Partage international no 441 – mai 2025
par Cher Gilmore
C’est officiel : les Londoniens peuvent enfin respirer un air plus pur, après l’extension de la zone à faibles émissions ULEZ (Ultra Low Emissions Zone). Annoncé en 2015 par le maire de l’époque, Boris Johnson, ce projet touchait initialement une petite zone de Londres. Son successeur, Sadiq Khan, la met en place dès le début de l’année 2019, et l’élargit en 2023 au Grand Londres, touchant environ 9 millions de personnes.
S. Khan a fait face à une forte opposition lors de cette extension, mais le rapport publié début mars de cette année par l’Autorité du Grand Londres montre clairement que cette politique a permis de réduire la pollution, de retirer de la circulation les vieilles voitures polluantes, et d’apporter ainsi un air plus pur à des millions de Londoniens. Il s’agit des mesures les plus complètes jamais réalisées sur l’impact de l’ULEZ, et elles ont été largement examinées par un groupe d’experts indépendants.
Le rapport révèle notamment que les niveaux de dioxyde d’azote (NO2) en bord de route – un gaz qui aggrave l’asthme, perturbe le développement pulmonaire et augmente le risque de cancer du poumon – ont diminué de 27 % depuis 2019. De même, les émissions de particules fines (PM2.5) issues des gaz d’échappement des véhicules étaient inférieures de 31 % en 2024 dans la périphérie de Londres par rapport à ce qu’elles auraient été sans l’extension de l’ULEZ.
De manière générale, la qualité de l’air s’est améliorée sur 99 % des sites de surveillance à travers Londres depuis 2019.
La conclusion la plus encourageante du rapport est peut-être que certaines des communautés les plus pauvres de Londres bénéficient des améliorations les plus significatives. Pour les quartiers les plus défavorisés situés près des axes routiers les plus fréquentés de Londres, on estime qu’il y a eu en 2023 une réduction de 80 % du nombre de personnes exposées à des niveaux de pollution illégaux, et une réduction de 82 % en périphérie de Londres par rapport à un scénario sans l’ULEZ.
Selon les règles de l’ULEZ, les voitures les plus polluantes doivent payer une taxe de 12,50 £ chaque jour où elles circulent dans la zone concernée. Cela dit, seules quelques voitures sont concernées, car la plupart des véhicules à essence de moins de 19 ans et les diesels de moins de neuf ans en sont exemptés. Les dernières données montrent que 97 % des véhicules en circulation à Londres sont désormais conformes et ne paient donc aucune taxe.
En réagissant aux résultats, Simon Birkett, directeur de la campagne Clean Air in London, a déclaré qu’il était « particulièrement réjouissant que [le rapport] montre une fois de plus que ces grandes mesures fonctionnent. »
Royaume Uni
Auteur : Cher Gilmore, collaboratrice de Share International basée à Los Angeles (Californie).
Sources : The Guardian
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
