Extrait du discours de Mia Amor Motley, première ministre de la Barbade

Partage international no 435novembre 2024

« Mia Amor Motley, première ministre de la Barbade, a tenu un discours franc et émouvant devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2024 à New York, à l’occasion de sa 79session.

Soulignant la nécessité urgente de modifier toutes les structures mondiales pour assurer la justice, la paix et l’espoir, elle a prôné une vaste « réinitialisation  ».

« […] Cette réinitialisation doit commencer par des réformes institutionnelles au sein des différents conseils des Nations unies. Ces conseils donnent à entendre que certains sont des membres à part entière, d’autres des membres partiels, d’autres encore des membres à temps partiel et d’autres des membres occasionnels. Tout cela n’a pas sa place au XXIsiècle. La colère et la méfiance de nos concitoyens à l’égard des institutions, des dirigeants, du multilatéralisme et des processus qui excluent tout en produisant beaucoup de paroles et peu d’actions, sont bien réelles. Et nulle part la réforme, et par conséquent la confiance et l’espoir, n’est plus importante pour le bien-être de milliards de personnes aujourd’hui que dans ce qui relève de l’architecture financière mondiale. Les restrictions à l’accès au capital, son coût disproportionné qui nous empêche de faire ce que nous devrions faire, et le fardeau écrasant de la dette qui nous est souvent imposée par des circonstances indépendantes de notre volonté, […] tous ces éléments contraignent les gouvernements des pays les plus pauvres du monde et, franchement, de nombreux pays vulnérables à revenu intermédiaire, à consacrer davantage au service de la dette qu’à la santé et à l’éducation, voire, dans certains cas, aux infrastructures.

Beaucoup trop de membres de la famille humaine n’ont qu’un sol froid pour tout matelas et un caillou pour oreiller. Trop nombreux sont ceux qui se couchent le ventre creux et trop nombreux sont ceux qui n’ont même pas de toit.

La réinitialisation doit donc consister à bâtir, collectivement, un programme commun reflétant notre humanité partagée et la renforçant. C’est cette humanité partagée qui nous unit. Nos frères et sœurs africains ont bien compris le principe de l’« ubuntu » et ont profité de cette session de l’Assemblée générale pour nous rappeler que nous devrions aspirer à la simplicité. « J’existe parce que tu existes. J’existe parce que nous existons. » Mon bien-être est lié au vôtre et notre bien-être collectif est lié à celui de notre mère la Terre. C’est ce qui exprime le mieux l’approche nécessaire pour donner une expression à cette réinitialisation absolument nécessaire. »

Lieu : New York,
Date des faits : 27 septembre 2024
Thématiques :
Rubrique : Dernière de couverture ()