçon-Charlot dans son livre « Les riches contre la planète », page 38). La Nouvelle-Zélande est considérée par de nombreux scientifiques comme une terre verte relativement épargnée par les effets du changement climatique. Elle est ainsi devenue un nouvel eldorado vert, très prisé des plus fortunés. À tel point que le gouvernement néo-zélandais a dû freiner cette frénésie d’acquisitions foncières par de riches étrangers.
Le pouvoir de la curiosité humaine pour remodeler le monde – Discours d’Omar M. Yaghi, chimiste palestinien lauréat du prix Nobel 2025 – [sommaire]
Omar M. Yaghi, chimiste né en Jordanie de parents réfugiés palestiniens, a reçu en octobre 2025 le prix Nobel pour ses travaux sur les réseaux métalliques organiques.
Résumant sa découverte, il explique : « Les formes que nous avons créées comportaient des cavités ou des ouvertures. Elles englobent l’espace. Et dans cet espace, on peut piéger le dioxyde de carbone ou l’eau de l’air pour produire de l’eau potable, ou de l’hydrogène pour produire de l’énergie propre. »
Yaghi a grandi en travaillant dans la boucherie de son père pour aider sa famille à joindre les deux bouts. « J’ai grandi dans un foyer très modeste. […] Nous étions une douzaine dans une petite pièce, que nous partagions avec le bétail que nous élevions. » Il raconte qu’il rêvait de publier un article qui serait cité par au moins 100 autres chercheurs dans leurs propres travaux.

Discours d’Omar M. Yaghi lors du banquet du prix Nobel, le 10 décembre 2025
Au nom de mes co-lauréats Susumu Kitagawa, Richard Robson et moi-même, je remercie l’Académie royale des sciences de Suède et la Fondation Nobel pour cet honneur extraordinaire.
Ce soir, nous célébrons non seulement une réussite, mais aussi une perspective : le pouvoir de la curiosité humaine de remodeler le monde. Notre développement des metal-organic frameworks (réseaux métallo-organiques) ou MOF, a commencé par une idée simple mais audacieuse : celle de pouvoir concevoir des matériaux avec une précision atomique, formant des liaisons solides et résolues qui débloquent des fonctions remarquables.
De cette idée sont nées de nouvelles perspectives : le pouvoir d’extraire de l’eau pure de l’air du désert, de capturer le dioxyde de carbone directement de l’atmosphère. Ce ne sont là que les premiers chapitres. Avec d’innombrables structures et applications, les MOF passent rapidement du stade de promesse à celui d’outils pratiques qui vont changer d’innombrables vies.
Mon parcours a commencé loin de tout laboratoire. J’ai grandi à Amman, en Jordanie, dans une famille de réfugiés comptant dix enfants, dans une maison sans eau courante ni électricité, où nous partagions notre espace avec les animaux d’élevage, notre source de revenus. Les privations et les épreuves étaient omniprésentes. Mes chances de réussite étaient minces, à l’exception des voies surprenantes par lesquelles la nature se révélait et nous aidait à surmonter les obstacles.
Le tournant décisif s’est produit à l’âge de dix ans, lorsque j’ai découvert des dessins de molécules dans la bibliothèque de mon école. Leur beauté et leur mystère m’ont captivé, et lorsque j’ai appris qu’elles étaient les éléments constitutifs de tout ce qui existe, vivant ou non, elles ont éveillé ma passion pour la chimie, et j’ai été conquis pour toujours. Elle est devenue mon échappatoire et ma voie.
Une autre expérience de mon enfance m’a tout autant marqué. Dans le désert, l’eau était fournie par le gouvernement une fois par semaine ou par quinzaine. Je me souviens des murmures dans notre quartier : « L’eau arrive », et de l’urgence avec laquelle je me précipitais pour remplir tous les récipients que je pouvais trouver avant que le flux ne s’arrête.
Plusieurs années plus tard, en étudiant comment les MOF absorbent et libèrent l’eau, j’ai reconnu quelque chose de révolutionnaire dans ce qui semblait être un comportement ordinaire. J’ai vu comment ces MOF pourraient extraire l’eau de l’air du désert et la transformer en eau potable. Cela faisait écho au rythme de mon enfance, mais offrait désormais une solution aux difficultés que nous avions autrefois endurées. Je me demande souvent comment j’aurais reconnu ce schéma de données si je ne l’avais pas vécu moi-même.
Mais la leçon la plus profonde que nous enseignent les MOF réside dans leur métaphore : la force des MOF provient des liens entre leurs molécules, tout comme notre avenir dépend des liens que nous tissons entre les nations et les générations. La science des MOF est aujourd’hui pratiquée dans plus de 100 pays, inspirant les jeunes partout dans le monde, en particulier dans les pays en développement.
Et c’est là que réside notre plus grand espoir : une science capable de repenser la matière et une génération désireuse de la faire progresser. J’exhorte nos dirigeants à agir. Les scientifiques ne demandent pas de privilèges, mais des moyens. Soutenez leur curiosité. Supprimez les obstacles. Protégez la liberté de l’enseignement. Accueillez les talents du monde entier.
En matière de climat, l’heure est désormais venue d’agir collectivement. La science est là. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de courage, un courage à la mesure de l’énormité de la tâche, afin que nous puissions offrir à la prochaine génération non seulement le captage du carbone, mais aussi une planète digne de ses espoirs.
J’imagine un avenir où la pratique de la chimie ne nécessite pas d’être chimiste, où la connaissance est accessible à tous. Les progrès de l’IA pourraient rendre cela possible : un avenir où la chimie devient non seulement une science du progrès, mais aussi une science de l’espoir. Un avenir où aucun enfant ne sera confronté aux restrictions que j’ai connues, mais grandira dans un monde plus stable, plus prospère et plus juste.
Merci.
Source : https://www.nobelprize.org/prizes/chemistry/2025/yaghi/speech/ ; aljazeera.com
L’augmentation de 2 500 milliards de dollars de la richesse des milliardaires suffirait à éradiquer 26 fois l’extrême pauvreté. – [sommaire]
D’après un récent rapport d’Oxfam, la fortune des milliardaires a atteint en 2025, un record absolu : avec une hausse de plus de 16 %, elle a crû trois fois plus rapidement qu’au cours de la moyenne des cinq dernières années, pour atteindre la somme de 18.300 milliards de dollars.
Sachant que les milliardaires ont 4 000 fois plus de chances que les citoyens ordinaires d’occuper des fonctions politiques, cette situation engendre des inégalités politiques sans précédent. Un programme de recherche du World Values Survey (WVS) mené dans 66 pays, a révélé que près de la moitié des personnes interrogées estiment que les riches achètent souvent les élections dans leur pays.
Le rapport « Résister au pouvoir des riches : protéger la liberté face au pouvoir des milliardaires » analyse comment les ultra-riches s’assurent un pouvoir politique pour façonner les règles de nos économies et de nos sociétés à leur propre profit et au détriment des droits et libertés des populations du monde entier.
L’an dernier, la richesse totale des milliardaires a bondi de 2 500 milliards de dollars, soit presque l’équivalent de la richesse totale détenue par la moitié la plus pauvre de l’humanité – 4,1 milliards de personnes.
Le nombre de milliardaires a dépassé les 3 000 l’an dernier pour la première fois, tandis que le plus riche, Elon Musk, est devenu le premier à franchir la barre des 500.000 milliards de dollars.
Les milliardaires ont 4 000 fois plus de chances d’occuper des fonctions politiques que les gens ordinaires.
L’augmentation de 2 500 milliards de dollars de la richesse des milliardaires suffirait à éradiquer 26 fois l’extrême pauvreté.
Parallèlement, des milliards de laissés-pour-compte sont confrontés sans nécessité aux affres de la pauvreté, de la faim, ainsi que des décès liés à des maladies qui pourraient être évitées. Tout cela parce qu’ils sont victime d’un système qui est ligué contre eux.
À l’échelle mondiale, une personne sur quatre souffre d’insécurité alimentaire et doit régulièrement sauter des repas. […]
Source : https://www.oxfam.org/en/research/resisting-rule-rich
Conférences Reith de la BBC en 2025 : « La Révolution morale » – [sommaire]
« À maintes reprises, de petits groupes de citoyens engagés ont fait pencher la balance de l’histoire vers la justice. Et quel que soit le résultat, il y a de la beauté dans l’effort, dans chaque acte de courage, dans chaque étincelle de vérité, dans chaque vie riche et épanouie. Nous ne pouvons pas construire des monuments en pierre qui dureront éternellement, mais nous pouvons construire des monuments intemporels. » (Rutger Bregman)
L’écrivain néerlandais Rutger Bregman né en 1988 et vivant aux États-Unis est l’un des fondateurs de The School for Moral Ambition (l’Ecole de l’ambition morale). Il a plaidé avec force en faveur d’un revenu de base universel, parmi d’autres réformes sociales. Il a écrit son premier livre, Utopia for Realists (Utopies réaliste, éd. Seuil), à l’âge de 25 ans, en 2014. Fils de pasteur, il est idéaliste, sans appartenir à aucune religion, et a le sentiment profond d’avoir une mission morale qui consiste à contribuer au bien dans le monde.
Il a été choisi cette année pour donner les quatre conférences Reith de la BBC, un événement annuel organisé en l’honneur du fondateur de la BBC (Lord John Reith). Ces entretiens sont toujours intéressants et empreints de gravité. La partie questions-réponses avec le public en direct occupe une grande partie du temps. La série de R. Bregman s’intitulait « La révolution morale ». Ces quatre conférences ont été données depuis le Royaume-Uni et l’université de Stanford aux États-Unis, et R. Bregman avait promis que ses thèmes seraient « la misère », « la rédemption » et « la reconnaissance ou la gratitude ».
Sa première conférence était donc une critique cinglante des grandes entreprises, du matérialisme et du cynisme de la société actuelle. La BBC a censuré sa déclaration sur Donald Trump, qu’il qualifiait de « président le plus ouvertement corrompu de l’histoire américaine ».
Dans ses conférences, R. Bregman a posé la question suivante : « Pouvons-nous remettre la bonté au goût du jour ? » Son message essentiel repose sur le constat qu’il suffit d’un petit groupe de personnes pour que la bonté se propage, presque comme un virus. Les initiateurs d’un mouvement moral sont peut-être agaçants par leur ferveur et leur détermination, mais ils ont le pouvoir de faire évoluer les mentalités. À titre d’exemple, il a raconté l’histoire du mouvement abolitionniste en Grande-Bretagne, mené par William Wilberforce à la tête d’un petit groupe, qui a contribué à faire du Royaume-Uni le premier pays à abolir l’abomination de l’esclavage. R. Bregman a également raconté l’histoire de Thomas Clarkson, un autre abolitionniste moins connu de la fin du XVIIIe siècle, qu’il décrit comme une « locomotive morale ».
Un autre héros pour P. Bregman est Lord Bertrand Russell (1872-1970), érudit britannique qui s’est illustré dans les années 1950 et 1960 pour son engagement dans le mouvement antinucléaire (et qui a été arrêté pour avoir pris part à une manifestation dans un contexte qui rappelle les arrestations actuelles de personnes participant aux manifestations d’Action Palestine). R. Bregman a cité une interview de B. Russell en 1959, dans laquelle ce dernier était invité à dire quelles recommandations il donnerait aux générations futures. Son conseil intellectuel était de voir le monde tel qu’il est, son conseil moral était de tolérer nos différences : « L’amour est sage, la haine est stupide ». B. Russell a écrit : « Trois passions, simples mais extrêmement fortes, ont gouverné ma vie. Le désir d’amour, la quête de connaissance et une pitié insupportable pour la souffrance de l’humanité. Ces passions, telles des vents violents, m’ont ballotté çà et là, dans une course capricieuse sur un immense océan d’angoisse, jusqu’au bord même du désespoir. »
Dans sa dernière conférence, « Fighting for Humanity in the Age of the Machine » (Lutter pour l’humanité à l’ère des machines), R. Bregman pose la question suivante : « Qu’est-ce qui est sacré ? ». Comme il ne croit plus en un Dieu dans les cieux, la réponse se trouve « ici sur terre », dans notre propre nature humaine. « Le désir d’amour est sacré. La quête de la connaissance est sacrée. Les souffrances insupportables de l’humanité sont sacrées. De même que les petites choses : le rire et le chant, les liens d’amitié, la joie du jeu, les merveilles de l’art, la beauté de la nature, le privilège d’accorder son attention ; toute l’humanité est sacrée. C’est la révélation qui découle de notre histoire. Nous ne sommes pas des pécheurs déchus. Nous sommes des singes en pleine évolution. Le véritable sens de l’aventure humaine ne se trouve pas dans les cieux, mais dans l’avenir que nous pouvons construire ensemble. » C’est avec ce sentiment de « gratitude » que R. Bregman termine sa série de conférences.
Une expérience inoubliable lors de conférences données par Murdo MacDonald-Bayne – [sommaire]
Au printemps 1948, Macdonald-Bayne a donné une série de conférences en Afrique du Sud. Une jeune femme nommée Mlle Bagot-Smith, qui y assistait, a décrit cette expérience comme inoubliable : « Ce ne sont pas les termes utilisés eux-mêmes qui ont rendu ces conférences si incroyables, mais la manière dont ils ont été prononcés. […] Aucune description ne saurait rendre compte de la force extraordinaire de la Présence du Maître […]. »
Mlle Bagot-Smith a ensuite décrit comment ce conférencier souriant et doux se transformait par la présence imposante de son Maître, le Maître Jésus : « Puis, soudain, un changement étonnant se produisait : une courte et vive inspiration, et le Maître lui-même était présent, dans le même corps, mais complètement transformé. Nous savions parfaitement que le conférencier était toujours la personne que nous connaissions et respections tous depuis des années, mais en même temps, il s’était complètement transformé. Ce changement nous a tellement surpris que nous pouvions à peine le concevoir. Mais en même temps, c’était réel, et nous savions que c’était vrai. L’homme qui se tenait devant nous semblait maintenant exceptionnellement grand, beaucoup plus grand que le conférencier lui -même. Les mots ne peuvent décrire la force de cette vérité étonnante, mais c’était ainsi. […]
Il nous saluait et nous bénissait avec ces mots : « Je vous apporte ma paix », ou bien « Je vous apporte ma paix et mon amour ». Il accordait sa bénédiction en levant deux doigts de la main droite à la manière d’un roi.
Un calme se répandait dans la salle : une puissante vibration, comme un torrent de chaleur, traversait nos corps, brûlant toutes les parties imparfaites et les guérissant au fur et à mesure qu’elle circulait. »

Selon Benjamin Creme, Murdo MacDonald-Bayne (1887-1955) était un initié de niveau 2.0 et avait reçu une formation auprès de Maîtres au Tibet. Il était un guérisseur renommé et l’auteur de nombreux livres, notamment Beyond the Himalayas et Divine Healing of Mind and Body (non traduits). Il a créé des centres dans de nombreux pays à travers le monde pour diffuser « les véritables enseignements du Christ ».
Source : theascendedmasters.com
Sondage américain sur le paranormal – [sommaire]
L’institut YouGov, spécialisé dans les études de marché et les sondages d’opinion, a interrogé 1 136 Américains sur leurs expériences paranormales du 1er au 6 octobre 2025. Les résultats ont montré qu’une majorité d’Américains pensent avoir vécu une expérience paranormale. Sur les treize expériences paranormales énumérées dans le sondage, 60 % des sondés ont déclaré en avoir vécu au moins une. La plus courante est la perception d’une présence ou d’une énergie inconnue, ressentie par 35 % des personnes interrogées. Il est intéressant de noter que Benjamin Creme a déclaré dans la vidéo YouTube « A la découverte du Soi » : « Maitreya explique que parfois, vous avez l’impression qu’il y a quelque chose ou quelqu’un derrière vous, autour de vous, au-dessus de vous, tout autour de vous. C’est le Soi. Cela se produit lorsque vous êtes seul. » Peut-être que certains de ces ressentis d’une présence ou d’énergie inconnue étaient relatives au Soi.
Les cinq expériences les plus fréquentes sont :
– sentir une odeur inexpliquée (32 %)
– entendre une musique inexpliquée (31 %)
– entendre une voix désincarnée (26 %)
– sentir un changement de température inexpliqué (26 %)
– voir de la fumée sans cause apparente (9 %) et voir un fantôme (7 %).
Ces chiffres augmentent considérablement chez les personnes pensant vivre dans une maison hantée :
– ressentir une présence ou une énergie inconnue (71 %)
– entendre des sons ou de la musique inexpliqués (62 %)
– sentir des odeurs inexpliquées (58 %)
– entendre des voix désincarnées (56 %)
– changements de température inexpliqués (56 %)
Environ 33 % des sondés pensent qu’il existe une explication scientifique à leur expérience et 35 % pensent que cette expérience était véritablement inexplicable ou paranormale. Le sondage a également révélé que 43 % des personnes interrogées croyaient à l’existence des esprits,42 % aux médiums et 38 % aux fantômes. En bas du classement, seules 6 % croyaient aux vampires ou aux loups-garous.
Parmi les sondés, 29 % croient avoir des capacités paranormales ; 23 % affirment pouvoir ressentir les émotions ou l’aura d’autres personnes ; 10 % croient pouvoir prédire l’avenir ; 9 % croient pouvoir entendre les voix ou les sons émis par des fantômes ; 9 % croient en leur capacité à voir le passé ; et 7 % pensent pouvoir lire dans les pensées, voir des événements à distance ou communiquer avec les morts.
Si l’on étudie ces chiffres par sexe, les femmes sont plus ouvertes à l’existence d’expériences paranormales et d’entités paranormales : 35 % des hommes pensent que leurs expériences inexpliquées ont une explication scientifique, contre 28 % des femmes ; les femmes sont plus nombreuses à croire en l’existence des médiums (47 % contre 36 % des hommes) ; 42 % des femmes croient aux fantômes, contre 33 % des hommes ; et 55 % des femmes croient que certaines personnes ont des capacités paranormales, contre 44 % des hommes.
Parmi toutes les personnes qui affirment avoir vu un esprit ou un fantôme, 20 % d’entre elles déclarent n’avoir vécu cette expérience qu’une seule fois. Celles qui affirment avoir vu un esprit ou un fantôme deux fois représentent 18 % ; trois fois, 17 % ; quatre fois, 4 % et 22 % affirment en avoir vu au moins cinq fois. Parmi celles qui affirment avoir vu un fantôme, 30 % pensent avoir vu à la fois le fantôme d’une personne qu’elles connaissaient et celui d’une personne qu’elles ne connaissaient pas ; 23 % de celles qui ont vu un fantôme ont déclaré qu’il s’agissait d’une personne connue, tandis que 30 % ont vu le fantôme d’une personne inconnue.
Les sondés qui ont déclaré avoir vu un esprit ou un fantôme et ont affirmé qu’ils étaient bons représentent 31 % ; 24 % pensent qu’ils sont neutres ; 8 % ont déclaré que les fantômes qu’ils ont vus étaient mauvais ; 21 % ont affirmé avoir vu des esprits bons, mauvais et neutres.
Dans l’ensemble, 15 % des Américains sondés pensent que les esprits ou les fantômes sont généralement bons, tandis que seulement 4 % pensent qu’ils sont mauvais. Ceux qui pensent qu’ils sont neutres représentent 19 % et 54 % pensent qu’ils peuvent être bons, mauvais ou neutres.
Les sondeurs ont également demandé aux personnes interrogées si elles achèteraient une maison, sachant que l’ancien propriétaire y avait été assassiné. 23 % achèteraient quand même la maison, mais 43 % ont affirmé qu’elles ne le feraient pas. Cependant, 77 % pensent que le vendeur devrait être légalement tenu d’informer un acheteur potentiel que l’ancien propriétaire a été assassiné dans la maison.
Source : Most Americans say they have experienced at least one paranormal event by Jamie Ballard (La plupart des Américains déclarent avoir vécu au moins un événement paranormal, par Jamie Ballard). https://today.yougov.com/society/articles/53258-most-americans-say-they-have-experienced-at-least-one- paranormal-event & Benjamin Creme on Discovering the Self (2 of 3), https://www.youtube.com/watch? v=sFP0XN7ha2Q]
Le combat pour libérer l’énergie (1ʳᵉ partie) – [sommaire]
Malgré les problèmes récurrents d’incompatibilité entre la science et la religion, qui se résument en fait à une question de point de vue, il semblerait que la science, non sans quelque ironie digne d’un drame shakespearien, se soit revêtue d’un faux habit religieux. En son état actuel, la science semble plus préoccupée à protéger et maintenir un système de croyance orthodoxe, apanage des religions conventionnelles, que de poursuivre sa démarche initiale consistant à explorer et étudier librement les secrets de la nature. Où sont aujourd’hui les libres penseurs frondeurs, les « Tesla », les « Einstein », les « Heisenberg », les « Curie » et les « Faraday », dont les découvertes remarquables nous ont fait entrer dans un monde technologique moderne ? Ils sont, pour la plupart, repoussés aux confins d’une orthodoxie pseudo scientifique qui croit plus au bien-fondé de ses « vérités établies », qu’à l’examen et la remise en cause de ces mêmes vérités.
Tesla, par exemple, qui a révolutionné la planète par la création du système de production et de distribution d’électricité avec le courant alternatif, a eu à sa mort en 1943, tous ses documents techniques et scientifiques confisqués, au nom de la « sécurité nationale », par un obscur département du gouvernement américain du nom d’Office of Alien Property- OAP –(Bureau des biens étrangers), bien que le FBI soit fortement soupçonné de cette action.
En dépit de son génie, Tesla a vécu la dernière partie de sa vie dans l’ombre et dans une relative pauvreté, ostracisé par le pouvoir en place qui considérait comme source de nombreux problèmes ses idées non conventionnelles, particulièrement celle sur l’énergie libre. Ces autorités sont une alliance contre-nature entre les pires aspects du gouvernement et les entreprises privées, alliance que le président Eisenhower qualifiait de complexe militaro-industriel.
Comme l’a déclaré l’inventeur James F. Murray III, la recherche d’une forme d’énergie illimitée et propre s’avèrera extrêmement difficile « non pas à cause des limitations techniques mais plutôt en raison de notre incapacité à penser en dehors des paradigmes existants et de la peur d’un affrontement avec les intérêts acquis qui nous maintiendraient indéfiniment dans une ère de moteurs à combustion polluants et peu efficace, même si nous avons les voitures électriques. »
Pionniers et conservateurs
Une élite au pouvoir centralisé et protégé par une armée de conservateurs, domine le discours public au sujet de nos besoins futurs en énergie et sur ses moyens de production. De l’autre côté, les « innovateurs » travaillant sans relâche mais désespérément en sous-effectifs et sous-équipés, tentent d’effectuer des percées jusqu’à ce centre bien gardé. C’est une sorte d’insurrection intellectuelle, asymétrique par nature, un côté ayant toutes les ressources, et l’autre côté procédant par des méthodes audacieuses et une conviction véritablement obstinée. William Zebuhr, directeur technique du magazine Infinite Energy a trouvé les mots justes lorsqu’il déclare : « La plupart des preuves qu’une technologie meilleure radicalement différente existe ne sont pas actuellement cachées, mais simplement ignorées et dénigrées par le courant dominant. »
Alors qui sont donc ces penseurs révolutionnaires et novateurs, dont la plupart d’entre nous n’ont jamais entendu parler en raison du travail assidu des conservateurs cités plus haut, dont la tâche consiste à maintenir le statu quo ? Comme mentionné auparavant, le plus éminent de ces penseurs révolutionnaires est Nikola Tesla, un prodige croate qui a émigré aux États-Unis, nourrissant le rêve d’inventer un système électrique capable de fournir une énergie libre pour tous. A la fin du XIXᵉ siècle, il pouvait percevoir dans son esprit son invention aussi clairement que si l’appareil se trouvait matériellement devant lui tel un hologramme qu’il pouvait observer et étudier sous tous les angles. Il créa ainsi le générateur à courant alternatif qui permettra la production d’électricité dans le monde. Il a imaginé un moteur élégant et simple, révolutionnaire pour l’époque, qui consistait en un champ magnétique rotatif produisant des courants alternatifs hors phase l’un par rapport à l’autre. Jusqu’alors, la distribution de l’énergie électrique s’effectuait par le courant continu développé par Thomas Edison, pour qui N. Tesla avait travaillé à son arrivée en Amérique. Alors que T. Edison avait rompu sa part du contrat de manière assez malhonnête, il a quitté son emploi et poursuivi sa carrière en développant son système supérieur de courant alternatif avec le soutien et l’investissement d’un autre industriel, George Westinghouse. T. Edison, rancunier, essaya d’entraver le développement de cette nouvelle forme de production d’énergie, mais le courant alternatif, système plus efficace et fiable, a finalement gagné la bataille. La suite appartient à l’histoire.

Transmission divine
N. Tesla était sans aucun doute un scientifique/inventeur peu orthodoxe, peut-être le premier en son genre en matière de nouvelles technologies, bien qu’à l’origine le développement de cette technologie particulière dans l’histoire de l’humanité soit dû aux travaux du chimiste et physicien Michel Faraday. Dans les années 1830, celui-ci découvrit les lois de l’induction électromagnétique et inventa donc les tout premiers moteurs, dynamos et transformateurs électriques sans lesquels les plus récentes recherches autour de l’énergie libre n’auraient pu exister, de même que le monde moderne tel que nous le connaissons.
Au regard de la découverte considérable de M. Faraday, le livre de Murdo MacDonald Bayne Beyond the Himalayas (Aux confins des Himalayas, – traduction Pierre Cocheril) apporte un éclairage intéressant, plus ésotérique, sur l’importance et la véritable signification de l’électromagnétisme. Dans ce livre, MacDonald Bayne, relate une des nombreuses conversations révélatrices qu’il eut avec un enseignant érudit nommé Geshi Rimpoché lors de son voyage à travers le Tibet. Celui-ci explique : « Le rythme parfait est comme le flux et le reflux de la marée, rien ne peut résister à sa puissance tranquille et régulière. Car au sein du rythme parfait réside la Créativité Infinie. Le Créateur et sa Création sont Un, non séparés, car nous ne sommes en aucune manière séparés du rythme de l’Intelligence Divine qui s’exprime.
Le rythme parfait s’écoule à travers et sur la Terre du nord au sud, polarisé par le soleil et la lune, se levant à l’est et se couchant à l’ouest.
Cette force devient à présent électromagnétique ; elle maintient la Terre sur son axe et retient tout sur elle par la puissance de son attraction magnétique. Si cette force cessait d’exister, d’autres courants magnétiques attireraient la Terre à une vitesse tellement puissante qu’elle se briserait en la poussière cosmique de laquelle elle a surgi. Dans cette force électromagnétique demeure le secret de grandes découvertes.
En effet, la totalité de l’éther est magnétisée par des vagues électromagnétiques permettant au monde entier d’entendre et de sentir simultanément la station de radio divine.
Nous sommes ici sur le toit du monde, le centre comme on pourrait l’appeler, et à l’aide de nos pensées fortement imprégnées de l’Amour de Dieu, nous pouvons aider le monde en nous accordant au rythme de l’Univers qui émane du Cœur de Dieu. »
Revenons à N. Tesla et à sa manière inhabituelle de voir le monde. En 1893, de même que MacDonald. Bayne rencontra de grands enseignants au Tibet, N. Tesla fut présenté à Swami Vivekananda, célèbre enseignant indien, qui était à l’époque en tournée en Amérique pour enseigner la philosophie universelle du Vedanta. Ils se rencontrèrent par la suite à plusieurs reprises. Ces rencontres amenèrent un profond échange d’idées entre les deux hommes, et pour N. Tesla une compréhension de la philosophie védique qui lui permit de développer sa perception de ce que nous appelons aujourd’hui l’énergie libre et qu’il appelait alors l’énergie rayonnante.

N. Tesla utilisait parfois des termes sanskrits dans ses écrits scientifiques, ce qui ne ressemblait pas à la procédure habituelle des scientifiques de l’époque. En 1907, un article intitulé « Le plus grand accomplissement de l’homme »stipulait : « Il y a longtemps, les êtres humains reconnaissaient que toute la matière perceptible provient d’une substance primordiale, une ténuité inconcevable qui remplit tout l’espace, nommée Akasha ou éther lumineux, sur laquelle agit le Prana donneur de vie, force créatrice amenant à l’existence en cycles sans fin, toutes choses et phénomènes. La substance primordiale, projetée dans des tourbillons infinitésimaux d’une prodigieuse vélocité devient de la matière brute ; la force se retirant, le mouvement cesse et la matière disparait, retournant à la substance primordiale. »
En fait, le président de l’International Tesla Society, Toby Grotz, ingénieur en électricité qui étudiait également les Vedas, a écrit un livre intitulé « The Influence of Vedic Philosophy on Nikola Tesla’sUnderstanding of Free Energy » (L’influence de la philosophie védique sur la compréhension de l’énergie libre par Nikola Tesla).En étudiant les Vedas, T. Grotz comprit que la demi-période de 13 000 ans de l’« horloge cosmique » du zodiaque touche à sa fin et que notre période actuelle de chaos peut être une entrée dans un nouvel âge d’or d’harmonie, amenant de grands changements et le développement d’extraordinaires technologies. Nikola Tesla était assurément en première ligne de cette nouvelle ère, en même temps que l’arrivée des savoir-faire extraterrestres que représentent les Ovnis.

Les rouages de la Nature
Au tout début du XXᵉ siècle, N. Tesla travaillait sur son émetteur amplificateur, la célèbre tour de transmission Wardenclyffe de Long Island dans l’État de New York, qui allait devenir sa prochaine grande invention après celle du courant alternatif, capable de transformer la manière de générer l’électricité dans le futur. La tour pouvait être chargée d’un volume incroyable de 30 millions de volts à l’aide d’un simple appareil. Cependant, son système futuriste était toutefois non pas un générateur, mais plutôt un receveur destiné à amplifier la puissance électrique collectée pour la retransmettre ensuite sans câble. Malheureusement son invention n’a pas pu être réalisée, son principal soutien financier, J.P. Morgan, ayant cessé tout financement du projet en réalisant que le système ne pouvait pas être mesuré et donc impossible à facturer. N. Tesla tomba ensuite en disgrâce, y compris auprès de certains éléments influents de la communauté scientifique, qui considéraient ses propositions comme « excentriques » et son travail comme celui d’un « illuminé », dénigrant ses réalisations précédentes.
Il continua à travailler de façon indépendante, en dépit de moyens financiers restreints, et il réussit à maitriser l’énergie rayonnante. Il utilisa cette forme d’énergie avec un circuit électronique spécial pour alimenter une voiture qu’il nomma the Pierce Arrow (la flèche percée), bien que ceci soit une légende controversée en raison de l’incapacité des chercheurs à trouver une quelconque preuve matérielle du véhicule. Il y a néanmoins une preuve récente confirmée par un « établissement allemand spécialisé inventions » dont le dirigeant de l’époque, Heinrich Jebens, avait rencontré N. Tesla lors d’une visite aux États-Unis dans les années 1920. Selon les propres notes de H. Jebens, le célèbre inventeur lui fit faire un tour, dans le plus grand secret, dans la nouvelle Pierce-Arrow. Un appareil alimentait le véhicule, qui était, comme le décrit H. Jebens, un des brevets précédents de Tesla sur l’énergie éthérique. Il mentionne également que le véhicule, étrangement, n’avait ni moteur ni réservoir à essence. Cette « voiture électronique » (avant même que celles-ci n’existent), capable de fonctionner avec l’énergie éthérique, est en accord avec la prédiction faite par le jeune étudiant N. Tesla à Budapest en Hongrie, avant qu’il n’émigre en Amérique. Il déclara : « Avant même que plusieurs générations ne se succèdent, nos machines seront alimentées par une puissance obtenue à partir de n’importe quel point de l’univers […] il y a de l’énergie d’un bout à l’autre de l’espace […] ce n’est qu’une question de temps avant que les hommes ne réussissent à relier leurs machines aux rouages mêmes de l’univers. »
(La deuxième partie sera publiée sur ce site en mars)
Citation
Message de Maitreya
Brève
Courrier des lecteurs
Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.
Rayons
Selon le Maître DK, un rayon est « le nom donné à une certaine force ou à un certain type d’énergie, considéré sous l’angle de la qualité qui en émane ». Les rayons transmettent ainsi leurs qualités à toute la création, y compris la constitution humaine. L’âme, la personnalité, le corps mental, le corps émotionnel et le corps physique, sont tous colorés par l’un ou l’autre des sept rayons. De manière à faciliter l’étude et la compréhension des rayons, le Maître de Benjamin Creme, au fil des ans, a accepté de répondre à des questions portant sur la structure de rayons (et le niveau d’évolution) de certaines personnalités mais, par discrétion, jamais pour des personnes en vie. Pour approfondir cette étude, nous renvoyons le lecteur aux enseignements d’Alice Bailey (Lucis Trust), aux ouvrages de Benjamin Creme et aux précédents numéros de Partage international.
Dernière de couverture
Cahier anniversaire
Le 19 juillet 1977, Maitreya, l’Instructeur mondial, est arrivé dans la communauté asiatique de Londres − son point d’attache dans le monde moderne − et le 22 juillet il a commencé sa mission. Trente ans plus tard, nous célébrons cet événement extraordinaire à travers les pages suivantes.
Questions-réponses de Benjamin Creme
Questions-réponses
Réponses de Benjamin CremeMaitreya a dit qu’il apparaissait seulement lorsqu’on le lui demandait. Pouvez-vous commenter cela ? – [sommaire]
Note: ces questions/réponses sont extraites d’une conférence à San Francisco, le 12 juiller 1990
Je pense qu’il s’agit d’un malentendu. Je n’ai pas dit que Maitreya apparaissait que lorsqu’on le lui demandait. Il apparaît aux gens, qu’on le lui demande ou non. Il apparaît aux gens dans leurs rêves, il apparaît aux gens sous forme de visions. Il apparaît aux gens sous la forme physique solide. Toutefois, je n’ai pas connaissance de personnes qui lui aient réellement demandé d’apparaître devant elles. Je connais des personnes à qui il est apparu de ces trois manières et aucune d’entre elles n’a spécifiquement demandé : « Maitreya, apparais devant moi », mais peut-être qu’intérieurement, elles étaient ouvertes, prêtes, et qu’elles ont demandé dans leur cœur de le voir. C’est tout à fait possible.
Percevez-vous un conflit ou un mirage chez quelqu’un qui, d’une part, ressent profondément que ce que vous dites est la vérité, mais qui, d’autre part, ne s’implique pas en pratique dans un travail lié à la Réapparition, préférant appliquer ce stimulus dans un autre domaine et dans une autre voie de service ? – [sommaire]
Eh bien, à mon avis, c’est du mirage, je dois dire. Pardonnez-moi, mais c’est un mirage. La chose la plus importante que vous puissiez faire si vous croyez que cela est vrai à quelque niveau que ce soit, si vous avez un début de conviction, si cela sonne juste pour vous, c’est de faire savoir, à quelque niveau que ce soit, que cette vérité vous parle. Ce qui importe, c’est de créer un climat d’espoir, d’attente de la venue de Maitreya, afin qu’il puisse effectivement entrer dans nos vies sans enfreindre notre libre arbitre. Cela a été mon rôle au cours des seize dernières années, et tous ceux qui peuvent croire, à quelque niveau que ce soit, contribuent à cette prise de conscience. Cela crée non seulement un climat d’attente mais élève également l’esprit de l’humanité. Cela crée des conditions d’espoir pour les gens, de l’espoir pour l’avenir. Ils voient que la guerre est finie. Ils savent que, s’ils y participent, le début d’une transformation de ce monde plein d’inégalités et de désespoir est à portée de main. Il est donc illusoire de penser que tout ce que vous pourriez faire d’autre avec votre énergie a la même importance. Le moment est venu de mettre de côté vos petites vies personnelles et de les consacrer au bien de toute l’humanité.
Pourriez-vous développer votre définition du détachement comme l’un des trois principes de vie ? – [sommaire]
Le détachement a plusieurs connotations. Beaucoup de gens considèrent le détachement comme de l’indifférence, comme le fait d’être tellement détaché des événements qu’on en devient indifférent, avec une sorte de mépris froid et sans amour ; une « séparation » d’avec le monde.
Le détachement, tel que l’entend et le comprend Maitreya, est tout le contraire de cela. C’est le contraire de l’indifférence. C’est une implication totale dans la vie et tout ce que cela implique, mais tout en gardant un certain recul. Il s’agit d’une implication totale dans la vie et tout ce que cela implique, mais en même temps, il s’agit de se détacher des véhicules du Soi en établissant une relation correcte avec le Soi. Il dit : « Seul le Soi compte », et notre souffrance est causée par le fait que nous nous identifions à tout ce qui n’est pas le Soi. Nous avons tendance à nous identifier au corps physique, à nos structures émotionnelles, aux systèmes énergétiques, à notre mental, aux constructions de notre mental, à nos croyances, à notre conditionnement, à notre monde intérieur. Nous nous identifions à ces éléments et pensons que c’est nous. Ce n’est pas nous. Nous ne sommes pas le corps, nous ne sommes pas l’esprit, nous ne sommes pas nos émotions. Ce que nous sommes, c’est un être immortel, le Soi qui se reflète en tant qu’âme en incarnation. L’âme est l’étape intermédiaire, l’intermédiaire divin, entre le Soi et l’homme ou la femme incarnés. Et une identification correcte avec soi-même en tant que Soi nous permet de vivre correctement avec détachement dans la joie, dans l’amour, totalement impliqués dans la vie et tout ce qu’elle signifie. Et le processus de détachement consiste à se détacher de notre identification avec le corps, le mental, les sens, l’appareil astral, etc. C’est un processus qui consiste à se détacher d’un faux processus d’alignement, d’identification. On peut le voir en termes d’amour. Vous pouvez aimer quelqu’un de manière possessive ou avec détachement. C’est un amour très différent. Nous appelons cela de l’amour : je t’aime si tu m’aimes, d’accord ? C’est d’accord ? C’est de l’amour possessif. Et si tu te détournes de moi pour donner cet amour à quelqu’un d’autre, ça me met en colère, tu comprends ? Ce n’est pas de l’amour. C’est de la possessivité. C’est tout le contraire d’un amour détaché.
Mais l’amour détaché est un amour qui dure indéfiniment, inconditionnellement, car c’est sa nature même. Il n’est pas réactif. Il ne dépend pas d’être aimé en retour. C’est cela, l’amour inconditionnel et détaché. C’est le genre d’amour dont parle Maitreya. Mais le processus de détachement consiste à se libérer soi-même, et donc à libérer le Soi du piège dans lequel ses véhicules l’emprisonnent. Si nous nous considérons comme le véhicule, ce que Maitreya appelle l’esprit-corps-mental, alors nous piégeons le Soi dans ces véhicules. Nous sommes alors conditionnés ; nous ne connaissons alors rien du détachement. Tout ce que nous faisons est réactif. Tout ce que nous faisons est prédestiné, mais lorsque nous nous détachons, nous prenons le contrôle de notre évolution, et chaque mouvement, chaque action que nous accomplissons n’est plus prédestiné. Il s’agit d’un acte original, spontané, créatif, instantané, issu de la conscience de soi-même en tant que Soi créatif derrière toute manifestation. Tel est le nouvel enseignement de Maitreya, et c’est cet enseignement que Jésus, par exemple, a commencé à transmettre en parlant de la nature de l’âme humaine. Maitreya vient nous enseigner comment devenir cette âme dès à présent, et ce qui va se passer dans la prochaine phase de notre vie, pendant les 2 000 prochaines années, c’est ce qui, jusqu’à présent, était l’apanage, en termes d’expérience, des Grands Maîtres, des Jésus, des Christs, des Bouddhas, des gourous, des yogis, etc. ; les grands rishis qui connaissaient le Soi, qui sont devenus le Soi, qui ont réalisé le Soi à chaque instant ; cela va devenir une nature commune à tous les êtres humains. La grande majorité des gens, dans cette ère à venir, vont faire l’expérience d’eux-mêmes, directement, spontanément, créativement, correctement, en tant que Soi divin, et c’est là la promesse extraordinaire de cette ère du Verseau qui débute. « Le processus, dit Maitreya, consiste en l’honnêteté de l’esprit, la sincérité du cœur et le détachement de l’identification erronée aux véhicules du Soi, plutôt qu’au Soi lui-même. »
Avez-vous déjà entendu parler de Bahá’u’lláh ? Si oui, pourquoi le rejetez-vous ? – [sommaire]
Pardon, mais je ne rejette pas Bahá’u’lláh, pas du tout. Je ne l’ai pas mentionné, mais il y a beaucoup d’autres personnes que je n’ai pas mentionnées. Je suis sûr que vous avez trouvé que cette conférence était déjà assez longue sans que je cite encore chaque personne dont j’ai entendu parler ou sur laquelle j’ai lu quelque chose et qui a contribué au bien-être de l’humanité. Bahá’u’lláh pensait qu’il était le Christ. Bahá’u’lláh était un enseignant qui a fondé ce qu’on appelle la foi bahá’íe, une religion majeure qui a aidé des millions de personnes à travers le monde, et l’enseignement de Bahá’u’lláh venait de Maitreya. Il était adombré par Maitreya. Il était un initié du troisième degré, mais il ne se rendait pas compte qu’il existait un être plus élevé que lui. Il pensait qu’il n’y avait que Dieu, et il estimait que son enseignement venait directement de Dieu. Il se considérait donc comme le Christ et allait voir les papes, les chefs d’État, les rois, etc., pour leur dire qu’il était le Christ. Il pensait sincèrement être le Christ et que son enseignement venait directement de Dieu. Ce n’était pas le cas. Dieu ne s’adresse jamais directement à des personnes. Quand on dit dans la Bible « c’est la parole de Dieu », c’est seulement une façon symbolique de dire que cette personne a reçu une sorte de communication, non pas de Dieu, mais d’une source divine. Cela pouvait être Maitreya, Jésus, certains des Maîtres, peu importe. Dans ce cas, l’enseignement de Bahá’u’lláh, la foi bahá’íe, incarnait l’enseignement qui venait du Seigneur Maitreya. C’est la raison pour laquelle cet enseignement a une grande valeur.
Quel est le rôle du Bouddha dans notre Hiérarchie planétaire ? Quelle est sa relation avec Maitreya ? – [sommaire]
La relation entre le Bouddha et Maitreya est celle qui existe entre deux frères. Ils sont frères. Ils ont été les tout premiers, à l’aube de l’humanité, à l’époque de l’Atlantide, à recevoir ce qui était alors la plus haute initiation, qui n’est aujourd’hui que la troisième initiation, et depuis ils se sont tenus à l’avant-garde de notre évolution planétaire. Ils ont travaillé ensemble sans relâche, et aujourd’hui encore, ils travaillent ensemble.
Il existe trois centre majeurs sur la planète. L’humanité elle-même est l’un de ces centres. Elle est le centre où se manifeste l’intelligence de Dieu. La hiérarchie des Maîtres et des Initiés est un autre de ces centres. C’est le centre où se manifeste l’amour de Dieu, et il existe également un centre supérieur appelé Shamballa, qui n’est pas sur le plan physique. Il est sur le plan éthérique dans le désert de Gobi.
Sanat Kumara, le Seigneur du Monde y réside, ainsi qu’une multitude d’Êtres, dont le Bouddha.
Le Bouddha a reçu une grande initiation cosmique. Il s’est révélé, à travers son disciple, le prince Gautama, en tant que l’incarnation de l’aspect Sagesse de Dieu. La sagesse parfaite chez l’homme a été illustrée par le Bouddha à travers Gautama. L’amour parfait chez l’homme a été illustré par Maitreya à travers Jésus, et, avec le temps, Maitreya lui-même est venu illustrer non seulement la Sagesse et l’Amour, mais également, à un niveau plus élevé, la Volonté, qui inclut l’Amour et la Sagesse. Il est un Avatar extraordinaire, tel que ce monde n’en a jamais connu. Vous remarquerez qu’il a une tâche plus importante que celle de n’importe quel Avatar avant lui.
Quelle est la relation entre le Bouddha et Maitreya ? – [sommaire]
Ils sont frères. Quel est le rôle du Bouddha ? Il est l’intermédiaire divin entre le centre que nous appelons Shamballa, où la Volonté de Dieu est connue, et le centre constitué de la Hiérarchie, où l’Amour de Dieu s’exprime. Cet intermédiaire divin révèle le Plan de Sanat Kumara (l’expression du Logos) à la Hiérarchie. Il révèle le Plan au Christ, puis la Hiérarchie des Maîtres s’attelle à mettre en œuvre ce Plan, autant qu’il est possible, par l’entremise de l’humanité avec sa conscience peu élevée ; d’abord, à travers leurs initiés, les disciples du monde, et ce jusqu’à ce que ces disciples aient suffisamment progressé. C’est ainsi que le Plan se réalise. Tout est très bien réglé. Les Maîtres ont une patience immense. Ils y sont bien obligés. Mais progressivement, le monde change. Le Bouddha est très impliqué dans la réapparition dans le monde de son frère, le Christ.
Pourquoi Jésus n’a-t-il pas réussi à imposer sa volonté lorsqu’ il est venu pour la première fois ? – [sommaire]
Eh bien, c’est assez évident. Il était peu connu. Les gens me disent toujours que Jésus était très connu de milliers de personnes, mais ce n’était pas le cas. Il était très peu connu. A l’issue de sa mission de trois ans, il avait trois disciples proches et douze autres disciples. Il y avait soixante-douze membres du groupe restreint et cinq cents personnes intéressées. Voilà le nombre des disciples de Jésus il y a deux mille ans. Il était inconnu du public. C’est pourquoi l’un de ses disciples, Judas, a dû être acheté, soudoyé pour le désigner aux soldats afin qu’ils puissent l’arrêter.
Jésus n’a pas imposé sa volonté. Il s’est simplement levé, a parlé, prêché et parcouru le pays, généralement caché, allant d’un endroit à l’autre. La situation était très difficile. Certains le considéraient comme un séditieux.
Vous voyez, beaucoup de juifs attendaient de lui qu’il soit un roi guerrier, et ils s’attendaient vraiment à ce qu’il lève une armée et attaque la garnison romaine. Quand ils ont déposé des fleurs sur son chemin alors qu’il entrait à Jérusalem sur un âne, selon le récit évangélique, et qu’ils ont crié « Hosanna ! Hosanna ! », ils pensaient qu’il venait lever une armée. C’est pourquoi ils applaudissaient et criaient « Hosanna ! ». C’est pourquoi ils déposaient des fleurs. Mais il ne l’a pas fait. C’est aussi simple que cela. Les juifs ont pris cela pour de la trahison, car ils avaient le sentiment qu’il les avait laissés tomber
En quoi consiste essentiellement la théorie de l’esprit de groupe ? – [sommaire]
L’esprit de groupe est le résultat de la conscience de groupe et, progressivement dans l’époque à venir, l’humanité développera une conscience de groupe, et la télépathie atteindra son plein potentiel. Il n’y aura plus aucune possibilité de mentir, car tout le monde sera télépathe et saura exactement ce que vous voulez dire, de sorte que l’honnêteté d’esprit deviendra une nécessité. Ainsi, je n’aurai plus besoin de me déplacer. Je pourrai vous parler par-dessus l’océan, et si cela s’avérait nécessaire, je pourrais vous contacter de diverses façons, à n’importe quelle distance, et tout le monde en fera de même.
La télépathie sera le mode de communication normal, comme c’est le cas actuellement pour les Maîtres et leurs disciples. Les Maîtres ne parlent pas. Ils ne gaspillent pas leur énergie ; ils utilisent la télépathie à chaque instant. Ils sont en contact les uns avec les autres, tout comme avec certains de leurs disciples. Les prémices de ce phénomène sont latentes chez tout le monde, même dans le règne animal. Tout le monde est potentiellement télépathe. Dès qu’on devient magnétique, la télépathie se développe naturellement. On peut utiliser la pensée, mais cela demande de l’entraînement. On peut s’entraîner à devenir plus télépathe et laisser se développer progressivement cette faculté innée chez tous les êtres humains. Elle est inconsciente chez les gens. Les mères et les enfants sont souvent en contact télépathique étroit. Les mères savent instinctivement quand quelque chose ne va pas chez leur enfant. Elles ressentent que quelque chose se passe, et elles en ont la conviction. Elles ressentent à travers le plexus solaire et, lorsque mentalement c’est clair, cela devient un moyen conscient, constructif, et facile à gérer pour communiquer d’esprit à esprit. Par l’esprit, nous établissons le contact avec tous les états.
En tant que voyageur originaire de Glasgow, résidant désormais à San Francisco, je souhaiterais savoir avec quel passeport/sous quelle nationalité Maitreya a voyagé de Karachi à Londres, et s’il a rencontré des difficultés à la douane. – [sommaire]
Il a un passeport pakistanais. Il porte tout le temps des vêtements pakistanais dans la communauté asiatique, mais il n’a en fait aucune nationalité. Il vient de l’Himalaya. À qui appartient l’Himalaya, surtout à 5 300 mètres d’altitude ? Il y a juste quelques alpinistes là-haut. En fait, d’après ce que j’ai compris, il a été harcelé à la douane. Il est venu en tant qu’homme ordinaire. Il aurait pu venir en tant qu’immigrant, mais il aurait alors été en situation irrégulière en Grande-Bretagne. Il est parfaitement en règle avec la loi et ne l’enfreint jamais. À la douane, il a présenté son passeport dans lequel est inscrit sa profession, enseignant (car il est l’Instructeur mondial).
Le mot « hiérarchie » dérange de nombreuses personnes. Il leur rappelle une institution autoritaire comme l’Église ou l’Allemagne nazie. Pourquoi ne pas simplement les appeler les Maîtres au lieu de la Hiérarchie ? – [sommaire]
Eh bien, c’est une hiérarchie de Maîtres. C’est une hiérarchie. C’est le point fondamental. Eux-mêmes reconnaissent que chacun d’entre eux se trouve à un niveau différent. Si vous avez reçu la cinquième initiation, vous êtes un Maître. Si vous avez reçu la sixième initiation, vous êtes un Maître plus élevé, vous êtes un Chohan ; et si vous avez reçu la septième initiation, comme Maitreya, vous êtes une vie planétaire.
Maintenant, les Maîtres admirent Maitreya comme nous les admirerions eux, vous voyez ? C’est une hiérarchie. Cela n’a rien à voir avec l’autoritarisme. Il s’agit d’une autorité spirituelle que confèrent, de façon naturelle, à tout individu, une expérience plus vaste et une conscience plus élevée. C’est pourquoi Maitreya, sous aucun prétexte, ne violera jamais le libre arbitre humain. Ce serait un abus d’autorité. Il ne fera jamais cela. Il ne veut pas être vénéré. Je veux dire, la plupart des gourous veulent être vénérés. Ils veulent des fidèles. Lui non. Il dit : « Ne me vénérez pas. Ne me suivez pas. Ne courez pas après moi, sinon vous me perdrez. Si vous me vénérez, vous vous placez en dessous de moi. Mais vous n’êtes pas en dessous de moi. Vous êtes au même niveau que moi. Nous sommes tous les deux divins. »
De cette façon, il n’y a jamais d’atteinte au libre arbitre.
Je connais des gens dans la communauté qui sont très proches de lui, qui font toutes sortes de choses stupides. Il ne se plaint jamais. Il les laisse faire parce que ce serait faire preuve d’autoritarisme s’il leur imposait sa volonté. Il ne fait jamais cela. Vous seriez surpris de voir à quel point il est difficile d’être un avatar comme Maitreya.
Est-ce que tout le monde a déjà vécu plusieurs incarnations ou y a-t-il beaucoup de personnes vivantes aujourd’hui qui n’ont jamais été incarnées auparavant ? – [sommaire]
Il n’y a personne qui n’ait jamais été incarné auparavant. La porte de l’incarnation, entre le règne animal et le règne humain, s’est fermée il y a très longtemps, et toutes les personnes présentes dans cette pièce, ainsi que toutes celles que vous êtes susceptibles de rencontrer dans votre vie quotidienne, se sont déjà incarnées des milliers et des milliers de fois. Et les personnes qui vous disent : « Je suis à la fin de ma huitième et dernière incarnation », sont emprisonnées dans une illusion et vont avoir une terrible surprise la prochaine fois qu’elles reviendront et qu’elles conduiront à nouveau un bus ou autre chose, vous voyez.
Existe-t-il un bon karma ? Vous laissez entendre que le karma se rapporte exclusivement à du mauvais karma. – [sommaire]
Au sujet du karma, il faut penser à la loi de cause à effet. Chaque pensée, chaque action que nous accomplissons met en mouvement une cause. De ces causes découlent des effets. Ces effets façonnent notre vie pour le meilleur ou pour le pire, de sorte que nous créons en permanence les conditions de notre propre vie, et nous le faisons depuis des milliers et des milliers d’incarnations.
Nous avons créé de grands nœuds karmiques qui nous attirent magnétiquement en incarnation encore et encore, et nous continuons à nous incarner jusqu’à ce que nous résolvions ces grands nœuds karmiques. C’est de cela qu’il s’agit. Et la manière de résoudre les nœuds karmiques consiste à servir le monde.
Votre service est, pour ainsi dire, mis sur une balance simultanément avec le karma, jusqu’à ce que l’activité de service, l’action consciente de servir le monde, l’emporte sur le karma.
Ce qui est intéressant, c’est que lorsque les gens parlent de karma, ils font référence au mauvais karma. Quand les gens parlent de karma, ils veulent dire « mon mauvais karma », mais en réalité, il y a davantage de bon karma que de mauvais karma. Malgré les apparences, les gens sont davantage bons que mauvais. J’utilise les termes « bon » et « mauvais » dans un sens purement relatif et fictif ; mais ce que les gens appellent des bonnes actions, crée du bon karma ; ce que nous appelons des mauvaises actions, ils l’associent à du mauvais karma. Il n’y a en réalité que du karma facile à vivre et du karma difficile à vivre.
