L’amour et la haine

Partage international no 433septembre 2024

par Aart Jurriaanse

L’attention devrait être portée sur l’importance du rôle de la haine dans la vie quotidienne, et ses répercussions néfastes non seulement sur les individus mais sur l’humanité entière. Les systèmes physique, émotionnel et mental pouvant être complètement empoisonnés par cette virulente émotion, tout effort devrait être fait pour écarter ou au moins maîtriser cette passion dangereuse, dégradante et indisciplinée.

La haine et l’antagonisme sont les forces les plus dangereuses et destructrices du corps émotionnel, et il est inquiétant qu’elles se manifestent aussi couramment ne laissant que peu de gens épargnés par ce fléau qui affecte l’harmonie de l’existence. Parce que ceci constitue un échec pour tous les hommes, ces forces tentaculaires se propagent dans la vie de groupe, la politique, la religion et toutes les relations entre races et nations.

La haine est le pôle opposé de l’amour et découle de l’orgueil, de l’égoïsme et de la séparation, soutenus par l’envie, la jalousie, la malveillance, l’avarice, la convoitise, l’intolérance, la critique, l’ambition, la cruauté et la suspicion.

Parce que la haine est une part intégrale du monde astral et de ses distorsions, elle est une arme puissante maniée par les Forces de l’Obscurité. Ces dernières essayent d’aveugler l’humanité en nourrissant ce qui bloque l’afflux de forces nobles et fertiles. Elles attisent délibérément les feux de la haine, de la séparation, de la critique et de la cruauté ; elles s’efforcent de préserver ce qui est familier et établi, retardant ainsi le progrès spirituel et les révélations du nouvel âge. En nourrissant les peurs et les haines existantes elles incitent les nations du monde à la discorde, aux conflits et à la guerre, retardant de ce fait les forces d’évolution.

Un individu ne peut pas se battre directement contre les forces obscures, mais il peut participer au combat activement et à sa propre mesure en s’assurant que le moindre signe de haine dans son propre système soit étouffé et remplacé par les forces opposées de l’amour, de la bonne volonté et des justes relations humaines. Haine et antagonisme, aveuglement et discrimination doivent disparaître et disparaîtront lorsque l’individu les éliminera de sa propre vie.

La haine est une part intrinsèque de la personnalité humaine depuis que le corps émotionnel a commencé à se développer en tant qu’équipement standard. Depuis les temps les plus reculés, l’homme rejette la responsabilité des situations difficiles sur les autres, les haïssant pour cela, au lieu d’aller d’abord en lui effectuer une honnête autoanalyse ; quand les choses vont mal, il est beaucoup plus facile et plus satisfaisant de trouver des boucs émissaires pour nos mauvaises pensées, paroles ou actions. Tout individu ayant une quelconque aspiration à contribuer à l’amélioration des relations humaines devrait reconnaître cette tendance et travailler à son élimination. La haine, le blâme et la condamnation ne peuvent jamais coexister avec l’amour car lorsque la bonne volonté est plantée et prend racine, les sentiments de haine faiblissent et disparaissent.

« Jamais la haine n’éteint les haines en ce monde. Par l’amour seul les haines sont éteintes1. »

 

L’Amour

L’amour dans son sens véritable est un principe, une énergie divine ; l’intégralité du système de notre monde actuel est fondée sur l’énergie d’Amour-Sagesse. Cela signifie que l’Amour est la motivation sous-jacente à toute activité divine, et que l’univers entier est synthétisé par cette énergie d’Amour. Ce concept d’« amour » est donc celui d’une énergie suprême. Ceci dépasse la compréhension ordinaire et sentimentale de ce mot, lequel est cantonné au domaine de l’astral.

Une étude rapide de la condition du monde ne mènerait jamais à la conclusion que le cours des événements y est guidé par l’amour, mais indiquerait plutôt que tout est fondé sur la haine, la convoitise et autres qualités dégradantes. Il faudrait cependant se souvenir que l’être humain moyen est encore entouré et submergé par les miasmes et les illusions du plan émotionnel et que ses vues et ses jugements sont obscurcis par cette perspective déformée.

Mais ceci est encore une question de relativité, des différents angles d’approche de la vérité et des diverses interprétations que l’homme en fait. L’énergie d’amour comporte plusieurs aspects et le point d’où ils sont envisagés sera déterminé par le développement de l’observateur, et le plan sur lequel il se place. En outre, la qualité de l’énergie d’amour et son efficacité dépendront de sa source immédiate et de son adéquation.

En résumé l’« amour » peut être classifié comme suit :

L’amour physique, ou l’attraction naturelle entre formes ayant pour but la procréation, qui se manifeste en tant que vie sexuelle. Chez l’homme cette expression de l’amour a souvent été pervertie par les influences astrales.

L’amour astral ou émotionnel qui est celui que le langage courant désigne simplement par le terme « amour », et qui peut varier entre des vibrations purement sensuelles, des relations sentimentales superficielles ou un amour profond et pénétrant, en correspondance étroite avec la version spirituelle exaltée.

L’amour mental, et sur un niveau encore plus élevé, l’amour spirituel ou divin.

Ces formes indiquent seulement des gradations de l’énergie divine de l’Amour, la force qui régit notre système, et dont la puissance potentielle dépasse grandement la conception humaine. En évoquant l’amour en tant qu’énergie qui neutralisera les pouvoirs émotionnels de la haine et viendra les remplacer, il n’est certainement pas fait référence à l’amour de type émotionnel lequel peut même stimuler davantage et aggraver les émotions toxiques. Non, l’antidote qui adoucira, réprimera et finalement supplantera la haine, est l’amour mental ou divin […]. Par conséquent, la tâche principale de ceux qui travaillent à la rédemption de l’homme consiste à élever la conscience humaine au-delà des miasmes pervers du plan astral. La seule manière d’y parvenir est de soumettre l’humanité à un flux constant d’amour divin se manifestant sous forme de bonne volonté et de compréhension aimante.

[1]. Dhammapada (les dits du Bouddha), verset I-5.

Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Sources : Aart Jurriaanse, Bridges (Ponts), éditions Bridges Publishing, non traduit
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()