Partage international no 441 – mai 2025
La culture du riz, aliment de base de près de la moitié de la population mondiale, est problématique à deux égards. D’une part, la riziculture est responsable d’environ 12 % des émissions mondiales de méthane qui alimentent le changement climatique et, d’autre part, elle utilise entre un quart et un tiers des ressources en eau douce de la planète. L’eau douce se raréfie déjà à l’heure actuelle en raison des effets du changement climatique, et elle se raréfiera encore davantage. C’est pourquoi des développements révolutionnaires dans le domaine de la riziculture font la une des journaux, touchant à la fois à l’émission de méthane et à la consommation d’eau.
Dans une étude publiée en février de cette année, des scientifiques ont identifié des composés chimiques spécifiques libérés par les racines de riz qui émettent du méthane. En utilisant ces données, en comparant différentes variétés et en croisant une variété de riz à haut rendement avec une variété produisant peu de méthane, ils ont pu produire un riz à haut rendement et à faible teneur en méthane (70 % en moins). La nouvelle souche a un rendement moyen de 8,96 tonnes/hectare, contre une moyenne mondiale de 4,71 en 2024.
La prochaine étape consistera à enregistrer le nouveau riz en tant que variété auprès du gouvernement chinois et d’autres organismes, ce qui permettra de le commercialiser auprès des agriculteurs. Anna Schnurer, microbiologiste et autrice principal de l’étude, remarque : « C’est une chose de créer des variétés de riz respectueuses de l’environnement, mais il est ensuite essentiel de les mettre sur le marché et de les faire accepter par les agriculteurs. »
Par ailleurs, des chercheurs chiliens de l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA) et de l’Institut national chilien de recherche agricole (INIA) ont procédé à des modifications génétiques pour rendre le riz asiatique plus résistant au changement climatique et moins polluant. Ils sont parvenus à produire du riz en utilisant deux fois moins d’eau.
Pour obtenir une culture polyvalente, ils ont adapté le système d’intensification de la riziculture (SRI), utilisé principalement en Asie, aux conditions pédoclimatiques du Chili. Sur près de 300 variétés de riz différentes évaluées pendant une dizaine d’années, quatre ont été sélectionnées pour leur capacité à s’adapter à la fois aux sécheresses et aux inondations. Les chercheurs souhaiteraient que la formule chilienne d’adaptation du SRI soit utilisée à grande échelle pour aider les pays producteurs de riz à atténuer les effets du changement climatique.
L’utilisation à grande échelle de ces deux nouveaux développements pourrait avoir un impact considérable sur l’approvisionnement alimentaire d’une grande partie du monde à mesure que les conséquences du changement climatique s’intensifient.
Sources : Scitechdaily.com, El País (version anglaise)
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
