juillet 2025 – No 443 / 444
SOMMAIRE

- Les droits humains par Le Maître –
- Karma, juste retour des choses et fin de l’impunité
- Arrêtons Netanyahou avant qu’il ne nous tue tous par Jeffrey D. Sachs et Sybil Fares
- Génocide à Gaza, silence en Occident par Graham Peebles
- Souffrance en Palestine : faut-il tenter de faire pression sur les politiciens pour qu’ils agissent ?
- Le Parlement britannique encerclé par la manifestation « Ligne rouge »
- Un couple étrange : les enseignements de Krishnamurti et ceux de la Sagesse éternelle par Douglas Griffin
- Les humains émettent une lumière qui s’éteint à la mort
- Qu’est-ce qui contribue à notre manque de concentration et d’attention ? par Patricia Pitchon
- Le baiser de la muse par Andrea Bistrich
- Le karma immédiat de la guerre
- Prix Goldman pour l’environnement 2025
- La main de Maitreya
- Méditation de transmission via Zoom.
- Formations lumineuses à Tachkent (Ouzbékistan)
- La Colombie officialise la gouvernance autochtone
- Inde : l’accessibilité numérique devient un droit
- Le peuple se soulève pour dire non aux tyrans !
- Au-delà de la défense de la démocratie
- Benjamin Creme s’exprime à propos de Krishnamurti
- L’extractivisme
- Hommage à « Pepe » Mujica par Elisa Graf
- Manuscrits de la mer Morte : un nouvel outil de datation
- Rutger Bregman
- Les guerrières de la paix par Judith Jorda
- Physique quantique : ondes et particules (1re partie) par Dominique Abdelnour
- L’impératif du courage, de l’action et la nécessité d’unir nos voix
- Assemblées citoyennes en Nouvelle-Zélande
- Heureux réconfort ?
- Visite de Noël
- Une aide précieuse
- Publicité pour le partage
- L’histoire de ma femme
- Une tâche considérable attend l’humanité
- Questions-réponses
- Le thème de la conférence de Benjamin Creme, au cours des rencontres de méditation de transmission de 2006, était « l’unité dans la diversité ». Cette conférence a été publiée dans Partage international en janvier-février 2007. Les questions-réponses suivantes ont été publiées dans le numéro de mars 2007. Par ses réponses, B. Creme explique pourquoi l’on éprouve des difficultés à trouver des solutions durables – QUESTION : Voulez-vous dire un monde unifié sous un seul système politico-économique ?
- Pourquoi les gouvernements semblent-ils si inefficaces aujourd’hui ?
- A la conférence de New York, vous avez dit : « Nous devons nous sauver nous-mêmes » ce qui a été très apprécié. J’ai trouvé cette expression très unificatrice dans le contexte de la Réapparition, parce qu’elle répondait à certaines préoccupations ou projections concernant l’Instructeur mondial en tant que sauveur.
- A la conférence de New York, vous avez dit : « Nous devons nous sauver nous-mêmes » ce qui a été très apprécié. J’ai trouvé cette expression très unificatrice dans le contexte de la Réapparition, parce qu’elle répondait à certaines préoccupations ou projections concernant l’Instructeur mondial en tant que sauveur. (extrait)
Articles du Maître —
Les droits humains – [sommaire]
par l’entremise de Benjamin Creme, juillet 1984
La question des droits humains est au cœur des problèmes de l’humanité actuelle. Autrefois, les structures sociales dominaient la vie individuelle et établissaient un ensemble de relations hiérarchiques où chacun connaissait sa place : la femme obéissait à son mari, l’homme obéissait au seigneur, le seigneur obéissait au roi et accomplissait sa volonté, tandis que le clergé servait d’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Ces relations, bien qu’artificielles et imposées, répondaient aux besoins des sociétés d’alors, qui s’efforçaient de trouver leur identité et leur place dans le monde.
Aujourd’hui, tout a changé. A l’exception de quelques régions du monde où les groupes dominants s’accrochent aux vieilles structures, souvent au prix de dissensions et de guerres civiles, les peuples ont fait valoir leur droit à l’autodétermination. Ils ont pris la responsabilité d’instaurer une forme de gouvernement juste, et mis en place différents modes de représentation leur permettant d’exprimer leur volonté. Plus que jamais, ils demandent à participer plus directement aux décisions qui affectent leur vie.
Cette liberté nouvelle est à l’origine d’un certain nombre de tensions qui nécessitent d’être résolues. Partout résonne le cri de ceux qui réclament davantage de liberté, auxquels répondent de manière tout aussi pressante ceux qui souhaitent le maintien des structures existantes dans la loi et l’ordre. Un autre angle d’approche est nécessaire pour harmoniser ces aspirations divergentes. Qu’une telle harmonie puisse être lente et difficile à atteindre, on ne peut que l’accepter. Qu’il soit nécessaire de concilier de nombreux points de vue contradictoires ne fait aucun doute. Cependant, pour faciliter la résolution de ces problèmes, il serait sans doute judicieux d’énoncer quelques principes de base, quelques lignes directrices incontournables.
Tout d’abord, les lois gouvernant la société doivent être équitables et s’appliquer à tout un chacun. Sans cette justice et cette impartialité fondamentales, on ne peut s’attendre à ce que la loi soit respectée par tous. Aujourd’hui, il existe fréquemment « une loi pour les riches et une autre pour les pauvres », ce qui constitue le terreau idéal de tous les conflits sociaux. Il est également indispensable que les lois soient connues, comprises et formulées dans un langage accessible à tous. Trop souvent, des hommes se retrouvent condamnés et jetés en prison pour avoir enfreint des lois depuis longtemps dépassées et connues seulement des spécialistes. Mais l’urgence absolue est d’instaurer une communauté d’intérêts de plus en plus étroite entre l’individu et la société. Ce n’est que de cette façon que la liberté de celui-ci et la stabilité de celle-là pourront être garanties. Comment y parvenir ?
Les Nations unies ont adopté une charte des droits humains, qui, si elle était appliquée, contribuerait dans une large mesure à résoudre les tensions sociales existantes et pourrait servir de base à une société juste et stable. Mais jusqu’à présent, cette Déclaration universelle des droits humains n’est rien d’autre qu’un rêve pour des millions de malheureux dépossédés de leurs droits civiques dans tous les pays du monde. Il faut s’attacher à instaurer sans délai ces droits fondamentaux dans l’ensemble des nations.
Avec l’acceptation du principe de partage, cela devient possible. Les hommes n’auront plus besoin de lutter pour obtenir le droit de travailler, de nourrir leur famille et d’être, dans une certaine mesure, maîtres de leur destin. D’un seul coup, l’adoption du partage mettra fin aux divisions et aux conflits, et guérira notre société malade en extirpant les hommes du bourbier où ils se sont enlisés. Faites donc du partage le but de vos efforts. Montrez que le monde a maintenant besoin, plus que jamais au cours de son histoire, de mettre en application ce principe juste et fondamental, dont seule l’acceptation peut permettre à l’homme de trouver et de manifester sa nature divine.
Editorial
Karma, juste retour des choses et fin de l’impunité – [sommaire]
Nous traversons une période d’effondrement tandis que le nouveau monde n’a pas encore pris forme. Ceci avec le sentiment d’un équilibre instable – assorti de culpabilité – exacerbé par notre peur et notre dégoût face à la cruauté barbare perpétrée à Gaza, ouvertement tolérée, activement soutenue ou ignorée par les politiciens occidentaux en particulier.
Appelez cela comme vous voulez – karma, cause et effet, oscillation du pendule, action et réaction – quel que soit le terme, le fait est qu’il y a toujours un effet, une réaction égale et opposée. C’est une loi de la physique, de la nature. C’est aussi la grande loi qui régit toute vie et toute relation sur notre planète, et elle fonctionne à tous les niveaux.
Que penser, dans les circonstances horribles d’aujourd’hui, du rôle de cette loi universelle ? Quand on y réfléchit, le karma est une chose extraordinaire. C’est le facteur déterminant et permanant de nos vies. Même si nous le souhaitions, nous ne pourrions y déroger. C’est la vie et la réalité sur notre planète. Beaucoup ont appris à leurs dépens que le karma donne des leçons et des bénédictions qui permettent de grandir grâce à des relations justes. C’est la Grande Loi. Pourtant, il semble bien que des nations entières ignorent son fonctionnement inexorable. Dans tant de pays, les dirigeants, les généraux, les armées et même les citoyens ont été endoctrinés pour vivre comme si la Loi n’existait pas, ni celle de Dieu, ni celle des hommes. Pire encore, il y a chez certains cette vieille croyance religieuse fanatique selon laquelle on peut manipuler Dieu pour gagner son approbation : de toute façon il sera de leur côté et tolérera tous leurs méfaits. Nous voici donc de retour à une époque de barbarie et de non-droit.
Une caractéristique étrange de notre époque est que tant de croyances religieuses et quasi-religieuses obscures et alambiquées façonnent la politique, alors que beaucoup semblent renvoyer à l’ère préchrétienne où la loi du talion était la règle de base rudimentaire des interactions sociales. Les enseignements de Jésus et une nouvelle dispensation ont pourtant balayé les anciens préceptes qui, jusqu’alors, ne parvenaient qu’à maintenir un semblant d’ordre social où les hommes étaient souvent au seuil de guerres locales et de querelles fondées sur le besoin de vengeance, car un acte de violence suscitait une réponse tout aussi violente pour laver l’offense.
Il est troublant de constater que cette motivation continue de se manifester dans la cruauté et la perversité du génocide à Gaza. Aimer son prochain, avoir le sentiment de faire partie d’un tout, a commencé à s’infiltrer très lentement dans notre conscience au cours des deux mille dernières années. Maitreya, l’Instructeur mondial, a rendu cette loi encore plus proche, plus claire et plus accessible : « Faites que votre action soit à la mesure des besoins de votre frère et résolvez les problèmes du monde. » [Messages de Maitreya le Christ, n° 52].
Maitreya a fait une série de prédictions visant à fournir des lignes directrices et un aperçu des lois naturelles. Ces prédictions1 ont été faites principalement pour éclairer la loi de cause et d’effet. En comprenant et en agissant dans le respect de cette loi, dit Maitreya, nous pouvons résoudre les crises sociales, politiques, économiques et environnementales actuelles. Vivre dans le respect de la loi du karma apporte en soi une solution à nos terribles problèmes.
Il est clair que nous devons revoir les lois et les traités internationaux ; ainsi que réapprendre et mettre en œuvre les grandes réalisations issues de la guerre, telles que la Déclaration universelle des droits de l’homme. Malheureusement et de manière insensée, nous sommes arrivés à un point où nous ne pouvons plus tenir pour acquis que nos dirigeants, nos systèmes juridiques, nos traités et nos gouvernements agissent dans l’intérêt de tous.
Le Maître Djwal Khul écrit dans Extériorisation de la Hiérarchie : « Quant au Karma, ce que l’homme a fait, il peut le défaire. C’est ce que l’on oublie souvent. Le Karma n’est pas une règle stricte et inflexible. Il est susceptible de changement selon l’attitude et le désir de l’homme. Il présente l’occasion de changer ; il découle d’activités passées qui, si on les aborde de manière juste et les traite de façon correcte, posent les bases d’un bonheur et d’un progrès futurs. »
Rétablir la justice
Il n’est peut-être pas « immuable », mais il est inéluctable. Il doit toujours y avoir rétablissement de l’équilibre. Pour que le monde progresse, la justice doit être rendue. A un moment donné, il doit y avoir reconnaissance et expiation ; sinon, l’anarchie et l’impunité règnent en maîtres et la société se désagrège dans un désespoir inimaginable. Les auteurs de ces actes devront inévitablement rendre des comptes, non pas par haine ou par vengeance, mais pour rétablir l’équilibre et reconnaître la dette karmique qui doit être payée, si l’on veut que la justice, la loi et la liberté redeviennent les fondements de la culture internationale et nationale.
Mettons fin à l’impunité dès maintenant. La justice doit être respectée ; il ne peut plus y avoir la loi pour un pays et un blanc-seing pour un autre. Soit il y a une seule loi pour tous, soit c’est l’anarchie totale qui règne. La CIJ, la CPI, l’Onu doivent-elles toutes être ignorées ? Quelqu’un a-t-il retiré le bandeau d’impartialité de Dame Justice et l’a-t-il laissée favoriser ceux qui sont coupables de génocide, de meurtres de masse, de crimes contre l’humanité ? Allons-nous tolérer notre propre déshumanisation ? Y a-t-il un moyen de sauver l’avenir de nos enfants ?
Si les structures économiques et financières sont biaisées en faveur des riches et des très riches, condamnant les autres à survivre tant bien que mal, il ne peut y avoir aucune perspective de justice et peu de liberté. L’acceptation et la mise en œuvre d’un système international basé sur la redistribution des ressources mondiales est la seule solution qui garantisse la liberté individuelle, la justice et le respect pour tous. Pour rétablir l’équilibre, la loi doit prévoir une reddition de comptes et des réparations complètes.
Pour ramener la communauté mondiale à la fois à la loi divine et aux lois humaines, il faut, comme l’exprime le Maître de BC, « une communauté d’intérêts de plus en plus étroite entre l’individu et la société. Ce n’est que de cette façon que la liberté de celui-ci et la stabilité de celle-là pourront être garanties. »
Nous devons mettre fin à l’« atomisation » – née de l’ancienne ère des Poissons – et embrasser notre interconnexion : l’identification avec le tout sauvera toutes les parties.
Benjamin Creme l’a indiqué : « Les lois de la vie sont peu nombreuses, mais très puissantes. Personne n’y attache beaucoup d’importance, d’où les problèmes que nous connaissons. La loi primordiale de la vie est la loi de cause et d’effet ; elle gouverne toute vie sur cette planète. L’expression : « œil pour œil, dent pour dent », qui la traduit habituellement, est tout à fait inappropriée. Jésus a pourtant exprimé cette loi très simplement : « Tu récolteras ce que tu auras semé. » C’est si simple, que les gens l’ont oublié ou ne le comprennent pas. Quoi que vous ayez semé, vous le récolterez. […] Nous sommes tous des semeurs. Chacune de nos pensées, chacune de nos actions sont des graines que nous semons. Elles produisent des causes. Les effets issus de ces causes construisent notre vie. Par ce processus permanent et commun nous créons notre vie et celle de l’humanité.
Faisant tous partie de la race humaine, nous sommes tous responsables de ce qui se passe dans le monde. Nous créons tous des formes-pensées. Ces formes-pensées sont réelles. Chaque fois que nous avons une idée destructrice, nous détruisons un peu de notre système. L’état de notre planète dépend de l’état de nos pensées. » (Partage international, juillet–août 1996)
1. Voir Les lois de la vie – Enseignements de Maitreya, Ed. Partage publication.
Ce mois-ci dans Partage international
Point de vue
Génocide à Gaza, silence en Occident – [sommaire]
Londres, le 29 mai 2025
La complicité des médias et la lâcheté politique ont permis un massacre de masse. Tel est l’état affligeant et hypocrite du monde, en particulier en Occident.
Dire la vérité sur la Palestine, qualifier la campagne odieuse d’Israël contre les Palestiniens de génocide et se ranger du côté des opprimés et des affamés, c’est risquer d’être taxé d’antisémite ou d’extrémiste. Les conséquences d’une telle étiquette perverse sont nombreuses : isolement social, perte de moyens de subsistance, expulsion, voire pire, exclusion totale de la vie publique.
A l’inverse, ne dites rien de critique à l’égard d’Israël, ou presque rien. Ne mentionnez pas le crime le plus violent contre l’humanité depuis la Seconde Guerre mondiale, et on vous laissera tranquille. Lors d’une conférence de presse conjointe le 19 mai 2025, on a interrogé le Premier ministre britannique Keir Starmer et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur la question de savoir si Israël commettait un génocide. Tous deux, à leur grande honte, ont largement ignoré la question – Mme von der Leyen, en particulier, n’a même pas fait preuve de la plus élémentaire intégrité morale.
Cette attitude évasive, combinée à la couverture médiatique terriblement biaisée de pratiquement tous les grands médias, notamment la BBC, qui jouit d’une influence mondiale, a permis à Israël de mener à bien le génocide systématique des Palestiniens à Gaza. La BBC est donc complice de génocide, tout comme l’ont été tous les gouvernements occidentaux qui ont armé, protégé et soutenu politiquement Israël.
Le gouvernement israélien actuel, dirigé par B. Netanyahou, un homme malfaisant s’il en est, poursuit ouvertement la destruction totale de la vie palestinienne. Conformément aux objectifs de longue date du mouvement des colons, il cherche à annexer Gaza et la Cisjordanie pour créer un Grand Israël.
Alors que des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués à Gaza – pour la plupart des femmes et des enfants –, les dirigeants occidentaux ne se sont pas contentés de détourner le regard. Ils ont permis ce massacre. Les Etats-Unis, en tête de file, ont versé des milliards de dollars d’aide militaire à Israël (et continuent de le faire), malgré les preuves que ces armes sont utilisées contre des civils. Au Royaume-Uni, des politiciens faibles ont répété le mantra sirupeux du « droit d’Israël à se défendre ». L’Allemagne, paralysée par sa propre culpabilité historique, a réagi en réduisant au silence les détracteurs d’Israël, en interdisant les manifestations pro-palestiniennes, en censurant les artistes et en assimilant la solidarité avec les Palestiniens à de l’antisémitisme.
La plupart des médias occidentaux ont fait écho aux politiciens : les grands médias comme la BBC et CNN relaient régulièrement les déclarations militaires israéliennes, tout en traitant les souffrances des Palestiniens comme tragiques mais en quelque sorte inévitables. Le mot « génocide » est évité, même lorsque des familles entières sont exterminées, des quartiers rasés et des convois humanitaires bombardés. Une fausse équivalence prévaut, réduisant le colonialisme/apartheid et la résistance légitime à un « cycle de violence », effaçant le rôle d’Israël en tant qu’occupant et agresseur.
On a interdit aux journalistes internationaux d’entrer à Gaza. Les seules images et témoignages qui ont atteint le monde proviennent de reporters palestiniens déjà sur place, travaillant sous le feu des bombardements et dans des conditions inimaginables.
Plus de 100 journalistes ont été tués depuis octobre 2023, ce qui fait de cette période la plus meurtrière pour la presse dans l’histoire moderne. Beaucoup ont été pris pour cible alors qu’ils étaient clairement identifiés comme des professionnels des médias.
Leurs morts, comme celles des civils palestiniens, ont été accueillies par le silence ou l’indifférence des gouvernements et des médias occidentaux qui, dans tout autre conflit, auraient à juste titre qualifié ces meurtres de crimes de guerre. Mais, sans doute en raison de son grand frère, les Etats-Unis, Israël est autorisé à tout faire : meurtres, famine comme méthode de guerre, nettoyage ethnique, etc.
Outre les journalistes, les convois humanitaires et les installations de l’Onu ont été régulièrement pris pour cible par Israël. Des dizaines de travailleurs humanitaires d’organisations respectées – notamment Médecins Sans Frontières, World Central Kitchen et l’Onu – ont été tués par des frappes aériennes israéliennes, alors qu’ils avaient communiqué leurs coordonnées à l’armée israélienne à l’avance.

La pancarte indique : « Gaza, compas moral du monde. »
Des paroles tardives, des actions inexistantes
Beaucoup trop tardives et beaucoup trop timides, des signes timides indiquent désormais que le barrage du soutien aveugle commence à se fissurer. Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié Israël d’« Etat génocidaire ». Les gouvernements britannique, français et canadien ont commencé à publier des déclarations exigeant l’arrêt des massacres et l’autorisation par Israël de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza.
Ces mesures, certes bienvenues, sont largement insuffisantes. Ces gouvernements ont assisté en direct au génocide. Ils l’ont armé et continuent de le défendre. Et ce n’est que maintenant, après des mois de manifestations publiques massives (500 000 personnes ont défilé à Londres le 17 mai 2025), qu’ils émettent des objections timides. Où sont leur humanité, leurs principes, leur courage moral ?
Les hommes et les femmes actuellement au pouvoir au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et dans toute l’Europe ne sont pas des dirigeants. Ce sont des vendeurs faibles, manipulateurs et malhonnêtes. L’histoire les jugera sévèrement, et à juste titre. Leur lâcheté a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes. On se souviendra d’eux comme des collaborateurs du génocide, qui se sont rangés du côté des meurtriers plutôt que des victimes.
Une action immédiate et décisive s’impose. Israël doit être complètement isolé de la communauté internationale. Toutes les ventes d’armes doivent cesser, cela va de soi. On doit imposer des sanctions non seulement aux colons individuels, mais aussi à l’Etat d’Israël lui-même, rompre toutes les relations diplomatiques, fermer les ambassades. La Palestine doit être reconnue comme un Etat par toutes les nations et par l’Onu. Et les principaux responsables, B. Netanyahou et sa bande de monstres, doivent être arrêtés, jugés et condamnés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Tout autre mesure serait une injustice, une trahison de l’humanité, un acte lâche de manipulation qui sanctionnerait le massacre continu, la persécution systématique et la domination brutale – voire l’extermination imminente – de tout un peuple.
Source : grahampeebles.org
Compte rendu de lecture
Compilation
Nous publions dans cette rubrique une sélection de citations de Maitreya (Messages de Maitreya le Christ et Enseignements de Maitreya : les lois de la vie), du Maître de Benjamin Creme (Un Maître parle) et de Benjamin Creme (divers ouvrages).L’impératif du courage, de l’action et la nécessité d’unir nos voix – [sommaire]
Partage international a choisi de présenter une sélection de commentaires instructifs de Benjamin Creme et de son Maître sur les femmes dans la société d’aujourd’hui et sur la nécessité pour l’humanité d’assumer son unité inhérente au sein de sa merveilleuse diversité. Alors que l’extrémisme se développe et trouve un terreau fertile pour la propagation des préjugés, de l’injustice et de la haine envers les femmes, les minorités, les personnes de couleur et les immigrants, il est temps de prendre position pour la justice contre la brutalité et la cruauté. Veuillez noter que lorsque le Maître de Benjamin Creme utilise les mots « homme » ou « hommes », il fait référence à l’humanité tout entière.
Le courage
Une certaine vision du changement inspire désormais les multitudes, qui bientôt captera l’attention du monde tout entier. Les hommes ont compris que, lorsqu’ils s’organisent et font preuve de courage, ils sont invincibles. Rien ne pourra arrêter l’actuel mouvement pour le changement. Il incarne les concepts de l’avenir et du Plan. Maitreya lui a prêté sa voix, qui maintenant est celle des peuples du monde. [La voie de l’unité (Maître –)]
Le Maître DK explique également que tous les disciples doivent, d’abord et avant tout, faire preuve de courage. Le monde ne se débarrassera jamais de l’illusion si nous manquons de courage. L’un des devoirs des véritables disciples, selon le Maître DK, est d’exprimer ouvertement leur désaccord avec n’importe quelle autorité – que ce soit dans le domaine scientifique, religieux, politique, ou autre – lorsqu’ils ne sont pas du même avis et ont une vision des choses plus profonde et plus claire.
Lorsqu’un disciple pense que quelqu’un a tort, il lui appartient de le dire. S’il se contente de s’esquiver en prétendant qu’il n’a pas d’avis sur la question, qu’il n’a rien de meilleur, de plus clair, de plus vrai à proposer, il n’a alors de disciple que le nom. Le vrai disciple est celui qui ne connaît pas la peur. [L’art de vivre (Benjamin Creme)]
Mes amis, mes frères et sœurs, faites le point, voyez où vous en êtes. Etes-vous prêts à venir avec moi dans l’île bénie de l’Amour ? Etes-vous prêts à partager avec tous ce que vous avez aujourd’hui ? Etes-vous préparés, mes amis, à faire bravement face à la vie et à la considérer comme un défi à relever ? Rien ne pourra vous retenir si vous venez avec moi. Rien ne subsistera de l’ancienne inertie, mais, empreints de lumière et d’amour, mes amis, vous pourrez connaître la joie d’être proches du Père, cette joie qu’il est mon privilège de vous accorder. Alors, mes amis, prenez votre courage à deux mains et suivez-moi jusqu’à votre source. Rien de mal ne peut vous arriver, mes amis, Maitreya est avec vous ! [message n° 86 (Maitreya)]
Les peuples, lucides et résolus, ont tourné leur regard vers l’avenir : ils ont vu qu’il était possible de réaliser leurs aspirations à un monde de justice et de paix. Ils savent que ce monde ne se fera pas tout seul et que tous doivent ensemble, main dans la main, se doter des moyens d’accomplir leur destinée. Ils savent aussi que le chemin sera ardu et dangereux mais que leur objectif est trop précieux pour qu’ils puissent tolérer un échec : leur récompense sera la fraternité, la justice et la paix ; et une vie meilleure, plus simple et plus vraie pour tous. [La voix des peuples, messagère du futur (Maître –)]
Quand un Maître dit « Tout ira bien », il est sérieux et vise à éliminer la peur. La peur fait obstacle à l’action, et quand on a la conviction que tout ira bien, on peut travailler sans que la peur vienne se mettre en travers de notre route. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas travailler, bien au contraire. Plus nous avons confiance et sommes libérés de la peur, plus notre action gagne en ampleur et en efficacité. [L’éveil de l’humanité (Benjamin Creme)]
L’action
Nombreux sont ceux que j’appelle. Nombreux sont ceux qui attendent et écoutent. Peu, en fait, saisissent l’opportunité du moment pour agir. Ce petit nombre forme mon peuple. Puissiez-vous devenir l’un des miens. [Message n° 94 (Maitreya)]
Les hommes doivent comprendre que c’est à eux qu’il incombe d’agir, faute de quoi il ne se produira rien de nouveau. Quand ils prendront conscience de cela, ils passeront à l’action spontanément, le cœur embrasé d’espoir. Ainsi en sera-t-il, et ainsi les hommes accompliront-ils leur destinée en bâtissant des structures dignes du nouvel âge qui s’ouvre devant eux. [Les hommes s’éveillent à Maitreya (Maître –)]
Etre un disciple, c’est répondre au besoin de service de l’âme et être « discipliné ». Un disciple a besoin – et le vrai disciple en fait la démonstration – de volonté, de courage, de ténacité et de compétence dans l’action. Si affirmée que soit une « motivation sincère », elle n’a aucun sens si elle ne se concrétise pas dans le désir de servir. Dans le service, seule l’action compte. [La mission de Maitreya, tome II (Benjamin Creme)]
Mon besoin majeur aujourd’hui est que ceux qui partagent ma vision acceptent la responsabilité de l’action. Ils sont des millions dans le monde à connaître les besoins des hommes, à avoir cette vision, mais à ignorer l’urgence du moment. Je compte sur ceux qui ont la connaissance des besoins de leurs frères, la compassion à l’égard de tous ceux qui souffrent, et la volonté de changer tout cela. Puissiez-vous être parmi ceux que je pourrai appeler, afin qu’ensemble, nous puissions inaugurer un monde nouveau et meilleur. [message n° 46 (Maitreya)]
Dorénavant il « passera à la vitesse supérieure », insistant sur l’urgence des changements et la nécessité d’une paix fondée sur la justice et le partage. Il attirera également l’attention des hommes sur la détresse de la planète Terre, et la responsabilité qui est la leur dans les épreuves qu’elle traverse. Ainsi le grand Seigneur orchestrera-t-il un crescendo d’action pour la réhabilitation de la vie et du monde. [L’éveil (Maître –)]
Le moment est proche où les totalitarismes politique, économique et religieux – qui refusent à l’homme sa liberté, son bien-être et le droit de croire ce qu’il veut – disparaîtront. Une nouvelle liberté attend aujourd’hui l’humanité. Mais cette nouvelle liberté implique nécessairement la responsabilité. Nous devons accepter d’être responsables les uns des autres. Maitreya exprime cela en termes très simples : « Prenez le besoin de votre frère comme mesure de votre action et résolvez les problèmes du monde. Il n’y a pas d’autre voie. » [La mission de Maitreya, tome II (Benjamin Creme)]
Une tolérance toute nouvelle balaiera la défiance de naguère, les vieilles rivalités seront oubliées et la lumière de la sagesse, qui point à l’horizon, pénétrera leur esprit et leurs actions. Quand les hommes prendront conscience de leur unité, et la traduiront en actes, tout deviendra possible. [Un monde en mutation (Maître –)]
Rien ne s’accomplira par hasard. C’est un appel à l’action que je lance, et cette action je la galvaniserai de bien des façons. Saisissez maintenant l’opportunité de devenir mes disciples, d’être mes amis, mes hommes véritables. Avant ma venue, les hommes ne voyaient pas d’issue ; embourbés dans leurs problèmes, ils avaient peur. Aujourd’hui luit une lumière nouvelle, une nouvelle possibilité de changement. Un nouvel espoir déferle sur le monde : c’est mon Rayon, le don que je vous fais, ma bénédiction pour tous les hommes. [message n° 21 (Maitreya)]
Unir nos voix
Les puissants événements qui, chaque jour, secouent le monde, font prendre conscience aux hommes qu’ils sont témoins des dernières convulsions d’une civilisation mourante et, en conséquence, de la création d’une nouvelle culture. Si la forme que pourrait prendre cette culture reste, pour la plupart, imprécise et sans réelle substance, il est au moins une chose qui soit déjà imprimée dans l’esprit du public comme des médias : la force grandissante de la voix des peuples, et leur détermination croissante à se faire entendre. C’est là l’événement politique le plus important de notre temps. [La voix des peuples (Maître –)]
Vous n’êtes pas tout seul. Il y a des millions de personnes comme vous dans le monde, des millions de personnes sensées et de bonne volonté. Rejoignez-les. Comme vous, elles veulent la paix dans le monde et savent que ce sont les injustices qui empêchent l’établissement de la paix. Faites-le savoir. Rejoignez les gens qui pensent comme vous, entrez dans un groupe. L’humanité est une gigantesque force de bien, et les changements se feront lorsque les peuples feront entendre leur voix. Inspirée par Maitreya, conduite par Maitreya, mise en marche par Maitreya, la voix des peuples de toutes les nations se lèvera, que les gens sachent qu’il est Maitreya ou non. [L’éveil de l’humanité (Benjamin Creme)]
Je soutiendrai tous ceux qui appellent à la paix, à la justice et à l’amour fraternel. J’appellerai à mes côtés tous ceux qui aiment leurs frères. De tous les partis et de toutes les nations, ils viendront, se rassemblant autour de moi. J’emplirai leur cœur d’espoir et d’amour et, en nombre croissant, ils conquerront le monde. Ce processus a débuté. On peut déjà entendre la voix des peuples. De plus en plus fort, ils réclament la justice, la paix pour toujours. [message n° 131 (Maitreya)]
Nombreux sont ceux qui, dans leur cœur, renoncent aujourd’hui à l’iniquité du matérialisme qui imprègne la planète. Aspirant à la justice et à la paix, ils descendent dans la rue pour les voir instaurées. De plus en plus, les peuples du monde prennent conscience qu’en s’unissant ils ont le pouvoir de changer l’action des puissants. Ainsi Maitreya fait-il confiance au peuple, et se fait-il l’écho de ses revendications. Ainsi se joint-il à ses manifestations pour y faire entendre sa voix. [La fin des ténèbres (Maître –)]
Faites entendre votre voix. Dites ce que vous pensez. Si vous croyez à la justice et à la liberté pour tous, dites-le. Ecrivez des articles, envoyez les aux journaux. Donnez votre avis, contribuez ainsi à libérer l’humanité de l’ancienne servitude du mirage, de l’illusion et de l’oppression. N’oubliez pas que c’est l’humanité elle-même qui doit transformer le monde. Maitreya vient nous apporter son inspiration et nous guider, mais c’est à nous de faire le travail. [Le rassemblement des forces de lumière (Benjamin Creme)]
Les hommes doivent sauver le monde qui souffre gravement. Mes Maîtres et moi-même vous montrerons le chemin pour y parvenir. Cela nous réjouit le cœur de voir que les gens ordinaires dans le monde se sont déjà attelés à cette tâche. C’est à eux que je parle maintenant. Faites entendre votre voix ; dites vos besoins au monde, votre besoin de paix, votre besoin de justice et de liberté, Le besoin qu’ont tous les êtres de vivre en harmonie. Quelles que soient leur religion, leur couleur, leur race, Tous les hommes, en essence, sont un. Ils sont mes frères, et j’aime chacun d’entre eux. [un message de Maitreya, le 27 mars 2008]
Que les gouvernements le comprennent : la voix du peuple est celle de la sagesse. Il s’agit d’un appel au réalisme et à la vérité, aux seules décisions susceptibles d’amener un monde meilleur et plus sensé. Les gouvernements qui ignoreront cette voix sont condamnés, car ils perdront leur autorité et la confiance de leur peuple. [Les ténèbres se dissipent (Maître –)]
La voix du peuple monte, mais il faut encore trop souvent prêter l’oreille pour l’entendre. Nous devons la renforcer. Ce que Maitreya peut faire, c’est éduquer, informer, inspirer, créer un véhicule fiable – la voix des peuples de tous les pays de la Terre – et créer une masse structurée contre laquelle aucune nation dans le monde ne pourra résister. Nous avons besoin d’une opinion mondiale informée, éduquée en faveur de la paix, de la justice et de la liberté. Rien de moins. C’est ainsi que les choses changeront. [L’éveil de l’humanité (Benjamin Creme)]
C’est l’autosatisfaction, et non l’argent, que Maitreya appelle « la source du mal ». L’argent n’est qu’une énergie impersonnelle, et les énergies peuvent être utilisées en bien ou en mal. On peut l’utiliser en bien à un niveau général, ou l’amasser et essayer de le faire fructifier pour soi-même et pour le transmettre à ses enfants, tout en espérant que ceux-ci le transmettront aux leurs. Tout cela est un grand mirage causé par la peur. Comme les gens ont peur, ils sombrent dans l’autosatisfaction. Ils sont trop effrayés pour reconnaître le but et le sens réels de la vie, en affronter les responsabilités, et ils se réfugient dans l’autosatisfaction. Ils oublient les autres. Ils ne se sentent en aucune manière liés à ceux qui vivent au-delà des mers, qui ont une couleur de peau et des religions différentes, et qu’ils ne connaissent pas.
Voilà ce qui génère l’autosatisfaction. C’est un confort. L’autosatisfaction nous fait tourner le dos à notre vraie responsabilité humaine. Lorsque nous venons en incarnation, nous sommes des êtres responsables. Le bébé est plus responsable, au départ, que l’adulte autosatisfait. Les bébés sont des âmes qui arrivent avec un objectif – plusieurs objectifs, en général – et un but fondamental : la création de justes relations entre les hommes.
L’âme ne peut pas créer de justes relations entre les hommes si son reflet, la personnalité, est autosatisfaite. L’autosatisfaction n’est rien d’autre qu’une façon de rester bien au chaud dans son confort sans faire le moindre effort pour inclure le monde dans ses préoccupations. On ne peut faire cela qu’une fois qu’on a amassé un peu d’argent, un peu de confort, un peu de « sécurité ». On peut alors s’en contenter en espérant que le monde va disparaître de notre horizon et nous laisser en paix.
Etre autosatisfait, c’est refuser de se laisser perturber par la connaissance que l’on a de la misère lamentable dans laquelle se trouvent d’autres hommes. [Partage international, janvier/février 2008]
En rejoignant des groupes et en travaillant à faire entendre la « voix du peuple ». Ajouter votre voix à celle des autres – les gens ordinaires qui n’occupent pas une position leur donnant l’illusion du pouvoir et de la sagesse. Ajouter votre poids en participant aux manifestations qui sont organisées. Aidez à développer le concept de « la voix du peuple » – qui, pour finir, sera la force la plus puissante dans le monde lorsqu’elle aura été imprégnée par les idées de Maitreya, focalisée par lui, et à même d’aborder les différents problèmes de l’humanité d’une manière réaliste. Ceci construira la force la plus puissante : celle d’une opinion publique mondiale éduquée, focalisée – une force à laquelle aucun gouvernement ne pourra résister. Ajoutez votre voix à celle de millions d’autres. Le 15 février 2003, 12,5 millions de personnes dans le monde ont manifesté contre la guerre en Irak et en faveur de la justice et de la liberté. Près de 2 millions d’entre elles (1 800 000) se trouvaient à Londres et parmi elles Maitreya. Maitreya pense qu’il vaut la peine de participer à des manifestations et il l’a fait lui-même un peu partout dans le monde. Faites entendre votre voix. Dites ce que vous pensez. Si vous croyez à la justice et à la liberté pour tous – dites-le. Ecrivez des articles, envoyez-les aux journaux. Donnez votre avis, contribuez ainsi à libérer l’humanité de l’ancienne servitude du mirage, de l’illusion et de l’oppression. [Partage international, janvier/février 2004]
Les gens sont déçus du fait que Maitreya semble retarder son apparition. Mais il ne la retarde pas. C’est simplement que la manifestation de l’événement sur le plan physique prend plus longtemps pour fusionner avec l’événement qui a déjà eu lieu sur les plans supérieurs. Nous sommes aussi responsables de la date à laquelle un événement se produit. C’est une chose que les gens ne prennent pas du tout en considération. Nous avons une influence considérable sur ce qui se passe, et donc sur la date de tout événement. Si nous ne faisons rien du tout, l’événement aura lieu à une certaine date. Mais si nous répondons et agissons conformément à nos croyances, nous créons des circonstances qui imposent un facteur temps à l’événement – soit pour en retarder la réalisation, soit pour l’accélérer. […] Nous devons faire en sorte que les choses arrivent. « L’homme doit agir et accomplir sa volonté, dit Maitreya. Les choses ne se font pas d’elles-mêmes. » Si nous voulons que quelque chose se produise, nous devons mettre notre volonté en œuvre, et ne pas attendre que le destin, la Hiérarchie, le temps ou quelqu’un d’autre le fasse à notre place. Nous devons le faire nous-mêmes. [Le rassemblement des forces de lumière (Benjamin Creme)]
De nos correspondants
Un couple étrange : les enseignements de Krishnamurti et ceux de la Sagesse éternelle – [sommaire]
Il pourrait sembler à première vue que les enseignements de Krishnamurti et ceux présentés par Benjamin Creme, Alice Bailey, Helena Blavatsky et Helena Roerich (les « Enseignements de la sagesse éternelle ») soient contradictoires, en particulier quant à l’existence d’une Hiérarchie spirituelle et la nécessité des enseignants spirituels, que Krishnamurti n’a jamais publiquement reconnus.
Les contradictions semblent, jusqu’à un certain point, inévitables dans l’exposé des soi-disant réalités spirituelles les plus élevées, peut-être en raison de la nature dualiste inhérente au langage et à la pensée.

Jiddu Krishnamurti
Il y a un dicton bien connu dans le bouddhisme : « Si tu rencontres Bouddha sur ton chemin, tue-le. » Il n’y a pas de contradiction plus choquante, spécialement si vous êtes bouddhiste !
Ce koan, qui tire son origine du Maître Zen Linji, du neuvième siècle, est quelque peu malicieux. Tuer le Bouddha, dans ce sens, signifie tuer nos conceptualisations, interprétations, idéalisations, y compris « l’image sacrée » du Bouddha, et non le Bouddha lui-même. Comme le psychologue clinicien Sheldon Kopp l’a indiqué dans un livre au titre identique, « aucune signification provenant de l’extérieur de nous-mêmes n’est réelle. La bouddhéité de chacun d’entre nous a déjà été atteinte. Il nous suffit de la reconnaître. »
Cela rejoint le principe central des enseignements de Sri Ramana Maharshi, à savoir que le Soi est, d’un point de vue relativiste, « à l’intérieur » et que seul un esprit tourné vers l’intérieur, et non vers l’extérieur, est capable de le découvrir, de s’y fondre, de se fondre à nouveau dans ce Soi, source originelle de l’esprit séparateur et objectivant. Il n’avait lui-même aucun gourou « extérieur » autre que la grande colline d’Arunachala, dans le sud de l’Inde, qu’il percevait comme l’incarnation du Seigneur Shiva et où il passa la majeure partie de sa vie extraordinaire.
Dans ce contexte, une expérience racontée par Krishnamurti (K) semble éclairante, bien que simultanément déroutante. Il a décrit la manière dont le Maître Koot Hoomi (KH) lui apparaissait parfois, en ajoutant qu’un jour ce Maître s’était manifesté à l’entrée de sa chambre. En cette occasion, K s’était levé de son lit et avait quitté la pièce en traversant cette apparition. Et de déclarer qu’après cela, son « cher ami » ne l’avait plus jamais dérangé ! Attitude contradictoire ? Comme pour le Bouddha dans le koan zen ci-dessus, il semblerait que K « tuait » sa propre « image sacrée » de KH et non le Maître KH lui-même.
On a demandé à Benjamin Creme (BC), lors d’une de ses conférences à Londres, s’il savait qui était le Maître de K. Il a répondu que K « n’avait pas de Maître », ajoutant que c’était parfois le cas pour certains initiés. Peut-être que certains adeptes de l’Advaita, doctrine du non-dualisme, ne suivent pas un chemin guidé par un gourou, alors que pour d’autres disciples, initiés ou Maîtres, un enseignant ou guide extérieur est essentiel. Prenons par exemple la lignée des Mahatmas du Kriya Yoga : Mahavatar Babaji, Lahiri Mahasaya, Swami Sri Yukteswar Giri, Paramahansa Yogananda.
Quoi qu’il en soit, le Bouddha et Krishnamurti ont tous deux mis l’accent sur ce que l’on pourrait appeler l’autonomie spirituelle. On raconte que lorsque le Bouddha était mourant, il dit à ses disciples en deuil : « Soyez une lumière pour vous-même ; ne vous réfugiez pas à l’extérieur. Tenez-vous-en à la Vérité. Ne cherchez refuge auprès de personne d’autre que vous-même. » De même, K conseilla : « Il faut être, totalement, une lumière pour soi-même… sans dépendre psychologiquement de personne. »
Publié dans la revue Share International (nov. 1987), un interlocuteur a demandé à BC : « Pourquoi pensez-vous que Krishnamurti a rejeté la Hiérarchie, enseignant à la place que la seule autorité devrait être nous-mêmes ? » Il a répondu : « Avec tout le respect que je vous dois, Krishnamurti n’a pas rejeté la Hiérarchie. En effet, son enseignement selon lequel la seule autorité devrait être soi-même est précisément l’enseignement séculaire de la Hiérarchie, depuis le Bouddha lui-même jusqu’au Maître DK, qui a préfacé chaque livre de sa secrétaire, Alice Bailey, en conseillant de ne pas considérer leur contenu comme faisant « autorité », hiérarchique ou autre. »
Comme la plupart de nos lecteurs le savent probablement, BC a déclaré à plusieurs reprises dans ses livres et lors de conférences que les enseignements de Krishnamurti étaient ceux de Maitreya, K reflétant peut-être plus spécifiquement l’aspect non dualiste, alors que d’autres enseignements spirituels s’attachaient davantage aux manifestations extérieures. Le rôle principal de K était d’aider les disciples à franchir les 1res et 2e initiations, même si lui-même n’aurait sans doute pas fait référence à un tel rôle ou à de telles « initiations ».
En définitive, que reste-t-il de cette contradiction apparente au cœur de ce couple plutôt étrange ? Les enseignements de Benjamin Creme et ceux de Krishnamurti étaient l’un et l’autre le reflet des enseignements hiérarchiques, bien qu’ils aient été formulés dans un langage très différent et qu’ils aient abordé la réalité sous des angles apparemment opposés, c’est-à-dire extérieur et intérieur, faute d’une meilleure façon de l’exprimer. Et c’est là, semble-t-il, le nœud du problème, à savoir le langage et le fait qu’une de ces approches décrit et met fortement l’accent sur la vérité incontestable de l’existence de Maîtres qui reflètent/incarnent le Soi sur le plan extérieur. L’autre n’y fait aucune référence (sans pour autant nier leur existence), car l’accent est mis sur l’expérience directe du Soi lui-même (« je suis ce que Je suis »), sans avoir besoin d’une forme extérieure représentative ou d’un intermédiaire.
Dans cette optique, BC a déclaré dans Share International (janv/fev. 1988) : « L’école bouddhiste Mahayana affirme qu’il n’y a pas d’Absolu (Dieu), tandis que le panthéiste déclare que Dieu est tout ce qui existe. A première vue, ces affirmations sont contradictoires. Cependant, on peut également dire qu’elles sont deux expressions différentes d’une même idée divine, symbolisée ici par le cercle, forme holistique mais vide. Si l’on considère qu’elles découlent de la même idée divine, toute discussion supplémentaire sur la véracité de ces deux expressions devient inutile. Elles sont tout aussi vraies l’une que l’autre, et tout aussi fausses l’une que l’autre. »
Une autre résolution de ce paradoxe insaisissable provient d’une réponse donnée par Sri Ramana Maharshi à une question qui lui avait été posée par un disciple quelque peu confus : « Au sein de la Société théosophique, médite-t-on afin de trouver des maîtres qui nous guident ? » Il répondit : « Le maître est à l’intérieur ; la méditation sert à éliminer l’idée ignorante selon laquelle il se trouve uniquement à l’extérieur. S’il s’agit d’un étranger que vous attendez, il est voué à disparaître également. A quoi sert un être aussi éphémère ? Mais tant que vous pensez être séparé ou que vous pensez être le corps [la personnalité dans son ensemble], un Maître extérieur est également nécessaire et il semblera avoir un corps. Lorsque l’identification erronée avec le corps cessera, le Maître ne sera autre que le Soi. »
La diversité, la multiplicité des formes, comme le soulignent Benjamin Creme et la Sagesse éternelle, est l’expression d’une unité sous-jacente. Le fondement de tous les enseignements, non dualistes ou autres, est cette Unité ou ce Soi – une Unité dans laquelle, semble-t-il, il n’existe aucune contradiction, seulement l’étrangeté du paradoxe, ou comme l’a dit Sri Ramana Maharshi : « Puisque nous connaissons le monde, nous devons admettre l’existence d’une Source commune, unique mais ayant le pouvoir d’apparaître comme multiple. »
Le baiser de la muse – [sommaire]
Modeste et discret livret, pourtant disponible depuis des décennies, dont le sujet intemporel est aussi pertinent et intéressant aujourd’hui que lorsqu’il a été écrit, Talks with great composers (Entretiens avec de grands compositeurs1), est l’œuvre du critique musical américain Arthur M. Abell (1868-1958) dans laquelle il a compilé les notes et les souvenirs des entretiens qu’il a eus avec de célèbres compositeurs de son époque.
Arthur Abell, critique musical en chef et correspondant de The Musical Courier en Europe pendant vingt-cinq ans, de 1893 à 1918, écrivait aussi régulièrement pour le New York Times et d’autres publications. Il connaissait de nombreux musiciens, compositeurs et chefs d’orchestre, inconnus et célèbres, et étant lui-même un ancien violoniste, il entretenait des liens d’amitié particuliers avec d’autres violonistes. Après sa mort en 1958, sa veuve, Louise Abell, a fait don à la Bibliothèque municipale de New York2 de l’intégralité de l’héritage de son mari, comprenant plus de 1 000 lettres, essais et chapitres d’ouvrages manuscrits et plus de 150 photographies et portraits de musiciens avec de nombreuses dédicaces.
Durant son long séjour en Europe, A. Abell a eu à plusieurs reprises l’opportunité de s’entretenir avec Johannes Brahms, Richard Strauss, Giacomo Puccini, Engelbert Humperdinck, Max Bruch et Edvard Grieg, à propos des sources d’inspiration qui les ont menés à la création de leurs chefs-d’œuvre, et de leurs expériences spirituelles et psychologiques de compositeurs. Le résultat est un hommage fascinant à l’inspiration créatrice. Les réflexions des compositeurs qu’il a interrogés et les éclairages sur les processus créatifs de leur travail sont uniques dans l’histoire de la musique.
Les citations et les extraits suivants proviennent des conversations d’Arthur Abell avec Richard Strauss et Johannes Brahms3.
Richard Strauss : l’inspiration émane d’une puissance supérieure
Arthur Abell dut projeter très tôt d’écrire ce livret, puisque la première conversation avec Richard Strauss alors âgé de 26 ans eut lieu en 1890, lors de sa venue à Weimar, en Allemagne.
A cette époque, la ville bénéficiait déjà d’une réputation de centre culturel majeur. A. Abell logeait dans le célèbre hôtel Zum Erbprinz, sur la place du marché. Au-dessus de la porte de sa chambre se trouvait un panneau avec l’inscription : « Nicolo Paganini a occupé cette chambre lors de son séjour à Weimar. » Johann Sebastian Bach et sa famille ont vécu dans cet hôtel de 1708 à 1717 et des hôtes prestigieux y ont également résidé comme Napoléon Bonaparte, le roi Ludwig I, Johann Wolfgang Goethe, Friedrich Schiller, Léon Tolstoï, Richard Wagner, Franz Liszt, Gustav Mahler, Johannes Brahms, Félix Mendelssohn Bartholdy, Gerhart Hauptmann et beaucoup d’autres. Dans toutes les chambres se trouvait une plaque avec le nom de leurs célèbres occupants. Lorsqu’A. Abell s’est renseigné sur Richard Strauss, le propriétaire de l’hôtel, Carl Vetter, a proposé de le lui présenter quand celui-ci viendrait déjeuner.
Après que Carl Vetter ait fait les présentations, Strauss a emmené Abell à son appartement sur Erfurter Straße, où il saisit immédiatement l’opportunité de le questionner sur la source de son inspiration. « Comment les idées inspirantes vous-arrivent-elles ? lui demanda A. Abell. Je rassemble des matériaux pour un livre que je projette d’écrire à propos de l’inspiration, et vous êtes le premier compositeur que je questionne à ce sujet. »
Strauss et la source de son inspiration
« Composer est un processus qui ne s’explique pas facilement, répondit Strauss. Lorsque l’inspiration arrive c’est une chose si subtile, ténue, de nature si fugace, qu’elle est presque indéfinissable. Dans mes moments les plus inspirés, j’ai des visions claires et puissantes impliquant une individualité supérieure. Lors de tels moments, j’ai la sensation de toucher la source de l’Energie infinie et éternelle qui est à l’origine de vous et moi et de toutes choses. La religion l’appelle Dieu. »
A la fin de leur conversation, il offrit à Abell, en souvenir, une photographie dédicacée de lui-même. Ce fut le début d’une amitié qui dura six décennies, de 1890 à 1949, durant laquelle Abell reçu de Strauss quatre photos dédicacées supplémentaires.
Au cours de l’hiver 1890-1891, ils se sont rencontrés quotidiennement à l’Erbprinz, où ils discutaient et dînaient.
Abell était fasciné par la vie sociale et musicale de Weimar, et il y demeura pendant deux ans et demi. Pendant cette période, il a également voyagé à Munich, Leipzig, Bayreuth, et enfin Berlin où il emménagea plus tard.
Pendant une de leurs nombreuses promenades dans le champ situé derrière le vieux moulin à vent de Weimar, le sujet de l’inspiration se présenta à nouveau.
« Un désir ardent et un objectif défi ni combinés à une intense détermination portent des résultats. »
Richard Strauss
R. Strauss : « Les pensées me viennent souvent tandis que je marche ici. Mon carnet étant toujours avec moi, je les écris immédiatement. Il est extrêmement important de noter les pensées tout de suite pour qu’elles ne s’évaporent pas. Puis je me réfère souvent à ces notes qui me mettent dans le même état d’esprit qui a donné naissance à ces idées. C’est ainsi qu’elles se développent et s’enrichissent. Je crois résolument en la germination de l’idée. »
A. Abell : « Et comment survient l’inspiration ? Comment fonctionne le processus ? Etes-vous conscient du fait que c’est une émanation qui provient d’une source supérieure ?
— Oui, absolument. Je sais que la capacité à recevoir de telles idées dans ma conscience est un don divin. C’est une mission de Dieu, une tâche qui m’a été confiée, et je sens qu’il est de mon devoir le plus élevé d’en faire le meilleur possible. »A. Abell poursuivit en lui demandant si l’environnement extérieur influençait son travail.
« Absolument, répondit Strauss. Au printemps, en mai particulièrement, lorsque les pommiers sont en fleur, que le soleil brille et que les oiseaux chantent, je suis au plus productif. Mais les idées arrivent n’importe quand et dans presque n’importe quelles situations. »
Guntram, le premier opéra de Strauss, a été présenté en mai 1894. Il était déjà considéré comme une personnalité importante du monde musical, et parmi les notables qui assistaient à la représentation, se trouvaient Gustav Mahler de Hambourg, Engelbert Humperdinck de Berlin et Eugen d’Albert de Dresde.
Après son départ de Weimar en 1895, Strauss a composé Zarathoustra, Till Eulenspiegel, Don Quixote, Heldenleben, Symphonia Domestica, Alpen-Symphonie et Taillefer. A. Abell a assisté aux premières de toutes ces œuvres.
La première représentation de Der Rosenkavalier se déroula le 26 janvier 1911 au Royal Opéra de Dresde sous la direction d’Ernst Von Schuch. A. Abell écrit : « Ce fut la sensation la plus forte que j’ai jamais ressentie lors de tous les opéras auxquels j’ai assisté. D’éminents musiciens étaient venus de toute l’Europe. J’en ai envoyé un compte-rendu par câble à l’Associated Press, qui était à l’époque un groupement de quelques 1 300 quotidiens américains. »
R. Strauss était âgé de 47 ans à l’époque et au sommet de sa carrière. Une nouvelle rencontre a fourni une opportunité de parler de la question de l’inspiration, « la question la plus importante pour un compositeur », selon Strauss.
R. Strauss : « J’ai aujourd’hui une idée beaucoup plus claire sur la manière de contacter ces pouvoirs qu’en 1890, quand nous nous sommes rencontrés. »
A. Abell : « Comment définiriez-vous ce pouvoir ?
— Je ne suis pas assez avancé dans mon évolution pour me permettre de définir une telle force cosmique, mais je peux me l’approprier dans une certaine mesure et c’est cela après tout le plus important pour nous mortels, ici dans ce monde. Je peux vous dire cependant, selon ma propre expérience, qu’un désir ardent et un objectif défini combinés à une intense détermination portent des résultats. Le pouvoir divin y répond. Je suis convaincu que c’est une loi et qu’elle s’applique à n’importe quelle voie de l’entreprise humaine.
— Combien de compositeurs, à votre avis, sont en contact avec ce pouvoir aujourd’hui ? Je veux dire, quel pourcentage d’entre eux est inspiré ?
— A mon avis, moins de cinq pour cent. Quatre-vingt-quinze pour cent de la production musicale aujourd’hui est purement cérébrale et par conséquent d’une durée de vie limitée. D’une certaine manière, notre civilisation actuelle est plus avancée qu’elle ne l’était au temps de Mozart, mais par d’autres aspects, elle l’est bien moins.
Nous avons une connaissance bien plus approfondie des lois scientifiques que celles qui prévalaient il y a cent cinquante ans, et pourtant Mozart avait une capacité beaucoup plus grande à capter l’inspiration d’en haut, que n’importe quel compositeur de notre temps. Je le considère en fait comme le plus inspiré de tous les compositeurs, y compris Bach et Beethoven. En comparaison de Mozart, je me sens très insignifiant. Il est vrai que Beethoven, Wagner et Brahms avaient une maîtrise plus avancée, mais aucun d’eux ne possédait son spontané et inépuisable flux de mélodie. De plus, c’était un maître de la forme. Don Juan et le Mariage de Figaro sont des modèles d’opéras parfaits. »
Richard Strauss est mort le 8 septembre 1949 à Garmisch-Partenkirchen en Allemagne. Bien qu’ils ne se soient pas rencontrés après 1922, ils sont restés en contact épistolaire jusqu’à quelques mois avant sa mort. Dans sa lettre d’adieu A. Abell écrit : « Adieu donc, Richard Strauss. Je suis fier d’avoir été votre ami pendant cinquante-neuf ans, de 1890 à 1949. »
Richard Strauss (1864-1949)
Ame : 1, Personnalité : 6, Corps mental : 4, Corps astral : 4, Corps physique : 7, Niveau d’évolution : 1,8
Compositeur allemand, chef d ’orchestre et directeur d’opéra, R. Strauss a écrit plus de 250 œuvres musicales dont 61 compositions pour orchestre, 45 compositions de musique de chambre, 75 lieder, 33 mélodies orchestrales, 19 œuvres chorales et 21 œuvres scéniques.
Johannes Brahms : en accord avec l’infini

Johannes Brahms
La conversation d’Arthur Abell avec Johannes Brahms eut lieu à la fin de l’automne 1896 dans l’atelier de Brahms à Vienne, et avait été organisée par son meilleur ami, le célèbre violoniste Joseph Joaquim. L’ambassade américaine avait mis à leur disposition un sténographe bilingue qui a retranscrit les trois heures d’échanges.
Bien que J. Joaquim ait montré un grand intérêt dans le projet d’A. Abell de parler des sources et du processus spirituel impliqués dans la composition, ce sujet, pour Brahms, était sacré et il n’en parlait qu’avec beaucoup de réticence. Ce soir-là, dès le début de l’entretien, il se tourna vers J. Joaquim et déclara : « Joseph, je n’ai pas oublié que Clara Schumann et vous m’avez souvent posé cette même question avec laquelle M. Abell m’a harcelé ces quatre dernières années, et que j’ai toujours refusé de vous révéler mes expériences intérieures à propos de la composition. C’est un sujet qu’il me répugne au plus de discuter, mais depuis la mort de Clara en mai dernier, j’ai commencé à voir les choses sous une lumière nouvelle. De plus, je sens que la fin de mon existence terrestre approche rapidement. Après tout, il se peut que de savoir comment l’esprit parle quand l’élan créatif me touche, soit de quelque intérêt pour la postérité. Je vais donc à présent vous révéler mon processus intellectuel, psychique et spirituel quand je compose. Beethoven a déclaré que ses idées venaient de Dieu, et je peux dire la même chose. […] Très bien. Je vais vous parler maintenant à vous et à votre jeune ami ici, de ma méthode de communication avec l’infini, car toutes les idées vraiment inspirées viennent de Dieu. Beethoven, qui était mon modèle, en était tout à fait conscient. »
« Dr Brahms, comment contactez-vous l’omnipotence ? La plupart des gens le trouvent très distant. »
« C’est la grande question, répondit Brahms. Cela ne peut simplement procéder de la volonté travaillant avec la pensée consciente, qui est une production de l’évolution du domaine physique, et qui périt avec le corps. Cette connexion ne peut être accomplie que par les pouvoirs internes de l’âme, le véritable égo qui survit après la mort du corps […].
Brahms et l’invocation de la Muse
« Quand je ressens l’élan, je commence par faire appel directement à mon Créateur, et je lui pose d’abord les trois plus importantes questions concernant notre vie dans ce monde : d’où, pourquoi, où ?
Je sens immédiatement des frissons parcourir tout mon corps. C’est l’Esprit qui active les pouvoirs intérieurs de l’âme, et dans cet état d’exaltation, je vois clairement ce qui est d’ordinaire obscur. Puis je me sens capable d’attirer d’en haut l’inspiration, comme le faisait Beethoven.
Réaliser que nous sommes un avec le Créateur, comme le fit Beethoven, est une expérience merveilleuse et impressionnante. Très peu d’êtres humains accèdent à cette réalisation et c’est pourquoi il y a si peu de grands compositeurs ou de génies créatifs dans quelque domaine que ce soit. Je songe toujours à tout cela avant de commencer à composer. »
Johannes Brahms
Par-dessus tout, je réalise dans ces moments-là le formidable sens de la suprême révélation de Jésus : « Moi et mon Père sommes un. » Après avoir formulé mon désir et mon objectif en fonction de ce que je souhaite, à savoir être inspiré et pouvoir composer quelque chose qui puisse exalter et profiter à l’humanité, quelque chose dont la valeur soit éternelle, ces vibrations s’incarnent dans des images mentales claires. Immédiatement, les idées affluent, directement de Dieu, et je vois non seulement des thèmes distincts par les yeux de mon esprit, mais ils prennent également les formes, les harmonies et l’orchestration justes. Mesure par mesure, le produit fini m’est révélé […]. »
Brahms continua : « L’Esprit est la lumière de l’âme. L’Esprit est universel. L’Esprit est l’énergie créatrice du cosmos. L’âme de l’homme n’a pas conscience de ses pouvoirs tant qu’elle n’a pas été illuminée par l’Esprit. En conséquence, pour évoluer et grandir l’homme doit apprendre à utiliser et à développer les forces de sa propre âme. Tous les grands génies créatifs le font, bien que certains semblent ne pas être aussi conscients du processus que d’autres.
[…] Lorsque j’entre dans cet état proche du rêve, je me trouve dans une sorte de transe, planant entre sommeil et veille ; je suis toujours conscient mais comme sur le point de perdre conscience. C’est dans de tels moments que les idées inspirées arrivent. La véritable inspiration émane de Dieu et il ne peut se révéler à nous que par cette étincelle de divinité en nous, par ce que les psychologues modernes appellent le subconscient. »
Brahms souligne l’importance de s’isoler
« Pour que les lecteurs de votre livre puissent tirer quelque profit de mes expériences de compositeur, je dois insister sur un autre aspect de l’art : l’intimité. Il m’est impossible d’envisager de composer si je n’ai pas l’assurance de ne pas être interrompu ni dérangé. Ma gouvernante, Madame Truxa, veille qu’ici à Vienne, je ne sois jamais interrompu quand je travaille. La Muse est une entité très jalouse, et comme Jéhovah dans les commandements, elle s’envole à la moindre provocation. »
A. Abell s’adressa de nouveau à Brahms avec une question qu’il avait également posée à Richard Strauss. « Dr Brahms, quel pourcentage de compositeurs vivants à ce jour pensez-vous être vraiment en contact avec la divinité ? »
Brahms répondit : « Selon mon expérience, pas plus de deux pour cent sont vraiment inspirés. C’est une estimation basée sur le très grand nombre de manuscrits que je reçois. »
Les visions de Brahms en état d’exaltation
« J’ai toujours eu un objectif défini en vue avant d’invoquer la Muse et d’entrer dans un tel état […]. Puis quand j’ai senti ces hautes vibrations cosmiques, j’ai su que j’étais en contact avec la même puissance qui avait inspiré ces grands poètes et également Bach, Mozart et Beethoven. Puis les idées que j’avais consciemment recherchées ont coulé en moi avec une telle force et une telle rapidité que je pouvais en saisir et en retenir seulement quelques-unes. Je n’ai jamais pu toutes les noter. Elles arrivaient sous forme de flashs instantanés et disparaissaient rapidement, à moins que je ne les fixe sur le papier. Les thèmes qui survivront dans mes compositions m’arrivent toujours de cette façon. Cela a toujours été une expérience si merveilleuse que je n’ai jamais pu auparavant me convaincre d’en parler, même à vous Joseph. Je me sentais sur le moment en phase avec l’infini, et il n’y a pas de sensation plus forte que celle-là. »
Johannes Brahms est mort quatre mois plus tard, le 3 avril 1897, à Vienne en Autriche.
Brahms avait exigé que ces révélations ne soient publiées que cinquante ans après sa mort. Ce délai a expiré le 3 avril 1947, mais Arthur Abell attendit jusqu’en 1955 pour publier son livre, et en justifia la raison dans sa préface en faisant référence à « la détérioration générale de la situation du monde ».
A. Abell : « Depuis l’expiration du délai, le 3 avril 1947, les conditions du monde ont été si calamiteuses qu’elles ont sapé mon enthousiasme. Avec les discours et les menaces constants d’une troisième guerre mondiale, de bombardements sur New York et d’autres grandes villes américaines, de guerre bactériologique, et de la possible destruction de notre civilisation, il semblait sans intérêt de publier un matériau de nature si spirituelle, paraissant en tel décalage avec notre temps. »
Ce n’est qu’au début des années 1950 que les perspectives de paix sont apparues un peu plus favorables, de sorte qu’A. Abell a finalement décidé de publier le livre, avec l’espoir qu’il puisse être une « contribution bienvenue ».
Puisse cela rester vrai à ce jour.
Johannes Brahms (1833-1897)
Ame : 2, Personnalité : 4/7, Corps mental : 4/6, Corps astral : 6/2, Corps physique : 3/7, Niveau d’évolution : 2,5
Compositeur, pianiste et chef d’orchestre allemand, Brahms est considéré comme un des plus importants compositeurs du 19e siècle. Il a laissé un immense héritage musical de 122 œuvres et de nombreuses compositions de moindre importance.
1. Paru en français chez Dauphin éditeur.
2. Pour une description détaillée voir : https://archives.nypl.org/mus/20021
3. Citations et extraits reproduits avec l’aimable autorisation de l’éditeur Artha Verlag, Artha.de
Source : Arthur M.Abell, Talks with Great Composers)
Hommage à « Pepe » Mujica – [sommaire]
Qualifié par le président brésilien Lula de « l’un des plus grands humanistes de notre époque », l’ancien président uruguayen José Mujica est décédé le 13 mai 2025, peu avant son 90e anniversaire.
Surnommé El Pepe par les Uruguayens, J. Mujica s’est fait connaître dans le monde entier en vivant selon ses principes et en refusant les contraintes et les pièges du pouvoir. Faisant don de 90 % de son salaire de président à des œuvres caritatives, il refusait de vivre dans le palais présidentiel, préférant rester dans la petite exploitation de fleurs de sa femme, en périphérie de Montevideo, la capitale de l’Uruguay. Lorsqu’il ne se rendait pas au travail à vélo, il conduisait une emblématique Coccinelle Volkswagen vieille de plusieurs décennies, et il ne portait que des vêtements civils lors des événements publics. A propos de la simplicité de son mode de vie et du fait qu’on le surnommait « le président le plus pauvre du monde », il a déclaré : « Je vis comme la majorité de mon peuple, pas comme la minorité. Je mène une vie normale et les dirigeants italiens et espagnols devraient également vivre comme leurs concitoyens. Ils ne devraient pas aspirer à intégrer une minorité riche ou à l’imiter. »
Elevé dans une ferme, son père décède alors qu’il n’a que quatre ans. Jeune adulte au milieu des années 1960, il devient secrétaire général du Parti national uruguayen. Il contribue ensuite à la création d’un nouveau parti de gauche affilié aux socialistes, l’Union populaire, qui subit une défaite décisive aux élections de 1962. Quelques années plus tard, convaincu que seul un changement révolutionnaire pourrait résoudre les problèmes sociaux et économiques de l’Uruguay, il devient partisan de Che Guevara, le chef de la guérilla cubaine, et rejoint le nouveau mouvement MLN-Tupamaros, un groupe politique armé d’extrême gauche, récemment formé et inspiré par la révolution cubaine. En 1969, il participe à des raids armés et à la prise de la ville de Pando à la tête d’une escouade d’assaut. En 1970, alors qu’il résiste à une arrestation dans un bar de Montevideo, il blesse deux policiers et reçoit six balles. Il manque de perdre la vie mais est sauvé par un chirurgien de l’hôpital. Arrêté à quatre reprises par les autorités et après de multiples évasions, il passe treize ans en prison, souvent dans des conditions difficiles et à l’isolement, dont plus de deux ans confiné au fond d’un abreuvoir à chevaux vidé. Durant cette période, il connait de sérieux troubles de santé mentale, notamment des hallucinations. J. Mujica a déclaré que cette période avait profondément façonné sa vision de la vie.
Il est finalement libéré en 1985 grâce à une loi d’amnistie couvrant les crimes politiques et les crimes militaires connexes.
Plusieurs années après sa sortie de prison, J. Mujica, avec nombre de ses compatriotes tupamaros, rejoint d’autres organisations de gauche pour créer le mouvement de participation populaire (MPP), un parti politique qui lui permet d’être élu député aux élections générales de 1994, puis sénateur en 1999. Le parti devient une force politique de premier plan et, en 2005, J. Mujica est nommé ministre de l’Elevage, de l’Agriculture et de la Pêche. La même année, il épouse Lucia Topolansky, sa compagne de longue date et également tupamaro.
Après avoir remporté la présidence uruguayenne en novembre 2009, il appelle à l’unité dans son premier discours en tant que président élu, reconnaissant ses adversaires politiques et déclarant qu’il n’y avait « ni gagnants ni perdants. » Il ajoute : « C’est une erreur de croire que le pouvoir vient d’en haut, alors qu’il vient du cœur des masses […] Il m’a fallu toute une vie pour l’apprendre. »
En tant que président de 2010 à 2015, J. Mujica promeut des politiques progressistes et des réformes sociales majeures, notamment la légalisation de l’avortement et du mariage homosexuel. Afin de lutter contre la criminalité liée à la drogue, il fait de l’Uruguay le premier pays au monde à légaliser totalement l’usage récréatif du cannabis. Pendant son mandat, le taux de pauvreté en Uruguay a presque été divisé par deux et le salaire minimum a presque doublé.
Critique virulent de la société de consommation, l’héritage le plus durable de J. Mujica est sans doute la démonstration publique d’une vie humaine et solidaire, respectueuse des services et des principes. Soulignant les dangers du mercantilisme, il nous a questionné sur nos propres priorités : « La culture qui nous entoure et dans laquelle nous sommes intégrés, ne sert qu’à multiplier les profits individuels. Et cette culture est beaucoup plus forte que les armées, la puissance militaire et tout le reste, parce qu’elle détermine de façon permanente les relations de millions de gens ordinaires à travers le monde entier. Et elle est bien plus forte que la bombe atomique ! Il est donc inutile d’essayer de changer de système sans affronter le problème du changement de culture. Nous devons construire un nouveau système et parallèlement une nouvelle culture, une nouvelle éthique. »
Source : jacobin.com ; dw.com ; bbc.com ; wikipedia ; The Guardian
Les guerrières de la paix – [sommaire]
Créé en France en 2022 par Hanna Assouline, jeune documentariste française, Les Guerrières de la Paix (LGDLP) est un mouvement de femmes pour la paix, la justice et l’égalité. Cette association tente de faire entendre la voix des Israéliennes et des Palestiniennes qui œuvrent pour une issue pacifique au conflit israélo-palestinien. Aujourd’hui, LGDLP sont mobilisées partout où les droits des femmes sont menacés et les droits humains bafoués.
LGDLP ont été à l’initiative du premier Forum mondial des femmes pour la paix qui s’est tenu à Essaouira (Maroc) en mars 2023. Ce forum, soutenu par l’Unesco et l’Alliance des civilisations de l’Onu, a rassemblé des femmes du monde entier.
Elles se sont données pour mission de promouvoir le rôle des femmes dans les processus de paix, faire émerger ces autres voix et d’autres futurs basés sur la paix, la justice et l’égalité.
Les villes au défi de la Paix
LGDLP font partie d’un réseau d’associations et de personnes de la société civile, qui œuvrent pour la paix et coopèrent depuis longtemps. Un exemple récent de cette coopération fut l’organisation d’un événement qui a eu lieu à Paris le 16 avril 2025, organisé par LGDLP et la maire de la ville, Anne Hidalgo : « Les villes au défi de la Paix », conférence internationale avec la présence de maires du monde entier et la participation d’activistes des sociétés civiles israélienne et palestinienne.
Mme Hidalgo, dans son court discours inaugural a rappelé l’importance de rapprocher les peuples, sans naïveté. Elle a cité quelques paroles de Victor Hugo : « Un jour, espérons-le, le globe entier sera civilisé. Tous les points de la demeure humaine seront éclairés, et alors sera accompli le magnifique rêve de l’intelligence : avoir pour patrie le monde et pour nation l’humanité. »
Des maires engagés pour la paix : des actions concrètes à l’échelle locale
Au cours de la première partie de l’événement, les maires d’Oslo (Norvège), Reykjavik (Islande), Essaouira (Maroc), Sarcelles (France) et Bilohorodka (Ukraine), ont discuté du rôle des villes dans la gestion des crises en temps de guerre, que ce soit l’accueil de réfugiés qui fuient les pays en guerre ou l’organisation de réseaux de solidarité entre villes en guerre et villes en paix.
Le maire de Essaouira, Tarik Ottman, nous a rappelé l’importante communauté juive présente dans sa ville, dès sa création. Sur 23 000 habitants, 16 000 étaient de confession juive et la ville comptait 42 synagogues.
Au début de son mandat, il avait rétabli les vols directs entre Essaouira et Tel-Aviv, mais la guerre à Gaza a mis un terme à ce rapprochement. Un acteur important de la ville est André Azoulay, marocain juif, journaliste, économiste, homme politique et activiste pour la paix, qui depuis 52 ans organise conférences et forums sur la paix et qui a fondé les « Clubs du vivre ensemble » à Essaouira. On en compte maintenant 10 000 dans tout le Maroc.
Le maire de Sarcelles, Patrick Haddad, a rappelé qu’on appelait sa ville « la petite Jérusalem » et que musulmans et juifs y cohabitent depuis longtemps. Le conflit à Gaza ayant détérioré un peu ces relations, la ville a choisi la « Voie de la paix ». De nombreuses activités y sont organisées avec LGDLP, surtout pour rapprocher les jeunes de deux communautés.
Tous les ans, s’y célèbre « Le Mois de la paix », avec des débats, conférences, expositions… Pendant l’acte de clôture on plante un olivier.
La ville est également très engagée dans le soutien à l’Ukraine depuis le début de l’invasion.
La maire d’Oslo, Anne Lindboe, a expliqué l’importance du dialogue inter-religieux et de la célébration officielle du Ramadan et de Hanuka dans sa ville. Elle a également écrit une Déclaration pour la paix, que les responsables de communautés catholique, juive et musulmane ont signée. La ville soutient Médecins sans Frontières à Gaza et fournit régulièrement du matériel médical à la ville de Lviv, en Ukraine. Elle a fini son intervention par un passionné « La paix vaincra ! »
La maire de Reykjavik, Heida Bjorg Hillmisdottir, nous a indiqué que sa ville paye les loyers de journalistes palestiniens qui ont dû fuir de Gaza. Elle a rappelé que la lutte pour le climat, la culture et un urbanisme à l’échelle humaine sont aussi des combats pour la paix. Elle a terminé en disant : « Si nous imaginons la paix, nous aurons la paix. »
Le maire de Bilohorodka nous a parlé de la réalité de la guerre et du rôle du maire, non seulement pour assurer la sécurité des citoyens mais aussi l’organisation de réseaux de solidarité au niveau local et international. Il a affirmé qu’écouter les gens simples et ordinaires était essentiel pour résoudre les conflits et les situations de crise. Il a déclaré également qu’aucune religion ne fait la propagande de la guerre dans ses textes d’origine et que ce sont les hommes de pouvoir qui nous y emmènent. Il a beaucoup insisté sur la notion de « paix juste », et sur l’importance que les bourreaux soient jugés et les victimes écoutées et indemnisées. Il a rappelé les mots du président Zelensky, qui a fait des études de droit et est spécialiste en droit international : « Nous allons nous défendre et nous allons répondre par la justice. »
Ensuite fut le tour de Cécile Bardet, juriste en droit international, spécialisée dans les crimes de guerre et fondatrice de l’ONG We are not Weapons of War (Nous ne sommes pas des armes de guerre), qui s’occupe de dénoncer les violences sexuelles liées aux conflits et aux crises. Cette ONG agit comme une agence d’expertise et de plaidoyer, trouvant des solutions pour répondre aux besoins des survivantes et survivants, femmes, hommes et enfants. Elle a exposé de terribles actes de violence sexuelle, utilisés comme actes de torture par certaines armées et régimes totalitaires, notamment dans quelques pays d’Afrique, et par l’armée russe en Ukraine ainsi que dans les prisons russes. Elle a parlé aussi des viols commis par les terroristes du Hamas lors de l’attaque du 7 Octobre et de la difficulté de travailler sur ces cas, à cause de certains mouvements qui nient l’existence de ces viols, alors même qu’ils sont bien documentés.
Par la suite, des militants pour la paix et la justice palestiniens et israéliens ont dialogué dans le but de relayer et d’amplifier les voix courageuses qui travaillent (pour certaines depuis longtemps) à réfléchir et à trouver des solutions aux enjeux cruciaux de la paix, de la justice et de l’égalité au niveau local et international, notamment au Proche-Orient. Ce fut, sans aucun doute, le moment le plus intense et émouvant de la journée.
Quelques militants pacifistes des sociétés civiles israélienne et palestinienne
Maoz Inon – Entrepreneur et militant, depuis l’assassinat de ses parents le 7 octobre 2023 par le Hamas, il est devenu une des voix les plus fortes pour appeler la paix entre Israéliens et Palestiniens. Il intervient souvent avec son ami, le militant palestinien Aziz Abu Sarah. On peut les voir ensemble lors d’une conférence TED.
Ali Abu Awwad – Militant pour la paix et fondateur de Taghyeer (mouvement national palestinien promouvant la non-violence pour parvenir à une libération du peuple palestinien et à une paix durable), il s’est tourné vers la non-violence après avoir traversé des périodes d’emprisonnement et de deuil. Il a reçu le prix Indira Gandhi en 2023. Il a déclaré : « Notre terre saigne, mais elle est aussi pleine de gens qui n’attendent qu’une chose : transformer l’avenir. »
Nava Hafetz – Femme rabbin indépendante et membre de Rabbis for Human Right, elle développe des programmes sur les droits humains et la paix en Israël et à l’international. Engagée auprès du UNHCR, elle cofonde Miklat Israel, pour protéger les demandeurs d’asile érythréens et soudanais.
Amira Mohammed et Ibrahim Abu Ahmad – Fondateurs du podcast Unapologetic : The Third Narrative, ce sont des militants pour la paix de Jérusalem-Est. Depuis la création de leur podcast suite aux attaques du 7 Octobre, ils sont une des principales voix contribuant à reconstruire les récits du conflit, prônant la tolérance et le dialogue comme catalyseurs de changements. Ils ont parlé de l’importance des médias, et comment certains utilisent le conflit à Gaza pour transmettre une image caricaturale des deux communautés qui ne correspond pas à la réalité, ceci dans le but de créer de la polarisation et servir l’idéologie d’extrême droite, surtout en Europe. Ils ont également alerté sur le fait que tous les systèmes d’oppression sont liés. « Sans justice il n’y a pas de paix, et sans paix la libération collective n’est pas possible. »
Itamar Avneri – Co-fondateur de Standing Together, mouvement de base judéo-arabe qui lutte pour la paix et l’égalité, il est conseiller municipal élu de Tel-Aviv-Jaffa. Il est aussi une voix influente au sein de la communauté LGBTQ et membre du Forum israélien pour le climat.
Huda Abu Arqab – Militante féministe palestinienne, emblématique ancienne directrice de Allmep, elle est aujourd’hui à la tête du programme Palestine de Search for Common Ground. Le rôle de femmes palestiniennes est très important dans le mouvement pour la paix. Les femmes ne devraient pas être perçues comme des victimes mais comme de potentielles salvatrices. Cela est valable aussi pour les femmes refugiées qui arrivent dans les pays occidentaux fuyant la guerre et la misère. Quand on leur donne les moyens de s’émanciper, elles peuvent être d’une grande richesse dans leurs communautés d’accueil grâce à leur expérience et à leur résilience.
Yonathan Zeigen – Militant pour la paix et fils de Vivian Silver, militante pacifiste et féministe canado-israélienne, il a grandi dans le kibboutz Be’eri où sa mère a été assassinée le 7 octobre 2023. Activiste pour la paix dans sa jeunesse, pendant plusieurs années par la suite, il vit dans ce qu’il appelle un coma politique, mais la perte de sa mère réveille en lui, non le besoin de vengeance mais le besoin de paix et de réconciliation.
Hiba Qassas – Activiste pacifiste originaire de Cisjordanie, elle dirige la fondation Principles for Peace et a passé 17 ans aux Nations unies. Depuis le 7 Octobre, elle travaille avec des dirigeants israéliens et palestiniens pour remettre en cause le statu quo et promouvoir un avenir centré sur la reconnaissance mutuelle, la sécurité, la dignité, la création d’un Etat et l’autodétermination pour la paix.
Eli Barjaoui – Dramaturge, metteur en scène et traducteur de Molière et de Shakespeare en hébreu, il milite pour la paix depuis longtemps et refuse de voir en ses frères et sœurs palestiniens des ennemis, comme le souhaiterait une partie de la classe politique de son pays, notamment B. Netanyahou et l’extrême droite israélienne.
Lama Abu Arquob – Educatrice palestinienne de Hébron, elle insiste sur l’importance de la rencontre avec l’autre, les réseaux humains et comme elle a répèté avec force : « L’éducation, l’éducation et l’éducation ! » Elle avait créé un programme pour les enfants, qui devait être pratiqué dans les écoles mais qui a été refusé par le gouvernement israélien. Après l’événement à l’Hôtel de Ville, en attendant que la Tour Eiffel s’illumine, elle me parlera de ses difficultés au quotidien. Pour aller chercher ses enfants à l’école elle doit passer plusieurs check points, avec les fouilles induites et les longues attentes à chaque fois. Trois heures à chaque trajet pour faire quelques mètres. Elle a subi cinq jours de trajets et de contrôles avant de pouvoir prendre un avion pour Paris.
« La justice n’est pas seulement pénale, écouter l’autre et ses souffrances c’est faire justice aussi. La paix sans égalité n’est pas possible. » Ses mots m’ont fait pensé au discours de l’ancien président égyptien, Anouar el-Sadate, à Jérusalem : « On ne peut pas construire son bonheur sur le malheur des autres. »
La maire de Paris a clôturé la journée en annonçant que suite à tous ces échanges, un Réseau pour la Paix avec les maires présents venait d’être créé et qu’ils étaient en contact avec des maires aux Etats-Unis, qui ne soutiennent pas la politique de Donald Trump, et qui allaient joindre le réseau prochainement.
La conférence de Paris sur « les Villes au défi de la paix » a été clôturée par l’illumination de la Tour Eiffel avec une inscription du mot « PAIX » en français, arabe, hébreu et anglais.
Pour terminer, les mots de la politologue ukrainienne et membre de LGDLP Oksana Melnychuk : « Avec la force de l’esprit on peut changer la réalité. »
La paix est possible !
Physique quantique : ondes et particules (1re partie) – [sommaire]
Ce premier article sur la physique quantique présente quelques-uns des aspects fondamentaux qui ont mobilisé les scientifiques pendant cent ans. Le deuxième article sera consacré à des expériences plus récentes (intrication, passage du quantique au macroscopique). Un troisième article évoquera diverses tentatives d’unification des théories physiques en une « théorie du tout ».
Ces articles décrivent des expériences scientifiques que le lecteur pourra utiliser pour se forger sa propre image de la réalité à partir d’éléments ésotériques. Je tiens à remercier F. Mairal pour sa relecture attentive de ces articles.
« N’oublions jamais, en étudiant ces principes abstraits de base, que les mots ne font qu’obscurcir le sens, ne peuvent que suggérer et non expliquer. » (Alice Bailey)
Au cours des cent dernières années, les découvertes de la physique quantique ont transformé la vie dans le monde entier grâce à de nouvelles techniques : circuits intégrés, smartphones, télévisions, internet, IRM médicaux, satellites, lasers, etc. Elles ont révolutionné notre vision du monde microscopique, suscitant de nombreuses controverses et interprétations.
Physique quantique
La physique quantique, développée dans les années 1920, décrit le fonctionnement de la nature à une très petite échelle, de 10-35 mètres (1 mètre divisé par 10, répété 35 fois)1, connue sous le nom de longueur de Planck. Cette échelle est des milliards de milliards de fois plus petite que l’ordre de grandeur d’un atome (composé d’un noyau et d’un nuage d’électrons), qui est de 10-11 mètres (la taille du noyau étant d’environ 10-15 mètres). La physique quantique a remis en cause notre image mentale du monde, où toute la matière peut être décomposée en objets durs plus petits, dont l’évolution peut être prédite par des lois déterministes, dans lesquelles les notions de vitesse, de position et de causalité ont un sens.
Basée sur des postulats mathématiques très abstraits, la physique quantique peut être évoquée par certains principes qui remettent en cause notre compréhension du monde.
Quelques propriétés
Vers 1900, il est d’abord établi que les échanges entre les électrons et la lumière (tout ce que nous voyons, la photosynthèse, l’effet photoélectrique, etc.) se font de manière discontinue via des quantas d’énergie, expliquant ainsi le spectre d’émission discontinu des atomes, valides dans tout l’univers.
En 1923, Louis de Broglie postule que la matière est également une onde. C’est ainsi que naît le concept de dualité onde-particule. Les objets quantiques, tels que les photons et les électrons, manifestent des propriétés d’onde ou de particule selon les circonstances.
En 1925, Heisenberg énonce le principe d’indétermination : le produit des indéterminations des quantités dites complémentaires (vitesse et position ; énergie et temps, etc.) est plus grand qu’un certain multiple de la constante de Planck (h). D’abord appelé « principe d’incertitude », il est ensuite rebaptisé principe d’indétermination, car l’incertitude se réfère classiquement à l’incertitude des mesures. En physique quantique, l’indétermination va beaucoup plus loin que les mesures. Elle est intrinsèque à la matière. C’est une impossibilité d’être à la fois dans un endroit précis, avec une vitesse précise.
La superposition quantique postule qu’un objet quantique se trouve dans une superposition d’états, c’est-à-dire avec plusieurs positions, vitesses, etc. en même temps. Lorsqu’il interagit avec un système macroscopique, par exemple lors d’une mesure, l’objet se positionne dans l’un de ces états avec une certaine probabilité. C’est ce qu’on appelle l’effondrement de la fonction d’onde ou la réduction du paquet d’ondes.
L’intrication quantique est le fait que certaines propriétés des particules peuvent être inexorablement et instantanément liées, quelle que soit la distance entre les particules.
Depuis la seconde moitié du 20e siècle, de nombreuses expériences ont été réalisées et ont apporté des réponses aux questions qu’Einstein, Bohr et Schrödinger se posaient au début du 20e siècle.
Serge Haroche invite à « ne pas attribuer à la physique quantique un caractère flou ». Il mentionne « l’utilisation inappropriée d’expressions telles que « indétermination quantique et incertitudes. » […] Rien n’est plus éloigné de cette physique qui donne du monde une description d’une incroyable précision, qui s’accompagne d’une universalité, d’une stabilité des formes et des structures dont la physique classique ne sait rendre compte. »
La stabilité de la matière des atomes, de la lumière, etc., sur des milliards d’années et des distances incommensurables peut être expliquée par la mécanique quantique.
Bosons, fermions, matière, énergie
Tentons un rapprochement avec la philosophie indienne. Dans le livre Raja Yoga de Vivekananda, on peut lire : « Selon les philosophes de l’Inde, l’univers tout entier est constitué de deux matières, dont l’une porte le nom d’Akasha. C’est de l’Akasha que proviennent l’air, les liquides et les solides. […] C’est l’Akasha qui se transforme en Soleil, en Terre, en lune, en étoiles et en comètes. […] Quel est donc le pouvoir qui manifeste cet Akasha dans l’univers ? Ce pouvoir est Prâna. […] C’est de ce Prâna que découle tout ce que nous appelons énergie et force. Le mouvement est une manifestation de Prâna. Il en va de même de la gravitation et du magnétisme. »
Revenons à la physique quantique, ses principes conduisent à distinguer deux familles de particules : d’une part, les fermions (particules de matière) qui vont espacer et diversifier la matière ; d’autre part, les bosons qui vont établir des relations entre les particules de matière (forces).
Les protons, neutrons, électrons, etc. sont des fermions2. En vertu du principe d’exclusion de Pauli, deux fermions ne peuvent pas être dans le même état (occuper la même place, avoir la même énergie, etc.). Ils se repoussent les uns, les autres et occupent l’espace. Selon le principe d’indétermination, si un électron se trouvait très proche du noyau de l’atome, sa vitesse augmenterait drastiquement, pour l’en éloigner rapidement ; c’est ainsi que se constitue le nuage d’électron tout autour du noyau.
S. Haroche écrit : « Bien que les atomes soient avant tout « remplis de vide », puisque l’essentiel de leur masse est concentré dans les très petits noyaux [le diamètre d’un atome est 10 000 à 50 000 fois plus grand que celui du noyau], ils ne peuvent s’interpénétrer car leurs électrons périphériques « refusent », selon le principe d’exclusion de Pauli, de se trouver au même endroit. C’est en vertu du même principe que nous ne passons pas au travers du plancher sur lequel nous nous tenons debout, les électrons de nos semelles refusant d’occuper la même place que ceux du sol sur lequel nous nous appuyons. »
En obligeant les électrons à se répartir sur des couches atomiques différentes, le principe d’exclusion de Pauli régule les possibilités de liaison chimique entre atomes, d’où l’extraordinaire variété de combinaisons de molécules qui permet à la vie de se manifester.
En revanche, les bosons (tels que les photons, par exemple) sont grégaires et indéfiniment superposables dans le même état, donc quasiment au même endroit. Ils sont une sorte de colle qui relie la matière et véhicule l’énergie. Ainsi, nous pouvons allègrement nous promener dans la lumière, qui provient d’une infinité d’endroits, dans une superposition quasi infinie de fréquences.
C’est cette qualité des bosons qui nous permet, en un lieu donné, de voir des étoiles, des microbes ou une émission de télévision, en fonction de l’appareil de détection que nous utilisons (un télescope, un microscope, des yeux).
La matière est constituée de fermions (électrons, neutrons, protons, etc.), reliés entre eux par des bosons, vecteurs des forces électromagnétiques, des interactions nucléaires faibles et fortes et de la gravitation.
Ces constats permettent de dresser le tableau suivant :
| Bosons | Forces, énergie | Prana | Photons, gluons, Z, W |
| Fermions | Espace, matière | Akasha | Protons, neutrons, électrons |
Ondes et particules
Classiquement, une onde est un mouvement (ou une variation) coordonné et périodique d’objets dans l’espace et le temps, mouvement qui se propage à d’autres objets : les oscillations verticales des molécules d’eau se propagent en ondes, la compression des molécules d’air se propage en son, les variations du champ électromagnétique se propagent en lumière. Ces objets se déplacent sur place, tandis que l’énergie se propage dans l’espace dans toutes les directions. Certaines ondes se propagent sur des milliards d’années-lumière, comme la lumière des galaxies lointaines ; d’autres, comme les orbites d’un électron autour du noyau d’un atome, sont des ondes stationnaires, telles les vibrations d’une corde de guitare. Les ondes se combinent, s’interpénètrent et se superposent. Par exemple, la lumière du soleil est une superposition et une combinaison de lumières de différentes couleurs et fréquences provenant de multiples endroits.
A l’inverse, en mécanique classique, une particule occupe sa place et rien que sa place, se déplace d’un endroit à l’autre de façon déterministe sur sa seule trajectoire, et reste identique à elle-même.
Expérience des fentes de Young
Voici quelques extraits du Traité sur le Feu cosmique d’Alice Bailey : citant H. P. Blavatsky, « Partout où il y a un atome de matière, il y a de la vie.[…] Chaque atome a 7 plans d’existence.[…] Les atomes sont des vibrations. » A. Bailey déclare également : « …On nous dit que l’atome physique contient, dans sa périphérie, quatorze milliards d’atomes archétypaux ; pourtant, ces myriades d’atomes se manifestent comme un tout. » « On s’apercevra un jour, que l’électron est une minuscule vie élémentaire. » « Tous les phénomènes physiques tel que nous comprenons ce terme, ont une origine électrique, et une vibration initiale sur le premier sous-plan physique. » « La lumière, la lumière du plan physique, est en relation étroite avec le second éther et l’utilise comme médium. » « Le quatrième éther est déjà étudié par les savants, et une grande partie de ce qu’ils affirment sur l’éther, l’atome, le radium et l’ultime « protyle » concerne ce quatrième éther. Il sera un jour traduit en une formule mathématique, et certaines de ses propriétés, l’étendue de son influence et son utilisation seront connues des hommes. »
En physique classique, particules et ondes se comportent de manière très différente. La célèbre expérience des fentes de Young3 permet de déterminer si l’objet étudié est une onde ou une particule. Lorsque les deux fentes sont ouvertes, une particule passe soit par une fente, soit par l’autre ; sur l’écran, on obtient l’image de deux franges verticales en face des deux fentes. En revanche, une onde s’étale sur l’écran et, à certains endroits de l’écran, l’onde passant par la fente gauche annule l’onde passant par la fente droite (s’il y a déphasage entre les deux ondes) ; à d’autres endroits, elles s’additionnent (si les deux ondes sont en phase), projetant une alternance de franges blanches et noires, caractéristique d’une figure d’interférence.

Dispositif d’expérience des fentes de Young

Résultats d’une expérience de fentes de Young réalisée par le Dr Tonomura montrant la formation d’une figure d’interférence d’électrons individuels. Les nombres d’électrons est de 200 (b), 6 000 (c), 40 000 (d), 140 000 (e).
Pour une onde, le résultat est différent si les deux fentes sont ouvertes simultanément, ou si elles sont ouvertes alternativement.
Au cours des dernières décennies, de grands progrès ont été réalisés en matière d’instrumentation et nous savons maintenant comment tirer des photons et des électrons un par un. De nombreux laboratoires ont répété l’expérience de Young, en tirant des photons (ou des électrons) un par un, en veillant à ce qu’un photon ne soit tiré qu’après que le précédent ait laissé sa trace sur l’écran. Chaque fois qu’un photon ou un électron est tiré, il laisse une petite tache sur l’écran de détection : on a alors identifié une particule. Et pourtant, progressivement, on voit apparaître une alternance de bandes claires et sombres, caractéristiques d’une figure d’interférence, comme lorsqu’il s’agit d’une onde.
Si l’on essaie de détecter par quelle fente passe l’électron (ou le photon), la figure d’interférence disparaît, donnant lieu à ce que l’on appelle « l’effondrement de la fonction d’onde ».
Selon Alain Aspect : « Ces interférences ne peuvent être interprétées qu’en invoquant une onde qui se divise en deux… et qui est recombinée [à la sortie]. » Cette expérience a également été réalisée avec des atomes et même des molécules de fullerène (composé de 60 atomes de carbone), toujours avec le même résultat. Cela montre la double nature de la matière (et de la lumière), qui est à la fois onde et particule.
S. Haroche écrit : « Chaque atome nous dit alors, de façon apparemment contradictoire : « Je suis une particule, voyez mon point d’impact discret sur l’écran ; je suis une onde, voyez ces belles interférences. » »
Ces expériences révèlent un aspect assez troublant de ces particules : leur capacité à percevoir bien au-delà de leur taille.
En effet, V. Zartarian rappelle que les atomes sont 10 000 fois plus petits que l’ouverture des fentes, ce qui ne les empêche pas de se comporter comme s’ils savaient qu’il y a une fente de largeur fixe et qu’une deuxième fente est ouverte à côté.
S. Haroche note qu’« il est difficile de donner une valeur précise à la taille de l’électron, mais on peut la représenter qualitativement comme une petite boule d’électricité de 10-15 mètre de rayon entourée d’un nuage sphérique, de particules virtuelles, 1 000 fois plus grands ».
Il souligne une analogie entre les recherches sur la matière noire qui entoure les galaxies et les amas de galaxies et les études sur le nuage de particules virtuelles qui entoure l’électron.
Ces expériences peuvent être interprétées comme un test de la sensibilité, de la conscience de l’électron, du photon, de l’atome, qui va bien au-delà de leur taille supposée infinitésimale, évoquant la notion de corps éthérique enveloppant chaque particule.
Gomme quantique à choix retardé
Depuis lors, plusieurs expériences encore plus étranges ont été réalisées, par exemple la « gomme quantique à choix retardé ». Dans cette expérience, le photon peut suivre plusieurs chemins, et l’information sur le chemin suivi par le photon est effacée après que le photon a touché l’écran de détection. Résultat, il y a interférence (caractéristique d’une onde) lorsque l’information sur le chemin suivi est effacée ; il n’y a pas d’interférence (comme pour une particule) lorsque nous connaissons le chemin emprunté par le photon.
Vahé Zartarian commente : « [C’est] comme si la causalité allait à rebours du temps, une décision prise dans le futur déterminant une action dans le passé. » Il fait remarquer plus loin que, puisqu’un photon voyage à la vitesse de la lumière, selon la relativité, le photon est partout à la fois sur sa trajectoire en un seul instant. « Son existence propre est intemporelle… La naissance, la disparition [du photon] et tout ce qu’il y a entre, ne forment qu’un seul événement qui existe hors du temps. »
V. Zartarian conclut que l’expérience temporelle d’un observateur humain et l’expérience atemporelle du photon observé peuvent coexister dans la même réalité physique.
B. Creme explique : « Pour les Maîtres, le temps n’existe pas, tout au moins à la manière dont nous l’entendons. Pour eux, le passé, le présent et le futur sont vécus comme un éternel présent. » Cela ressemble étrangement au point de vue du photon, qui ne connaît ni passé ni futur, mais un événement unique en un seul point de l’espace où il se trouve, dès qu’il est créé.
Conclusion
Notre conception du monde est structurée par nos sens et par les connaissances accumulées au fil des générations. La physique quantique révolutionne notre vision du monde, en ouvrant notre conscience à un univers magnifiquement imbriqué dans une construction fractale, en « poupées gigognes », où l’indétermination et la quantification de l’infiniment petit apportent stabilité, diversité et viabilité au plus grand.
Le fait que la matière soit une onde vibrante, change fondamentalement notre vision de la matière. En vibrant, l’onde est donc mouvement et n’est en aucun cas inerte. Quelque chose l’a mise en mouvement, elle a une forme de dynamisme et d’activité intrinsèque. De plus, une vibration se transmet, s’additionne, se combine. De manière spectaculaire, la physique quantique a validé une phrase écrite par H. P. Blavatsky en 1871 dans La Doctrine secrète :
« Les atomes sont des vibrations. » L’ensemble des prédictions des ésotéristes sur la matière seront sans doute validées par la science lorsque la découverte de l’éthérique permettra d’envisager la vitalité de la matière et l’existence des plans de conscience.
En citant A. Bailey : « Toute la question de l’akasha va s’éclairer largement, à mesure que la science exotérique étudiera plus à fond la question des éthers. Quand la connaissance de ces quatre types d’éthers sera accessible, quand leur action vibratoire sera comprise, ainsi que les détails concernant leur composition, leur utilisation, leur capacité d’engendrer la lumière et les différents angles selon lesquels ils peuvent être étudiés, alors la connaissance parallèle des quatre éthers cosmiques sera imminente. »
1. Des expériences de physique quantique sont actuellement menées sur des objets beaucoup plus grands, tels que les molécules de fullerène (60 atomes de carbone).
2. Un nombre pair de fermions peut former un boson, ce qui explique la supraconductivité de certains métaux.
3. Voir illustrations
Source : Serge Haroche : Physique quantique ; La lumière révélée du télescope de Galilée à l’étrangeté quantique. Physicien français, prix Nobel en 2012 avec David Wineland pour ses expériences de mesure quantique non destructive (NDM). – Vahé Zartarian : Physique quantique : l’esprit dans la matière. Auteur de formation scientifique, il s’attache à « réintroduire de la conscience et du sens en s’appuyant sur les données les plus irréfutables de la science. »
Dossier
Signes des temps
Certains des « signes d’espoir » et des « signes des temps » que nous présentons ici n’ont pas été confirmés par le Maître de Benjamin Creme. Nous les soumettons à votre seule considération car nous ne sommes pas en mesure de vérifier leur nature « miraculeuse »La main de Maitreya – [sommaire]

A. de B, Munich, Allemagne
Méditation de transmission via Zoom. – [sommaire]

Formations lumineuses à Tachkent (Ouzbékistan) – [sommaire]

S.O.P. — Sauvons notre planète
« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade… Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.
Tendances
Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.
Vers un meilleur avenir pour tous
Entretien
Environnement
Esotérisme
Faire le lien
Faits et prévisions
Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.
Fenêtre sur le monde
La voix de la raison
« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012
La voix des peuples
Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.
Le point de vue de Maitreya
Le respect de la loi
« Chaque fois qu’il y a affaiblissement de la loi… et accroissement général du désordre, alors je me manifeste. » (Bhagavad Gita). La promesse de Krishna, l’Avatar, semble particulièrement d’actualité. C’est pour tenir cette promesse que Maitreya, l’Avatar de notre ère, est présent dans le monde à une époque où l’anarchie est si répandue.« Lorsqu’une nation parvient à l’âge adulte, à la maturité, les relations qu’elle établit avec les autres changent du tout au tout. Elle commence à respecter l’autorité de la loi qui unit toutes les nations, les liant dans leurs responsabilités et leurs besoins mutuels. Le développement vers la maturité se signale précisément par un tel respect des lois que les hommes ont estimées nécessaires pour vivre ensemble en paix… Lorsque, parmi les nations, l’on ignore l’autorité de la loi, c’est le monde entier qui en souffre. » (Le Maître — PI, avril 2004) Actuellement, les traités et les résolutions de l’Onu sont méprisés, et les lois nationales et internationales sont bafouées. Dans ce contexte, nous présentons des brèves mettant en exergue la nécessité d’un respect renouvelé de la loi.
Les enseignements de Maitreya
Les mensonges dévoilés
Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.
Les priorités de Maitreya
« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.
L’humanité une
Lorsque l’homme acceptera vraiment le fait que l’humanité est une et que les hommes, entre eux, sont frères, quand il traduira ces vérités en actes, toutes choses pourront en toute sécurité lui appartenir. Son héritage l’attend. Ainsi les hommes devront-ils apporter la preuve qu’ils sont prêts pour la paix, prêts à pénétrer ensemble dans l’avenir, sans effusion de sang ni compétition. Ils devront se réjouir de partager et de travailler en harmonie pour le bien de tous. Quand les hommes, d’eux-mêmes, seront dans ces dispositions, ils en appelleront à Maitreya (quel que soit le nom sous lequel ils le connaîtront) pour leur montrer le chemin, les faire sortir du chaos, et les conduire vers une ère de paix. (L’héritage de l’homme, par le Maître de Benjamin Creme).
L’Unité dans la diversité
« Le but de notre vie, que nous en ayons pris conscience ou non, est l’instauration de l’unité, la manifestation de l’unité qui existe déjà. Chaque atome de l’univers est relié à tous les autres atomes. » Benjamin Creme, L’Unité dans la diversité.
Regard sur le monde
Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.
Divers
Arrêtons Netanyahou avant qu’il ne nous tue tous – [sommaire]
Nous pourrions bientôt voir plusieurs puissances nucléaires s’affronter et entraîner le monde vers l’anéantissement nucléaire.
Depuis près de trente ans, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou plonge le Moyen-Orient dans la guerre et la destruction. Cet homme est une véritable poudrière de violence. Au cours de toutes les guerres qu’il a menées, Netanyahou a toujours rêvé de renverser le gouvernement iranien. Sa guerre tant attendue, qui vient d’être lancée, pourrait bien nous entraîner tous dans un Armageddon nucléaire.
L’obsession de B. Netanyahou pour la guerre remonte à ses mentors extrémistes, Zeev Jabotinsky, Yitzhak Shamir et Menahem Begin. Cette ancienne génération croyait que les sionistes devaient recourir à toute la violence (guerres, assassinats, terrorisme) nécessaire pour parvenir à leurs fins et éliminer toute revendication palestinienne sur leur patrie.
Les fondateurs du mouvement politique de M. Netanyahou, le Likoud, appelaient au contrôle sioniste exclusif de l’ensemble de la Palestine sous mandat britannique. Au début de ce mandat, au début des années 1920, les Arabes musulmans et chrétiens constituaient 87 % de la population et possédaient dix fois plus de terres que la population juive. En 1948, les Arabes étaient encore environ deux fois plus nombreux que les Juifs. Néanmoins, la charte fondatrice du Likoud (1977) déclarait qu’« entre la mer et le Jourdain, il n’y aura que la souveraineté israélienne ». Le refrain désormais tristement célèbre « du fleuve à la mer », qualifié d’antisémite, s’avère être le cri de ralliement anti-palestinien du Likoud.
Le défi pour le Likoud était de poursuivre ses objectifs maximalistes malgré leur illégalité flagrante au regard du droit international et de la morale, qui appellent tous deux à une solution à deux Etats.
La guerre comme stratégie
En 1996, B. et ses conseillers américains ont élaboré une stratégie de « rupture nette ». Ils préconisaient qu’Israël ne se retire pas des territoires palestiniens conquis lors de la guerre de 1967 en échange d’une paix régionale. Au contraire, Israël remodèlerait le Moyen-Orient à sa guise. Point crucial, cette stratégie envisageait que les Etats-Unis en soient le principal bras armé, ceci en menant des guerres pour démanteler les gouvernements de la région opposés à la domination israélienne sur la Palestine. Les Etats-Unis étaient ainsi appelés à mener des guerres pour le compte d’Israël.
Cette stratégie de la rupture nette a été mise en œuvre avec succès par les Etats-Unis et Israël après le 11 Septembre. Comme l’a révélé le commandant suprême de l’Otan, le général Wesley Clark, peu après le 11 Septembre, les Etats-Unis prévoyaient « d’attaquer et de détruire les gouvernements de sept pays en cinq ans, en commençant par l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran ».
La première de ces guerres, début 2003, visait à renverser le gouvernement irakien. Les guerres ultérieures ont été retardées, les Etats-Unis s’étant embourbés en Irak. Malgré cela, les Etats-Unis ont soutenu la scission du Soudan en 2005, l’invasion du Liban par Israël en 2006 et l’incursion de l’Ethiopie en Somalie la même année. En 2011, l’administration Obama a lancé l’opération Timber Sycamore de la CIA contre la Syrie et, avec le Royaume-Uni et la France, a renversé le gouvernement libyen par une campagne de bombardements. Aujourd’hui, ces pays sont en ruines et nombre d’entre eux sont en proie à des guerres civiles.
B. Netanyahou était un fervent défenseur de ces guerres choisies, en public comme en coulisses, aux côtés de ses alliés néoconservateurs au sein du gouvernement américain, dont Paul Wolfowitz, Douglas Feith, Victoria Nuland, Hillary Clinton, Joe Biden, Richard Perle, Elliott Abrams et d’autres.
Témoignant devant le Congrès américain en 2002, M. Netanyahou a plaidé en faveur de la guerre désastreuse en Irak, déclarant : « Si vous éliminez Saddam, son régime, je vous garantis que cela aura d’énormes répercussions positives sur la région. » Il a poursuivi : « Et je pense que les Iraniens, les jeunes et bien d’autres, diront que l’époque de tels régimes, de tels despotes, est révolue. » Il a également faussement déclaré au Congrès : « Il ne fait aucun doute que Saddam cherche à développer des armes nucléaires, qu’il y travaille et qu’il progresse dans ce sens. » Le mot d’ordre de ces guerres est : « Bâtir un nouveau Moyen-Orient » est le slogan de ces guerres. Initialement lancé en 1996 avec la « rupture nette », il a été popularisé par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice en 2006. Alors qu’Israël bombardait brutalement le Liban, C. Rice a déclaré : « Ce que nous voyons ici, en un sens, c’est la naissance d’un nouveau Moyen-Orient, et quoi que nous fassions, nous devons être certains de progresser vers ce nouveau Moyen-Orient et non de revenir à l’ancien. »
En septembre 2023, B. Netanyahou a présenté à l’Assemblée générale des Nations unies une carte du « Nouveau Moyen-Orient » effaçant complètement tout Etat palestinien. En septembre 2024, il a développé son point de vue en montrant deux cartes : une partie du Moyen-Orient, dénommée une « bénédiction », et l’autre, incluant le Liban, la Syrie, l’Irak et l’Iran, « malédiction », car il prônait un changement de régime dans ces derniers pays.
Aujourd’hui, la guerre d’Israël contre l’Iran est la dernière étape d’une stratégie vieille de plusieurs décennies. Nous assistons à l’aboutissement de décennies de manipulation de la politique étrangère américaine par un sionisme extrémiste.
L’attaque israélienne contre l’Iran repose sur l’affirmation que l’Iran est sur le point d’acquérir l’arme nucléaire. Une telle affirmation est absurde, car l’Iran a appelé à plusieurs reprises à des négociations précisément pour éliminer l’option nucléaire en échange de la fin de décennies de sanctions américaines.
Depuis 1992, B. Netanyahou et ses partisans affirment que l’Iran deviendra une puissance nucléaire « dans quelques années ». En 1995, les responsables israéliens et leurs soutiens américains ont annoncé un calendrier de cinq ans. En 2003, le directeur du renseignement militaire israélien a déclaré que l’Iran serait une puissance nucléaire « d’ici l’été 2004 ». En 2005, le chef du Mossad a déclaré que l’Iran pourrait fabriquer la bombe en moins de trois ans. En 2012, M. Netanyahou a déclaré aux Nations unies qu’il ne leur restait que quelques mois, voire quelques semaines, avant d’obtenir suffisamment d’uranium enrichi pour la première bombe. Et ainsi de suite.

La guerre israélienne en Iran est le dernier mouvement d’une stratégie qui a cours depuis des dizaines d’années. Nous assistons au point culminant de la manipulation de la politique étrangère états-unienne par le sionisme extrémiste.
Peut-on encore négocier ?
Ces changements d’échéances, depuis plus de trente ans, témoignent d’une stratégie délibérée, et non d’un échec prophétique. Ces affirmations relèvent de la propagande : il existe toujours une « menace existentielle ». Plus important encore, B. Netanyahou affirme à tort que les négociations avec l’Iran sont vaines.
L’Iran a répété à plusieurs reprises qu’il ne voulait pas l’arme nucléaire et qu’il était prêt depuis longtemps à négocier. En octobre 2003, le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a émis une fatwa interdisant la production et l’utilisation d’armes nucléaires, une décision officiellement citée par l’Iran lors d’une réunion de l’AIEA à Vienne en août 2005 et qualifiée depuis d’obstacle religieux et juridique au développement de l’arme nucléaire.
Même pour ceux qui doutent des intentions de l’Iran, ce pays a toujours plaidé en faveur d’un accord négocié, soutenu par une vérification internationale indépendante. En revanche, le lobby sioniste s’est opposé à tout accord de ce type, exhortant les Etats-Unis à maintenir les sanctions et à rejeter les accords qui autoriseraient une surveillance stricte de l’AIEA en échange de leur levée.
En 2016, l’administration Obama, en collaboration avec le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Chine et la Russie, a conclu un Plan d’action global conjoint (PAGC) avec l’Iran, accord historique visant à surveiller strictement le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions. Pourtant, sous la pression incessante de B. Netanyahou et du lobby sioniste, le président Trump s’est retiré de l’accord en 2018. Comme on pouvait s’y attendre, lorsque l’Iran a réagi en augmentant son enrichissement d’uranium, il a été accusé d’avoir violé un accord que les Etats-Unis eux-mêmes avaient abandonné. Le deux poids, deux mesures et la propagande sont difficiles à cacher.
Le 11 avril 2021, le Mossad israélien a attaqué les installations nucléaires iraniennes de Natanz. Suite à cette attaque, le 16 avril, l’Iran a annoncé qu’il augmenterait encore son enrichissement d’uranium, comme moyen de pression, tout en appelant à plusieurs reprises à la reprise des négociations sur un accord similaire au PAGC. L’administration Biden a rejeté toute négociation de ce type.
Au début de son second mandat, D. Trump a accepté d’ouvrir de nouvelles négociations avec l’Iran. L’Iran s’est engagé à renoncer à l’arme nucléaire et à se soumettre aux inspections de l’AIEA, mais s’est réservé le droit d’enrichir de l’uranium à des fins civiles. L’administration Trump a semblé accepter ce point, mais est ensuite revenue sur sa position. Depuis, cinq cycles de négociations ont eu lieu, les deux parties faisant état de progrès à chaque fois.
Le sixième cycle devait officiellement avoir lieu le dimanche 15 juin. Au lieu de cela, Israël a lancé une guerre préventive contre l’Iran le 12 juin. D. Trump a confirmé que les Etats-Unis avaient été informés de l’attaque, alors même que son administration parlait publiquement des négociations à venir.
L’attaque israélienne a eu lieu non seulement au milieu de négociations qui progressaient, mais aussi quelques jours avant une conférence des Nations Unies sur la Palestine qui aurait fait avancer la cause de la solution à deux Etats. Cette conférence a maintenant été reportée.
L’attaque israélienne contre l’Iran menace désormais de dégénérer en une guerre ouverte qui associerait les Etats-Unis et l’Europe à Israël, et la Russie, et peut-être le Pakistan, à l’Iran. Nous pourrions bientôt voir plusieurs puissances nucléaires s’affronter, entraînant le monde vers l’anéantissement nucléaire. L’Horloge de l’Apocalypse est à 89 secondes de minuit, soit le moment le plus proche d’un armageddon nucléaire depuis son lancement en 1947.
Au cours des trente dernières années, B. Netanyahou et ses soutiens américains ont détruit ou déstabilisé un territoire de 4 000 km de long, s’étendant de l’Afrique du Nord à la Corne de l’Afrique, en Méditerranée orientale et en Asie occidentale. Leur objectif était de bloquer la création d’un Etat palestinien en renversant les gouvernements qui soutiennent la cause palestinienne. Le monde mérite mieux que cet extrémisme. Plus de 180 pays membres de l’Onu ont appelé à la solution à deux États et à la stabilité régionale. Cela est plus logique que de laisser Israël mener le monde au bord de l’apocalypse nucléaire pour atteindre des objectifs illégaux et extrémistes.
Source : commondreams.org
Souffrance en Palestine : faut-il tenter de faire pression sur les politiciens pour qu’ils agissent ? – [sommaire]
Courrier d’un lecteur
Avant les élections générales britanniques de 2024, mon député, un conservateur, n’avait aucune chance de prendre en considération mon point de vue. Il ignorait tout simplement mes demandes de rendez-vous. Après les élections, j’ai réessayé avec le nouveau député, un travailliste, et j’ai réussi à avoir deux entretiens en face à face.
Le premier a eu lieu en novembre 2024. En m’y préparant, j’ai appris qu’il était réellement préoccupé par le nombre de victimes civiles et la destruction d’infrastructures essentielles. Le temps alloué à ces entretiens est si court que j’ai apporté un résumé des dommages clairement intentionnels et aveugles causés par Israël – en particulier à Gaza – pour le lui remettre.
J’ai posé une demande d’action claire : qu’il travaille avec des collègues partageant les mêmes idées pour faire pression en faveur d’une action immédiate visant l’arrêt de l’offensive, la reprise de l’aide essentielle et la libération des otages.
Le second entretien s’est déroulé en mai de cette année, sur un créneau de dix minutes. Je m’y suis préparé différemment. J’ai apporté une lettre que j’avais rédigée et qui résumait, du mieux que je pouvais, les horreurs actuelles du siège médiéval et barbare d’Israël, soutenu par l’Occident, et j’ai demandé une réponse aux ministres concernés. Le député s’est engagé à transmettre cette lettre et à demander une réponse en mon nom. C’est un progrès ! Il a également déclaré qu’il envisagerait de signer une motion d’urgence déposée au Parlement britannique qui soutient la résolution de l’Assemblée générale de l’Onu, massivement adoptée le 18 septembre appelant Israël à mettre rapidement fin à sa présence illégale dans les territoires palestiniens occupés.
Cependant, le document que j’ai apporté avec moi et qui a le plus retenu l’attention du député (et de son assistant) est un article de Share International (juillet/août 2004), intitulé « Un membre du cabinet israélien condamne l’offensive dans la bande de Gaza. » Il contient des citations de Yosef Lapid, survivant de l’Holocauste et vice-premier ministre d’Israël à l’époque. Sa critique des actions de l’Etat d’Israël à l’époque était aussi convaincante et prophétique qu’elle l’est aujourd’hui.
Faire du lobbying auprès d’un député ne fut pas chose facile, mais j’ai été surpris de voir à quel point je me suis senti soutenu pendant la préparation et les entretiens eux-mêmes. Je me suis senti calme et j’ai parlé avec une confiance tranquille que je ne me soupçonnais pas. Le fait que ma femme soit tombée par hasard sur l’article de 2004 de Share International la veille de cet entretien m’a certainement soutenu.
A ce stade, je ne peux pas dire si mes initiatives ont fait une différence, mais j’encourage tous ceux qui ne sont pas sûrs d’eux à au moins essayer. On ne sait jamais ce que peuvent devenir des graines de pensées soutenant la cause de la justice et de la paix plantées dans l’esprit de représentants politiques. Le sentiment d’être soutenu, lorsque j’ai entrepris ce qui m’a semblé être un exercice tout à fait décalé et apparemment futile dans les circonstances actuelles, a confirmé l’importance de continuer et de donner le meilleur de soi-même à de telles opportunités lorsqu’elles se présentent.
TW, collaborateur de Share International au Royaume-Uni
Source : commondreams.org
Le Parlement britannique encerclé par la manifestation « Ligne rouge » – [sommaire]
Le 4 juin 2025, à l’heure du déjeuner, des milliers d’activistes ont encerclé le Parlement britannique pendant la cession hebdomadaire des questions au premier ministre, pour protester contre l’inaction du gouvernement face à l’assaut génocidaire d’Israël contre la population civile de Gaza. Vêtus de rouge, les manifestants ont exigé que le gouvernement prenne des mesures immédiates sur les plans économique, politique et diplomatique, pour mettre fin aux ventes d’armes et à sa complicité dans le génocide israélien à Gaza. Selon Ben Jamal, directeur de Palestine Solidarity Campaign, cette action s’appuie sur les sondages les plus récents, qui montrent que les citoyens soutiennent, à une majorité de quatre contre un, un embargo sur les armes et des sanctions à l’encontre d’Israël, et exigent que les supermarchés britanniques cessent de vendre des produits israéliens.
Ligne rouge pour la guerre contre Gaza
Le 18 mai 2025, plus de 100 000 personnes ont formé une « ligne rouge » à La Haye, aux Pays-Bas, pour protester contre le génocide en cours à Gaza et l’absence totale de volonté du gouvernement néerlandais de mettre fin aux crimes de guerre d’Israël. Cela faisait vingt ans qu’une telle manifestation n’avait pas rassemblé autant de personnes.
En avril, cinq ONG néerlandaises (Oxfam Novib, Amnesty International, Médecins sans frontières, Save the Children et PAX) se sont entretenues avec le premier ministre Dick Schoof, qui a indiqué que, pour lui, il n’y avait pas de ligne rouge pour Israël en termes de violation du droit international. Les cinq organisations ont décidé après cette conversation que « si le gouvernement ne trace pas de ligne rouge, nous le ferons » et ont appelé les Pays-Bas à se rendre en masse le 18 mai à La Haye, la ville qui abrite non seulement le gouvernement néerlandais, mais aussi la CIJ (Cour internationale de justice) et la CPI (Cour pénale internationale).
Faisant suite à l’offensive d’octobre 2023, chaque manifestation contre la guerre à Gaza réunissait quelques milliers d’activistes plus ou moins aguerris. Cette fois ce sont plus de 100 000 personnes vêtues de rouge qui se sont rendues à La Haye en exigeant que « Cela cesse ! » De nombreux participants ont déclaré qu’ils assistaient à une manifestation pour la première fois de leur vie, poussés par le besoin d’exprimer leur colère impuissante face aux atrocités commises à Gaza, à l’impunité totale avec laquelle Israël, ivre de pouvoir, est autorisé à poursuivre ses activités, et au fait que le gouvernement néerlandais détourne le regard. Seuls 15 % de la population soutient la politique néerlandaise à l’égard d’Israël.
La participation a été si importante que la plupart des politiciens néerlandais, qui ont l’habitude de criminaliser les participants aux petites manifestations et de les traiter d’antisémites, se sont tus. Deux hommes politiques n’ont toutefois pas pu s’empêcher d’afficher leur mépris pour les manifestants en les qualifiant de « mal informés ».
Alors que le gouvernement néerlandais continue de détourner le regard, malgré la manifestation du 18 mai, une autre manifestation a eu lieu à La Haye le 15 juin, attirant cette fois-ci encore plus de monde : 150 000 personnes. Le même jour, 100 000 personnes ont également formé une « ligne rouge » à Bruxelles, en Belgique. Davantage de personnes avaient voulu y participer, mais les trains étant bondés, beaucoup n’ont pas pu atteindre Bruxelles.
Comme l’écrivait le Maître de Benjamin Creme en 1987 : « Le temps est proche où ils [l’humanité] laisseront leurs leaders loin derrière eux. » (« Plaidoyer pour le partage », mars 1987)
Extrait de Share International, juillet / août 2004
Un membre du cabinet israélien condamne l’offensive à Gaza
Un membre important du cabinet israélien a vivement critiqué l’offensive militaire de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, déclarant que les images télévisées lui rappelaient les souffrances de sa famille pendant l’Holocauste. Le vice-premier ministre Yosef Lapid, qui détient également le portefeuille du ministère de la Justice et qui est un survivant de l’Holocauste, a déclaré que le pays risquait une nouvelle condamnation internationale si l’armée continuait sa campagne de traque des tireurs palestiniens, de démolition des logements et d’expulsion des civils du centre du camp de réfugiés de Rafah, densément peuplé.
Entre le 1er et le 24 mai 2004, 277 bâtiments, abritant 641 familles ou 3 451 personnes, ont été démolis à Rafah, touchant 14 666 personnes : « A la télévision, j’ai vu une vieille femme fouiller dans les ruines de sa maison à la recherche de ses médicaments, et cela m’a rappelé ma grand-mère qui a été expulsée de sa maison pendant la Shoah. […] Nous ressemblons à des monstres aux yeux du monde, a-t-il ajouté. Cela me rend malade. […] La destruction des maisons doit cesser parce que c’est inhumain, non juif, et que cela nous cause beaucoup de tort dans le monde entier. A la fin, nous serons expulsés des Nations unies, nous serons jugés à La Haye, a-t-il déclaré en faisant référence à la Cour internationale de justice, et personne ne voudra plus avoir affaire à nous. »
(Source : The Washington Post, USA ; UNRWA)
Les humains émettent une lumière qui s’éteint à la mort – [sommaire]
La faible lumière émise par les plantes et les animaux s’éteint à la mort.
Etre créé à l’image de Dieu pourrait signifier émettre une « lueur » jusqu’à la mort corporelle.
La recherche scientifique a déjà montré que les organismes unicellulaires, les plantes, les animaux et les humains émettent une lumière très faible, mille fois inférieure à ce que notre œil peut percevoir. Il s’agit d’une émission de photons de très faible intensité. Ceci a été observé avec de plus en plus de précision ces dernières années grâce à l’amélioration des équipements, notamment avec l’utilisation d’une caméra ayant un capteur basé sur un dispositif à transfert de charges appelé CCD.
Dans un rapport publié récemment, des chercheurs de l’université de Calgary et du Conseil national de la recherche du Canada affirment que, lors d’une expérience sur des souris, cette lumière s’éteint pratiquement dès que la mort survient, même si la température est maintenue constante.
L’émission de lumière par la matière vivante n’est aujourd’hui plus contestée. Cette lumière trouve probablement son origine dans les mitochondries qui sont les centrales énergétiques des cellules. Les sous-produits de cette production d’énergie sont des dérivés réactifs de l’oxygène, appelés DRO. Ceux-ci peuvent à leur tour réagir entre autres avec des fluorophores et émettre des biophotons, c’est-à-dire de la lumière ultra-faible.
Le niveau de composés DRO étant associé à diverses manifestations pathologiques, l’émission de photons ultra-faibles pourrait théoriquement contenir des informations sur la vitalité des organismes. A l’avenir, cela pourrait permettre un diagnostic non invasif, totalement passif et donc inoffensif, de la maladie et de la vitalité. C’est ce qu’affirment plusieurs chercheurs, comme Vahid Salari, de l’université de Calgary (Canada).
Dès 1923, l’embryologiste russe Alexander Gurwitsch suggérait que les cellules pourraient communiquer par l’intermédiaire de la lumière. Dans son expérience, il a utilisé des oignons séparés par un cristal de quartz et a constaté qu’un oignon pouvait en influencer un autre. En 1941, il a reçu le prix Staline car ses travaux auraient permis la mise au point d’un dispositif de diagnostic du cancer.
Dans les années qui suivirent, des études ponctuelles ont été menées sur ce phénomène, mais elles se sont heurtées au manque de sensibilité des équipements de l’époque. Wilhelm Reich s’est probablement inspiré de Gurwitsch et d’autres dans ses recherches sur l’énergie orgone.
D’ailleurs, pour qui connaît l’ésotérisme et les religions du monde, un corps lumineux est une image familière et c’est peut-être là que l’ésotérisme et la science se rejoignent. La Bible parle d’auréoles. A propos de Mahomet, le Coran indique : « Une lumière t’est venue de Dieu, et Bouddha est parfois représenté comme une lumière (Amida). » Quoi qu’il en soit, l’expression « une personne rayonnante » prend peu à peu un sens plus profond.
Qu’est-ce qui contribue à notre manque de concentration et d’attention ? – [sommaire]
L’auteur et journaliste Johann Hari s’est rendu compte, à la fin de la trentaine, qu’il perdait sa capacité de concentration et d’attention, et il s’est demandé pourquoi. Il a alors décidé de couper son téléphone et tous ses appareils de toutes connexions Wi-Fi et internet, a acheté un téléphone basique sans internet, et s’est installé pendant trois mois à Provincetown, une petite ville côtière de la côte Est des Etats-Unis.
Son appartement était près de l’océan, et il s’est surpris à le contempler longuement, réfléchissant à la différence entre ce type de contemplation et le fait de regarder un fil Twitter « qui te donne l’impression que le monde entier est obsédé par ton petit ego, et qu’il t’aime, te hait, parle de toi ». Désormais, fini les écrans qu’il faisait défiler sur son téléphone : ce fut une libération totale.
Un soir, il est allé dans un pub et a rejoint des gens qui chantaient autour d’un piano. Il a réalisé à quel point cela contrastait avec le fait d’interagir avec des groupes d’étrangers à travers les écrans. Il est rentré chez lui à pied le long de la plage, comparant la lumière du jour qui s’éteignait autour de lui à la lumière bleue qu’il avait fixée pendant des années – « cette lumière qui te garde toujours en alerte ».
La vie de Johann a commencé à ralentir. Au lieu d’essayer de donner un sens à ce « goutte-à-goutte permanent de faits anxiogènes », il a littéralement ralenti : il a acheté trois journaux et s’est assis pour les lire. Il a découvert que, de cette manière, même après la fusillade de cinq journalistes dans le Maryland peu après son arrivée, sans textos de ses amis, sans suivre cette histoire sur les réseaux sociaux, il prenait connaissance de « détails essentiels et des faits tragiques » en dix minutes.
Il a ensuite découvert que son ami Sune Lehmann, de l’université technique du Danemark, avait lancé avec d’autres scientifiques la plus grande étude à ce jour sur la diminution générale de notre capacité de concentration.
En collectant des données de sources multiples – Twitter, Google, Reddit, etc. – ils ont pu constater que les gens se concentraient de moins en moins longtemps sur un même sujet, une tendance en cours depuis plusieurs générations. Mais si internet l’a accélérée, d’autres causes semblent aussi impliquées.
La perte progressive de la concentration
Des chercheurs ont construit un modèle mathématique complexe pour comprendre ce qui fait qu’un sujet attire notre attention, puis cesse de nous intéresser, à un rythme de plus en plus rapide. Ils ont découvert qu’il suffit de saturer un système avec davantage d’informations pour que l’attention se disperse très vite. Plus il y en a, moins on peut rester concentré sur chacune. Autrement dit, plus on nous bombarde de contenus, plus notre attention saute de l’un à l’autre.
Cela nous pousse à adopter des comportements de multitâche avec des bascules constantes. Pourtant, l’idée qu’on puisse efficacement faire plusieurs choses à la fois s’est révélée fausse, car le cerveau doit se réadapter à chaque changement de tâche, ce qui demande un effort cognitif important. Le professeur du MIT Eric Miller et d’autres chercheurs ont étudié des volontaires à qui l’on faisait effectuer plusieurs tâches complexes. Ils ont découvert que même si les gens pensent pouvoir tout faire en même temps, il leur faut plus de temps pour se reconcentrer sur leur tâche initiale après l’avoir interrompue. Cela se vérifie même lorsqu’on consulte simplement ses textos.
La professeure Gloria Mark, du département d’informatique de l’université de Californie, a montré que le travailleur américain moyen subit une distraction toutes les trois minutes. Ce va-et-vient constant empêche toute pensée en profondeur.
E. Miller et ses collègues ont démontré que le cerveau fonctionne de manière optimale lorsqu’il se consacre à une seule tâche. Au lieu de cela, selon lui, « nous avons créé un environnement idéal pour provoquer l’effondrement de nos fonctions cognitives ».
Aujourd’hui, avec le temps excessif passé devant les écrans, les enfants développent une manière de lire qui ressemble davantage à une recherche rapide d’informations : une lecture faite de sauts incessants, tournée vers le résultat immédiat. A l’opposé d’une lecture longue et immersive, qui demande un autre type d’attention : celle qui permet d’entrer dans un autre monde, de s’identifier à des personnages et à des situations, au point de perdre la notion du temps, du lieu, voire de soi-même. C’est ce qu’on appelle le « flow », ou « expérience optimale ». Les artistes, ou toute personne absorbée par une activité, connaissent cet état, et savent combien il est satisfaisant.

La lecture de livres nous entraîne à rester concentrés sur un seul sujet pendant une période prolongée. Lire sur écran nous habitue à une autre manière de lire : « de façon frénétique, en sautant d’un élément à l’autre », pour extraire ce qui nous intéresse.
Les écrans court-circuitent l’état de « flow »
Pourtant, il est clairement établi que l’usage excessif des écrans court-circuite ces moments d’attention profonde, touchant aussi bien les enfants que les adultes – même les lecteurs chevronnés. Un professeur de Harvard a confié à J. Hari qu’il avait du mal à faire lire même de courts livres à ses étudiants, et qu’il avait fini par leur proposer des podcasts et des vidéos YouTube.
Après vingt ans de recherche, Anna Mangen, professeure en sciences de la lecture à l’université de Stavanger, a constaté que la lecture de livres nous entraîne à rester concentrés sur un seul sujet pendant une période prolongée. Mais elle a aussi observé que lire sur écran nous habitue à une autre manière de lire : « de façon frénétique, en sautant d’un élément à l’autre », pour extraire ce qui nous intéresse. A force, cela perturbe notre capacité à lire un livre dans le calme, sans chercher à aller vite, mais en nous laissant absorber par une histoire. C’est ainsi que nous mobilisons notre imagination, que nous entrons en empathie avec les personnages, et que nous apprenons – parfois sans nous en rendre compte – à travers des récits, comme dans les romans historiques.
Dans une autre étude, A. Mangen a divisé des participants en deux groupes : les uns lisaient sur écran, les autres sur papier. Puis on leur a demandé ce dont ils se souvenaient. Résultat : ceux qui avaient lu sur papier comprenaient et retenaient mieux. Elle a confié à J. Hari que plus de cinquante études aboutissent aujourd’hui aux mêmes conclusions.
D’autres recherches ont montré que si la lecture de textes informatifs permet d’acquérir des connaissances, celle de bons romans semble développer l’empathie. Le professeur de psychologie Raymond Mar, de l’université York à Toronto, et d’autres chercheurs ont découvert que lorsque nous tissons un lien fort avec des personnages de fiction, cela active une forme de conscience particulière : une attention à la fois tournée vers l’extérieur – vers la page – et vers l’intérieur – dans un effort d’imagination structuré. En essayant de comprendre les personnages, nous exerçons les mêmes facultés mentales que dans nos interactions sociales réelles.
Une autre cause possible de notre difficulté à nous concentrer est ce que J. Hari appelle la perturbation de l’errance mentale.
De l’utilité de rêvasser
Il en a fait l’expérience en marchant sur la plage. Son esprit vagabondait : il observait des crabes, repensait à son enfance, imaginait des livres. Il avait l’impression de dériver, et s’est senti coupable de ne pas « se concentrer ». Pourtant, il a remarqué qu’il pouvait ainsi rêvasser pendant des heures – chose qu’il pensait impossible. Et en rentrant, il notait des idées, établissait plus de connexions en quelques heures qu’en un mois.
Cela l’a amené à réfléchir à une autre forme d’attention. On la compare souvent à un projecteur focalisé, mais il en existe une autre, plus diffuse, qui émerge quand l’esprit est libre – et qui joue un rôle essentiel dans la créativité, la mémoire et la décision.
Autrefois, on pensait qu’un cerveau au repos ne faisait rien. Mais les scanners TEP ont montré qu’en apparence inactive, l’activité cérébrale se déplace d’une zone à l’autre.
Le professeur Marcus Raichle (McGill) a étudié ce phénomène, suivi par le psychologue Jonathan Smallwood (York). Ensemble, ils ont mis en lumière trois fonctions majeures de l’errance mentale.
D’abord, elle permet de relier les idées. Ensuite, elle facilite la définition d’objecifs, la créativité et la prise de décisions à long terme. Selon J. Smallwood, c’est un processus où « l’on laisse l’esprit dériver, et où, lentement, on met de l’ordre dans sa vie ». Enfin, le cerveau engage ce que Nathan Spreng appelle un voyage mental dans le temps : il revisite le passé, imagine l’avenir, anticipe.
N. Spreng pense que la créativité ne surgit pas de nulle part : elle relie des éléments déjà présents. L’attention, selon lui, ne disparaît pas. Elle se déplace.
J. Hari en est venu à considérer l’errance mentale comme une forme essentielle d’attention – trop souvent négligée dans une culture obsédée par la productivité.
D’autres facteurs influencent aussi notre capacité à nous concentrer : l’alimentation, la nutrition, la pollution – notamment celle de l’air – et bien sûr, les technologies contemporaines.
Mais mieux comprendre la diversité des états mentaux liés à l’attention peut nous aider à adopter d’autres habitudes. Sans culpabilité, mais avec curiosité. En testant, une chose à la fois. Lire ce livre, à votre rythme, peut être une bonne manière de commencer.
Source : Johann Hari, On vous vole votre attention, Ed. Eyrolles, 2024
Prix Goldman pour l’environnement 2025 – [sommaire]
« Il est facile de désespérer face aux menaces qui pèsent sur la planète mais depuis des millénaires, la Terre a essuyé bien des tempêtes de destruction. »
C’est ainsi qu’a débuté à San Francisco, en avril 2025, la vidéo d’introduction de la cérémonie annuelle de récompenses du Prix Goldman pour l’environnement.
Un « effet papillon » mondial
Dans la période actuelle de la civilisation humaine, les êtres humains ont profondément interféré avec la nature, mais ce sont également eux qui détiennent de nombreuses clés pour guérir la Terre. Des millions de personnes dans le monde refusent de rester assis à regarder.
« Ils agissent, souvent avec d’humbles moyens locaux, pour protéger ce qui est vital autour d’eux. Leurs actions se propagent par les ruisseaux, les lacs et les océans et amorcent un changement à travers le monde. Ensemble, nous produisons un effet papillon mondial ayant le potentiel de déplacer les montagnes. Nous sommes conscients que c’est l’action elle-même qui fait la différence. »
Le prix Goldman pour l’environnement récompense chaque année des héros de l’environnement des six continents habités du monde, et rend hommage aux accomplissements et à la direction des mouvements populaires de militants environnementaux qui inspirent les gens à agir pour protéger la planète à travers le monde.
En trente-six ans, le prix a honoré 233 activistes de 98 pays. Beaucoup ont poursuivi leur combat en accédant à des positions comme représentants gouvernementaux, chefs d’Etats, dirigeants d’ONG et lauréats de prix Nobel.
Les gagnants récompensés cette année, originaires de Mongolie, d’Albanie, du Pérou, des Canaries, de Tunisie et des Etats-Unis, ont chacun reçu un soutien financier pour leur permettre de continuer leur travail sur l’environnement.
Protéger une grande partie du désert de Gobi contre l’extraction minière
La province de Dornogovi, dans la partie est du désert de Gobi, en Mongolie, recèle une vie végétale et animale variée unique propre à cette région et abrite de nombreuses espèces menacées. Elle est aussi riche en minéraux, dont d’importants gisements d’or, de cuivre et de charbon qui stimulent l’économie du pays.
Batmunkh Luvsandash, âgé de 81 ans, né dans une famille de bergers nomades de la région, a passé des années à travailler comme ingénieur en électricité dans l’exploitation minière. Au fil du temps, il s’est alarmé de l’impact environnemental destructeur de cette industrie. En 2015, le gouvernement mongolien a émis des permis d’extraction sur d’immenses étendues de terre à la base des montagnes sacrées de Dornogovi.
Utilisant ses compétences d’ingénieur et sa connaissance approfondie de la région, B. Luvsandash a travaillé avec des groupes environnementaux comme Nature Conservancy pour créer une nouvelle aire protégée dans la région. Son activisme a abouti en avril 2025 à la création d’une aire de plus de 26 000 hectares, adjacente aux larges superficies déjà protégées grâce à B. Luvsandash et ses alliés, aboutissant à un total de 83 200 hectares interdits aux activités minières.
B. Luvsandash a déclaré : « Un des moments les plus mémorables fut lorsque nos montagnes sacrées ont reçu un statut spécial de protection. Ce fut une expérience profondément émouvante pour moi. Mon plus grand rêve est de préserver cette terre sacrée ainsi que son riche héritage et ses ressources naturelles pour les générations futures.
En tant qu’homme d’un certain âge, je conseille aux jeunes de penser attentivement à ce qu’ils souhaitent laisser dans ce monde derrière eux. Viser l’immensité de cette belle planète qui constitue notre foyer plutôt que la richesse matérielle. »
Lorsqu’elles coulent librement, les rivières sont les meilleures chanteuses
La campagne de Besjana Guri et Olsi Nika pour protéger la rivière Vjosa, en Albanie, contre la vague de développement de barrages hydroélectriques, a abouti en mars 2023 à sa désignation historique par le gouvernement albanais, comme Parc national de la rivière sauvage Vjosa. Cette action, qui fait jurisprudence, sauvegarde non seulement l’intégralité des 268 kilomètres de la rivière mais aussi de ses affluents qui coulent librement à travers l’Albanie, totalisant plus de 400 kilomètres de corridors fluviaux intacts. L’écosystème de la Vjosa, sanctuaire important de biodiversité d’eau douce, procure un habitat critique pour plusieurs espèces en danger. Le nouveau parc national est le premier d’Albanie et d’Europe à protéger une rivière sauvage.
En recevant la récompense, Olsi Nika a déclaré : « Etre avec vous aujourd’hui témoigne de la persévérance, de la résilience et du pouvoir de croire en une vision claire. Ensemble, avec une multitude de gens, nous avons réussi à arrêter la totalité des 45 projets de barrages sur la Vjosa et poussé le gouvernement albanais à établir le premier parc national d’Europe pour une rivière sauvage.
Les rivières libres disparaissent à un rythme alarmant ; elles sont de plus en plus bloquées, altérées ou polluées. A cet égard, l’histoire de la Vjosa apparaît comme un modèle d’espoir, particulièrement parce qu’elle se déroule dans un pays où pendant des décennies les causes environnementales n’avaient aucune chance.
Le parc montre la manière dont la nature devrait être préservée comme un tout et non de manière morcelée. Lorsqu’elles coulent librement, les rivières sont les meilleures chanteuses. Malheureusement, leur chant aujourd’hui est un cri désespéré pour être protégées. Mais il ne tient qu’à nous de les laisser libres pour que leur chant serve aussi de berceuse aux générations à venir. »
Obtenir des droits légaux pour une rivière péruvienne
Depuis sa source dans les hauteurs des Andes, la rivière Marañón coule sur plus de 1 600 kilomètres pour former le puissant Amazone. La rivière et ses affluents abritent une formidable biodiversité aussi bien que les espèces les plus sévèrement menacées de la région. Le Marañón coule également à travers certaines des plus grandes réserves pétrolières du Pérou, subissant de nombreuses et catastrophiques marées noires depuis plus de cinquante ans.
Mari Luz Canaquiri Murayari est une activiste qui a grandi au sein de la communauté autochtone Kukama, au bord du Marañón. En mars 2024, le groupe des femmes autochtones qu’elle a fondé a remporté une décision de justice historique en matière de droits de la nature. Pour la première fois dans l’histoire du Pérou, a été accordé à une rivière un statut légal d’individu, lui conférant le droit de couler librement et sans contamination. Le gouvernement péruvien, reconnu être en violation des droits inhérents à la rivière, a été contraint par le tribunal à agir sans délai pour empêcher de futurs écoulements de pétrole dans la rivière. Il a exigé la création d’un plan de protection à l’échelle du bassin, et a reconnu les Kukama comme gestionnaires de la rivière.
En recevant la récompense, M. Murayari a déclaré : « Je veux délivrer un message au monde pour protéger notre Terre Mère, la nature, les rivières et les territoires qui donnent la vie à tous. Pour le peuple Kukama les rivières sont sacrées, essentielles à la vie, à notre pays, et au monde. Dans notre cosmovision, les rivières et les forêts sont imprégnées d’esprits. C’est la raison de notre combat pour que la rivière Marañón soit considérée comme une entité légale. Les juges étaient d’accord avec nous et cette décision bénéficiera au monde entier. »
Sauver une aire marine protégée dans les îles Canaries
Carlos Mallo Molina, un ingénieur civil, a participé à l’élaboration d’une campagne mondiale sophistiquée pour empêcher la construction du Puerto de Fonsalía, projet incluant un énorme bateau de loisir et une gare maritime, qui menaçait la biodiversité d’une aire marine protégée de plus de 68 000 hectares aux Canaries, territoire espagnol situé au large de la côte nord-ouest de l’Afrique.
La construction de ce port, projetée sur l’île de Tenerife, aurait détruit un habitat vital pour les espèces menacées, tortues de mer, baleines et requins. Grâce à la campagne, le gouvernement des Canaries a annulé officiellement le projet en octobre 2021. A l’endroit prévu, Carlos Molina réalise à présent sa vision d’un centre international, le premier aux Canaries, pour la conservation du milieu marin et l’éducation.
Il a déclaré : « Arrêter la construction d’un port n’est pas facile. Cela implique de se confronter à de puissants intérêts et à des idées dépassées. Mais parfois la meilleure réponse est dans l’absence de solution, ne rien construire et laisser la nature tranquille.
Imaginez pendant juste une seconde à quoi pourrait ressembler le monde dans cinquante ans si nous comprenions que la nature est notre plus grande richesse et que des écosystèmes sains ne sont pas optionnels mais essentiels. L’éducation est notre outil le plus puissant. C’est la raison pour laquelle nous créons un centre de conservation marine là où était projeté le Puerto de Fonsalía et que ce centre se nomme Hope1. »
1. Hope (« espoir » en anglais) était le nom d’une baleine qui a dû être euthanasiée en 2019 après une collision avec un navire.
Abolir le colonialisme des déchets en Tunisie
Semia Garbi, une scientifique et éducatrice environnementale tunisienne, a mené une campagne contre un système de trafic de déchets entre l’Italie et la Tunisie, aboutissant en février 2022, au retour en Italie, leur pays d’origine, de 6 000 tonnes de déchets ménagers illégalement exportés. Plus de 40 fonctionnaires et autres personnes corrompus, impliqués dans les deux pays dans ce scandale de trafic de déchets, ont été arrêtés. Le travail de S. Garbi a incité l’Union européenne à un changement de politique. Elle a renforcé ses procédures et sa réglementation concernant l’exportation des déchets à l’étranger.
En recevant la récompense, Samia Garbi a déclaré : « En Tunisie, comme dans beaucoup d’autres pays, nous recevons des déchets illégalement en provenance de pays développés. Appartenant à notre société civile nationale et mondiale, nous refusons d’être uniquement considérés comme un pays dans lequel les autres peuvent se débarrasser de leurs ordures.
Il faut abolir ce colonialisme des déchets. Parce que l’environnement ne connaît ni limites ni frontières politiques, notre campagne faisait partie d’un travail mondial d’ONG et de partenaires envers lesquels je suis sincèrement reconnaissante. Notre gouvernement tunisien a joué également un rôle essentiel en se saisissant du scandale des déchets. En travaillant ensemble, nous avons accompli de grandes choses. Et notre travail ne s’arrêtera jamais parce que les humains ont le droit de vivre dans des environnements sains. »
Etats-Unis : protéger des milliers de personnes contre les produits chimiques toxiques
Lorsqu’une des plus importantes crises environnementales de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre a été révélée dans sa communauté de Marramac, dans le New Hampshire, Laurene Allen s’est engagée pour protéger les milliers de familles affectées par la contamination de l’eau potable. Sa campagne a fait pression sur l’usine de Saint-Gobain Performance Plastics jusqu’à l’annonce de sa fermeture en août 2023. L’usine était responsable de fuites de PFAS (des polluants éternels) dans les sources d’eau potable de la communauté. La fermeture de l’usine en mai 2024 a marqué la fin de plus de vingt ans d’une pollution effrénée de l’air, de la terre et de l’eau.
Lors de son discours d’acceptation du prix, L. Allen a déclaré : « Ensemble, en tant que Coalition nationale contre les PFAS, nous avons combattu pour nos besoins, pleuré nos pertes et fait pression pour obtenir les réglementations fédérales qui auraient dû être instaurées depuis des décennies. Nos réussites incluent la mise en place des toutes premières normes nationales sur les PFAS pour l’eau potable, l’accent étant mis sur le nettoyage des sites et leur décontamination, la publication transparente des données sur la toxicité, et l’abolition à la source de la contamination par les PFAS.
Actuellement, beaucoup de ce qui a été obtenu est menacé. Les pollueurs, entreprises et militaires, vont à nouveau contrôler le narratif et profiter du privilège qui leur permet d’échapper à la responsabilité de leurs actions. Sans l’engagement et les actions des citoyens, les profits demeureront la priorité au détriment du bien-être de la population et de la planète, et nos systèmes détraqués seront érigés en réussites.
Pourtant notre histoire montre qu’en dépit du mensonge flagrant que constitue le narratif dominant, lorsque les gens accèdent à l’information et qu’ils se rassemblent, le changement est possible. »
Source : goldmanprize.org
La Colombie officialise la gouvernance autochtone – [sommaire]
En mai 2025, la Colombie est devenue le premier pays d’Amérique latine à officialiser les droits des populations autochtones et la protection de la forêt en reconnaissant les gouvernements autochtones locaux dans de grandes parties de l’Amazonie. Cette décision confère aux communautés non seulement des titres de propriété, mais également une autorité autochtone autonome, y compris concernant les budgets publics et le pouvoir administratif. Ce processus, initié en 2018, a abouti aujourd’hui en un cadre légal permettant aux conseils autochtones de fonctionner comme des gouvernements locaux officiels.
Patricia Suarez, leader indigène et conseillère auprès de l’Organisation nationale des peuples autochtones de l’Amazonie colombienne, qualifiant le décret présidentiel d’historique, a déclaré : « Nous recherchons la reconnaissance de notre autonomie et de notre autodétermination en tant qu’entités territoriales autochtones depuis plus de trente ans. Cette avancée est un jalon dans la consolidation des droits des peuples indigènes comme gouvernements autonomes. »

« Nous recherchons la reconnaissance de notre autonomie et de notre autodétermination […] depuis plus de trente ans. Cette avancée est un jalon dans la consolidation des droits des peuples indigènes […]. » P. Suarez, leader indigène
Par ailleurs, selon Julia Urrunaga, directrice des programmes péruviens de l’ONG Environmental investigation agency, le gouvernement péruvien a adopté des lois qui affectent les droits des communautés autochtones sans les avoir consultées, en dépit de sa propre constitution. Ainsi, une de ces lois légalise une déforestation pourtant illégale dans les territoires indigènes, tandis qu’une autre encourage les plantations de palmiers à huile dans la forêt amazonienne.
Selon Mayu Velasco Anderson, chef du programme péruvien et colombien de l’ONG Rainforest Foundation Norway : « La Colombie se place en tête pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones, non seulement sur la terre, mais sur leur identité, leur autonomie et leur pouvoir de décision pour leur propre développement. »
La Colombie est un pionnier et un modèle, et avec le temps, d’autres suivront le chemin qui a été balisé.
Source : Associated Press
Inde : l’accessibilité numérique devient un droit – [sommaire]
En lien avec l’article 21 de la Constitution, la Cour suprême indienne a déclaré l’accès numérique comme étant un droit à la vie. Les experts juridiques en Inde ont qualifié cette mesure d’événement majeur qui redéfinit le principe de l’égalité numérique et réaffirme la dignité et l’autonomie des personnes en situation de handicap.
L’arrêt de la Cour attribuant à l’accès numérique un droit constitutionnel représente un changement décisif qui aura des répercussions à travers les cadres réglementaires de l’Inde. Les institutions publiques et privées devront mettre en œuvre la conception de systèmes numériques inclusifs, comprenant des interfaces utilisateurs avec des mécanismes de réponse aux doléances adaptés aux besoins de personnes avec des handicaps.
L’exécution de cette mesure sera complexe, la plupart des systèmes existants n’étant pas conçus à cette fin. Cette modernisation demandera à la fois investissement et volonté institutionnelle. Au-delà des mises à jour de logiciels, des considérations devront être effectivement prises en compte comme l’absence de connaissance informatique d’une partie de la population, le coût inabordable du matériel, et le problème de connectivité à internet dans les territoires ruraux. La société civile devra jouer un rôle central dans le suivi de sa mise en œuvre et dans la sensibilisation de la population.
« Ce jugement n’est pas uniquement un événement légal majeur, c’est un appel à agir pour instaurer une Inde numérique inclusive », déclare Navaneeta Kanjilal, une conseillère juridique indépendante. Elle ajoute : « En liant l’accessibilité numérique à un droit fondamental, la Cour a effectivement constitutionnalisé l’inclusion numérique. Cela crée un puissant précédent : le déni des services essentiels comme la gestion bancaire, l’éducation, la santé ou l’aide juridique dû aux barrières informatiques peut maintenant être contesté pour violation des droits fondamentaux. »
Source : legal.economictimes.indiatimes.com
Le peuple se soulève pour dire non aux tyrans ! – [sommaire]
Le 14 juin, jour du 250e anniversaire de la fondation de l’armée américaine et, par coïncidence, celui de son 79e anniversaire, le président Trump a organisé un défilé militaire dans les rues de Washington, avec des chars, des missiles, des avions et des parachutistes. Ce même jour, des citoyens ordinaires ont décidé d’exprimer leur opposition au régime de plus en plus autoritaire de D. Trump en organisant les manifestations « No Kings Day » (Journée sans rois) à travers tout le pays.
Organisées par Indivisible, mouvement et organisation progressiste créée en 2016 en réaction à la première élection de Donald Trump, ces manifestations ont donné lieu à 2 169 rassemblements dans les 50 Etats, des petites villes rurales aux grands centres urbains. Un analyste indépendant, G. Elliott Morris, a déclaré : « D’après des centaines de données collectées auprès du public sur la participation à l’événement « No Kings Day », et en extrapolant pour les villes pour lesquelles nous ne disposons pas encore de données, il semble qu’environ 4 à 6 millions de personnes aient manifesté contre D. Trump partout aux Etats-Unis. » Des manifestations similaires ont eu lieu dans 27 pays à travers le monde.

Depuis son investiture en janvier, l’administration Trump a fait l’objet de plus de 15 000 manifestations et rassemblements, soit trois fois plus qu’à la même période lors de son premier mandat.
Ces chiffres feraient de cette journée de manifestations la plus importante de l’histoire américaine, avec au moins 50 % de participants de plus que les manifestations « Hands Off » (Bas les pattes) d’avril 2025, également organisées par Indivisible, qui avaient alors battu tous les records. Depuis son investiture en janvier, l’administration Trump a fait l’objet de plus de 15 000 manifestations et rassemblements, soit trois fois plus qu’à la même période lors de son premier mandat.
Le défilé militaire de D. Trump, en revanche, s’est avéré plutôt décevant, avec des soldats en uniforme marchant « de manière irrégulière, légèrement en décalage », et une foule plutôt clairsemée, peu enthousiaste et sans énergie après avoir passé des heures dans l’humidité estivale de Washington. Il a plu pendant son défilé. Cela n’a toutefois pas empêché son directeur de la communication d’affirmer que « plus de 250 000 personnes ont assisté à l’événement du 250e anniversaire, alors que les manifestations « No Kings » ont été un échec total et complet, avec une participation minime. »
Source : The Guardian ; Indivisible ; thedailybeast.com
Au-delà de la défense de la démocratie – [sommaire]
Se contenter de défendre les institutions démocratiques n’est pas suffisant, affirme Hank Gutman, ancien chef de cabinet du sénateur américain Bernie Sanders, dans un article publié en mai 2025 dans The Guardian. Les Américains ne doivent pas seulement lutter contre les menaces qui pèsent sur la démocratie, ils doivent également engager des réformes qui créent un avenir juste et équitable pour tous. Il détaille les atteintes aux pratiques démocratiques par l’administration actuelle, en particulier l’ingérence judiciaire, le non-respect de l’habeas corpus et les abus de pouvoir du gouvernement.
H. Gutman identifie cinq domaines préoccupants et propose des suggestions concrètes pour la mise en œuvre des changements qui s’imposent.
Premièrement, le salaire minimum actuel de 7,25 dollars de l’heure est totalement insuffisant et doit être augmenté afin d’offrir un niveau de vie décent à tous les travailleurs.

Les deux pancartes lisent : « Elevant la voix à l’unisson, les peuples attaqueront les anciens bastions des privilèges et du pouvoir et les réduiront en poussière. » (La réalisation du Plan, le Maître –) et « Pas de rois, le peuple gouverne ! »
Deuxièmement, l’accès aux soins de santé devrait être un droit. Le programme « Medicare for All » devrait permettre à tous les Américains d’accéder aux soins de santé. La réduction des frais administratifs liés aux assurances privées compenserait toute augmentation des dépenses.
Troisièmement, les travailleurs doivent avoir la possibilité de lutter pour leurs droits. Faciliter la création de syndicats renforcerait leur pouvoir pour traiter des questions telles que les salaires, les avantages sociaux et la sécurité sociale, et contribuerait à établir des relations équitables avec leur direction.
Quatrièmement, il est temps de mettre en œuvre des réformes fiscales. Réduire les inégalités en augmentant les impôts des riches permettrait non seulement de créer un système fiscal plus équitable, mais aussi de financer les services nécessaires et de renforcer le système de protection sociale pour les plus démunis.
Cinquièmement, la Cour suprême devrait revenir sur sa décision Citizens United afin de limiter la capacité des riches à acheter les élections et de rendre le processus électoral plus démocratique. Si la Cour suprême ne le fait pas, nous devrions alors proposer un amendement constitutionnel visant à limiter les contributions financières électorales.
H. Gutman souligne que si nous ne menons pas des réformes énergiques pour remédier aux profondes inégalités de notre système, nous ne livrerons qu’une partie du combat et resterons inefficaces.
Source : guardian.com
Benjamin Creme s’exprime à propos de Krishnamurti – [sommaire]
Q : Pourriez-vous nous parler de Krishnamurti ?
R : Jiddu Krishnamurti est né en Inde en 1895 et est mort aux États-Unis en 1986. Il a été adombré par Maitreya pendant la plus grande partie de sa vie.
Q : Pourquoi son enseignement était-il si différent du vôtre ? En effet, il n’a jamais parlé des Maîtres.
R : Ce n’est pas parce qu’il ne connaissait pas les Maîtres, car il les connaissait. Il connaissait très bien Maitreya, qui l’adombrait, et il en était conscient. Il était lui-même un disciple très avancé, un initié du quatrième degré à la fin de sa vie. Un Maître étant un initié du cinquième degré, Krishnamurti n’était pas loin d’en être un lui-même. Mais on peut avoir une vie remarquable sans avoir jamais entendu parler des Maîtres jusqu’à la fin de sa vie.
La raison pour laquelle Krishnamurti n’a jamais parlé des Maîtres est qu’il avait une conscience aiguë de tous les mirages et illusions que les gens se font à leur propos. Les gens ne cessent de me demander si tel ou tel Maître va les aider pour faire ceci ou cela, s’ils peuvent obtenir l’aide d’un Maître pour parvenir à leurs fins. Le gens comptent sur les Maîtres comme si eux, les Maîtres, leur appartenaient ! Les Maîtres sont extraordinairement occupés, mais on croirait, aux demandes que je reçois de certaines personnes qui sont au courant de leur existence, que ceux-ci sont leurs domestiques et doivent leur obéir au doigt et à l’œil ! Tel n’est pas le cas ! Ou tel ne devrait pas être le cas. Le fait que les Maîtres fassent preuve d’un amour inconditionnel ne nous donne pas le droit de leur demander tout ce qui nous passe par la tête.
Krishnamurti était suffisamment avancé pour savoir que s’il parlait des Maîtres, il ne ferait qu’alimenter les mirages et les illusions des gens, ainsi que leur tendance à compter sur les Maîtres plutôt que sur eux-mêmes. Vous seriez stupéfaits si vous saviez tout ce que l’humanité doit aux Maîtres, à leur protection et à leur guidance permanentes. Il ne se passe pas une seconde, pas le moindre moment, sans qu’un Maître ne sauve quelqu’un quelque part dans le monde – d’un accident, de la noyade, d’une catastrophe ou d’une autre, d’un cyclone, d’un tremblement de terre –, cela n’arrête pas. Ils sont toujours sur le pont. Ils sont toujours les premiers sur place à sauver des vies chaque fois que c’est possible et à porter secours. C’est ce qui se passe en permanence, à chaque instant.
Mais les gens personnalisent tout. Ils pensent que les Maîtres leur appartiennent parce qu’ils en ont entendu parler. Ils s’imaginent que les Maîtres cherchent toutes les manières possibles de les aider dans leur vie personnelle. Mais les Maîtres ne travaillent pas ainsi, de façon individuelle. Ils travaillent pour l’humanité. Ils travaillent pour le plan d’évolution de la Terre tout entière. Les Maîtres connaissent le Plan, et c’est dans le cadre de ce Plan qu’ils travaillent pour stimuler l’évolution de la planète Terre – et non individuellement pour chacun d’entre nous, même s’il leur arrive de le faire : mais cela ne se demande pas !
Lors d’une conférence comme celle-ci, Maitreya fait déferler ses énergies, il en remplit la salle, mais les questions posées sont étroites, mesquines et triviales. Cet événement est le plus important qui se soit produit dans le monde depuis des milliers et des milliers d’années ! La Hiérarchie spirituelle revient dans le monde de tous les jours pour la première fois depuis 98 000 ans. C’est colossal !
Source : conférence de Paris, 2005. Voir Partage international, septembre 2017
L’extractivisme – [sommaire]
L’extractivisme désigne certaines des pratiques qui sont en vigueur depuis que les premiers empires ont commencé à coloniser le monde connu. On peut le définir comme l’exploitation intensive des ressources sans se soucier véritablement de la durabilité ou de l’équité sociale. A l’époque moderne, il a été amplifié par les exigences insatiables du capitalisme, facilité par la mondialisation et renforcé par l’influence croissante des élites nationales et internationales qui maintiennent leurs privilèges grâce à la mainmise de leurs entreprises sur les gouvernements.
Selon l’Institut des hautes études internationales et du développement de Paris, l’un des principaux inconvénients de l’extractivisme est d’avoir de graves impacts socio-environnementaux : déforestation importante et perte d’écosystèmes entraînant la contamination des sols et de l’eau, le déclin de la biodiversité et la désertification. Ces changements perturbent des fonctions environnementales essentielles telles que la pollinisation et la fertilité des sols, qui sont indispensables à la durabilité des systèmes alimentaires. Un exemple est le remplacement des forêts vierges en Indonésie et ailleurs par d’immenses plantations de palmiers afin de satisfaire la demande croissante en huile de palme. Un autre exemple est la déforestation au Brésil pour créer des pâturages afin de répondre à la demande croissante en viande bovine.
Les impacts sociaux sont la dépossession des terres, de l’eau et des forêts vitales pour les communautés locales, ce qui entraîne une augmentation de la pauvreté et des inégalités. De plus, comme les groupes criminels contrôlent souvent les zones d’activités extractives, on observe fréquemment des violences à l’encontre des défenseurs des droits humains, comme cela a été rapporté dans nos derniers numéros.
Presque tout peut être exploité : des ressources naturelles à la main-d’œuvre, en passant par les données et même la culture. Un rapport récent décrit la file d’attente des géants de la technologie qui souhaitent construire d’immenses centres de données consommant d’énormes quantités d’énergie et d’eau dans des villes sud-américaines déjà confrontées à un déficit hydrique. Par exemple, dans la ville de Caucaia, au Brésil, où se trouve l’un des plus récents sites de centres de données, entre 2003 et 2024, l’état d’urgence en raison de la sécheresse y a été déclaré sur 16 des 21 années. En 2019, près de 10 000 personnes ont été touchées par des pénuries d’eau, les réservoirs se vidaient, et l’eau était devenue impropre à la consommation. Cela a entraîné des pertes de récoltes et des difficultés d’accès à l’alimentation de base pour la population.
Selon l’Atlas numérique des catastrophes, cinq des 22 centres de données prévus au Brésil sont situés dans des villes qui connaissent des sécheresses et des pénuries d’eau récurrentes depuis 2003. La situation au Chili est similaire. Ce pays compte déjà 22 centres de données, et le gouvernement a récemment annoncé 30 nouveaux projets. Ce pays devrait passer d’un niveau moyen à un niveau élevé de déficit hydrique d’ici 2040, avec une probabilité de diminution de la disponibilité en eau.
Le tourisme de masse est devenu une autre forme d’extractivisme. Stephen Burgen, journaliste indépendant basé en Espagne et correspondant du Guardian, décrit l’effet que 30 millions de visiteurs par an, attirés par un marketing incessant, ont sur Barcelone. Il affirme que la ville est en train de se vider de sa substance, car les habitants et les entreprises locales ne peuvent plus payer des loyers devenus exorbitants. « Pour ceux qui en subissent les conséquences, le tourisme de masse semble de plus en plus destructeur, au point d’être une forme de colonialisme culturel. »
A l’avenir, si nous voulons que les villes et les nations jouissent de l’autodétermination, nous devrons nous en prendre aux forces économiques et politiques afin qu’elles mettent fin à cette situation.
Source : The Guardian ; Institut d’études avancées de Paris
Manuscrits de la mer Morte : un nouvel outil de datation – [sommaire]
Les manuscrits de la mer Morte ont été découverts au milieu du XXe siècle dans les grottes de Qumrân, dans le désert de Judée, par des bergers bédouins. Dans les années 1990, des échantillons ont été datés au carbone 14. Aujourd’hui, grâce à l’intelligence artificielle (IA), les chercheurs réexaminent la question de savoir quand, où et par qui ils ont été rédigés.
Une équipe de chercheurs de l’Université de Groningue, aux Pays-Bas, a utilisé une IA basée sur l’apprentissage automatique pour créer un modèle baptisé Enoch, en référence au personnage biblique associé à la connaissance scientifique. Les analyses d’échantillons ont révélé que deux styles d’écriture, l’écriture hasmonéenne et l’écriture hérodienne, ont coexisté bien plus longtemps qu’on ne le pensait. Par ailleurs, un échantillon contenant des versets du livre de Daniel s’est avéré plus ancien que ne le suggérait la paléographie traditionnelle : ils seraient contemporains de l’auteur du livre de Daniel, et non pas de la génération suivante comme on le croyait. De même les chercheurs ont découvert qu’un exemplaire du livre de l’Ecclésiaste datait de l’époque de son auteur présumé.

Une partie du parchemin 28a issu de la grotte « Qumrân 1 », de la collection des « manuscrits de la mer Morte », collection du Musée jordanien, à Amman (Jordanie).
Cette nouvelle recherche surmonte trois limites des techniques de datation antérieures : la contamination par l’huile de ricin, une substance utilisée dans les années 1950 pour faciliter la lecture des manuscrits, mais qui peut fausser les résultats ; le fait que de nombreux parchemins n’aient été datés que par analyse graphologique ; et la destruction des échantillons utilisé pour la datation au carbone 14.
Le professeur Mladen Popovic, premier auteur de la recherche, publiée dans la revue Plos One, a déclaré : « Notre étude est une première étape significative qui nous ouvre les portes de l’histoire. Elle offre de nouvelles perspectives de recherche. » Joan Taylor, professeure émérite au King’s College de Londres, a indiqué que ces résultats auront un impact majeur sur les études sur Qumrân. La plupart des plus de 1 000 manuscrits découverts dans les grottes près de Qumrân n’auraient pas été rédigés sur ce site, qui n’a été occupé que plus tard.
Le Dr Matthew Collins, de l’Université de Chester, conclut : « Dans l’ensemble, il s’agit d’une étude importante et bienvenue, qui pourrait fournir un nouvel outil précieux pour la datation de ces textes. Néanmoins, il convient de l’adopter avec prudence et de la comparer soigneusement à d’autres données. »
Source : The Guardian
Rutger Bregman – [sommaire]
Le dernier livre de Rutger Bregman, Ambition morale – cessez de gaspiller votre talent et construisez un héritage de valeur1 (voir compte rendu de lecture dans Partage international, septembre 2024) sera disponible très prochainement en français.
1. A paraître le 12 septembre 2025 aux éditions Seuil. Le titre définitif n’est pas encore connu.
Interview de Rutger Bregman disponible sur Youtube « Un appel à l’action pour l’humanité » – Trevor Noah
Une précédente interview de Trevor Noah avec l’historien néerlandais Rutger Bregman dans le Daily Show n’a pas été diffusée, jugée trop radicale. Cette fois, la présentation du livre et l’interview avec l’animateur Jon Stewart ont été diffusées. Les deux interviews sont disponibles sur YouTube.
Assemblées citoyennes en Nouvelle-Zélande – [sommaire]
Les assemblées citoyennes remontent à l’Ecclésia, l’assemblée générale de la Grèce antique, créée il y a plus de 2 500 ans. Plus récemment, elles ont été utilisées pour aborder des sujets sensibles et polarisants en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Suède (cf. Partage international, juin 2024).
Egalement connues sous le nom de « démocratie délibérative », ces assemblées consistent à sélectionner un groupe diversifié de personnes et à leur fournir des informations sur une question locale, ainsi que l’accès à des experts.
La démocratie délibérative peut se révéler très efficace. En augmentant l’engagement communautaire, elle renforce la confiance envers les institutions politiques et permet de prendre en compte une large gamme de problématiques et de points de vue.
Un exemple emblématique est celui de l’Assemblée citoyenne irlandaise de 2016, dont les recommandations ont conduit au référendum de 2018 sur l’avortement, mettant fin à une impasse politique qui durait depuis dix ans.
Des facteurs tels que l’âge, le statut socio-économique, le niveau d’éducation, ainsi que les origines religieuses et ethniques, sont généralement pris en compte dans le processus de sélection, afin que le groupe d’au moins 30 personnes soit représentatif de la population locale. Le groupe débat et délibère jusqu’à parvenir à un consensus, puis présente ses recommandations.
Auckland : L’avenir de l’eau potable
La première assemblée citoyenne néo-zélandaise s’est tenue en 2022, lorsque 40 habitants d’Auckland se sont réunis durant cinq week-ends afin de décider comment garantir l’approvisionnement en eau potable de la plus grande ville du pays pour les vingt années suivantes. Les membres de l’assemblée avaient été sélectionnés parmi les personnes ayant répondu à 12 000 invitations envoyées de manière aléatoire par e-mail et courrier.
Chris Allen, responsable de la planification stratégique du fournisseur d’eau d’Auckland, Watercare, a avoué avoir été initialement sceptique. Il ne voyait pas comment des citoyens ordinaires pourraient comprendre en si peu de temps les subtilités d’une problématique sur laquelle il travaillait depuis plus de vingt ans – et proposer une solution réaliste.
Après avoir observé le processus, il a déclaré : « C’était incroyable de voir à quelle vitesse ils sont passés d’une compréhension quasi nulle à des discussions sur des concepts complexes, tout en se sentant parfaitement à l’aise pour échanger entre eux et avec les experts. »
Matheson Russell, maître de conférences en philosophie sociale et politique à l’Université d’Auckland, et spécialiste des nouveaux modèles de gouvernance citoyenne, estime que, quel que soit leur niveau d’éducation, les citoyens peuvent être tout à fait capables de prendre des décisions complexes si on leur en donne la possibilité : « Lorsqu’on nous demande de voter lors d’un référendum ou d’une élection, explique-t-il, nous n’avons pas toujours les ressources nécessaires pour prendre une décision éclairée. […] Et puis, tout le monde sait que trois millions d’autres personnes votent aussi, donc que notre voix a peu de poids. Mais quand on participe à une assemblée citoyenne […], on sait que sa contribution compte, et on a le temps, l’espace et les moyens de travailler correctement. »
A la suite de cette assemblée de 2022, Watercare a très vite lancé une usine pilote de production d’eau potable à partir d’eaux usées recyclées, conformément à l’option privilégiée par l’assemblée.
Porirua : résilience face au changement climatique
Début 2025, une assemblée citoyenne s’est tenue à Porirua (près de la capitale Wellington), afin de réfléchir aux moyens de se préparer au changement climatique et de réparer les dommages causés à l’environnement local. Contrairement aux formats habituels, cette assemblée réunissait 100 habitants de Porirua, répartis en deux chambres – l’une composée de 50 représentants des peuples autochtones Maoris (qui ont des droits historiques et territoriaux sur la terre), l’autre de 50 représentants du reste de la communauté.
Un panel d’experts et d’universitaires a présenté des informations sur des sujets tels que les sciences du climat, les savoirs autochtones et la cartographie des risques. Ensuite, les membres se sont répartis en petits groupes pour faciliter l’expression de chacun.
Au début, les échanges visaient principalement à mieux comprendre les perspectives de chacun. Au fil du temps, les discussions se sont recentrées, passant des idées générales à des recommandations concrètes.
A l’issue de l’assemblée, une douzaine de recommandations ont été soumises au conseil municipal. Parmi elles : encourager la plantation de variétés locales d’arbres, réserver deux sièges pour des jeunes au conseil municipal de Porirua, et créer un programme de soutien à la résilience des marae1.
Helmut Modlik, directeur d’une revue destinée aux jeunes Maoris et co-organisateur de l’assemblée de Porirua, s’est dit séduit par ce modèle qu’il considère comme une meilleure alternative à la démocratie locale et nationale, décrivant l’assemblée citoyenne comme « explicitement délibérative », contrairement à la nature conflictuelle des gouvernements.
Il a souligné : « Ce fut un moment fort de voir les jeunes Maoris saisir avec tant de passion cette occasion de faire entendre leur voix. […] L’assemblée a été une réussite exceptionnelle. Elle a dynamisé notre communauté et capté son imagination. Elle nous a permis de comprendre que nous pouvions reprendre davantage le contrôle de notre destinée collective. »
- Le marae est un lieu de rassemblement, point central de la communauté maorie locale.
Source : newsroom.co.nz ; nzherald.co.nz
Citation
Message de Maitreya
Brève
Courrier des lecteurs
Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.Heureux réconfort ? – [sommaire]
En mai 2025, de nombreux membres des groupes allemands de méditation de transmission se sont rendus à Luino en Italie, pour se joindre aux groupes du nord de l’Italie pour la session de méditation de la pleine lune du Taureau.
Le dimanche de ce week-end était également le jour de la Fête des Mères. Quelques semaines auparavant, j’avais dû placer ma mère malade dans une maison de retraite. En raison de son âge, elle ne pouvait plus vivre seule. Je me sentais donc très triste. La décision avait été très difficile à prendre, mais je m’étais efforcée de choisir ce qui était juste pour ma mère, et les circonstances ne me laissaient pas d’autre choix.

La maison de ma mère était donc à présent vide, et le jardin et la pelouse ayant follement poussés depuis des mois, la voisine m’a demandé si elle pouvait y faire paître son mouton. J’ai accepté en lui demandant de m’envoyer une photo.
En ce « dimanche de Wesak Fête des Mères », j’ai reçu cette photo. Elle montre une brebis ayant récemment donné naissance à deux agneaux. Cette belle photo, qui semble potentiellement montrer une bénédiction compte tenu du faisceau de lumière qui y apparaît, m’a donné de la joie et je ressens une profonde gratitude.
B. R., Munich (Allemagne)
Visite de Noël – [sommaire]
En 2024, le matin du jour de Noël, je venais de finir mon petit déjeuner et je m’apprêtais à aller chez mon frère pour la journée lorsque j’entendis un coup discret à la porte. J’ouvris la porte et me trouvai devant deux afro-américaines. Je pensais qu’elles venaient solliciter un don ou vendre quelque chose. Elles étaient toutes deux vêtues de manière assez stylée, avec des vêtements de niveaux différents très colorés. La femme directement en face de moi portait des tresses et tenait une bible ouverte. Elle avait un beau sourire et lorsqu’elle me salua son accent me fit penser qu’elle venait d’un pays africain. Elle déclara : « Oh, vous êtes en train de manger ! » Je n’ai pas compris comment elle pouvait savoir cela, puisque j’avais terminé de manger avant d’ouvrir la porte. L’autre femme était beaucoup plus grande et gardait le silence tandis que la femme avec la Bible engageait la conversation. Elle commença par me parler de Jésus et du Christ en tapotant la Bible tandis qu’elle parlait. J’étais un peu impatiente parce que je voulais continuer de me préparer pour partir chez mon frère. Je lui dis que je connaissais Jésus et le Christ et que je savais qu’ils étaient deux personnes séparées. Puis la femme à la Bible demanda : « Comment pensez-vous que nous pourrions obtenir la paix ? » Je répondis que la paix commence avec chacun de nous et la création de justes relations humaines. Je les ai remerciées d’être venues et elles sont parties.
Bien entendu, j’ai réalisé au moment où j’ai fermé la porte qui étaient ces deux femmes et j’ai regretté de n’avoir pas été plus consciente durant notre conversation.
Une chose est certaine, la question de la femme à propos de l’obtention de la paix m’a fait réfléchir à ce qu’il faudrait pour y arriver et pour la conserver.
K.P. K., Texas (Etats-Unis)
Une aide précieuse – [sommaire]
Le 16 mai 2024, je circulais dans Paris et sa banlieue, et j’avais dans l’idée d’aller Porte de Versailles qui est un lieu stratégique. Tout à coup, j’ai senti que je devais quitter l’endroit où je me trouvais pour aller ailleurs. J’arrivai sur un marché. Un homme jeune se trouvait à mes côtés. Il avait les cheveux clairs, très courts, et les yeux bleus. Il portait un sweat noir, un blouson crème foncé et un pantalon de la même couleur. Je ne voyais pas son visage, mais il devait avoir environ 20 ans. Je ne lui prêtai guère attention, même si j’avais remarqué qu’il buvait une canette de bière et qu’il avait un scorpion tatoué sur la main. En croisant les yeux de cet homme, je reconnus quelque chose en lui. Il me déclara d’emblée qu’il attendait quelqu’un et me demanda si je faisais partie d’une association. Je lui répondis par la négative en lui précisant que nous étions un groupe. Il ajouta que compte tenu du service que je procurais, je méritais un bon vélo et que celui-ci n’était pas fait pour tracter un panneau publicitaire. Je lui expliquai tous les problèmes techniques que j’avais rencontrés, et il répara le vélo immédiatement tout en m’en expliquant la mécanique. Puis il me demanda si des personnes intéressées étaient venues spontanément vers moi. Je lui répondis qu’il y avait eu quelques personnes noires, mais personne d’autre. Je lui expliquai que j’étais allée Porte de Versailles et que j’avais été agressée verbalement. Il me demanda pourquoi, et je lui répondis que c’était en raison de l’opposition à la venue des migrants. Il me demanda quel message je voulais faire passer et je lui répondis que c’était le partage des ressources mondiales basé sur la redistribution, qui serait mis en place dans le futur par les Nations unies. Il me répondit explicitement que j’avais été attaquée parce que mon message n’était pas clair. Il m’expliqua que nous étions dans une époque où les affiches et les publicités étaient comprises instantanément. Il me suggéra donc d’intégrer la planète Terre sur le panneau publicitaire et de remplir l’espace vide, bien que nous pensions bien faire en la gardant épurée. Il ajouta qu’il fallait aussi partager les énergies telles que l’eau et les ressources planétaires. J’en ai déduit que c’était une invitation à utiliser créativement les idées transmises par le Maître de Benjamin Creme, bien que le groupe soit resté fidèle à la consigne qu’il nous avait donné de distribuer le message Sharing will save the world sans y apporter notre propre touche. Il prit trois autocollants. Il déclara que mon destin était de le rencontrer, puis il me dit qu’il devait partir. C’est à ce moment précis que j’ai compris que la personne qu’il attendait, c’était moi. A partir de cet instant, de très nombreuses personnes m’ont demandé des autocollants « le partage sauvera le monde », m’ont posé des questions et ont lu le panneau publicitaire. Quelque chose avait changé sur le plan énergétique. L’équipe de l’exposition de photos avait déjà constaté que l’énergie avait changé après la visite d’un Maître de Sagesse. J’ai su que cet homme était le Maître Jésus.
Anonyme, Paris (France)
Publicité pour le partage – [sommaire]
Dans la continuité du 16 mai 2024, j’étais de nouveau engagée le 8 octobre 2024, dans une activité pour le partage. Le matin, je me suis levée avec l’impression que j’allais revoir le Maitre Jésus. Je pensais que je le reconnaîtrais car je me souvenais de son apparence. J’étais à vélo sur la très animée place de Clichy à Paris, et j’essayais de poser une autre affiche prônant le partage des ressources mondiales. C’était difficile car le vélo n’avait pas de béquille et il y avait des rafales de vent à 40 km/h. Alors que j’accrochais cette affiche supplémentaire, j’aperçus un homme asiatique qui venait droit vers moi depuis l’autre côté du boulevard. Bien que je ne le regardais pas, je pouvais le voir. Il venait vers moi en traversant en dehors du passage piéton. Le vélo était sur le boulevard, et je me tenais sur le trottoir. Il demanda : « Bonjour, c’est au sujet d’écologie ? » Je répliquai catégoriquement : « Non, c’est pour le partage. » J’étais surprise de sa question car c’était indiqué en grand des deux côtés de l’affiche, et je savais qu’il l’avait vu. Je lui donnai un autocollant qu’il mit dans sa poche. Je l’ai regardé brièvement s’éloigner, car je devais faire attention à ce que le vélo ne tombe pas.
Il avait une cinquantaine d’années, et une allure démodée. Il n’avait pas un seul cheveu blanc et n’était pas habillé de manière adaptée pour la saison. Toujours occupée à attacher l’affiche, je ne lui prêtai guère plus attention, bien que j’aie nettement senti quelque chose énergétiquement. Il était arrivé au moment même où j’accrochais l’affiche que nous avions créée grâce à une première apparition en mai. En remontant sur le vélo, je me disais que ça ne pouvait pas être Jésus, car il ne prendrait pas l’apparence d’un asiatique. Je sentais que je devais quitter la place de Clichy et je me rendis à la gare Saint-Lazare où j’entendis des gens parler des mêmes sujets que les priorités de Maitreya. Plus les heures passaient, plus l’image de l’homme asiatique me revenait en tête. J’en conclus donc que c’était Jésus.
Anonyme, Paris (France)
L’histoire de ma femme – [sommaire]
Le 16 mai 2025, je me trouvais à l’intérieur d’une épicerie, et tandis que j’étais penchée vers un réfrigérateur, un homme s’approcha, tourna la tête vers moi et me dit en norvégien : « Bon 17 mai. » Cette date est un jour férié national célébrant la fondation de la constitution norvégienne.
Je le remerciai et lui retournai les vœux. Puis il dit : « Dieu vous bénisse ! » en faisant le signe de croix. Je souris et lui répondis : « Dieu vous bénisse ! »
Il avait l’air d’être originaire de l’Inde, mais il parlait un mélange parfait d’anglais et de norvégien sans aucun accent.
Il arborait un grand sourire, semblait très heureux et sa démarche était légère. Je cherchai à voir où il était allé mais il avait soudainement disparu. Il avait une épaisse chevelure bouclée et une moustache noire. Il portait étrangement un manteau très épais, plus adapté à l’hiver, alors que cette journée de printemps où tout le monde portait des t-shirts, des shorts et autres vêtements d’été, était chaude et ensoleillée. Personne dans la boutique ne semblait l’avoir remarqué et je fus la seule à qui il a parlé.
Mon histoire
Comme il n’y avait guère de place libre dans le parking pour notre voiture et la caravane, j’attendais ma femme, entrée faire une course dans un magasin, à l’extérieur près de la voiture. Un homme arrivant soudainement de la direction du magasin, s’approcha et me demanda, tout en faisant un geste de balayage avec sa main devant mes yeux : « Vous êtes ici pour observer ? » Un peu contrarié et légèrement irrité par son commentaire, je lui répondis que j’attendais ma femme qui était dans le magasin.
Puis il déclara : « Jésus vous aime ! Plus de routes sont construites et maintenant Jésus revient ! » J’ai pensé que ce devait être un chrétien fervent.
Puis il déclara : « Je m’appelle John, comment vous appelez-vous ? » Nous nous sommes serrés la main tandis que je lui répondais. Il avait une vibration très agréable et un sourire heureux. Je remarquai avec étonnement qu’il portait un épais manteau, alors que le temps était chaud. Son apparence faisait penser qu’il venait d’Inde ou d’un pays d’Afrique du Nord comme l’Algérie, et il parlait un mélange de norvégien et d’anglais sans aucun accent. Il avait une moustache blanche et était pratiquement chauve.
Quand elle sortit du magasin, ma femme me raconta son histoire et après comparaison avec la mienne, nous fûmes certains à cent pour cent d’avoir parlé avec le même homme.
L’évidence m’apparut soudain plus tard dans la journée et je réalisai que je m’étais senti légèrement irrité par sa question « Vous êtes ici pour observer ? » parce qu’elle impliquait que j’observais trop et n’agissais pas assez pour faire connaître la présence de Maitreya dans le monde.
T. W., Bergen (Norvège)
Rayons
Selon le Maître DK, un rayon est « le nom donné à une certaine force ou à un certain type d’énergie, considéré sous l’angle de la qualité qui en émane ». Les rayons transmettent ainsi leurs qualités à toute la création, y compris la constitution humaine. L’âme, la personnalité, le corps mental, le corps émotionnel et le corps physique, sont tous colorés par l’un ou l’autre des sept rayons. De manière à faciliter l’étude et la compréhension des rayons, le Maître de Benjamin Creme, au fil des ans, a accepté de répondre à des questions portant sur la structure de rayons (et le niveau d’évolution) de certaines personnalités mais, par discrétion, jamais pour des personnes en vie. Pour approfondir cette étude, nous renvoyons le lecteur aux enseignements d’Alice Bailey (Lucis Trust), aux ouvrages de Benjamin Creme et aux précédents numéros de Partage international.
Dernière de couverture
Une tâche considérable attend l’humanité – [sommaire]
Photo : Shannoncommons, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
« Celui qui mange à sa faim alors que ses voisins ont faim n’est pas un vrai croyant. »
Prophète Mahomet
« Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « Je » et vous sépare toujours du « Nous. » »
John Steinbeck – Les raisins de la colère
« Une tâche considérable attend l’humanité à ce point tournant de son existence : purifier le monde des habitudes ancestrales de pensée et d’action incorrectes, changer totalement sa vie sociale de façon à ce que chacun soit libéré de la peur : peur du manque, de la guerre, de la maladie et de la mort. Tâche colossale en vérité, mais qui vaut vraiment la peine d’être entreprise, car elle conduira à un nouvel art de vivre, à des relations nouvelles et plus agréables entre les hommes, et à un monde gouverné par les principes de justice et de fraternité, de partage et d’amour. Quel but plus noble pourrait-il exister pour l’humanité que de créer un tel monde ? Personne ne saurait nier les bienfaits d’une telle transformation et nous, les Maîtres, vous aiderons dans votre tâche, en vous révélant ce qu’il est possible de réaliser et le meilleur chemin pour y parvenir. »
Un Maître parle – Santé et guérison (2e partie)
Cahier anniversaire
Le 19 juillet 1977, Maitreya, l’Instructeur mondial, est arrivé dans la communauté asiatique de Londres − son point d’attache dans le monde moderne − et le 22 juillet il a commencé sa mission. Trente ans plus tard, nous célébrons cet événement extraordinaire à travers les pages suivantes.
Questions-réponses de Benjamin Creme
Questions-réponses
Réponses de Benjamin CremeLe thème de la conférence de Benjamin Creme, au cours des rencontres de méditation de transmission de 2006, était « l’unité dans la diversité ». Cette conférence a été publiée dans Partage international en janvier-février 2007. Les questions-réponses suivantes ont été publiées dans le numéro de mars 2007. Par ses réponses, B. Creme explique pourquoi l’on éprouve des difficultés à trouver des solutions durables – QUESTION : Voulez-vous dire un monde unifié sous un seul système politico-économique ? – [sommaire]
Vous pouvez avoir un monde unifié à la manière américaine, suivant le système économique américain, aligné sur les forces de marché et basé sur la compétition, un système servant au mieux les intérêts d’un petit nombre et mal ceux de la majorité, et créant ainsi de véritables schismes, beaucoup d’angoisse, et finalement le terrorisme et la guerre, comme c’est le cas aujourd’hui. Vous pouvez penser que nous pourrions essayer d’unifier le monde, dans le sens d’un empire américain, d’une pax americana. Vous pouvez imaginer que tout le monde voudrait adopter la conception américaine de la démocratie, et que, d’une manière ou d’une autre, les choses continueraient de la même façon, sur la voie de la compétition avide, sans que cela conduise à la guerre. Mais c’est une illusion. Cela n’arrivera jamais.
Nous connaissons la guerre et le terrorisme parce que la vision américaine appartient au passé. Le monde a été poussé par la domination économique des Etats-Unis à des formes de gouvernements et de relations qui seront absolument impossibles dans l’avenir. La compétition impliquée dans ce système n’engendre pas la bonne volonté, car elle est liée uniquement au passé et n’a rien à offrir à l’avenir. Nous avons besoin de la bonne volonté, mais la compétition n’engendre pas la bonne volonté ; c’est tout le contraire. Elle engendre ce que vous pouvez imaginer, la lutte pour les marchés et le désir de l’emporter sur les autres. Tout cela mène à la confrontation et finalement à la guerre, une guerre après l’autre. C’est la voie du passé.
Il s’agit réellement de faire un choix entre la compétition et la coopération. La coopération est la voie de l’avenir, et la seule voie qui puisse servir l’humanité.
Pourquoi les gouvernements semblent-ils si inefficaces aujourd’hui ? – [sommaire]
Les gouvernements savent seulement agir en employant les méthodes du passé et celles-ci ne sont plus valables. C’est la raison pour laquelle il n’existe aujourd’hui aucun gouvernement dans le monde qui puisse véritablement gouverner. Ils font de leur mieux et tous échouent car ils utilisent des méthodes dépassées. Une seule chose – la dernière qui leur vienne à l’esprit – changerait l’impasse dans laquelle tous se trouvent, c’est d’inaugurer un système de partage.
Dès qu’ils le feront, ils créeront la confiance qui les rendra capable de traiter tous les autres problèmes dans un esprit de coopération. Seule la coopération peut en effet résoudre les problèmes. On ne peut imposer des solutions aux nations qui n’en veulent pas. Les problèmes ne pourront être résolus que par la coopération, lorsque la confiance engendrée par le partage sera présente et permettra de procéder à des changements.
La bonne volonté générée par la confiance permettra de résoudre des problèmes qui semblent aujourd’hui insolubles.
A la conférence de New York, vous avez dit : « Nous devons nous sauver nous-mêmes » ce qui a été très apprécié. J’ai trouvé cette expression très unificatrice dans le contexte de la Réapparition, parce qu’elle répondait à certaines préoccupations ou projections concernant l’Instructeur mondial en tant que sauveur. – [sommaire]
Cette question présente deux aspects. L’un est général, l’autre est personnel.
Maitreya vient pour inciter l’humanité à sauver la planète et l’empêcher de se détruire elle-même. C’est par ses enseignements qu’il s’efforce de nous inciter au changement. C’est ce que la plupart des gens attendent de lui en tant que « sauveur ». Mais nous devons faire le travail nous-mêmes. Comme il l’a dit il y a longtemps, « chaque pierre, chaque brique doit être mise en place par l’humanité elle-même » [Agni Yoga : Les feuilles du jardin de Morya]. Il a dit également : « Je suis seulement l’architecte, vous êtes les constructeurs volontaires du Temple de la Vérité » [Messages de Maitreya le Christ].
Le second aspect concerne sa relation avec chaque individu. Dans ce cas, il n’est pas un Sauveur qui sauvera l’humanité du résultat de ses péchés. Cela n’a aucun lien avec le péché. Il s’agit d’une transformation de soi. Nous nous changeons nous-mêmes et nous entrons dans le processus du salut. C’est un processus qui se fait par étapes successives.
Nous nous sauvons nous-mêmes en répondant aux enseignements et avant tout en les appliquant. Vous pouvez entendre les enseignements et ils restent des enseignements, comme ils l’ont été pendant deux mille ans pour des millions de personnes.
Les enseignements de Maitreya, transmis à travers Jésus, que les gens ont entendus et consignés dans la Bible, ont été écartés ou restent encore aussi pertinents aujourd’hui qu’ils l’étaient alors, mais ils n’ont pas été appliqués.
Si vous n’appliquez pas les enseignements, s’ils ne sont pas une force dynamique en vous, et par conséquent une force de changement, vous n’êtes pas sauvés. Correctement appliqués, jour après jour, semaine après semaine, année après année, les enseignements nous transforment progressivement. Nous nous rapprochons de notre âme, nous absorbons en nous-mêmes davantage d’énergie, davantage de lumière venant de l’âme. Nous apportons davantage de matière sub-atomique dans nos corps, les transformant ainsi, les spiritualisant et les rendant de plus en plus parfaits. C’est cela se sauver soi-même – ressembler de plus en plus à l’âme.
L’âme cherche à s’exprimer à travers son véhicule, l’homme ou la femme, mais ces derniers doivent répondre aux enseignements. C’est la raison pour laquelle l’Instructeur vient, pour nous rappeler une fois encore les lois : la loi du karma, la loi de renaissance et la loi d’innocuité. Nous devons appliquer ces lois correctement, de manière dynamique dans nos vies, elles ne doivent pas simplement rester une idée dans notre tête dont nous ne faisons rien. S’il s’agit seulement d’un souvenir dans le cerveau, c’est inutile. Nous devons réellement appliquer cet enseignement, en faire un levain qui nous transforme. Il nous élève et nous transforme peu à peu. Nous devons changer en mettant l’enseignement en pratique.
Il ne s’agit pas de connaissance en soi, mais d’une réponse instinctive à la dynamique de l’enseignement. Il s’agit d’un processus, pas seulement de mots, de sermons, de quelque chose dont il faut se souvenir. Peu importe que vous vous souveniez ou non des mots. Ce qui importe, c’est que le contenu de cet enseignement devienne un processus actif dans votre vie, et vous conduise d’un niveau de conscience à un autre, d’une initiation à une autre, et finalement à la perfection. C’est cela être sauvé et personne ne peut le faire à votre place. (Partage international, mars 2007)
A la conférence de New York, vous avez dit : « Nous devons nous sauver nous-mêmes » ce qui a été très apprécié. J’ai trouvé cette expression très unificatrice dans le contexte de la Réapparition, parce qu’elle répondait à certaines préoccupations ou projections concernant l’Instructeur mondial en tant que sauveur. (extrait) – [sommaire]
Cette question présente deux aspects. L’un est général, l’autre est personnel.
Maitreya vient pour inciter l’humanité à sauver la planète et l’empêcher de se détruire elle-même. C’est par ses enseignements qu’il s’efforce de nous inciter au changement. C’est ce que la plupart des gens attendent de lui en tant que « sauveur ». Mais nous devons faire le travail nous-mêmes. Comme il l’a dit il y a longtemps, « chaque pierre, chaque brique doit être mise en place par l’humanité elle-même » [Agni Yoga : Les feuilles du jardin de Morya]. Il a dit également : « Je suis seulement l’architecte, vous êtes les constructeurs volontaires du Temple de la Vérité » [Messages de Maitreya le Christ].
Le second aspect concerne sa relation avec chaque individu. Dans ce cas, il n’est pas un Sauveur qui sauvera l’humanité du résultat de ses péchés. Cela n’a aucun lien avec le péché. Il s’agit d’une transformation de soi. Nous nous changeons nous-mêmes et nous entrons dans le processus du salut. C’est un processus qui se fait par étapes successives.
Nous nous sauvons nous-mêmes en répondant aux enseignements et avant tout en les appliquant. […] (Partage international, mars 2007)
