Partage international no 435 – novembre 2024
Ils répondent à leur sens de l’équité et on pourrait dire que ceci vient de Maitreya ou que ces idées ont toujours été présentes chez les personnes de bonne volonté. Ils ont le courage de se dresser contre le consensus général qui, en Israël, estime qu’il ne s’agit pas d’oppression ni de domination. Israël pense qu’il s’agit d’un acte nécessaire d’autoprotection, qu’ils doivent se protéger. C’est un mensonge, tout au moins dans une large mesure. Ils affirment qu’ils oppriment les Palestiniens uniquement pour se protéger eux-mêmes, mais cela prend des proportions énormes. On ne se protège pas en détruisant arbitrairement plusieurs bâtiments chaque nuit dans les territoires palestiniens, sans se préoccuper de savoir si des gens sont tués ou blessés ou s’ils n’ont nulle part où aller. Il s’agit seulement de dire clairement aux Palestiniens : « Nous sommes forts, nous pouvons faire ce que nous voulons. Nous pouvons faire sauter cinq bâtiments ce soir, demain soir ce pourrait être vingt, d’ici la fin de la semaine ce pourrait être cent. Nous sommes puissants, nous avons des armes, des munitions, des tanks, des avions, des hélicoptères, pour bombarder ou mitrailler à chaque fois que nous le voulons. Nous sommes les plus forts dans ce pays, nous avons l’intention d’y rester – et si cela signifie tuer tous les Palestiniens pour cela, il en sera ainsi. Nous ne supporterons pas les attentats suicides. Nous avons droit à l’autoprotection. » Et, bien sûr, ils ont ce droit. Tout pays a droit à l’autoprotection. C’est la seule manière dont les Israéliens voient les choses. Mais ce qu’ils ne voient pas c’est que leur domination et leur oppression sont les causes mêmes des attentats suicides. Ils ne peuvent supporter les kamikazes, car ils ne savent jamais où ils vont à nouveau frapper.
Les Palestiniens n’ont aucune arme, si ce n’est quelques fusils. Les Israéliens peuvent y faire face. Ils ont des armes beaucoup plus puissantes – les dernières et les meilleures armes américaines. Les Américains leur donnent 3 milliards de dollars par an pour acheter des armes – leur armée est la plus puissante de la région, et l’une des plus puissantes du monde.
Mon conseil aux Palestiniens est d’arrêter les attentats suicides. Ils continuent car certains gagnent de l’argent pour leur famille en agissant ainsi. Et ces kamikazes sont des fanatiques, seuls les fanatiques participent à ce genre de choses. Ces jeunes gens sont entraînés. Ils devraient être dissuadés, on ne devrait pas les laisser faire. Cela fait peur aux Israéliens et ceux-ci sont armés jusqu’aux dents. Ils ne renonceront pas à la force à cause de ces attentats, ils deviendront au contraire de plus en plus durs et plus répressifs. Israël serait beaucoup plus ouvert aux discussions, aux négociations, sans les attentats suicides. Quelques Israéliens ont refusé de monter dans des tanks et de détruire la propriété palestinienne. Quelques jeunes pilotes israéliens refusent de bombarder les Palestiniens. Ils disent que c’est un acte de guerre illégal – qu’il ne s’agit pas d’un État assurant sa protection, mais d’un État utilisant son pouvoir pour opprimer les Palestiniens, ce qui est effectivement le cas. Je souhaite seulement qu’ils soient plus nombreux. (Partage international, janvier-février 2004)
Benjamin Creme sur le principe du partage
Lorsque nous prônons le « partage », nous n’attendons pas de quiconque qu’il donne soudainement tous ses biens. Ce qu’il faut, c’est une réorientation organisée et globale des structures économiques existantes, afin de mettre en commun les ressources alimentaires et minières excédentaires de la planète et de mettre ainsi à la disposition de tous les éléments de base nécessaires à la vie. Un tel processus nécessite une consultation mutuelle et du bon sens, et non un fanatisme radical.
Par ailleurs, nous ne sommes pas d’accord sur le fait que les possessions déterminent nécessairement l’étendue de l’influence et du statut d’une personne. Le Mahatma Gandhi ne possédait que son bol de nourriture et un exemplaire de la Bhagavad Gita – mais son influence a été énorme. Contrairement à ce que l’on déclare, il nous semble beaucoup plus probable que le pape ne perdrait rien de son prestige s’il distribuait une partie des richesses de l’Église catholique aux nécessiteux. En fait, nous pouvons facilement imaginer que son prestige augmenterait de façon spectaculaire, non pas probablement parmi les riches, mais certainement parmi les millions et les millions de nécessiteux. Les riches n’ont pas d’autorité naturelle ; ils exercent un pouvoir, ce qui est très différent.
Mais nous ne suggérons à personne de donner tout ce qu’il possède, car des décisions aussi radicales sont, bien sûr, entièrement du ressort de l’individu. Notre objectif est beaucoup plus large et aussi plus modeste : nous ne préconisons qu’une réorganisation raisonnable, juste et intelligente de ce monde, dans lequel certains vivent actuellement dans un luxe excessif, tandis que des millions de personnes meurent de faim, faute de disposer des biens les plus élémentaires. (Share International, mars 1985)
